La famille de Laborde de Monpezat, anciennement Laborde, est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française d'origine béarnaise.

L'un de ses membres, Henri de Laborde de Monpezat, a épousé en 1967 la princesse héritière de Danemark et future reine Margrethe II, devenant le prince Henrik de Danemark, puis prince consort de Danemark en 1972 ; de ce couple descend la famille régnante du Danemark en ligne paternelle. Leur fils aîné Frederik devient roi le sous le nom de Frédéric X de Danemark.

Histoire Selon Joseph Valynseele et Arnaud Chaffanjon, le patronyme Laborde de Monpezat est porté depuis le mariage, le , de noble Jean de Laborde, baptisé en 1620, docteur en droit civil et canon et gentilhomme ordinaire de la chambre du roy, avec Catherine d'Arricau, dame de Monpezat — nom d'une actuelle commune des Pyrénées-Atlantiques. Joseph Valynseele indique que . D'autre part, la qualité de portée par Jean de Laborde ne fait pas l'objet d'un consensus : dans un numéro de l'Intermédiaire des chercheurs et curieux (ICC) et dans un numéro du Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, il est désigné comme « Jean de Laborde, docteur en médecine »Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, 1966, pages 14 à 16, article de J. Francez Attaches bigourdanes d'Henri de Monpezat., mais dans un autre numéro de l'Intermédiaire des chercheurs et curieux (ICC) il est qualifié de .

Pierre Grillon écrit qu'en Jean de Laborde obtient par lettres patentes du roi l'anoblissement des maisons et métairies de Monpezat et de Beaufranc – et non de sa personne –, mais que l'acte original n'a pas été retrouvé et que les archives du parlement et de la chambre des comptes de Navarre ont en partie brûlé en 1716 ; toutefois une copie de cet acte a été publiée dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau en 1907, et, selon J. Valynseele, la matérialité des lettres patentes de 1655 ne saurait faire de douteCompte-rendu de Pierre Grillon sur l'ouvrage de Joseph Valynseele consacré à la famille de Laborde de Monpezat, Revue historique, 1976, pages 485 à 486.. Cet auteur ajoute que « mention est faite du même Jean de Laborde pour sa maison noble de Beaufranc située à Moncaup, à la date du , dans le Rôle des droits féodaux des nobles qui ont prêté hommage (Archives des Pyrénées-Atlantiques, B3971) ». Nous trouvons également : Les personnes convoquées qui ne voulaient ou ne pouvaient pas aller servir le roi choisissaient de s'exonérer de ce devoir par le paiement d'une taxe spéciale..

L'abbé Jean Francez écrit, quant à lui : . D'après la même source, . Et, dans son ouvrage La Noblesse du Périgord, l'historienne Joëlle Chevé dit que la famille a été anoblie par lettres en 1655.

Bien que des terres de la famille de Laborde à Monpezat et à Beaufranc aient été anoblies, en 1655, il faut souligner qu'en Béarn la noblesse ne s'attache pas à une personne, mais à une terre qui donne toujours droit à la qualité de noble à son possesseur et seigneur (et à lui seul), que cette terre ait été acquise par achat ou par héritage – cet état de noblesse, attaché à une terre, étant renouvelé chaque fois cette terre transmise et de ce fait rendu d'un état personnel à un état perpétuel (à la différence d'un état héréditaire) – ; aussi des arrêts du Conseil d'État, en 1669 et en 1701, exemptèrent les Béarnais de la recherche générale de noblesse, ordonnée en 1666 et 1696 et cela jusqu'en 1789.

Les Laborde de Monpezat étaient propriétaires de terres nobles et du fief de Beaufranc, dont on appelait ses possesseurs domengers (écuyer, gentilhomme), statut propre à cette province qui donnait le aux propriétaires de la terre noble, mais pas de juridiction sur les dites terres.. Le domenger était propriétaire d'une domenjadure, seigneurie donnant droit d'entrée aux États. La noblesse béarnaise se composait des domengers et des cavers.

Joseph Valynseele écrit au sujet des journaux de terres anoblis : « Prélevés sur le bien propre de l'intéressé pour être anoblis, ceux-ci constituaient ce qu'on appelait en Béarn une domengeadure, c'est-à-dire un fief sans juridiction ne comportant pas de soumis, par conséquent pas de cens, pas de droits seigneuriaux, mais seulement la maison et les terres qui sont la propriété du domenger »Joseph Valynseele, Les Laborde de Monpezat et leurs alliances, 1975 p. 59..

Les Laborde ont également possédé une maison et des terres à Séron dans les Hautes-Pyrénées. J. Francez précise que les trois générations qui ont vécu à Séron n'y ont possédé ni seigneurie, ni terre noble.

La famille Laborde de Monpezat n'a jamais été admise aux États du Béarn (ni dans le Grand-Corps, qui regroupait la noblesse de cette province, ni même dans le Second-Corps, qui regroupait gens de robe, maires et jurats) et a essuyé deux refus successifs d'admission, en 1703 et à nouveau en 1707. À cet égard, dans la Revue historique (année 1976), Pierre Grillon se penche sur les réserves de Joseph Valynseele quant à la noblesse de cette famille, mais il développe pour sa part un argumentaire selon lequel l'absence d'admission ne saurait remettre en cause la validité de l'anoblissement, alors que pour J. Valynseele ladite admission avait . Jacques de Marsay écrit en 1932 (rééd. 1977, pp. 68-69) : « La condition à laquelle la grande recherche assujettit la reconnaissance de la noblesse d'extraction (aucune trace de roture avant 1560) établit évidemment une sélection dans les familles françaises. S'il est vrai, en effet, qu'un certain nombre parvinrent sans doute à se faire comprendre indûment dans cette catégorie, en revanche, toutes celles qui furent alors éliminées comme ne satisfaisant pas à cette exigence doivent manifestement en être aujourd'hui écartées. Les faits qui militaient alors contre leurs prétentions s'élèvent toujours contre celles de leur descendance. ». Les auteurs de la Revue Historique de 1976 précisent que le , les États du Béarn avait prononcé un arrêt que « désormais il ne serait plus procédé à des réceptions pour des terres anoblies n'ayant pas au jour de la décision de 1654, un droit d'entrée », la règle fut suivie jusqu'à la fin de l'Ancien Régime sauf de très rares dérogations (fait de déroger à une loi) accordées pour services rendus au roi, .

Cependant, Henri Jougla de Morenas, dans Le Second ordre (1973) à la page 55, écrit : « L'anoblissement par la terre de son propriétaire ne produisait son plein effet — surtout quand il s'agissait de terres nouvellement « anoblies » — , que quand ce possesseur avait été admis aux États »Henri Jougla de Morenas, Le Second ordre (1973) page 55..

Sur les Laborde de Monpezat, F. de Saint-Simon dans Le Dictionnaire de la noblesse française (1975) écrit : F. de Saint-Simon dans Le Dictionnaire de la noblesse française, (1975) page 60..

L'historien Michel Péronnet écrit : Michel Perronet, Annales du Midi, 1976, page 477..

Théophile de Bordeu (1722-1776) : Studies on Voltaire and the Eighteenth Century, Institut et musée Voltaire, 1978, p. 262..Théophile de Bordeu, Correspondance, Volume 2, CNRS, 1977, p. 198..

Les Laborde de Monpezat ont payé la capitation noble de 1721 à 1731, pour leurs terres nobles de Monpezat et Beaufranc, puis de nouveau en 1786 en Béarn. Barthélemy de Laborde de Monpezat (1756-1843), arrière-petit-fils de Jean de Laborde et de Catherine d'Arricau, dame de Monpezat, est inscrit sur les rôles de la capitation noble du Nébouzan en 1788Dioudonnat, Le Simili-nobiliaire français, (Paris, Sedopols, 2002). Le Simili-nobiliaire français regroupe les familles de fausse noblesse et de noblesse d'apparence et non les familles de noblesse authentique.Sabroe et Chaffangeon, Margrethe et Henri (Paris, Presse de la cité, 1967). Pierre Grillon y voit une autre preuve de la noblesse de la famille et précise que les Laborde de Monpezat sont « parfaitement et authentiquement nobles ».

J. de Bertier, membre correspondant de la commission des preuves de l'ANF pour cette région, a publié un article sur La noblesse inféodée dans les Pyrénées (Bulletin ANF (1979)). Spécialiste de la question, il a publié une série d'articles sur les États du Béarn au sein de la Société des sciences, lettres et arts de Pau et du Béarn mais aussi un article sur le vote en 1789 du Second Ordre en Béarn (Bulletin ANF (1980)). Il écrit que les preuves de noblesse se font devant les États pour les résidents dans la province, que la noblesse par fiefs est acquise dès l'admission aux États et héréditaire pour tous les descendants, que l'assemblée de la noblesse de 1789 est dans un premier temps ouverte aux possesseurs de fiefs ouvrant le droit d'entrée, puis le aux possesseurs de fiefs ne donnant pas le droit d'entrée et enfin le à tous les inscrits sur le rôle de la capitation noble. Les Laborde de Montpezat ne figurent pas sur la liste des bénéficiaires donnée par J. de Bertier. Selon la généalogie écrite par J. Francez (1966), il est à noter que le chef de famille était alors un enfant de trois ans, bien trop jeune pour requérir ce droit élargi à l'assemblée de la noblesse, mais deux adultes de cette même famille étaient pourtant encore vivants à cette même époque.

La famille a obtenu de faire rectifier officiellement son patronyme ), devenu de Laborde-Monpezat en 1860, puis de Laborde de Monpezat en 1861Joseph Valynseele, Les Laborde de Monpezat et leurs alliances, 1975.. Et, depuis la fin du , les descendants usent d'un titre irrégulier de comte — comme un préfixe officieux, sous la forme « comte N. de Monpezat », au lieu de « N. de Laborde, comte de Monpezat » pour un titre régulierEncyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence de Pierre-Marie Dioudonnat, Paris, 1976 -1997.

Généalogie simplifiée

Cette généalogie est en partie issue des travaux de J. Francez publiés en 1966 dans le Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées :

Alliances Les principales alliances de la famille de Laborde de Monpezat sont : de Bruchelles, d'Arricau de Monpezat (1648), d'Abadie de Montaut, de Canet, de Larrotis (1738), Cazanave (1740), Delom, de Boy (1773), Laban (1777), Serres (1787), Bonnefoy, Ducasse, , Ferrier (1821), de Lostalot-Bachoué, Borde, Hallberg, Thévenon, Doursenot (), de Glücksbourg (1967), Beauvillain, Vilgrain ()Au degré III, Alliance entre les de Canet et les Laborde de Monpezat - Texte et armoiries issus du livre "Les Laborde de Monpezat et leur alliances", de Joseph Valynseele..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Joseph Valynseele, Les Laborde de Monpezat et leurs alliances, chez l'auteur, Paris, 368 pages, 1975. Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, 4 vol., Sedopols, Paris, 1976-1997. Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées. 1966-1967 - à 16 - par J. Francez (abbé Jean Marie Francez). Historia, Numéros 242 à 247 - Librairie Jules Tallandier, 1967 - à 101.

Articles connexes Famille royale de Danemark

Liste de familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française Liste des conjoints des souverains danois Liste des héritiers du trône de Danemark Liste des monarques de Danemark Monpezat Ordre de succession au trône de Danemark

Liens externes

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