Jean Constant Legendre, né le à Paris et mort le à CompiègneRelevé des fichiers de l'Insee, est un homme politique français, ancien député-maire de Compiègne.

Biographie Jean Legendre est le fils d'un agriculteur« A nos lecteurs », L'Entente républicaine, démocratique et sociale de l'arrondissement d'Hazebrouck, juin 1936. Après avoir milité au sein de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF), dès ses 16 ans« Jean Legendre, député-maire de Compiègne (1906-1994). Émergence d'un ténor de la droite sous la IIIe et la IVe Républiques, 1906-1962 », histoire-compiegne.com, il devient journaliste politique au quotidien conservateur L'Écho de Paris, en 1930Notice biographique de Jean Legendre dans la base Sycomore. ou en 1932. Il milite en parallèle au Centre de propagande des républicains nationaux (CPRN), en tant qu'orateur nationalL'Echo de Paris, 17 janvier 1935 (photographie), « M. Léon Blum fait assommer notre ami J. Legendre », L'Écho de Paris, 27 mars 1934 et rédacteur de brochures hostiles aux partis de gaucheL'Écho de Paris, 9 avril 1936Jean-Yves Boulic et Annik Lavaure, « Chapitre 6. Le grand levier moderne de la politique », Henri de Kerillis, Presses universitaires de Rennes, 1997 : Lire en ligne. Le CPRN fondé et dirigé par Henry de Kerillis est lié à L'Écho de Paris ; Kerillis est le chef de son service politique.

Il cherche à se porter candidat aux législatives de 1936 à Senlis (Oise) mais il renonce à sa candidature au profit du baron Alfred de Pontalba« Annales historiques compiégnoises », histoire-compiegne.com , président de la fédération départementale de l'Union nationale des combattants et candidat du PDP, ce que déplore le dirigeant du CPRN, Kerillis« Les petites histoires électorales », L’Écho de Paris, 3 mars 1936.

Il poursuit son action pour le CPRN et ses groupes de province après la victoire du Front populaire, à Dijon par exempleLe Bien public, 6 décembre 1938, Ibid., 9 avril 1938, Ibid., 3 décembre 1938, et milite pour un groupement local de la Fédération républicaine dans le Nord« A nos lecteurs », L'Entente républicaine, démocratique et sociale de l'arrondissement d'Hazebrouck, juin 1936L'Eclair comtois, 22 février 1937, « La campagne de propagande de la Fédération républicaine », Le Temps, 17 mai 1938. Il se rapproche du Parti social français à la fin des années 1930 ; le directeur du bureau politique de ce parti, Edmond Barrachin, veut le présenter aux futures législatives de 1940 (qui évidemment n'ont pas lieu) dans le Nord ou dans l'Oise, où il a commencé à s'implanterJean-Paul Thomas, « Le Parti social français dans le Nord (1936‑1945) », Revue du Nord, 2007/2, n° 370, note 37. La notice biographique de la base Sycomore indique qu'il a été délégué départemental du PSF mais l'information n'est pas reprise par Jean-Paul Thomas et parait douteuse d'autant qu'il y a une erreur de date dans la phrase, à propos du journal L'Epoque..

Prisonnier de guerre pendant plus de trois ans sous l'Occupation, il rejoint la résistance en 1943 ou 1944 : il entre en contact ou est membre du réseau Libération-Nord dans le département de Seine-et-Oise, à Enghien-les-Bains où il réside (groupe « Denais »)Témoignage de Jean Legendre en 1982 pour les Annales historiques compiégnoises . Comme il avait des attaches dans l'Oise, notamment dans le domaine de la presse depuis l'avant-guerre, des résistants locaux lui demandent de fonder un périodique à la Libération, L’Oise républicaine, qui parait en resistance60.fr/presse-nouveaux-titres-1945.

Soutenu par ce périodique dont il est le rédacteur en chef, se présentant comme résistant et prisonnier de guerre, il est élu député de l'Oise en 1945 et maire de Compiègne en 1947. Il milite d'abord au Parti républicain de la liberté, dont il préside la commission de propagandeMathias Bernard, « Le Parti Républicain de la Liberté (PRL) ou l’impossible union des droites (1946-1948) », dans Gilles Richard et Jacqueline Sainclivier (dir.), La recomposition des droites en France à la Libération, 1944-1948, Presses universitaires de Rennes, 2004. Il démissionne du groupe parlementaire du PRL en Les Dernières Dépêches de Dijon, 16 septembre 1948, « M. Legendre quitte le groupe du P. R. L. », Le Monde, 16 septembre 1948 pour rejoindre le groupe « Action démocratique et sociale » (ADS), constitué en . Il fait alors partie de l'intergroupe du Rassemblement du peuple français (RPF), un groupe de députés ayant adhéré au RPF fondé par le général de GaulleCollectif, De Gaulle et le RPF, 1947-1955, Armand Colin, 1998, . Legendre affirme avoir adhéré au RPF dès ses débuts en 1947 car ce parti permettait la double appartenance et avoir appartenu à son comité directeur. Il est réélu en 1951 comme candidat gaulliste et intègre le groupe parlementaire du RPF. Il apporte toutefois son soutien à Antoine Pinay en ce qui conduit à son départ du RPF et à son adhésion au Centre national des indépendants et paysans (CNIP), à l'instar d'autres anciens du PRLJérôme Pozzi et Sabrina Tricaud, « Le PRL, un parti de parlementaires ? », Christine Manigand et al., Le moment PRL, Presses universitaires de Rennes, 2013 : Lire en ligne. Il reste fidèle au CNIP jusqu'aux années 1970« M. Legendre : nous avons eu moins de difficultés avec l'U.D.R. qu'avec les républicains indépendants », Le Monde, 5 février 1972, Ibid., 16 avril 1975.

Il est battu aux municipales de 1954, mais est réélu maire en 1959, 1965, 1971 et 1977 jusqu'à sa démission en 1987 en faveur de son adjoint Philippe Marini.

Lors de l'affaire des fuites, il attaque vivement François Mitterrand, ministre de l’intérieur, notamment lors des débats à l'Assemblée nationale le Mathias Bernard, La Guerre des droites. De l'affaire Dreyfus à nos jours, Paris, Odile Jacob, 2007, . Il affirme avoir été sous la Quatrième République, à l'Assemblée nationale, un « tombeur de ministères » en raison de ses discours.

Cet ancien membre du RPF vote pour l'investiture du général de Gaulle en 1958. Mais il critique les politiques gaulliennes sous la République, notamment la force de frappe et la politique qui a mené à l'indépendance de l'Algérie en 1962. Il fait partie des 13 députés du CNIP qui votent contre le gouvernement de Michel Debré en , à l'issue de la déclaration de politique généraleMathias Bernard, La Guerre des droites. De l'affaire Dreyfus à nos jours, Paris, Odile Jacob, 2007, . Il fait encore partie des députés du CNIP les plus acharnés à défendre l'Algérie française à la fin de la guerre d'Algérie« Les députés indépendants demandent le report du référendum algérien et l'amnistie », Le Monde, juin 1962, « M. PAUL REYNAUD REPROCHE AUX INDÉPENDANTS LA POSITION QU'ILS ONT PRISE AU SUJET DE L'ALGÉRIE », Ibid., 16 janvier 1962. Il assume avoir défendu l'Algérie française et et souligne avoir dans sa profession de foi en 1962Profession de foi de J. Legendre en 1962. Battu aux élections législatives de 1962 au premier tour, il appelle à voter pour un candidat socialiste, contre le candidat gaulliste au second tourMathias Bernard, La Guerre des droites. De l'affaire Dreyfus à nos jours, Paris, Odile Jacob, 2007, . Il se présente en 1967, sans succès, comme candidat du Centre démocrate et du CNIP, critiquant la politique de Georges Pompidou et de l'UNR et appelant à la constitution des Profession de foi de J. Legendre pour les législatives de 1967. Son hostilité ouverte aux politiques gaulliennes explique en partie ses échecs électoraux aux législatives et son soutien à la candidature de Jean-Louis Tixier-Vignancour aux élections présidentielles de 1965.

Il assume avoir été au Parlement un défenseur des betteraviers de l'OiseJean-Pierre Besse, « Les parachutages politiques dans l'Oise », Bulletin de l'Institut d'Histoire du Temps Présent, 2002/79.

Il préside le Conseil régional de Picardie à partir de Le Monde, 17 décembre 1973, mandat au cours duquel il impose le projet de voie industrielle de la vallée de l'Oise. Âgé de 69 ans, il ne se représente pas en 1976Le Monde, 12 janvier 1976.

Compiègne lui doit en partie son développement économique, d'abord à travers l'implantation de l'usine Colgate-Palmolive (1953), ensuite grâce à la création de l'Université de Technologie de Compiègne (1972), l'ensemble étant soutenu par une politique amiable de réserves foncières.

vignette|388x388px|Sépulture de Jean Legendre au cimetière sud de Compiègne.

Notes et références

Liens externes

Interview de Jean Legendre pour les Annales historiques compiégnoises, 8 décembre 1982

Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1945 Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1946 Catégorie:Député de la première législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la deuxième législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la troisième législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la Ire législature de la Ve République Catégorie:Député de l'Oise Catégorie:Maire de Compiègne Catégorie:Personnalité du Parti social français Catégorie:Personnalité du Parti républicain de la liberté Catégorie:Personnalité du Centre national des indépendants et paysans Catégorie:Conseiller régional de Picardie Catégorie:Président de conseil régional Catégorie:Histoire de Compiègne Catégorie:Député européen délégué par la France 1958-1979 Catégorie:Naissance en mai 1906 Catégorie:Naissance dans le 11e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en septembre 1994 Catégorie:Décès à Compiègne Catégorie:Décès à 88 ans