Jacques-Émile Blanche né le à ParisArchives de Paris, acte de naissance n° /76/1861. et mort le à Offranville (Seine-Inférieure), est un peintre, graveur et écrivain français.
Biographie
Jeunesse et éducation Jacques-Émile Blanche bénéficie d'une éducation cosmopolite, ayant été élevé à Passy dans une demeure qui avait appartenu à la princesse de Lamballe. Afin de la transformer en clinique, elle avait été acquise par son grand-père, Esprit Blanche, psychiatre qui a compté parmi ses patients Gérard de Nerval. Son père, Émile Blanche, est également aliéniste, travaillant dans le même établissement. Cette maison gardait toujours une atmosphère empreinte de l'élégance et du raffinement du et a influencé ses goûts et son travail.
Élève de Stéphane Mallarmé, son professeur d'anglais au lycée Condorcet à Paris, Jacques-Émile Blanche se lie d'amitié avec Henri Bergson et André Gide. Excellent pianiste, il hésite à une époque entre la peinture et la musique.
Son père meurt en 1893 à Passy, en son domicile de la rue des Fontis, non loin de la clinique familiale. L'année suivante, cette voie est renommée rue du Docteur-Blanche. Jacques-Émile y résida égalementJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de minuit, septième éd., 1963, (« A-K »), « Rue du Docteur-Blanche », ..
Famille Il est le neveu de l'architecte Léon Ohnet et le cousin de l'écrivain Georges Ohnet.
Vie privée et fréquentations En 1895, il épouse sa confidente et amie d'enfance Rose Lemoinne.
Il fut ami des surréalistes et des dadaïstes, parmi lesquels Jacques Rigaut, René Crevel et Jean Cocteau, dont la mère était très liée avec la famille Blanche.
Carrière de peintre vignette|gauche|redresse|Portrait de Jacques-Émile Blanche par John Singer Sargent, vers 1886. Bien qu'il ait reçu l'enseignement d'Henri Gervex, Jacques-Émile Blanche peut être considéré comme un peintre autodidacte.
Il fait ses premiers pas dans le milieu mondain sous la bienveillante protection du comte Robert de Montesquiou. Il acquiert une grande réputation de portraitiste. Son style, vivant et raffiné, porte l'empreinte de sources française et anglaise.
On peut compter parmi ses chefs-d'œuvre les portraits de son père, du poète Pierre Louÿs, du peintre Fritz Thaulow et ses enfants, d'Aubrey Beardsley et d'Yvette Guilbert.
Il fréquente le salon de Geneviève BizetÉpouse de Georges Bizet., devenue ensuite Madame StrausEn épousant Émile Straus, avocat des Rothschild., bien connu du Tout-Paris littéraire et artistique (Edgar Degas, Marcel Proust, Georges de Porto-Riche, Paul Bourget).. Il fréquente aussi le salon de la comtesse Potocka.
Au début des années 1900, il est nommé chef d'atelier à l'académie de la Palette, avant de rejoindre, dès 1904, avec Lucien Simon, l'académie de la Grande Chaumière fondée par leurs anciennes élèves Martha Stettler et Alice Dannenberg.
À partir de 1903, il expose au salon organisé par la Société nouvelle de peintres et de sculpteurs, dont il est membreArt et décoration, Paris, janvier 1903, (en ligne sur Gallica)..
En 1926 se crée la Société belfortaine des beaux-arts, qui organise chaque année jusqu'à la Seconde Guerre mondiale des expositions importantes aux musées de Belfort auxquelles Blanche participe en compagnie de Georges Fréset, René-Xavier Prinet, Jean-Eugène Bersier, Raymond Legueult, Anders Osterlind, Henry de Waroquier et Jules-Émile Zingg..
Il est élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1935.
De 1902 et jusqu'à sa mort en 1942, il passe de longs moments dans sa propriété du manoir de Tôt à Offranville, près de Dieppe.
Il est inhumé à Paris au cimetière de Passy dans le caveau familial.
Décoration
Postérité Il a fait don de nombreux tableaux et documents à Offranville pour qu'y soit créé un musée. En 1995, la commune a ouvert le musée Jacques-Émile-Blanche.
Œuvres
Œuvres picturales
Années 1800 Portrait de Mary Cassatt, 1885, Paris, musée Carnavalet Jeune fille dans un jardin, 1887, Dieppe musée de Dieppe Portrait de femme, 1887, Paris, musée d'Orsay. Mademoiselle Meuriot sur son poney, 1889, Paris, Petit Palais Portrait de George Rodier, 1889, Paris, musée d'Orsay. Portrait de Marcel Proust, 1892, Paris, musée d'OrsayNotice sur le site du musée d'Orsay Portrait de Pierre Louÿs, 1893, collection particulièreExposé à Paris à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent en 2013, reproduit dans Connaissance des arts . Portrait dit de Wanda Zielinska, 1896-1897, musée des Beaux-Arts de Caen Portrait du petit Jean Helleu, fils du peintre Paul César Helleu, 1897, musée des Beaux-Arts de Rouen La Mandarine, Portraits de et de ses enfants, 1898, Paris, Petit Palais Dahlias et capucines à l'urne d'argent, moitié du , musée des Beaux-Arts de Reims Hortensias (grande chaleur), entre et le quart du , musée des Beaux-Arts de Reims
Années 1900 Portrait de Claude Debussy, 1902, musée de la Musique. La Famille Halévy, 1903, musée d'Orsay. Portrait du peintre Josep Maria Sert, ~1903, musée national d'Art de Catalogne Voir sur museunacional.cat. Le Chérubin de Mozart, 1904, musée des Beaux-Arts de Reims Portrait de Rodin, 1904, Paris, musée Rodin. Portrait de Lady Michelham, vers 1905, Paris, Petit Palais Le Boudoir bleu, 1905, musée des Beaux-Arts de Lyon La Panne, les hommes, 1901-1905, musée des Beaux-Arts de Lyon La Panne, les femmes, vers 1905, musée des Beaux-Arts de Lyon Portrait d'André Gide, 1912, musée des Beaux-Arts de Rouen Jean Cocteau en pied à Offranville, 1912, musée des Beaux-Arts de Rouen Fraulein Friedhander, 1913, musée de CambraiVoir sur villedecambrai.com.. Portrait d'Igor Stravinsky, 1915, Paris, Cité de la musiqueNotice sur le site du musée d'Orsay. vignette|Lettre aquarellée de l'artiste avec l'esquisse d'un couple d'amoureux, collection Calvé-Cantinotti. Portrait du Général Mangin, 1920, musée des Beaux-Arts de Dijon Portrait d'Henry de Montherlant, 1922, musée des Beaux-Arts de Rouen Le Groupe des Six, 1922, musée des Beaux-Arts de Rouen La Gazette des Amis des musées de Rouen et du Havre sur amis-musees-rouen, . Portrait de Paul Valéry, 1923, musée des Beaux-Arts de Rouen. Vente du poisson en gros, vers 1929, musée de Dieppe Place du Puits-Salé à Dieppe, 1929, localisation inconnueVoir sur seine76.fr.. Régates à Cowes , vers 1920-1930, musée des Beaux-Arts de Dijon Entraînement de rugby, 1930, musée des Beaux-Arts de Dijon Joueurs de Football, 1935, musée des Beaux-Arts de Dijon Portrait d'Aldous Huxley, 1935, château de Dieppe. La Guerre d’Espagne, 1936, musée d'Orsay
Non datées Portrait de Paul Morand, musée des Beaux-Arts de Rouen Portrait de , musée des Beaux-Arts de Rouen Portrait de René Crevel, Paris, musée Carnavalet Portrait de Jean Dupas, musée des Beaux-Arts de Bordeaux Salon jaune à Offranville, ancienne collection Jean de Gaigneron, localisation inconnueBinoche et Giquello, Salon jaune à Offranville, catalogue raisonné par Jane Roberts, , Mobilier et objets d'art, . Étude pour un portrait de Raymond Radiguet, musée des Beaux-Arts de Rouen Monte Olivetto, musée des Beaux-Arts de Dijon
Œuvres littéraires Essais et Portraits, Paris, Dorbon-Aîné, 1912 Cahiers d'un artiste I, juin-, Éditions de la NRF, 1915 Cahiers d'un artiste II, -, Paris, Émile-Paul Frères, 1916 Cahiers d'un artiste III, août-, Paris, Émile-Paul Frères, 1917 Cahiers d'un artiste IV, -, Paris, Émile-Paul Frères, 1919 Cahiers d'un artiste V, août-, Paris, Émile-Paul Frères, 1919 Cahiers d'un artiste VI, -, Paris, Émile-Paul Frères, 1919 Propos de peintre I. De David à Degas, préface de Marcel Proust, Paris, Émile-Paul Frères, 1919 L'Enfance de Georges Aymeris, Paris, Mercure de France, 1919 Tous des Anges, roman, Paris, Éditions Albin Michel, 1920 Propos de peintre II. Dates, précédé d'une « Réponse à la Préface de Marcel Proust au De David à Degas », Paris, Émile-Paul Frères, 1921 Aymeris, roman, édition originale, illustrée de compositions de l'auteur, Paris, Éditions de La Sirène, 1922 Les Cloches de Saint-Amarain, roman sous le pseudonyme de Jaime de Beslou, Paris, Émile-Paul Frères, 1922 ; édition définitive, Paris, Émile-Paul Frères, 1927 Idéologues, nouvelles, sous le pseudonyme de Jaime de Beslou, Paris, Éditions Kra, 1923 Manet, , Paris, F. Rieder, 1924 Le Bracelet tensimétrique, nouvelle, Paris, Éditions Kra, 1926 Dieppe, , Paris, Émile-Paul Frères, 1927 Propos de peintre III. De Gauguin à la Revue nègre, Paris, Émile-Paul Frères, 1928 Mes modèles, Souvenirs littéraires, Paris, Éditions Stock, 1928 Passy, , Paris, Pierre Lafitte, 1928 Émilienne et la Maternité, roman, Paris, Stock, 1929 Aymeris, édition définitive, préface d'André Maurois, Paris, Plon, 1930 Les Arts plastiques de 1870 à nos jours, , Paris, Les Éditions de France, 1931 Mémoires de Joséphin Perdrillon, précepteur, roman, Paris, Denoël et Steele, 1931 Les Trésors de la peinture française des primitifs au , en collaboration avec Élie Faure, Maurice Raynal et Tériade, Paris, Albert Skira, 1934 Portraits of a Lifetime, 1870-1914, traduction en anglais de Walter Clement, London, J. M. Dent and Sons, 1937 More Portraits of a Lifetime, 1918-1938, traduction en anglais de Walter Clement, London, J. M. Dent and Sons, 1939 In Memoriam patris et filii H. et B.P. d. G .S., Dieppe, Imprimerie de la Vigie, 1942 Souvenirs sur Walter Sickert, Alençon, Éditions de Malassis, 1943 Ernest Renan. Dessins et souvenirs, présenté par Daniel Halévy, Alençon, Poulet-Malassis. M. Dent and Sons, 1944 La Pêche aux souvenirs, Paris, Flammarion, 1949 Correspondance 1916-1942 avec François Mauriac, établie, présentée, annotée par Georges-Paul Collet, Paris, Grasset, 1976 Correspondance 1892-1939 avec André Gide, établie, présentée et annotée par Georges-Paul Collet, Gallimard, , Paris, 1979 Nouvelles lettres à André Gide (1891-1925), textes recueillis, établis et présentés par Georges-Paul Collet, Genève, Droz, 1982 Correspondance 1901-1939 avec Maurice Denis, établie, présentée, annotée par Georges-Paul Collet, Genève, Droz, 1989 Correspondance 1912-1939 avec Jean Cocteau, établie et présentée par Maryse Renault-Garneau, Paris, Éditions de la Table ronde, 1993 Propos de peintre, compilation des meilleurs portraits, sélection opérée par Frédéric Mitterrand, Éditions Séguier, 2013
Expositions Biennale de Venise, 1912 : panneaux décoratifs pour le pavillon français. « Du côté de chez Jacques-Émile Blanche. Un salon à la Belle Époque », du au , Paris, Fondation Pierre-Bergé-Yves Saint-Laurent. « Jacques-Émile Blanche en Normandie - Cinquante ans de rencontres artistiques » du au , musée de Dieppe. « Jacques Émile Blanche Peintre, écrivain, homme du monde », du au , Évian, Palais Lumière. « Jacques Émile Blanche Portraitiste de la belle époque », du au , Deauville, Festival Normandie impressionniste "Peindre le temps perdu" exposition, été 2025, au musée Angladon à Avignon.
Notes et références Notes
Notes et références
Annexes
Bibliographie Dictionnaire Bénézit. Catalogue raisonné de Jane Roberts et Muriel Molines sur jeblanche-catalogue.com. . Georges-Paul Collet, « Jacques-Émile Blanche, épistolier », Études françaises, , , 1967, (en ligne sur erudit.org). Juliette Kotowicz, « Jacques-Émile Blanche, le peintre-écrivain normand », Patrimoine normand, , automne 2012. . Jérome Neutres et Jane Roberts, Du côté de chez Jacques-Émile Blanche, éditions Skira Flammarion, 2012, . .
Iconographie Œuvres de Jacques-Émile Blanche sur insecula.com.
Articles connexes Entourage de Marcel Proust Musée Jacques-Émile-Blanche
Liens externes « Jacques-Émile Blanche » dans Artcyclopedia
Catégorie:Peintre français du XIXe siècle Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Peintre postimpressionniste français Catégorie:Peintre portraitiste français Catégorie:Graveur français du XIXe siècle Catégorie:Graveur français du XXe siècle Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle