L’arsenal de Brest ou port militaire de Brest est une base navale de la Marine nationale française constituée d'un ensemble d’installations militaires et navales situé dans la rivière Penfeld, à Brest, dans la rade de Brest, dans le Finistère, en Bretagne (France). Il s’agit de la deuxième base navale française, après celle de Toulon et devant celle de Cherbourg. Dans le langage populaire ouvrier brestois, l’arsenal de Brest est aussi appelé l’arsouil.
thumb|Plan schématique de l’arsenal de Brest. vignette|Deux bâtiments militaires à quai.
Chronologie historique thumb|redresse=1.2|Vaisseaux en cours d’armement dans l’arsenal quelques années avant la guerre d’Indépendance américaine. Tableau de Louis-Nicolas Van Blarenberghe, 1776. L'histoire de l'infrastructure portuaire de Brest remonte au XVIIe siècle. Entre 1631 et 1635, les premières bases de l'infrastructure portuaire ont été construites, posant les fondations de ce qui allait devenir un port militaire majeur.
En 1674, Colbert, ministre de Louis XIV, décide de la construction des magasins aux poudres, de la Cordellerie et de l'Hôpital militaire, tous nécessaires au fonctionnement de la Marine royale.
En 1683, la forme de Troulan est créée pour la construction et la réparation des navires. Cette forme sera rejointe plus tard par trois autres formes de Pontaniou, toutes situées à proximité des forges des ancres et des constructions navales, qui seront construites en 1746.
Le bagne, qui servait à la réclusion des prisonniers, a été construit entre 1750 et 1751 et a été en activité jusqu'en 1947. En 1807, le bâtiment aux Lions est construit pour abriter les magasins de l'arsenal.
Au XIXe siècle, de nombreux travaux sont entrepris pour moderniser et agrandir l'arsenal de Brest. Entre 1822 et 1827, le bassin n°6 est construit au Salou, suivi du bassin n°7 en 1864-1865. Entre 1840 et 1865, les Ateliers du Plateau des Capucins sont construits, tandis que la Marine nationale s'approprie les quais Tourville et Jean Bart en 1858.
En 1889, la jetée sud est construite sur 1500 mètres, suivie de la jetée ouest entre 1895 et 1900. Les quatre formes de Pontaniou sont transformées en deux grands bassins, connus aujourd'hui sous les noms de bassin n°2 et bassin n°3, entre 1899 et 1902. La jetée sud est prolongée sur 750 mètres entre 1900 et 1905, et le Quai d'Armement est construit en 1905.
Entre 1910 et 1916, les deux bassins de construction et de radoub de Laninon, actuellement dénommés bassin n°8 et bassin n°9, sont creusés. La Grande Grue est installée en 1910, suivie de la construction du quai des flottilles en 1918. La passe ouest est fermée entre 1931 et 1933.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands ont construit la base sous-marine en 1940, faisant du port militaire de Brest une importante base stratégique pour le Reich. Les travaux de construction du bassin n°10 de Laninon ont commencé en 1938, mais ont été abandonnés pendant la guerre.
Dans les années 1960, des travaux d'agrandissement ont été entrepris, notamment avec l'élargissement de la jetée en 1963-1964 et la construction des épis porte-avions n°3 et n°4 entre 1969 et 1970.
Quais, épis et jetées vignette|redresse=1.2|Le porte-hélicoptères Jeanne d’Arc amarré rive gauche de la Penfeld, en aval du pont de l'Harteloire. Les fonds sont trop faibles pour que les navires puissent être amarrés au plus près des quais, qui courent pourtant tout le long de la rivière. Au fond, l’église Saint-Louis, à droite, le viaduc de la grue revolver.
Quais de la Penfeld thumb|La Consulaire pièce utilisée par les Turcs d'Alger pour supplicier le père Jean Le Vacher est érigée à Brest. Elle est surmontée par le coq gaulois. La Penfeld, dans l’enceinte du port militaire, est quasi intégralement bordée de quais, qui présentent cependant l’inconvénient majeur de ne pas être accostables directement en raison du niveau du rocher qui découvre en de nombreux endroits à marée basse. Aussi des postes sont-ils aménagés, principalement en rive gauche, au moyen de ras débordoirs, afin de permettre à certaines petites unités de s'amarrer en Penfeld, et d’utiliser certaines installations comme la Grande Grue.
Peu utilisés en amont du pont de Recouvrance, ces postes accueillent cependant en aval de ce pont les vieux gréements de la marine, la batellerie du port et les transrades assurant les services entre Brest et la presqu'île de Crozon.
Quai d’armement et quai oblique Ces deux quais se situent entre le bassin et l’épi de Laninon. Ils sont desservis par cinq grues. Les derniers remaniements importants datent de la reconstruction des bassins de Laninon, dont l’allongement a modifié le tracé du quai oblique.
Ces quais servent à la finition avant neuvage des navires neufs construits à Brest (dernièrement, le Mistral et le Tonnerre), à l’amarrage des grandes unités de la Marine nationale (notamment la Jeanne d’Arc), et à l’entretien à flot de tout type de navire.
Quai des flottilles Bordé de huit lignes de pontons lancées perpendiculairement à la magistrale du quai, ce quai est la zone privilégiée pour l’accostage des unités de la Marine nationale basées à Brest, en particulier pour les chasseurs de mines, les avisos, ou les bâtiments-école. Deux lignes de pontons, parallèles, sont embossées devant la base sous-marine et ont un rôle similaire.
Jetées
Épi de Laninon L'épi de Laninon est une infrastructure du port militaire de Brest, situé dans la rade de Brest. Il s'agit d'une jetée en forme de L qui s'étend sur plus de 600 mètres à partir du quai d'armement du port de Laninon.
Construit entre 1969 et 1970, l'épi de Laninon a pour objectif de faciliter l'accostage des porte-avions et des navires de grande taille en protégeant ces derniers des courants et des vents violents présents dans la rade de Brest.
L'épi est constitué de deux parties : le premier tronçon mesure 330 mètres et se dirige vers l'ouest, tandis que le second tronçon mesure 280 mètres et s'étend vers le nord. Ces deux parties sont reliées par un angle de 150 degrés. L'ensemble de la structure est constitué de blocs de béton préfabriqués qui ont été coulés en mer puis assemblés sur place.
L'épi de Laninon est aujourd'hui l'une des infrastructures les plus importantes du port militaire de Brest et joue un rôle crucial dans l'accueil et l'amarrage des porte-avions, des navires de guerre et des bateaux de grande taille. Il est également une attraction touristique de la ville de Brest et est visible depuis de nombreux points de vue de la rade.
Les épis porte-avions Jusqu'en 1966, la France faisait partie du commandement intégré de l’OTAN. À ce titre, la France devait disposer d'infrastructures d’accueil des bâtiments des marines alliées, notamment des porte-avions américains. Pour l’arsenal de Brest, cette obligation s'est concrétisée par la création de quatre emplacements, les épis de porte-avions.
Ces quatre épis devaient être accolés à la jetée sud du port militaire, parallèles les uns par rapport aux autres, disposés en biais par rapport à la jetée et enracinés tous les environ, le premier épi étant enraciné à environ de l’enracinement de la jetée. Leur longueur commune de et la profondeur disponible à leur droit devait permettre d’accueillir les plus grands bâtiments des marines alliées, en particulier les porte-avions, d’où leur nom.
Les travaux commencèrent en 1964 par l’élargissement de la jetée entre son origine, près de la base sous-marine, et le point où doit s'enraciner l’épi , afin de permettre la desserte routière des épis. Enfin, en 1969-1970, les travaux des épis proprement dits commencent. Seuls les deux épis les plus à l’est, numérotés 3 et 4, sont en réalité construits. Entre-temps, la France s'est en effet retirée de la structure militaire intégrée de l’OTAN et de sa direction en 1966. Les épis porte-avions ne sont donc plus prévus pour accueillir les navires de la flotte alliée, mais uniquement les navires français. Et dans cette optique, deux épis seuls suffisent.
Brest n'est plus port-base pour un porte-avions français. L'utilité des épis se limite à l’accueil de grands navires comme le Monge, de bateaux alliés en escale ou de coques, comme celle du Clemenceau. Ils ont par ailleurs accueilli le Charles de Gaulle en escale à plusieurs reprises (2004 et 2010). Le long de la jetée, les réservations faites pour l’accueil des épis et 2 sont encore discernables.
Bassins Le bassin Tourville
Ce bassin, situé dans l’anse dite de Troulan, sur la rive gauche de la Penfeld, est actuellement nommé bassin . C'est la plus ancienne des formes de Brest. Alors unique, elle était appelée forme de Brest. Ce nom lui est resté ultérieurement, même après création des formes de Pontaniou et du Salou, car elle demeurait la seule forme située rive gauche de la Penfeld, donc à Brest même (par opposition à Recouvrance, rive droite). Cette forme a cependant reçu, lors de la construction de celles de Pontaniou, le numéro 5 (et non le numéro 1, comme son antériorité aurait pu le laisser supposer).
Le bassin a été construit en 1683, modifié en 1745 et en 1864. Ses dimensions sont de de longueur pour de largeur au niveau des quais.
Les bassins de Pontaniou Les deux bassins de Pontaniou sont situés dans l’anse de Pontaniou, au confluent de la Penfeld et du vallon abritant la rue Saint-Malo, désormais barré par le Bâtiment aux Lions.
Les travaux débutent en 1742 par trois années durant lesquelles seront battus des pieux en hêtre pour constituer les fondations des ouvrages. Après une interruption due à des difficultés financières, les travaux reprennent en 1752. Quatre formes sont construites, groupées deux par deux : la forme 1 (aval), de de long, est construite de 1752 à 1756 ; la forme 2 (amont), de de long, est construite de 1752 à 1756 ; la forme 3, en avant de la forme 2, de de long, est creusée dans la falaise de 1755 à 1757 ; la forme 4, en avant de la forme 1, est creusée dans la falaise de 1803 à 1820.
En raison des besoins nouveaux, les formes 3 et 4 sont modifiées et agrandies en 1857. Leurs nouvelles dimensions demeurent insuffisantes pour les navires du début du , aussi les quatre formes sont-elles transformées à partir de 1901 en deux bassins, plus larges, plus longs et plus profonds. Les formes 1 et 4 deviennent le bassin 2, les formes 2 et 3 deviennent le bassin 3. Leurs dimensions sont alors de de longueur pour (bassin 2) et (bassin 3) de largeur.
Ces bassins connaissent, de 2004 à 2007, une campagne de travaux majeurs destinés à les rendre aptes à l’accueil des bâtiments du . À cette occasion, les pieux de hêtre ont été retrouvés dans un excellent état de conservationSource : livret « Réfection des bassins de Pontaniou » émis par la Direction des travaux maritimes de Brest en octobre 2005..
Les bassins du Salou vignette|center|redresse=1.2|Vue sur la Penfeld en amont du pont de l'Harteloire. Avant de venir mourir au niveau de l’Arrière-garde, la rivière navigable contourne l’avancée du Salou, percée des à gauche, 6 au premier plan, devant le 7. Les 3 grues visibles sur le cliché ont depuis été démantelées et une nouvelle grue plus légère installée à gauche (bajoyer tribord) du .
Le Salou est une zone située en amont de l’actuel pont de l’Harteloire, où se trouvent actuellement les bassins 4, 6 et 7 de l’arsenal.
Jusqu'au début du , se trouvait sur cette zone une « montagne » en schiste de de hauteur environ, qui a dû être arasée dans les années 1850-1860 afin de permettre la construction des bassins de radoub. de déblais sont évacués au moyen de barges à fond ouvrant et évacués sur le terre-plein du port de commerce.
Seul le bassin 6 fut construit en bordure de la montagne, précédemment aux autres bassins du même secteur. Il s'agissait alors d'une forme, à laquelle fut attribuée le numéro 6, dans la suite logique des cinq autres formes déjà construites en aval de la Penfeld.
Le bassin 4