Roger Joseph BoscovichIl écrivait « Boscovich ». Il est utile de savoir son nom non seulement en français, mais aussi en italien : Ruggiero / Ruggero Giuseppe Boscovich, et en latin : Rogerius Josephus Boscovicius, car il a écrit dans ces trois langues., en italien Ruggiero Giuseppe Boscovich ou en latin Rogerius Iosephus BoscoviciusBoscovich écrivait dans trois langues, d'où l'utilité de connaître son nom dans les trois langues :

français : Roger Joseph Boscovich ; italien : Ruggiero / Ruggero Giuseppe Boscovich ; latin : Rogerius Josephus Boscovicius. ., noms sous lesquels il était connu de son temps et dont il usait lui-même, reconstitués aujourd'hui sous la forme croate Ruđer Josip Bošković (, Raguse – , Milan), est un prêtre jésuite dalmate qui était mathématicien, physicien, astronome, diplomate, poète et philosophe.

Né dans la république de Raguse, il passe la plus grande partie de sa vie active à Rome (États pontificaux) ; il travaille aussi à Paris et meurt, à Milan, « sujet du roi de France ».

Biographie

Né le à Raguse (Dubrovnik), alors république vassale de l'Empire ottoman, Roger Joseph Boscovich, est le fils de né à Orahov Do, dans la paroisse catholique de Ravno (sud-ouest de l'Herzégovine)M.Sivrić, N.Vekarić, Genealoški prikaz roda Bošković, Napredak hrvatski narodni kalendar za 1994, 319-344, Sarajevo 1993, riche marchand ragusain, et de Paola Bettera (Pavica Betera), d'une famille originaire de Bergame. Il doit son prénom de Ruggiero à son oncle et parrain Ruggiero Bettera. Il fait ses premières études au collège des jésuites de Raguse (1720–1725). En il se rend à Rome pour entrer dans la Compagnie de Jésus. Il commence son noviciat le à l'église Saint-André du Quirinal.

Au cours de ses études de rhétorique et de philosophie au Collège romain (1727–1732) il fait preuve de dons exceptionnels pour les mathématiques et la physique. Il redécouvre la démonstration du théorème de Pythagore.

Ses études de théologie (1738–1741) terminées Boscovich est ordonné prêtre le et est immédiatement nommé professeur de mathématiques au Collège romain; il y reste jusqu'en 1770. Durant ces années il est plusieurs fois chargé par le pape de missions scientifiques et diplomatiques.

Avec les mathématiciens François Jacquier, et Thomas Leseur, il est consulté par le pape à la fin pour une expertise du dôme de la basilique Saint-Pierre de Rome, qui s'était dangereusement lézardé depuis 1741.. En définitive, le pape confie la mission le au physicien italien Giovanni Poleni, qui lui remet son rapport à l'été 1743 ; les consolidations et réparations se dérouleront de 1743 à 1748..

Le père Boscovich voyage à travers l'Europe (1757–1762), se met en relation avec les savants d'Angleterre et de France, et est admis dans leurs académies. Il propage en Italie la philosophie d'Isaac Newton. Il est reçu en 1760 à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, élu en 1761 à la Royal Society de Londres. De 1761 à il est à Constantinople et plus tard (mai–) voyage à travers la Turquie, la Bulgarie, la Valachie, la Moldavie et la Pologne.

En 1762, il construit un nouvel observatoire astronomique au collège jésuite de Brera, à Milan. Il enseigne ensuite les mathématiques aux universités de Pavie (1764–1769) et de Milan (1770–1773), tout en étant directeur de l'observatoire de Brera.

Lorsque la Compagnie de Jésus est supprimée en 1773, il est entièrement libre de ses mouvements. Boscovich accepte une invitation à Paris comme directeur des travaux d'optique pour la marine (1773–1786). Nommé directeur d'optique de la Marine à Paris en 1773, il achète sa citoyenneté française et devient « sujet du roi de France »Il est naturalisé français le , voir Archives nationales de France, O/1/235, f. 162 r et v..

Le père Boscovich meurt à Milan pendant qu'il dirigeait, avec Christopher Maire, la mesure d'un degré d'arc de méridien. Il y est inhumé dans l'.

Travaux Les apports de Roger Joseph Boscovich à la science concernent : les problèmes de l’astronomie pratique : usage du télescope (1739), et théorique : taches solaires (1736), orbite de Mercure (1737), aurores boréales (1738), mouvement des corps célestes dans le vide (1740), effets de la gravité (1741) ; la forme et la taille de la Terre (1739), la mesure des méridiens ; la nécessité des mathématiques pour résoudre les problèmes de la science ; la structure de la matière ; le problème de la grandeur, l’infiniment grand et l’infiniment petit : pour Boscovich, l’infini n’existe pas dans le monde naturel.

Il est l'inventeur du premier vitromètre.

Écrits

Comme la plupart des savants de son époque, il publiait principalement en latin, mais écrivait aussi, suivant les lieux et les correspondants, en italien, en allemand (dans ces cas nous mentionnons la langue) et en français ; il correspondait avec son frère dans leur langue maternelle. De maculis solaribus (« Les taches solaires »), 1736 ; De novo telescopii usu ad objecta coelestia determinanda (« L’emploi du télescope en astronomie »), Rome, 1739 ; De circulis oscillatoribus (« Les cercles oscillants »), 1740 ; De annuis stellarum fixarum aberrationibus (« Les aberrations annuelles des étoiles fixes »), Rome, 1742 ; Sur la coupole de Saint-Pierre, avec Thomas Leseur et François Jacquier : Parere di tre matematici sopra la cupola di San Pietro, 1742 Sopra alcune difficoltà spettanti i danni, e risarcimenti della cupola di S. Pietro, 1743Titre complet : Riflessioni de padri Tommaso Le Seur, Francesco Jacquier del' Ordine de' Minimi, e Ruggiero Giuseppe Boscovich della Compagnia di Gesù, sopra alcune difficoltà spettanti i danni, e risarcimenti della cupola di S. Pietro : proposte nella congregazione tenutasi nel Quirinale à 20. gennaro MDCCXLIII., e sopra alcune nove isprezzioni fatte dopo la medesima congregazione. De viribus vivis (« Les forces vives »), Rome, 1745 ; Trigonometria sphaerica, 1745 ; De cycloide et logistica, Rome, 1745 ; De cometis (« Les comètes »), Rome, 1746 ; De lumine (« La lumière »), Rome, 1748 ; De materiae divisibilitate et de principiis corporum dissertatio (« La divisibilité de la matière et les principes des corps »), 1748 ; De determinanda orbita planetae (« La détermination de l’orbite d'une planète »), Rome, 1749 ; Elementorum universae matheseos (« Éléments de mathématiques universelles »), Rome, 1754 ( en ligne) ; De continuitatis lege et ejus consectariis pertinentibus ad prima materiae elementa eorumque vires (« La loi de continuité et ses conséquences sur les éléments de matière et leurs forces »), 1754 ; De lege virium in natura existentium (« La loi des forces existant dans la nature »), 1755 ; De litteraria expeditione per Pontificam ditionem ad dimentiendos meridiani gradus et corrigendam mappam geographicam, iussu et auspiciis (« Compte rendu de l'expédition faite sur édit papal pour mesurer le degré de méridien et corriger la carte géographique, sur ordre et sous les auspices de »), 1755 ; Philosophiae naturalis theoria redacta ad unicam legem virium in natura existentium (), Vienne, 1758, et Venise, , 1763 ; théorie de la nature dans laquelle il explique tous les phénomènes par le fait que la matière est composée de points simples, indivisibles, contigus et sans extension (ce qui les distingue des atomes) soumis à une force attractive ou répulsive selon le cas, essayant de concilier ainsi Leibniz et NewtonMax Jammer, Concepts of Force, Harper Torchbook, 1962, p. 178 : « un système à mi-chemin entre celui de Leibniz et celui de Newton ».. Il y présente une théorie physique des points de force : la matière est impénétrable ; deux corps ne peuvent occuper les mêmes positions au même moment (ce qui évoque presque Pauli) ; la matière est dispersée dans un vide et y flotte ; par conséquent, . À de très courtes distances, la force doit être répulsive, et cette force répulsive doit diminuer à mesure que la distance augmente. À de plus grandes distances, certainement moins d'un millième de pouce, la force devient finalement attractive, variant à l'inverse du carré de la distance comme l'indique la loi de Newton alternativement attractive et répulsive. les points ne sont jamais au repos absolu. De Solis ac Lunae defectibus (), Londres, 1760, Rome, 1767. Poème latin. Les éclipses, abbé de Barruel, 1779 Giornale di un viaggio da Constantinopoli in Polonia, 1762 ; Journal d'un voyage de Constantinople en Pologne, Paris, 1772 ; Opera pertinentia ad opticam, et Astronomiam maxima ex parte nova, et omnia hucusque inedita, in quinque tomos distributa, (), Rome, 1784 ; Bassano, in-4, 1785 ; , traduction française ; De recentibus compertis pertinentibus ad perficiendam dioptricam (), 1767 ; De orbitis cometarum determinandis ope trium observationum parum a se invicem remotarum (), Paris, 1774 ; Dissertatio de maris estu () ; Epigrammata (« Épigrammes »).

Listes d’œuvres Edoardo Proverbio (dir.), Catalogo delle opere a stampa di Ruggiero Giuseppe Boscovich (1711–1787), Rome, 2007, ; Liste d’œuvres en ligne, Deutsche Digitale Bibliothek

Controverse sur la nationalité de Boscovich vignette|Représentation de Boscovich peinte vers 1920 par Vlaho Bukovac. À l'époque de Boscovich, la ville de Raguse était une république indépendante, et, si elle avait dû se reconnaître des suzerains successifs (l'empereur de Byzance, la république de Venise, le roi de Hongrie et de Croatie...), voire payer tribut (notamment au sultan ottoman), elle ne faisait partie d'aucun État, serbe ou croate. Cependant, l’appartenance de Raguse (Dubrovnik) à l’espace ethnographique, géographique et territorial de la Croatie est attestée dès 1154 par le géographe arabe al-Idrisi (« ultime ville de la Croatie »)V.Foretić, Povijest Dubrovnika do 1808 , t.1, ,Zagreb 1980, par les autorités ragusaines (1360) Foretić, ibid., 136 et au par des témoignages de voyageurs étrangers (Konrad von Grünemberg, Arnold von Harff, Jean de Solms, Bernhard von Breydenbach, Richard Guylford), les délégués tchèques au concile de Bâle, évoquant l'origine du théologien Jean de Raguse (« notre compatriote de Raguse, ville de Croatie », « Jean le Slave de Croatie »)Misao i djelo Ivana Stojkovića, Zbornik radova s Međunarodnog simpozija u Dubrovniku, priredio Franjo Šanjek, ,111, Zagreb 1986. Le poète ragusain Mavro Vetranović (1482-1576) appelait ses concitoyens à « rassembler tous les Croates ensemble »Foretić, ibid., t.2,380. Le nom de « Bošković », porté par diverses familles (la plupart sans liens généalogiques) est issu du prénom Boško, ou Bože (en français : Noël).