Aulus Cornelius Palma Frontonianus est un sénateur et militaire romain, connu principalement sous le règne de Trajan (98 - 117). Cornelius Palma est consul ordinaire en 99 et 109 et semble avoir été apprécié par Trajan pour ses compétences administratives et militaires. Il est mis à mort au début du règne d'Hadrien en 118.

Biographie

Début de carrière

Il est peut-être originaire de Volsinii en ÉtrurieThe Oxford Classical Dictionary (3 rev ed.), Oxford University Press, 2005, « Cornelius Palma Frontonianus, Aulus »., mais l'identification d'un ancêtre de Cornelius Palma parmi la noblesse volsinienne est loin d'être assuréeFrancis Tassaux, Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, 1987, « Pour une histoire économique et sociale de Bolsena et de son territoire », 535..

Cornelius Palma est peut-être légat prétorien en Asie sous le règne de Domitien et, par ailleurs, commande une légion dans les années 94-97 au moment où Nerva succède à DomitienJohn D. Grainger, Nerva and the Roman Succession Crisis of AD 96-99, London, Routledge, 2004..

Il est, avec Quintus Sosius Senecio, le premier consul ordinaire du règne de Trajan, en l'an 99. C'est une marque d'estime et d'importance pour Cornelius Palma, signe d'une relation étroite avec l'empereur, qui souhaite le distinguer particulièrement.

Après son consulat, entre 99/100 et 101/103, il est gouverneur de Tarraconaise (legatus augusti pro praetore Hispaniae citerioris). Le poète Martial, qui vécut de 98 à sa mort en 104 dans sa ville natale de BilbilisHubert Zehnacker, Jean-Claude Fredouille, Littérature latine, 307., en Tarraconaise, a fait l'éloge du gouverneurMartial, Épigrammes, livre XII, IX, traduction de MM. V. Verger, N.-A. Dubois et J. Mangeart, Paris, Garnier frères, 1864, relue et corrigée par Philippe Remacle. :

Gouvernorat de Syrie

Il est ensuite gouverneur de Syrie (legatus augusti pro praetore) de 104 à 108, remplaçant Caius Antius Aulus Iulius Quadratus.

Il reçut la mission, sans doute après la mort du roi Rabbel II en 106, de réaliser la réduction en province du royaume nabatéen de Pétra Dion Cassius, Histoire romaine, livre 69 (Nerva et Trajan), 14.. Cette annexion eut lieu pendant la campagne de Trajan en Dacie. Ce royaume était alors l'un des derniers territoires protégés par Rome mais non intégrés à l'Empire avec l'État client d'Osroène autour d'Édesse, quelques territoires dans le Caucase et le cas épineux du royaume d'ArménieMaurice Sartre, Le Haut-Empire romain, les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères, Seuil, 1997, 29..

Il n'y a apparemment aucun combat, mais l'annexion fait peut-être suite à une campagne militaire à la tête des légions de Syrie et d'Égypte commencée en 105 qui n'a, semble-t-il, rencontré aucune résistance. Dion Cassius et Ammien MarcellinAmmien Marcellin, Histoire de Rome, livre XIV, VIII, 13., qui écrivent respectivement près d'un siècle et plus de deux siècles après les faits, indiquent que la conquête du royaume s'est faite avec résistance. Toutefois, les pièces de monnaie contemporaines frappées à la suite de l'annexion parlent d'une acquisition (Arabia adquisita : « l’Arabie acquise »), et non d'une conquête militaire. De plus, Arabicus n'a pas été ajouté à la titulature impériale de Trajan, ce qui semble indiquer qu'il s'agit donc d'une annexion pacifiqueDominique Hollard, Revue numismatique, 2004, « Le monnayage de la Legio III Cyrenaica frappé à Bostra sous Antonin le Pieux », 155..

Cette annexion permet de renforcer la frontière orientale de l’Empire en vue d'une campagne contre les Parthes, de rendre sûre la liaison commerciale entre l'Égypte, la Judée et la SyrieJean-Pierre Martin, Le Haut-Empire dans Histoire romaine, Armand Collin, coll. « U », p.237. et de mettre fin au monopole des bédouins caravaniers comme intermédiaires sur le commerce de la mer RougePaul Petit, Histoire générale de l'Empire romain, tome 1 - Le Haut-Empire, éd. Seuil, 1978, 217-218.R. E. Brunnow et A. Von Ddomszewski, Die Provinz Arabien, 3 vol., 1904-1909.Y. Yadin, « The Nabatean Kingdom, Pronvincia Arabia, Petra and En-Geddi in the Documents from Nahal-Hever », Jaarb. Voor-Aziat., Egypt. Gezelschap (Leyde), 17, 1963, 227-241..

thumb|right|upright=0.8|L'empereur Trajan (98 à 117).

Cornelius Palma engage des travaux dans sa province de Syrie et dans les terres nouvellement annexées. Par ses soins, Canatha, ainsi que d'autres cités, font l'objet d'importants travaux d'adduction d'eau, grâce à des captages réalisés dans la montagne procheMaurice Dunand, Syria, 1930, « Kanata et Kanaqa », 272.Maurice Sartre, Syria, 1981, « Le territoire de Canatha », 344.Frank Braemer, Syria, 1988, « Prospections archéologiques dans le Hawran », 134.. Une voie romaine reliant Pétra à Gérasa paraît dater de l'époque de l'annexion ainsi que la construction ou la réfection d'un aqueduc à PétraDaniel Panzac, Histoire économique et sociale de l'Empire Ottoman et de la Turquie (1326-1960), Peeters, 1995, p.657..

Il fait de Bosra la capitale de la nouvelle province impériale d'Arabie Pétrée (provincia Arabia), qui est créée le et formée du royaume conquis et de la décapole déjà romaine « A Shift to the North », Petra: Lost City of Stone, American Museum of Natural History. L'empereur Trajan renomme Bosra (alors appelée Bostra) en Nea Traiane Bostra, ou « Nouvelle Bostra de Trajan » et Pétra reçoit le titre honorifique de métropole (metropolis) au même momentChristian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra, la cité des caravanes, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie » (), 1999, page 119.Dominique Hollard, Revue numismatique, 2004, « Le monnayage de la Legio III Cyrenaica frappé à Bostra sous Antonin le Pieux », 156..

Probablement pour l'annexion du royaume nabatéen, Cornelius Palma est honoré des ornements triomphaux. et, de son vivant, d'une statueDion Cassius, Histoire romaine, livre 69 (Nerva et Trajan), 16. de bronze dans le forum d'AugusteAdrien Blanchet, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1944, « La figure de l'Arabie », 231., honneur seulement réservé à deux autres consulaires (Quintus Sosius Senecio pour son rôle décisif dans les guerres daciques et Lucius Publilius Celsus pour des raisons inconnues) par Trajan. Son successeur à la tête de la Syrie est Lucius Fabius Iustus.

Fin de carrière et exécution

En 109, il est à nouveau consul ordinaire aux côtés de Publius Calvisius Tullus Ruso.

Selon l'Histoire Auguste, Cornelius Palma et Lucius Publilius Celsus (deux fois consul sous Trajan, dont un consulat ordinaire en 113) sont en état de disgrâce à la toute fin du règne de Trajan, alors qu'ils « avaient toujours été [les] ennemis [d'Hadrien] ». Trajan a alors désigné à l'attention générale Hadrien comme successeur, bien que cela n'ait jamais été officialiséJean-Pierre Martin, Le Haut-Empire dans Histoire romaine, Armand Collin, coll. « U », p.230..

thumb|right|upright=0.8|L'empereur Hadrien (117 à 138).

En 117, Trajan, malade, décède en août et Hadrien est aussitôt acclamé par les troupes comme imperator. Pour autant, sa position est délicate : la rumeur veut que Trajan n'ait pas voulu désigner de successeur, et que l'adoption soit l'œuvre de PlotineDion Cassius, Histoire romaine, livre 70 (Hadrien), 1.. Hadrien craint un coup d'État de ceux ayant acquis influence, gloire et fortune auprès de Trajan.

Sur ordre du Sénat, Cornelius Palma et d'autres considérés comme conspirateurs sont exécutés, dont les principaux sont Lucius Publilius Celsus (consul en 113), Caius Avidius Nigrinus (consul en 110 et gouverneur de la Dacie) et Lusius Quietus (l'un des principaux généraux de Trajan et gouverneur de Judée)Anthony Birley, Hadrian, Londinii 1997, pp.87-88.Dion Cassius, Histoire romaine, livre 70 (Hadrien), 2.Paul Petit, Histoire générale de l'Empire romain, tome 1 - Le Haut-Empire, éd. Seuil, 1978, 169., car ils sont suspectés d'avoir attenté à la vie du nouvel empereur ou d'aspirer au trôneHistoire Auguste, Vie d'Hadrien, 4.. Hadrien, alors en Syrie, nie avoir ordonné les exécutions de ces quatre sénateurs influents durant le règne de Trajan. On y voit parfois la main du préfet du prétoire Publius Acilius Attianus. Ces assassinats font beaucoup de tort à la popularité d'Hadrien, qui démet Attianus de ses fonctions, réservées aux chevaliers, en le nommant sénateurFrançoise Des Boscs-Plateaux, Un parti hispanique à Rome ?, Casa de Velazquez, 2006, 611..

Palma aurait été mis à mort à TerracineHistoire Auguste, Vie d'Hadrien, 7., dans le Latium, en l'an 118.

Bibliographie E. Dabrowa, The governors of Roman Syria from Augustus to Septimius Severus, Bonn, 1998, 81-83 PIR ² C 1412 / PIR, 1897

Notes et références

Catégorie:Général de l'Empire romain du Ier siècle Catégorie:Général de l'Empire romain du IIe siècle Catégorie:Consul de l'Empire romain Catégorie:Date de naissance non renseignée (Ier siècle) Catégorie:Décès en 118 Catégorie:Gouverneur romain de Syrie au IIe siècle Aulus Catégorie:Décès à Terracine