Christophe-Clair DanyelOn trouve parfois la graphie « Daniel ». de Kervégan, né le Acte de baptême : St-Nicolas, vue 45. et mort le Acte de décès : et cantons, vue 106, AMN Etat civil. La date est bien le 2 octobre, alors que le Livre doré II, page 48, indique "le 3 octobre", date de l'acte. à Nantes, est un négociant, armateur, négrier et homme politique français. Il fut maire de Nantes de 1789 à 1791 et en 1797, premier président du Conseil général de la Loire-Inférieure de 1800 à 1805, et député de 1804 à 1810.

C'est un des armateurs nantais qui ont participé à la traite négrière.

Biographie Origine, famille et formation Christophe-Clair Danyel est le fils de Christophe-Jacques Danyel de Kervégan, négociant, « noble hommeLivre doré II, page 48. », et d'Anne-Marie de Beauvais-RazeauRazeau et non pas « Reseau ». Cf acte de baptême et Livre doré II., elle-même issue d'une famille de commerçants. Son second prénom lui vient de sa marraine, Claire Preaud, tante maternelle par alliance« Épouse de P. L. J. de Beauvais-Razeau »..

Il ne s'est pas marié, fait assez rare dans la société de l'époque.

Il étudie à Rennes.

Carrière avant la Révolution Après ses études, il revient à Nantes dans l'entreprise familiale du quartier de La Fosse, où il exerce la profession de négociant et participe à la traite négrière.

En 1763, il devient administrateur-trésorier des hôpitaux de Nantes.

En 1766, il est nommé membre de la chambre de commerce et juge consulaire, fonction qu'il assume à nouveau en 1774. Il devient grand-juge consulaire en 1782Le Livre doré II, page 48, le présente comme ancien "président du consulat"..

Lors de l'élection municipale d'août 1772, il est nommé échevin. Il est maintenu dans cette fonction lors des élections de 1776, jusqu'en 1782.

Début de la révolution et premier mandat de maire (1789-1790) Le , il est élu délégué du Tiers état de Nantes pour la rédaction de son cahier de doléances, puis délégué à l'assemblée générale du tiers état de la sénéchaussée.

Il fait également partie du comité des subsistances de la ville constitué pour faire face à la menace de disette.

Après la crise de juillet 1789, des élections municipalesCes élections ayant lieu dans le cadre de l'Ancien régime doivent être évoquées dans le tome I du Livre doré. tardives ont lieu à Nantes du 18 au 20 août. Kervégan est élu maire à une très large majorité (79 % des votants). La nouvelle administration nantaise est approuvée par une ordonnance royale le 3 novembre.

Second mandat de maire (1790-1791) vignette|Serment prêté devant la commune de Nantes par M. de Kervégan, maire, le 8 février 1790.

Le , dans le cadre de la nouvelle organisation administrative de la France créant les communes, il est réélu avec voix sur par les électeurs actifs et la cérémonie d'installation a lieu le 8 févrierLivre doré II, page 25., lors d'une fête solennelle donnée sur la place Louis-XVI, fête immortalisée par une gravure de Lemaignan..

Parmi les officiers municipaux du second mandat, on peut remarquer : Charles Drouin de Parçay, Guillaume François Laennec (médecin), Pierre-Frédéric Dobrée (négociant), Jacques Barre (pasteur protestant). Le procureur de la commune est Jean-Henry Sauquet (procureur du roi à la Monnaie). Parmi les notables : Gilbert Beaufranchet (directeur des poudres), Jacques Chevy, Noël-François Coiquaud (avocat). Un renouvellement partiel de la municipalité a lieu le 11 novembre 1790Livre doré II, page 27 : Julien-François Douillard entre alors dans le groupe des notables.

Confronté à une situation de misère et à des difficultés d'approvisionnement, Kervégan organise une souscription, mais fait aussi intervenir les forces de l'ordre à plusieurs reprises. L'épisode le plus marquant survient le , lorsqu'il fait réprimer une « émeute » de paysans à l'octroi de Nantes. Informés d'une forte augmentation du droit d'entrée la foire des Enfants Nantais, la plus importante de l'année, des paysans forcent l'entrée sans acquitter de droit de stationnement. Kervégan, personnellement présent, fait intervenir la troupe ; de nombreuses arrestations ont lieu. Cet évènement est évoqué par le peintre Henri Villaine dans un tableau de 1813 : Le Maire Kervégan arrêtant une émeute de paysans à l'octroi de Nantes en 1790Musée des beaux-arts de Nantes..

Jacques-Louis David, sollicité fin 1789 par l'assemblée municipale sur une initiative de Mathurin Crucy pour réaliser une toile allégorique de Kervégan dans son action révolutionnaire, est en visite à Nantes en mars-avril 1790. Mais, malgré une relance en 1792, le tableau n'est pas réalisé, et son esquisse est perdue, la dernière trace de celle-ci remontant à 1826..

Lors des élections municipales du 14 novembre 1791, Kervégan bénéficie de 418 voix sur 643, mais il refuse catégoriquement son mandat, ce qui permet à Pierre-Guillaume Giraud du Plessis d'être élu le 15Livre doré II, page 30 et installé le .

Pendant la Terreur, Christophe-Clair Danyel de Kervégan est emprisonné.

Troisième mandat de maire (1797) Il redevient maire sous le Directoire après le mandat de Gilbert Beaufranchet, démissionnaire. Lors des élections de floréal , il est élu par voix sur et est installé le 15 floréal ().

Il quitte ses fonctions le (), laissant la place à une équipe nommée par le directoire du département et dirigée par Julien-François Douillard.

La période napoléonienne Sous le Consulat et l'Empire, il occupe d'abord le poste de président du conseil général de la Loire-Inférieure, dont il est le premier titulaire de 1800 à 18041805 selon Conseil général 44.

Puis il est représentant de ce département du (17 brumaire an XIII) au au Corps législatif. Là, il semble avoir surtout défendu les intérêts du commerce nantais.

Décorations Chevalier de la Légion d'honneur, nommé par Louis XVIII en 1814En même temps que deux autres négociants nantais.

Hommages Rue Kervégan à Nantes, sur l'Île Feydeau. Institut Kervégan, "centre d'études et de réflexion", fondé en 1977 par Jean-Joseph Régent (alors président de la CCI et du Port autonome), actuellement présidé par Jacques Crochet.

Voir aussi Bibliographie Alexandre Perthuis et Stéphane de La Nicollière-Teijeiro, Le Livre doré de l’hôtel-de-ville de Nantes, Tome II, Imprimerie Grinsard, 1873, pages 25–30 et 47-48. Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaires des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Edgar Bourloton, 1889-1891, tome 3, Prosper Levot, Biographie bretonne, Éditions Cauderan, Vannes; Éditions Dumoulin, Paris, 1857, tome 2, . Renoul (père), « Danyel de Kervégan », dans Annales de la Société académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, tome 33, Nantes, 1862, Renoul (père), Danyel de Kervégan, Librairie Veuve Mellinet, Nantes, 1863, 102 pages. Gaston Martin, Nantes au siècle : l'ère des négriers (1714-1774) d'après des documents inédits, Librairie Félix Alcan, Paris, 1931, 452 pages (rééd. Karthala, Paris, 1993, avec préface et postface de Charles Becker) Gildas Salaün, « 1789 : Kervégan, maire révolutionnaire et populaire », dans Neptuna : annales de la Société académique de Nantes et de la Loire-Atlantique, , mars 2009, .

Liens internes Histoire de Nantes Traite négrière à Nantes Liste des maires de Nantes

Liens externes

Christophe-Clair Daniel de Kervégan (1735 – 1817)

Notes et références

Catégorie:Maire de Nantes Catégorie:Président du conseil général de la Loire-Atlantique Catégorie:Député de la Loire-Inférieure (Corps législatif) Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1814 Catégorie:Naissance en décembre 1735 Catégorie:Naissance à Nantes Catégorie:Décès en octobre 1817 Catégorie:Décès à Nantes Catégorie:Armateur de Nantes Catégorie:Négociant français du XVIIIe siècle Catégorie:Décès à 81 ans Catégorie:Naissance dans la province de Bretagne Catégorie:Décès dans la Loire-Inférieure