Le Hualālai est un volcan bouclier actif des États-Unis situé sur l'île d'Hawaï, dans l'État du même nom. Âgé de près de , c'est le troisième plus ancien et plus actif des cinq volcans majeurs de l'île. Sa dernière éruption s'est terminée en 1801 et la probabilité qu'il entre de nouveau en éruption dans les prochaines décennies est élevée. Elle représente une menace sérieuse pour les populations vivant à ses pieds, en raison de la fluidité de la lave et du manque de prévention humaine. La montagne culmine à d'altitude. Elle abrite de nombreux cônes volcaniques qui longent pour la plupart les zones de rift qui traversent le volcan. Les cratères constituent une destination prisée des randonneurs et des spéléologues, malgré l'interdiction régulière de traverser une propriété privée. Des zones de protection de l'environnement, dont un sanctuaire naturel sauvage, ont été mises en place. Elles abritent une importante diversité écologique favorisée par un climat varié. De plus, un parc historique national rappelle que le volcan a été habité par des colonies autochtones hawaïennes avant l'arrivée des premiers Occidentaux et a accueilli des membres de la cour hawaïenne. La côte abrite désormais des complexes touristiques.

Toponymie Hualālai est le nom de la femme du navigateur Hawaiʻi Loa. qui, selon la légende, découvrit l'archipel en compagnie d'explorateurs polynésiens. Il est considéré comme l'enfant du milieu parmi les cinq volcans de l'île. Le nom de la montagne apparaît également sous les variantes Hualalai , Hualalai , Hualalai, Huararai, Hualalai, Mowna-Worrorar ou encore Hualalai..

Géographie Situation thumb|left|Carte topographique de l'île d'Hawaï.

Le Hualālai est situé aux États-Unis, sur l'île d'Hawaï (), la plus grande de l'archipel et État d'Hawaï. Il s'élève perpendiculairement à la côte ouest, face à l'océan Pacifique, et son extrémité occidentale sépare plus particulièrement la côte du Kohala au nord de la côte de Kona au sud. Le Mauna Kea, point culminant de l'île, est situé au nord-est, le Mauna Loa est en direction du sud-est, tandis que le Kohala est au nord-nord-est.

Administrativement, le Hualālai fait partie du district de Kona Nord, dans le comté d'Hawaï de l'État du même nom. Les de Kalaoa, Kailua-Kona et Holualoa se trouvent toutes les trois de l'ouest au sud-ouest de la montagne, le reste du Kohala constituant une zone non incorporée.

Topographie thumb|Vue de la face sud-est du Hualālai depuis Puu Lehua. Le Hualālai s'élève à d'altitude et possède une hauteur de culminance de , ce qui en fait le troisième volcan majeur de l'île. Comme tous les volcans boucliers, il possède des pentes très peu marquées en raison de la faible viscosité de ses laves mais, étant en phase post-bouclier, elles sont plus irrégulières que peuvent l'être celles du Mauna Loa et du Kīlauea, deux volcans plus jeunes.. La montagne s'étend sur environ , soit 7,2 % de la surface de l'île, et présente un volume de . Le Hualālai est traversé par trois zones de rift : une fortement développée et la plus récemment active au nord-ouest, une plus modérée au sud-sud-est et une faiblement développée s'étirant en direction du nord à cinq kilomètres à l'est du sommet. Une centaine de cônes de cendres et de scories longent ces zones de rift. Le volcan est dépourvu de caldeira sommitale mais possède un cratère d'effondrement d'un demi-kilomètre de diamètre environ au sommet d'un petit champ de lave. La plus grande partie du versant méridional est constituée de coulées de lave recouvertes d'une couche de cendres volcaniques de dix centimètres à un mètre d'épaisseur..

Un élément important du Hualālai est le , terme hawaïen signifiant « colline fortement sillonnée », un cône volcanique de de hauteur et de plus d'un kilomètre et demi de diamètre. Il s'élève sur les flancs du volcan à neuf kilomètres au nord-nord-est du sommet..

L'extrémité occidentale du Hualālai forme un vaste slump sous-marin connu sous le nom de . S'étendant sur environ , il consiste en une série de plages et d'escarpements plongeant de à sous le niveau de la mer. Cette zone a été minutieusement explorée en 2001 par une équipe américano-japonaise en utilisant le ROV Kaikō. Les informations collectées ont mis en évidence que les coulées de lave ont progressé dans des eaux peu profondes, entre 500 et sous le niveau de la mer, et que, contrairement à ceux des autres volcans d'Hawaï, le slump au Hualālai s'est formé progressivement.

Géologie thumb|left|Carte de l'âge des strates de l'île. thumb|upright|Photographie d'une exploration menée dans la cheminée volcanique de Puhia Pelee, sur le Hualālai.

Des laves associées à la phase bouclier du Hualālai ont été découvertes juste au large, dans le prolongement du rift nord-ouest. Par ailleurs, une tholéiite, indicative d'un stade éruptif sous-marin, a été trouvée dans une cheminée volcanique à de profondeur. Ce type de lave a été produit jusqu'à BP. Le Hualālai est entré dans sa phase post-bouclier BP.

Le cône du pourrait constituer un signe de ce dernier changement. Il est composé de trachyte, un type de lave rare sur les autres volcans de l'île d'Hawaï. Elle s'écoule plus lentement que les habituelles laves pāhoehoe et même ʻaʻā d'Hawaï en raison de sa forte teneur en silice, supérieure à 62 % contre 50 % environ pour des laves basaltiques, ce qui la rend moins fluide. Les géologues estiment que le pourrait s'être formé au cours d'une éruption de ponces un peu plus de BP et aurait poursuivi sa construction indépendamment, avec au moins trois coulées trachytiques distinctes depuis lors. Ses éruptions, bien que partiellement recouvertes par les coulées du Hualālai et du Mauna Loa, ont mis en place une structure singulière connue sous le nom d'arête de .

La cartographie géologique du volcan a indiqué qu'au moins 80 % de sa surface est recouverte par des coulées de lave vieilles d'au maximum ans, entièrement composées de basaltes alcalino-terreux. Plus de la moitié de celles-ci ont moins de et environ 12 % ont moins de . Entre 1700 et 1801, les éruptions sont survenues depuis six bouches éruptives différentes. Dans cet intervalle, deux coulées de lave ont atteint l'océan.

Le Hualālai est un site réputé pour ses xénolithes de péridotites du manteau terrestre remontées à la surface et enclavées dans des coulées de basalte. De nombreux dépôts préhistoriques, aussi bien que ceux de l'éruption de 1801, contiennent de tels xénolithes de grande taille et en quantité abondante.

Climat Les alizés soufflent d'est en ouest au-dessus de l'archipel d'Hawaï, qui chevauche le tropique du Cancer. Le versant septentrional du Hualālai, exposé au vent anabatique, reçoit l'essentiel de ses précipitations l'après-midi, par phénomène de convection de l'air chaud. Ainsi, à mi-pente, il tombe entre 725. et par an. Toutefois, situé dans l'ombre pluviométrique du Mauna Kea, le Hualālai est soumis à un gradient de précipitations moins important que les autres volcans de l'île d'Hawaï. Ainsi, à altitude équivalente, elles atteignent par exemple à par an au Kohala.. Le versant méridional reçoit entre 900. et . à mi-pente. Au sommet, il tombe seulement par an en moyenne.. Il est cependant plus arrosé que la côte occidentale, où les précipitations n'excèdent parfois pas ., et il est régulièrement couvert de nuages, parfois de cendres, et de brouillard. Le versant septentrional connaît des pluies moins marquées, voire une sécheresse durant les mois d'été, alors qu'au contraire le versant méridional est plus arrosé au printemps et au début de l'été.

De manière générale, la partie occidentale de l'île est légèrement plus chaude que la partie au vent. La température moyenne annuelle au niveau de la côte est de . Le gradient thermique adiabatique est d'environ tous les cent mètres. La température minimale recensée au Hualālai au cours des soixante dernières années est de en .. Il est tombé près de de neige à Holualoa, à mi-pente du versant méridional, en ..

Faune et flore thumb|left|Carte des écosystèmes actuels de l'île d'Hawaï.

Malgré la présence de jeunes coulées de lave, pas encore recolonisées, la plus grande partie du Hualālai est recouverte de végétation. En raison des conditions climatiques variées et de son altitude, la montagne se compose d'écosystèmes très différents. Au nord-ouest se trouvent des reliques de forêt tropicale xérophile alors qu'une frange de forêt de nuage recouvre le versant méridional à mi-pente. Il s'agit d'un type de forêt tropicale humide qui baigne fréquemment dans le brouillard, source additionnelle importante d'humidité. Autour du sommet ainsi que sur les versants sud-est et nord-est se développe une forêt sèche de montagne, dominée par Acacia koa, tandis que la zone sommitale elle-même abrite un étage subalpin, seulement présent ailleurs sur l'île autour du Mauna Loa et du Mauna Kea. Ce dernier est composé de buissons, de fougères, de plantes herbacées et même de quelques spécimens de (localement ). Le Hualālai est caractérisé par de nombreux cratères effondrés abritant une flore dense et certains possèdent même une remarquable « forêt verticale » comprenant des eucalyptus.

Le volcan est peuplé de nombreuses espèces animales, en particulier des oiseaux. Ses côtes sont riches en poissons ou autres Tortue verte () et Échasse blanche ().

thumb|Carte des écosystèmes originels de l'île d'Hawaï. Avant la colonisation humaine se trouvait une savane, aujourd'hui disparue, et une grande forêt de plaine dont il ne subsiste que quelques reliques.

Avant le peuplement de l'archipel par l'homme, la faune et la flore du Hualālai et de l'île en général ont connu un isolement de près de de toute autre terre significative. Les premières espèces à s'implanter il y a quelques millions d'années ont été amenées par le vent, les tempêtes ou en flottant sur l'océan. Le rythme des colonisations fructueuses est d'une tous les ans. Les espèces originelles du Hualālai ont évolué jusqu'à devenir totalement endémiques. Seuls 2,5 % environ des forêts tropicales humides dans le monde sont des forêts de nuage, ce qui en fait un habitat unique.

Histoire Histoire éruptive Plus de ans BP, le Hualālai émet des trachytes depuis le cône du sur le versant nord-est. Les ponces et les coulées de lave ʻaʻā mettent en place l'arête de . Le volume de roches volcaniques produit s'élève à , soit l'éruption la plus importante de l'île d'Hawaï.

Depuis ans, la nature de la roche a changé. Le trachyte laisse la place à des basaltes, moins visqueux. Les laves se font plus fluides et, jusqu'au , leur type alterne systématiquement entre coulées ʻaʻā et pāhoehoe. Des cônes de cendres et de scories se mettent parallèlement en place. Jusqu'à BP, les basaltes sont accompagnés de quelques traces de dérivés comme la picrite, l'hawaiite et l'ankaramite. Entre et BP, d'importantes quantités de laves basaltiques s'épanchent sur le versant nord et autour du sommet. Elles recouvrent pratiquement les deux tiers de la surface actuelle du volcan.

thumb|left|Vue du cratère d'effondrement au Hualālai, profond de plus de cent mètres (une personne dans le fond du cratère, sur la droite, permet d'avoir un aperçu de l'échelle). L'ouverture de la cheminée volcanique est visible sur la gauche et a permis d'atteindre une profondeur de .