L'Institut de recherche pour le développement (IRD) est un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) français sous la tutelle des ministères chargés de la Recherche et de la Coopération, remplaçant l'Office de la recherche scientifique et technique d'outre-mer (ORSTOM).

Cet organisme participe à des recherches scientifiques et techniques par le biais d'accords signés entre la France et certains pays en développement.

Ces programmes de recherche destinés à apporter une aide au développement des pays du Sud s'orientent autour des sciences humaines et sociales (géographie, sociologie…), des sciences de la santé (maladies infectieuses, grandes endémies, nutrition) et des sciences de la nature et de l'environnement (sciences de la terre, océanographie, écologie, biologie…).

Le siège de l'IRD est situé à Marseille (à Paris jusqu'en ).

Historique

L’idée de créer un organisme capable de promouvoir la recherche dans les colonies françaises fut exprimée pour la première fois, en 1937, sous le gouvernement de Léon Blum. Le Conseil des territoires français d'outre-mer (CFOM) a en effet été créé le par le gouvernement du Front populaire. Il fait partie du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSRS).

Il faudra pourtant attendre la création, par la loi du , de l’Office de la recherche scientifique coloniale (ORSC).

En 1944, le gouvernement provisoire de la République française, soucieux de disposer des atouts nécessaires à la cohésion et au renouveau d’un empire colonial ébranlé par la guerre, confirme par une ordonnance du la création de l’Office, d'abord sous le nom d'Office de recherche scientifique d'outre-mer (ORSOM) puis en 1953 sous celui d'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer (ORSTOM) et en 1956 sous celui d'Office de la recherche scientifique et technique d'outre-mer (ORSTOM). C’est ainsi pour contribuer à donner un nouvel essor à la politique coloniale qu'a été créé puis transformé et pérennisé un « office conçu pour la seule recherche scientifique coloniale ». Le nouvel institut connaîtra, au cours de son évolution, de grandes mutations : la première a lieu en 1953 à la suite des difficultés financières liées à la création d’un fonds commun ; la deuxième porte, au début des années 1960, à la suite des indépendances de plusieurs pays africains et sur la scission de la recherche agronomique et la lutte contre le démantèlement et pour un statut national ; la troisième survient en 1984, avec le décret du , portant réorganisation et fonctionnement, de l’office car les relations entre la métropole et les colonies s’étaient muées en coopération bilatérale ou multilatérale qui deviendra essentielle dans les relations Nord-Sud. Ce décret traduisait une mise à jour et une continuité puisque l’Office devenait Institut français de recherche scientifique pour le développement en Coopération, tout en gardant le sigle Orstom. Il acquiert le statut d'Établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST).

Le , l’institut, à la suite de réelles évolutions, a changé de nom et de sigle pour devenir l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Tout au long de ses 75 années d'existence, ponctuées d'épisodes politiques, idéologiques, scientifiques, l'ORSTOM puis l'IRD sont devenus des instituts de recherche après avoir été des instruments politiques de coopération.

En 2026 le gouvernement envisage la suppression de l'IRD par une fusion avec le CNRS.

Quelques membres

Organisation actuelle Voir la chronologie relative à l'IRD présentée à la journée "Archives et Histoire" pour la liste détaillée des Présidents du C.A. et de la Direction Générale depuis la fondation de l'Institut et des structures l'ayant précédé.

Présidents du Conseil d'administration 1982-1988 : Pierre Lavau 1987-1989 : François Doumenge 1988-1994 : Michel Levallois 1994-1997 : Hubert Fournier 1997-2000 : Philippe Lazar 2001-2009 : Jean-François Girard 2010-2015 : Michel Laurent 2015-2020 : Jean-Paul Moatti Depuis 2020 : Valérie Verdier

Directeurs généraux

1963-1982 : Guy Camus 1982-1987 : Alain Ruellan 1987 - 1989 : Philippe Tennesson 1989 - 1992 : Gérard Winter 1992 - 1998 : Jean Nemo 1998-2000 : Jean-Pierre Muller 2006-2010 : Michel Laurent À partir de 2010, les fonctions de Président et directeur-général sont fusionnées

Départements L’IRD est organisé en cinq départements scientifiques coordonnés par un directeur délégué à la science : Dynamiques Internes et de Surface des Continents (DISCO) ; Écologie, Biodiversité et Fonctionnement des Écosystèmes Continentaux (ECOBIO) ; Océans, climat et ressources (OCEANS) ; Santé et sociétés (SAS) ; Sociétés et Mondialisation (SOC).

Présence dans le monde

Outre le siège de Marseille, en 2018, le réseau s’est déployé vers une dizaine de nouveaux pays. L’IRD dispose ainsi, fin 2018, d’un réseau différencié avec des représentants dans 40 pays en particulier en Afrique subsaharienne (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Niger, Mali, Sénégal, Guinée, Ghana), mais aussi en Afrique du Nord (Égypte, Maroc, Tunisie), en Asie (Cambodge, Vietnam, Indonésie, Thaïlande, Laos), en Amérique latine (Bolivie, Brésil, Chili, Pérou, Équateur, Mexique, Colombie, Argentine). En France métropolitaine, il dispose de quatre délégations régionales - DR Sud-Est à Marseille, DR Occitanie à Montpellier, DR Île-de-France à Bondy et DR Ouest à Brest - et est présent dans l'Outremer français à La Réunion, en Guyane Française, en Martinique, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française.

En 2025, l'IRD se compose de (1565 personnels scientifiques dont 946 chercheurs et 67 personnels locaux à l'étranger) et 741 ingénieurs et techniciens administratifs (dont 157 personnels locaux à l'étranger), mixtes de recherche, à l’étranger et 4 en Outre-mer. Au cours de l'année 2018, l'IRD compte 69 familles de brevet actives, a accompagné plus d'une centaine de créations d'entreprise, réalisé deux nouvelles expositions, produit ou co-produit , édité ou co-édité et participé à de culture scientifique. En 2018, ses chercheurs ont signé scientifiques. C'est encore l'herbier de Nouvelle-Calédonie () et celui de Guyane (). Ce sont enfin plusieurs bases de données (scientifiques, temporelles, photographiques), dont la base documentaire Horizon Pleins textes qui propose issus des recherches de l'IRD, dont téléchargeables en accès libre et la photothèque Indigo (plus de ).

L'IRD a mis en place ces dernières années de nouvelles structures de coopération scientifique qui favorisent la co-construction de projets de recherche. Ces structures offrent financement et autonomie aux jeunes équipes de recherche associées (JEAI), aux laboratoires mixtes internationaux (LMI), aux unités mixtes internationales (UMI) et aux réseaux de laboratoires de recherche internationaux (GDRI). En outre, ces programmes encouragent les collaborations entre les pays du Sud.

Grâce à son partenariat avec RFI Planète Radio, l'IRD soutient également EPOP Network. Cette collaboration a donné naissance à plusieurs projets, tels que **Varuna Sciences de la Biodiversité** et **ePOP Villes Durables**. Ces initiatives visent à approfondir les thématiques liées à la biodiversité et au développement durable dans les zones urbaines, tout en renforçant l'impact des témoignages recueillis par le réseau ePOP sur ces enjeux cruciaux.

Recherches et publications Les publications issues des nombreux et divers travaux des chercheurs de l'IRD sont accessibles via la base de documentation HORIZON de cet institut, ainsi que via le portail IRD des hyperarchives en ligne de la recherche française, HAL-IRD.

L'IRD est également éditeur scientifique public. IRD Éditions publie des ouvrages interdisciplinaires et multilingues (français, anglais, espagnol, portugais, arabe, vietnamien), conçus pour différents publics (scientifiques ou non-scientifiques). Le catalogue IRD Éditions contient 650 titres (couvrant de nombreuses thématiques des sciences sociales, environnementales ou de santé), en format papier et numériques, diffusés dans le monde entier et selon différents canaux. À travers ses éditions, l'IRD soutient des modalités spécifiques de diffusion dans les Suds (politique de prix réduits, gratuité). Particulièrement engagé dans la science ouverte, IRD Éditions propose plus de 350 ebooks en libre accès. Enfin, l'IRD est membre fondateur de l'Alliance des éditeurs scientifiques publics français (Alef).

Notes et références

Voir aussi Bibliographie C. Bonneuil et P. Petitjean, « Les chemins de la création de l'ORSTOM, du Front populaire à la Libération en passant par Vichy, 1936-1945 : recherche scientifique et politique coloniale », dans Roland Waast et Patrick Petitjean (dir.), Les Sciences hors d'Occident au , Paris, ORSTOM, 1996, Bernard Hours, « De l’ORSTOM à l’IRD : de la colonie à l’agenda global ». L’Harmattan, collection Questions Contemporaines : Série Globalisation et Sciences Sociales, 2020, 141 pages. Ndiaye, Ch., « Étude du dispositif documentaire de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) : cas de la Représentation au Sénégal ». (Mémoire de fin d’études au Diplôme supérieur en sciences de l’information et de la communication (DSSIC) ; sous la dir. de M. O. SAGNA). – Dakar : EBAD ; 2006.- + annex. https://memsic.ccsd.cnrs.fr

Articles connexes Aide au développement Codéveloppement Pays du Sud Pays en développement Pays les moins avancés

Liens externes

L'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, Revue française de sociologie, 1966,

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