Les termes « littérature suédoise » ou « littérature de Suède » (qui peuvent être considérées interchangeables) se réfèrent aux œuvres littéraires écrites en langue suédoise ou dans une autre langue par des auteurs suédois.
La littérature suédoise est principalement celle de la Suède, mais il existe aussi une part de la population finlandaise qui s'exprime et écrit en suédois. La , aux États-Unis, au Canada, au Mexique ou ailleurs, et l'immigration en Suède fournissent également des possibilités de littérature liée avec la culture suédoise.
Résumé vignette|redresse|Georg Stiernhielm. vignette|redresse|gauche| August Strindberg peint par Richard Bergh La littérature suédoise est d'abord orale (dialogues, chants, contes, récits).
La littérature suédoise écrite trouve ses origines dans les runes qui racontaient le plus souvent les actes glorieux d'une famille noble ou constituaient des actes de propriété.
Le premier texte littéraire suédois connu est la pierre de Rök, taillée durant la période viking et qu’on estime remonter aux années 800.
En conséquence directe du passage du pays au Christianisme vers l’an 1100, la Suède fait son entrée dans une variante nordique du Moyen Âge. Les lettrés, majoritairement religieux, surtout moines, utilisent leur langue de formation et de confession, la langue réputée universelle du catholicisme chrétien, le latin. Le latin est ainsi la langue littéraire. Il existe donc fort peu de textes écrits en vieux suédois durant cette période.
La littérature suédoise en suédois existe s’épanouit vraiment seulement au moment de sa standardisation, au , pendant la Réforme protestante, grâce surtout à la traduction de la Bible réalisée en 1540-1541, dite Bible de Gustav Vasa.
Avec l’amélioration de l’éducation et la sécularisation de la culture, le voit le développement de nombreux auteurs de langue suédoise. Quelques-uns des personnages clés de cette littérature sont : Georg Stiernhielm, le premier à avoir écrit de la poésie classique en suédois ; Johan Henric Kellgren (), le premier ayant écrit une prose suédoise fluide ; Carl Michael Bellman (finlandais du ), le premier auteur suédophone de ballades burlesques ou August Strindberg (à la fin du ), un dramaturge internationalement reconnu.
Au début du continuent de surgir des écrivains suédois notables, tels que Selma Lagerlöf (prix Nobel de littérature en 1909) ou Pär Lagerkvist (prix Nobel de littérature en 1951). Entre 1949 et 1959, Vilhelm Moberg écrit une tétralogie narrative intitulée Les Émigrants (en suédois : Utvandrarna), considérée comme une des œuvres maîtresses de la littérature suédoise.
Dans les dernières décennies, une nouvelle génération d’écrivains s'établit dans le panorama international, tels que les écrivains de romans policiers Henning Mankell ou Jan Guillou. Sans oublier, la romancière pour jeune public mondialement célèbre, Astrid Lindgren, auteur d’œuvres comme Fifi Brindacier, entre autres. Au commencement du , le journaliste Stieg Larsson, se convertit en un phénomène éditorial mondial grâce à sa trilogie Millenium.
Les écrivains suédois Emanuel Swedenborg et August Strindberg ont une influence importante en dehors de la littérature suédoise.
Inscriptions runiques vignette|redresse|La pierre de Rök La majorité des pierres runiques avaient un but pratique, plus que littéraire. Leurs textes sont donc l’objet d’études par les historiens et les philologues. Beaucoup de leurs inscriptions sont délibérément incompréhensibles, parce qu’apparemment utilisées à des fins magiques.
L’exception la plus notable reste la pierre de Rök, gravée, vers l’an 800, de l’inscription la plus longue connue, narrant divers passages de sagas et de légendes, en des mètres de taille variable. Les textes sont écrits, en partie, en version allitérée ou fornyrðislag. La pierre de Rök est considérée comme le point de départ de la littérature suédoise. Rune, pierre runique, codex Runicus, poèmes runiques, runologie, runomancie, liste de pierres runiques en Suède Littérature norroise
Moyen Âge Le proto-norrois (IVe-VIIe) évolue en vieux norrois (VIIIe-XVe), puis en vieux suédois (XIIIe-XVIe) puis en suédois moderne (nysvenska).
La christianisation de la Suède est sans aucun doute l’un des faits les plus marquants dans l’histoire de la Suède, et qui se reflète comme tel dans l’évolution de sa littérature. Ainsi, par exemple, la pierre de Rök, montre le processus d’adaptation de la culture viking à la nouvelle religion : ses signes sont les mêmes que celle de la Gravure de Ramsund, mais avec ajout d'une croix chrétienne, et modification de l’ordre des dessins, de manière qu’ils ne suivent pas la logique narrative du mythe qu’ils représentent.
À partir de ce moment, en outre, la littérature commence à chercher à l’étranger des modèles littéraires à suivre.
Vers 1200, le christianisme est déjà fermement établi et la culture médiévale européenne introduite en Suède.
Une minorité seulement connaît et sait manier l’écriture, et de fait ce qui se conserve par écrit est quantitativement négligeable.
Les premiers manuscrits complets conservés datent seulement du et sont rédigés en latin.
Il faut attendre jusqu'à la fin de ce siècle pour trouver les plus anciens textes conservés en langue suédoise.
La plupart de la littérature de cette époque est de type religieux ou moral, ou juridique (textes légaux).
(1301-1312), romances traditionnelles traduites en suédois, en vers de mirliton : Duc Frédéric de Normandie, Floire et Blancheflor, Yvain Chroniques d'Éric ou Erikskrönika (1320-1335), Karlskrönikan (de Charles), Stureskrönikorna (de Sture) Catherine de Suède (1332-1381) (vers 1445-1486) (1459-1520)
Union de Kalmar (1397-1523)
et Le suédois moderne se développe avec l'introduction de l'imprimerie et la Réforme protestante.
Littérature de la Réforme
La littérature de la période de la Réforme suédoise, écrite entre 1526 et 1658, reste en piètre estime.
La principale raison de cet enlisement de la littérature suédoise est le contrôle ainsi que la censure établie par le roi Gustav Vasa qui fait en sorte que la production se limite à la Bible et autres textes religieux.
En même temps, les monastères catholiques sont détruits, et leurs bibliothèques brûlées. Le monarque ne considère pas non plus comme fondamental de restructurer l’éducation. En conséquence, l’Université d'Uppsala entre en période de décadence. La bourgeoisie est encore en train de se développer, et l’église a perdu une grande partie de son influence après la Réforme Protestante des années 1520. Ainsi, les Suédois qui désireraient acquérir une culture et une éducation supérieure se voient obligés de séjourner à l’étranger, principalement aux universités de Rostock ou de Wittemberg. En plus de la Réforme, l’autre mouvement idéologique et culturel important est le Gothicisme, qui idéalise le passé antique de la Suède.
Les contributions à la culture suédoise sont en général assez maigres à cette époque. Pourtant, c'est à ce moment que sont posées les bases de son épanouissement postérieur. Ainsi, par exemple, la traduction de la bible en suédois réalisée en 1541, la dénommée bible de Gustav Vasa, suggère une première standardisation de la langue. Et l’introduction de l’imprimerie en Suède permet l’expansion de la lecture à ceux à qui cela était précédemment interdit.
Gustave Ier Vasa (1480-1576), régent puis roi de Suède de 1521 à 1576 Réforme en Suède
Historia de omnibus Gothorum Sueonumque regibus (1554) Historia de Gentibus Septentrionalibus (1555) (1200-1500)
La Renaissance suédoise
La période de l’histoire de la Suède comprise entre 1630 et 1718 est connue comme l’Empire suédois et correspond, plus ou moins, à la période de la naissance (ou de la renaissance) de la littérature suédoise. Une date-clé en cette dite « Renaissance » est l’année 1658, où Georg Stiernhielm publie son Herculus, la première œuvre de la littérature suédoise écrite en hexamètres. Quand la Suède se transforme en puissance militaire, une importante classe moyenne fait son apparition. À la différence de la période antérieure, l'éducation n'est plus uniquement une question d'études religieuses telle que la théologie. L’influence des autres pays, en particulier l’Allemagne, les pays britanniques, les Pays-Bas ou la France devient évidente jusque dans tous les aspects de la littérature. En ce sens, il est significatif de dire que celui qui est considéré comme le premier poète suédois, Georg Stiernhiem, était plus versé dans la philosophie et la littérature classique qu'en théologie chrétienne. Durant cette période, le gothicisme gagne également de l’importance, se convertissant en paradigme littérature dominant, avec pour objectif de démontrer que la Suède est naturellement une puissance internationale. Georg Stiernhielm (1598-1672), Hercules (1658), réputé le père de la poésie suédoise Olof Rudbeck (1630-1702), (, 1679–1702)
1721-1809 : classicisme, lumières, préromantisme
Maison de Holstein-Gottorp Olof von Dalin (1708-1763) Hedvig Charlotta Nordenflycht (1718-1763) Carl Michael Bellman (1740-1795) Johan Henric Kellgren (1751-1795) Anna Maria Lenngren (1754-1817) Thomas Thorild (1759-1808) Bengt Lidner (1757-1793)
1809-1870 : romantisme et réalisme
La Maison Bernadotte dirige la Suède depuis 1818, et la Norvège pendant près d'un siècle. Per Daniel Amadeus Atterbom (1790-1855) Erik Gustaf Geijer (1783-1847) Esaias Tegnér (1782-1846) Erik Johan Stagnelius (1793-1823), poète Carl Jonas Love Almqvist (1793-1866) Fredrika Bremer (1801-1865) Emilie Flygare-Carlén (1807-1892) Viktor Rydberg (1828-1895) Carl Snoilsky (1841-1903), poète Johan Ludvig Runeberg (1804-1877)
1870-1914 : naturalisme et fin de siècle vignette|droite|Gustaf Fröding
August Strindberg (1849-1912) Selma Lagerlöf (1858-1940) Gustaf Fröding (1860-1911) Verner von Heidenstam (1859-1940) Erik Axel Karlfeldt (1864-1931) Hjalmar Söderberg (1869-1941) Vilhelm Ekelund (1880-1949), poète (littérature des années 1890)
1914-1945 : entre deux guerres
Sigfrid Siwertz (1882-1970) Elin Wägner (1882-1949) Hjalmar Bergman (1883-1931) Vilhelm Moberg (1898-1973) Ivar Lo-Johansson (1901-1990) Jan Fridegård (1897-1968) Moa Martinson (1890-1964) Pär Lagerkvist (1891-1974) Birger Sjöberg (1885-1929), poète Hjalmar Gullberg (1898-1961), poète Artur Lundkvist (1906-1991) Harry Martinson (1904-1978) Karin Boye (1900-1941) Eyvind Johnson (1900-1976)
1945-1995 Erik Lindegren (1910-1968) Karl Vennberg (1910-1995) Werner Aspenström (1918-1997) Elsa Grave (1918-2003) Rut Hillarp Per Olof Sundman (1922-1992) Sara Lidman (1923-2004) Jan Myrdal (1927) Sven Delblanc (1931-1992) Kerstin Ekman (1933-) Per Olov Enquist (1934-) Göran Tunström (1937-) Inger Alfvén (1940) Théâtre August Strindberg (1849-1912) Ingmar Bergman (1918-2007) Torgny Lindgren (1938-2007) Lars Norén (1944-2021) Sara Stridsberg (1972-) Stig Larsson (Regisseur) (1955-)
Époque contemporaine