Le projet d'attentats sur les lignes aériennes transatlantiques de 2006 est un complot terroriste visant des avions de ligne au Royaume-Uni, tous à destination des États-Unis ou du Canada.

Au matin du , le Metropolitan Police Service britannique a annoncé par voie de presse que Scotland Yard avait déjoué un complot terroriste visant dix avions de ligne au Royaume-Uni à destination de l'Amérique du Nord Anti-terrorist operation, The Met, 10 août 2006 (voir archive).. Le projet des terroristes était de faire exploser simultanément dix avions de ligne à destination d'aéroports nord-américains, au moyen d'explosifs liquides embarqués en cabine dans les bagages à main, sous forme de boissons (biberons, sodas). Les arrestations se sont déroulées alors que les suspects s'apprêtaient à effectuer une « répétition générale » à l'aéroport de Londres-Heathrow dans le but d'évaluer le niveau des mesures de sûreté sur site. Cette annonce a été accompagnée dans la capitale britannique et sur les aéroports anglais, nord-américains, européens d'un durcissement des mesures liées à un risque imminent d'attentat, ce qui causa l'annulation d'un nombre considérable de vols et ce en pleine période estivale.

Sur les 82 personnes arrêtées, vingt-quatre l'ont été dans Londres et sa banlieue au cours de la nuit du . Cinquante-huit personnes (principalement des femmes) seront disculpées étant donné l'impossibilité de prouver qu'elles avaient connaissance du complot et du rôle qu'elles devaient effectivement jouer. Onze de ces personnes seront mises en examen le pour tentative d'attentat et association de malfaiteurs dans le cadre d'une entreprise terroriste. Deux autres accusés seront mis en cause le , (disculpés le ) puis trois autres le . Huit des mis en cause (Ahmed Abdullah Ali, Assad Sarwar, Tanvir Hussain, Oliver Savant, Arafat Khan, Waheed Zaman, Umar Islam, et Mohammed Gulzar) ont été poursuivis dans le cadre de ce complot pour association de malfaiteurs et atteinte à la sûreté de l'État. Leur procès, commencé en , s'est achevé en . Le jury n'a pas réussi à déterminer la nature des charges établissant l'ampleur de la tentative terroriste pour assassinat par explosion de dix aéronefs commerciaux, toutefois le tribunal a établi formellement que trois des accusés étaient coupables de tentative d'assassinat. En , un second procès (des huit hommes à l'exception de Gulzar, mais avec Donald Stewart-Whyte) a bien confirmé qu'Ali, Sarwar et Hussain étaient coupables d'avoir organisé et mise en œuvre le complot terroriste.

Ampleur du complot

Paul Stephenson, directeur général de la police métropolitaine de Londres, a affirmé qu'il était persuadé que le complot déjoué avait pour but de faire exploser en vol jusqu'à dix avions de ligne au départ du Royaume-Uni et à destination des États-Unis et du Canada, à l'aide d'ECIECI, engin chimique improvisé selon la terminologie du français Christophe Naudin qui distingue deux types d'engins chimiques : les ECE (engins chimiques explosifs) et les ECT (engins chimiques toxiques). au TATP (Tri Peroxyde Tri Acetone) liquide, transportées dans des contenants de boissons, eux-mêmes dans les bagages à main des passagers.. Selon de nouveaux rapports, des avions des compagnies United Airlines, Continental Airlines, British Airways et American Airlines en partance des aéroports de Heathrow et Gatwick vers New York, Washington, D.C., Miami, Los Angeles, et San Francisco faisaient partie des appareils visés. British Penetrate Terror Cell, Brian Ross and Richard Esposito Report, 10 août 2006 (voir archive).. Le correspondant à la sécurité de la BBC, Gordon Corera pense que les attentats devaient se dérouler en « vagues » d'attaques simultanées, trois appareils à la fois. Les rapports varient en ce qui concerne le nombre d'avions et d'aéroports impliqués, allant de trois à dix.. Le secrétaire du DHS Michael Chertoff a déclaré dans sa conférence de presse qu'il visait de .. Des officiels britanniques ont indiqué que l'estimation de dix avions était .. Il avait été avancé la date du , mais la police a déclaré n'avoir trouvé aucun élément pointant cette date.

Les vols ciblés par l'attentat

Lors du procès, l'accusation a mis en évidence que les suspects ne s'étaient pas limités à la liste des vols indiqués ci-dessous. Les suspects ont avoué que leur projet concernait dix-huit personnes prêtes à se sacrifier (dont certaines familles avec des enfants en bas âge), et qu'ils avaient en tous cas décidé de cibler au moins les destinations Denver, Boston et Miami..

United Airlines vol UA931 à destination de San Francisco décollant à ; Air Canada vol AC849 à destination de Toronto décollant à ; Air Canada vol AC865 à destination de Montréal décollant à ; United Airlines vol UA959 à destination de Chicago décollant à ; United Airlines vol UA925 à destination de Washington, D.C. décollant à ; American Airlines vol AA131 à destination de New York décollant à ; American Airlines vol AA091 à destination de Chicago décollant à .

Les engins chimiques improvisés

Les suspects avaient l'intention d'utiliser des explosifs liquides et de les recomposer durant le vol. C'est la raison pour laquelle, il ne s'agit pas à proprement parler de « bombes » ou d'EEI (Engin explosif improvisé).

Les autorités américaines, très concernées par le complot, ont désigné deux types de peroxydes : le TATP () et le (HMTD). Ces deux composés chimiques sont particulièrement sensibles à la chaleur, aux chocs ou à la friction. Ils peuvent être initiés par avec une simple flamme, une décharge électrique d'une petite pile, et sont utilisées pour produire des détonateurs artisanaux. Practical chemistry, electropusher, 11 août 2006.. Selon le quotidien The Guardian, la police britannique a confirmé que du TATP avait été retrouvé dans les perquisitions. Selon le New York Times, les terroristes voulaient utiliser du HMTD.

Enquête et arrestations

thumb|La police sur l'un des lieux d'arrestations, à Forest Road, Walthamstow, Londres.

La police a déclaré qu'elle surveillait ce complot depuis des mois (huit selon les autorités américaines.), et devait révéler son enquête après avoir découvert des indices de l'imminence de l'attaque.. Vingt-quatre personnes ont été arrêtéesPhilippe Paquet, « Attaquée », pas abattue, La Libre Belgique, 11 août 2006., vingt-deux sont d'origine pakistanaise, les deux autres sont respectivement originaires d'Iran et du Bangladesh hen/AP/dpa/Reuters, Fahnder sollen kurz vor Probelauf zugegriffen haben, Der Spiegel, 10 août 2006.. La police a relâché le un suspect contre lequel aucun chef d'accusation n'a été retenu Police quiz terror plot suspects, BBC News, 12 août 2006.. Une cour de justice britannique statuera lundi sur le sort d'une des 24 autres personnes alors détenues. Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) pense qu'il pourrait y avoir jusqu'à cinquante personnes impliquéesCNN (US TV) . Le , des sources américaines ont affirmé au journaliste d'investigation Brian Ross d'ABC News que cinq suspects étaient toujours recherchés Five London Suspects Still at Large, ABC News, 10 août 2006.. Dans un entretien à la BBC, John Reid, le ministre de l'Intérieur, a de nouveau affirmé que avaient été interpellés, mais qu'il était Coralie Febvre, Complot terroriste : les autorités prudentes, multiples révélations de la presse, AFP, 13 août 2006..

Selon ABC News, deux arrestations au Pakistan pourraient avoir significativement hâté le déroulement des enquêtes.. De plus The Guardian du vendredi rapporte que, d'après des sources gouvernementales, l'ordre d'effectuer les attentats () a été envoyé aux suspects britanniques après l'arrestation de deux suspects au Pakistan Months of monitoring exposed details of conspiracy, The Guardian, 11 août 2006..

August Hanning, ancien chef du BND, dans le Bild am Sonntag du précise que entre les assaillants et , et d'ajouter Complot terroriste : les suspects avaient « apparemment » des contacts en Allemagne, selon un responsable, Yahoo!/AP, 12 août 2006.. D'après un responsable américain, une cassette vidéo montrant les confessions posthumes d'un des suspects a été retrouvé par la police métropolitaine britanniqueComplot de Londres : l'enquête avance, Le Nouvel Obs/AP, 12 août 2006..

Paul Beaver, un expert britannique en terrorisme, a dit qu'il était hautement possible que la nébuleuse Al-Qaïda se trouve aux commandes du complot, qui n'aurait eu lieu que quelques semaines après que le groupe a menacé de s'en prendre à l'aviation.. Le Secrétaire du DHS, Michael Chertoff, a déclaré que le complot était fort avancé, dans l'étape finale de planification, et que le modus était ..

La législation britannique autorise l'interrogatoire de suspects pendant une période pouvant aller jusqu'à 28 jours, sans qu'aucun chef d'inculpation ne soit prononcé à leur encontre..

La surveillance Au Pakistan, un citoyen britannique d'origine pakistanaise de Birmingham, Rashid Rauf, est soupçonné d'avoir mis en contact les hommes du complot avec des dirigeants d'Al Quaïda. Quand Ahmed Ali, qui était déjà sous surveillance policière, est revenu du Pakistan en , les autorités aéroportuaires londoniennes, la police et les services de renseignements ont secrètement ouvert ses bagages. Ils ont alors découvert qu'il transportait de la poudre pour fabriquer un soda très énergétique, ainsi qu'un grand nombre de piles. C'était largement suffisant pour susciter la suspicion des autorités anti-terroristes, et dans les semaines qui suivirent, une importante opération de surveillance fut mise en place, avec le renfort de 220 policiers issus d'autres services.

Assas Sarwar (de High Wycombe) a été vu en train acheter des objets singuliers, non nécessaire à sa vie quotidienne, et qui auraient pu être utilisés à des fins morbides. Un jour, les policiers chargés de la surveillance l'ont vu déposer une bouteille vide de peroxyde d'hydrogène dans une déchèterie. Sarwar et Ali ont également été vus ensemble dans un parc de l'Est Londonien. Lorsque le MI5 est entré secrètement dans un appartement utilisé par Ali, les policiers ont découvert ce qui semblait être une véritable usine à « bombe chimique ». Ils ont alors discrètement installé une caméra et un micro, et le , ils ont enregistré Ali et tanvir Husain en train de construire un ECI, en se servant de bouteilles. Par ailleurs, d'autres officiers ont surveillé Ali alors qu'il passait deux heures dans un café internet à rechercher des horaires d'avions..

L'ordre d'intervention Selon des sources américaines, un agent anglais avait infiltré le groupe. Après avoir observé les suspects pendant plusieurs mois, l'enquête arrive à un point crucial le , quand la décision est prise de stopper le complot et de procéder aux multiples arrestations. Selon l'Italien Franco Frattini, alors commissaire européen à la Justice, à la Liberté et à la Sécurité, les terroristes avaient reçu un court message : . Toutefois, il a été clairement établi que les attaques prévues en étaient toujours à un stade de préparation.

Il est probable que les deux versions soient exactes. Ce qui a inquiété les autorités et les services secrets occidentaux, c'est le déclenchement des essais prévus de passage au filtre de sûreté de l'aéroport de Londres-Heathrow, sachant qu'à Londres, une grande majorité des agents de sûreté est d'origine pakistanaise ou indienne. À ce jour, aucune complicité n'a pu être mise en évidence. .

Suspects arrêtés en Angleterre