L’organisation du sport en France repose sur de nombreux acteurs publics et privés. Au niveau national, l'État joue un rôle de coordination, de contrôle et de soutien notamment à travers le ministère chargé des sports et les établissements publics qui en relèvent, tandis que le Comité national olympique et sportif français représente le mouvement sportif. Toutefois, pour des raisons pratiques, il ne peut se charger lui-même de tout ce qui concerne le sport : la diversité des pratiques, des publics, des intervenants, des sites et des situations rendrait la tâche impossible. Il s'appuie donc sur des structures existantes et, si nécessaire, en suscite la création, comme pour les commissions spéciales.
Au niveau local, les collectivités territoriales et les clubs sportifs accompagnent la vie des sportifs amateurs et professionnels. vignette|upright=2|Instances d'organisation sportive dans le territoire.
Le cadre juridique Le cadre juridique est fixé par le code du sport, adopté en 2006-2007 et dont la partie législative reprend en grande partie les dispositions de la loi Avice de 1984.
Les grands principes Les activités physiques et sportives constituent un élément important de l'éducation, de la culture, de l'intégration et de la vie sociale. Elles contribuent notamment à la lutte contre l'échec scolaire et à la réduction des inégalités sociales et culturelles, ainsi qu'à la santé. La promotion et le développement des activités physiques et sportives pour tous, notamment pour les personnes handicapées, sont d'intérêt publicArticle L100-1 du code du sport.
Le schéma de services collectifs du sport, conformément à la loi d'orientation pour l'aménagement et le développement du territoire, définit les objectifs de l'État pour : développer l'accès aux services, aux équipements, aux espaces, sites et itinéraires relatifs aux pratiques sportives sur l'ensemble du territoire national, en cohérence avec le schéma de services collectifs des espaces naturels et ruraux ; favoriser l'intégration sociale des citoyens.
À cette fin, il identifie des territoires d'intervention prioritaire et évalue l'ensemble des moyens nécessaires en prenant en compte l'évolution des pratiques et les besoins en formationArticle L111-2 du code du sport.
Agrément Le préalable est évidemment de définir qui est représentatif, par exemple d'une pratique sportive. De cette démarche peut découler un agrément, délivré par le ministre chargé des Sports et dont les conditions d'attribution et de retrait sont définies par décret en Conseil d'État. L'obtention de cet agrément est Article L121-4 du code du sport. Il en découle entre autres la faculté de l'État à subventionner ladite structure.
Délégation Lorsqu'un agrément (communément appelé « agrément jeunesse et sport ») est délivré à un organisme national et fédératif, celui-ci devient une fédération agréée. Les fédérations sportives agréées participent à la mise en œuvre des missions de service public relatives au développement et à la démocratisation des activités physiques et sportivesArticle L131-9 du code du sport. Il peut alors être décidé de lui accorder une délégation. Dans chaque discipline sportive et pour une durée déterminée, une seule fédération agréée reçoit délégation du ministre chargé des sports. Un décret en Conseil d'État détermine les conditions d'attribution et de retrait de la délégation, après avis du Comité national olympique et sportif français (CNOSF)Article L131-14 du code du sport. Cette délégation étant unique pour une discipline sportive donnée, l'organisme susmentionné est alors le seul à pouvoir prendre l'appellation de « Fédération française de … » ou de « Fédération nationale de … »Article L131-17 du code du sport. On ne peut cependant pas parler de délégation de service public, de multiples conditions imposées par la jurisprudence du Conseil d'État n'étant pas satisfaitesSynthèse du statut de la délégation de service public en France sur marche-public.fr.
Bénévolat L'État français tient particulièrement à associer les notions de sport et de bénévolat concrétisées par les dispositions suivantes : seules les fédérations sportives peuvent avoir délégation de mission de service public (pour les questions sportives) ; les fédérations sont obligatoirement constituées en associations (art. L131-2 du code du sport) Article L131-2 du code du sport ; les fédérations sont obligatoirement dirigées par des instances élues (art. L131-4 du code du sport)Article L131-4 ; hors des cas prévus par le paragraphe 7.d (organismes d'utilité générale) de l'article 261Article 261 du code général des impôts du code général des impôts (CGI), les dirigeants ne peuvent pas recevoir de rémunération.
Bien entendu, la même démarche et des textes similaires organisent la gestion bénévole du sport, du niveau national à la plus petite association sportive locale. L'existence même de championnats professionnels (entre clubs professionnels ou sociétés sportives) est subordonnée à cette gestion bénévole du sport : seule une fédération sportive délégataire peut décider de la création d'une ligue professionnelle (art. L132-1 du code du sport)Article L132-1 du code du sport ; le fonctionnement juridique et financier de la ligue est contrôlé par ladite fédération (art. L132-2 du code du sport)Article L132-2 du code du sport ; les relations entre ligue professionnelle et fédération sont édictées par décret du Conseil d'État, après avis du .
Les intervenants L'organisation du sport repose sur de nombreux intervenants, tant publics que privés. Outre le ministère chargé des sports, d'autres ministères interviennent dans ce domaine, tandis que le rôle des collectivités territoriales, notamment dans le financement du sport et la gestion des infrastructures sportives est important.
La convention collective du sport règle, sur l'ensemble du territoire français, les relations entre les employeurs et les salariés des entreprises exerçant leur activité principale dans l'un des domaines suivants : organisation, gestion et encadrement d'activités sportives ; gestion d'installations et d'équipements sportifs ; enseignement, formation aux activités sportives et formation professionnelle aux métiers du sport ; promotion et organisation de manifestations sportives.
Partie importante de la société civile, une grande partie du million d'associations recensées en France relève de l'association sportive.
De très nombreux ministères et de plus nombreux services et industries ont une influence non négligeable sur l'organisation du sport en France, on peut identifier quelques acteurs majeurs de celle-ci.
Ministère des sports Le ministère des sports (MS) a vocation à organiser le sport français national et international, tant sur le plan civil que scolaire et universitaire. Par ailleurs, il est chargé d'élaborer, de mettre en œuvre et d'évaluer la politique concernant les activités physiques et sportives, tant pour le sport de haut niveau que pour le sport pour tous ou le sport professionnel.
Outre une fonction d'expertise auprès de tous les services de l'État et l'élaboration des textes législatifs et réglementaires, la direction des sports du ministère assure la tutelle de toutes les fédérations sportives.
Pour l’encadrement des pratiques sportives, le ministère des sports délivre différents diplômes d'État d’enseignant donnant droit à rémunération : certificat de qualification professionnelle (CQP), brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS), diplôme d'État de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (DEJEPS) et diplôme d'État supérieur de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (DESJEPS). Les fédérations sportives reconnues délivrent, sous leurs responsabilités, les diplômes d’enseignant bénévole de club. Le ministère des sports délivre les cartes professionnelles sur déclaration des enseignants, leurs références sont affichées dans les clubs.
Par ailleurs ayant d'une part la charge de la programmation budgétaire en matière d'équipements sportifs et, d'autre part, l'obligation de veiller au développement des sports de nature, la direction des sports du ministère a une influence non négligeable sur l'aménagement du territoire.
D'autre part, le ministère des sports est un des animateurs fondamentaux de la vie civique et sociale française puisque par son action il organise les loisirs non seulement des de licenciés sportifs de France mais aussi d'environ 18 autres millions de pratiquants occasionnels non licenciés.
Enfin, le ministère des sports est un acteur majeur de la vie économique française puisqu'il encadre directement un domaine ayant pesé d'euros en 2003Ministère de la Jeunesse et des sports, Stat-info de janvier 2006.
Ministères de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur Le ministère de l'éducation nationale et le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche interviennent dans le sport scolaire et universitaire ainsi que dans la formation d'encadrants.
L'enseignement français inscrit obligatoirement, une leçon d'éducation physique et sportive à ses élèves et étudiants durant leur formation. Ainsi, il est possible à chaque élève et à chaque étudiant de pratiquer une activité physique et sportive durant les heures d'enseignement mais également de pratiquer en dehors de ces heures obligatoires par le biais du sport scolaire représenté localement par l'association sportive. Cette dernière existe aussi bien dans l'enseignement secondaire que dans l'enseignement supérieur, dans l'enseignement privé mais sous des appellations différentes. Des championnats sont organisés tout au long de l'année, calqués sur le même niveau de territoire que ceux des fédérations sportives.
Dans l'enseignement secondaire existent des voies de spécialisation (classes à horaires aménagés) afin de permettre à ses élèves de développer leurs compétences dans une ou plusieurs disciplines pour lesquelles ils auront été recrutés. Ainsi, ces derniers pourront se spécialiser afin de déboucher sur une voie professionnalisante.
Au nombre de quarante-six en France, les unités de formation et de recherche en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) forment les futurs personnels des différentes organisations sportives (privées, publiques et associatives) et dans le secteur de la recherche en matière sportive dans les différentes disciplines associées à ce champ : management, psychologie, économie, physiologie, bio mécanique
Ministère des Armées Le ministère des Armées est à la base de la formation des premiers cadres sportifs en France et fait perdurer ses formations sous le titre de moniteur et moniteur chef d'entraînement physique, militaire et sportif. Ainsi, il forme ses propres cadres aux spécificités de l'entraînement militaire.
En termes d'organisation de compétitions, il associe à chacun de ses régiments une association loi de 1901, animée par ses cadres, organisées en Fédération des clubs de la défense (FCD). Ces associations sont ouvertes aux civils et se regroupent par circonscriptions, régions et au niveau national pour organiser des championnats dans des disciplines aussi bien civiles que militaires.
Le ministère dispose en outre d'un organisme interarmées, le Centre national des sports de la défense (CNSD) composé du commissariat aux sports militaires, de l'école interarmées des sports (EIS) et de l'école militaire d'équitation (EME).
Le commissariat aux sports militaires est responsable de la politique sportive des armées et de la gestion des athlètes de haut niveau. L' est responsable de la formation des moniteurs de sports des armées et l' est responsable de la formation des spécialistes des sports équestres.
Comité national olympique et sportif français vignette|upright=0.8|Le baron Pierre de Coubertin (en 1912).