Ceci est une chronologie du graffiti

Antiquité - - - -

Antiquité

: des graffiti de cette époque prouvent que des mercenaires grecs ont servi en Égypte 79 : la ville de Pompei est recouverte des cendres du Vésuve, ce qui conservera de nombreuses peintures mais aussi des centaines de graffitis. Tracé entre le et le dans le palais impérial de Rome, le Graffiti d'Alexamenos est sans doute la plus ancienne représentation figurative de Jésus et de la Crucifixion. Il s'agit d'une caricature.

Des graffitis, œuvres de graveurs effectuées juste avant la pose de l'enduit du décor peint sont fréquents, et redécouverts lors d'une restauration. Ceux de l’église de Moings sont exceptionnels avec sur la paroi nord les dessins très variés, avec des cavaliers, des paons, des écussons, des fleurs de lys et sur la paroi sud une scène de guerre.

: les voleurs et les mendiants gravent ou dessinent sur les portes des maisons des indications codées, qui signalent à celui qui peut les déchiffrer ce qu'il trouvera dans la maison : personne seule, femme facile, sans intérêt, etc. Le premier recueil de ces signes date du , en Allemagne. Cette pratique perdure. de 1780 à 1787 : Restif de la Bretonne écrit des épisodes de sa vie sur les parapets des ponts de l'Île Saint-Louis.

1808 : Bonaparte ordonne la destruction de la Tour du Temple, qui avait servi de prison à la famille royale. On y relève un graffiti de Marie-Thérèse de France :

1843 : Dans La Revue des deux-mondes, Alfred de Musset publie le poème Le mie prigioni, dont l'inspiration lui est venue pendant un bref séjour en prison. Il y évoque les graffitis sur les murs. Lire le Le mie prigioni sur Wikisource années 1850 : sur les sites de Signature Rock et de Independence Rock, les pionniers qui suivaient la Piste Bridger, la Piste de Mormons et la Piste de l'Oregon ont laissé une trace de leur passage, généralement datée. Ces sites exceptionnels ont permis aux historiens d'en savoir plus sur le trajet exact de la Piste de l'Oregon.

Années 1940 : depuis Londres, l'ancien ministre belge Victor de Laveleye lance la « campagne des V » en demandant depuis Londres à ses compatriotes de graffiter des "V" partout où ils le peuvent. V pour "victoire" mais aussi pour Vrijheid ("liberté"). Le succès dépasse de loin les frontières de la Belgique et des petits "V" sont gravés, peints ou dessinés dans toute l'Europe. Le principe sera repris après-guerre, dans l'Espagne de Franco, où l'on pourra lire des "P", pour "protester". Voir aussi : V pour Vendetta. 1944 : après le débarquement, alors que les troupes alliées progressaient, avec difficultés, vers Paris, et avaient la surprise d'avoir été précédés par un soldat Kilroy, qui écrivait aux endroits les plus inaccessibles et les plus dangereux, « Kilroy was here » (Kilroy était là). Très vite, "Kilroy" est devenu un nom collectif et mythique, des dizaines de soldats se sont mis à signer pour lui.

Années 1950 1952: Guy Debord inscrit le graffiti « Ne travaillez jamais », citant Arthur RimbaudGoogle livre "Guy Debord" par Anselm Jappe, page 141, consulté le 28 janvier 2019Google livre "120 poème d'Arthur Rimbaud", consulté le 28 janvier 2019.

Années 1960 1960 : sortie du livre « Graffiti », par le photographe Brassaï, éd. Le Temps, compilant 30 ans de photographie de graffitis. 1963 : Gerard Zlotykamien commence à peindre dans les rues ses « éphémères », des silhouettes inspirées par les ombres laissées sur les murs par la population d'Hiroshima après l'explosion de la bombe atomique. Zlotykamien cesse les éphémères en 2003. Fin des années 1960 : les premiers tags, signés Cornbread et Cool Earl, apparaissent à Philadelphie. pochoir d'Ernest Pignon-Ernest sur le plateau d'Albion, dans le Vaucluse, en réponse à l’installation de la frappe nucléaire française sur ce territoire. 1969 et années suivantes : début du graffiti à New York, avec Taki 183, Frank 207, Phase 2, Barbara 62 et Eva 62, Stay High 149, Joe 136, Julio 204 et des dizaines d'autres.

Années 1970 : Taki 183 est interviewé par le New York Times. 1972 : première exposition d'art consacrée aux graffiti-artistes, à la Razor Gallery de New York. Les artistes sélectionnés par le sociologue Hugo Martinez et les United Graffiti Artists étaient Phase 2, Mico, Coco 144, Pistol, Flint 707, Bama, Snake et Stitch 1 1972 : John Lindsay, maire de New York, déclare la guerre aux graffitis, mais des graffiteurs de l'époque se rappellent que, malgré tout, les trains peints sous le mandat de ce maire parcouraient la ville pendant des années. mars 1973 : dans le New York Magazine, un article de Richard Goldstein intitulé The Graffiti hit parade évoque le potentiel artistique du graffiti. 1974 : Avec des auteurs tels que Tracy 168, Cliff 159 ou Blade, les graffitis new-yorkais se compliquent et gagnent des décors, des fonds, des personnages. Les premiers wagons intégralement peints commencent à se montrer. 1974 : Un homme qui se dit artiste peint à la bombe « Kill lies all » sur le Guernica de Pablo Picasso, au Museum of Modern Art de New York et afin de protester contre le massacre de Mỹ Lai. L'artiste, un iranien nommé Tony Shafrazi, qui a affirmé que son action n'était pas du vandalisme mais une complétion du tableau, deviendra plus tard un important marchand d'art américain, qui représentera d'ailleurs plusieurs artistes liés au graffiti : Keith Haring, Jean-Michel Basquiat ou encore Kenny Scharf. 1975-1977 : on s'accorde en général à considérer ces deux années comme les plus prolifiques de l'histoire en termes de graffitis dans le métro de New York : les divers principes créatifs étaient arrivés à maturité, le nombre de graffiteurs ne cessait d'augmenter, mais la réponse du Metropolitan Transportation Authority (MTA) était bien trop molle pour endiguer le phénomène. 1976 : Jean Baudrillard publie un essai consacré au graffiti, Kool-Killer ou l’insurrection par les signes (in: L'échange symbolique ou la mort, Gallimard) 1979 : Premières interventions d'Epsylon Point à la bombe aérosol, dans les rues de Dijon.

Années 1980 1980 : exposition New York New Wave organisée par Diego Cortez au centre d'art P.S.1 (Moma) à New York. Des artistes installés tels que Andy Warhol y côtoient des graffiti-artists tels que Seen ou des peintres inspirés par cette culture tels que Jean-Michel Basquiat. 1981 : ouverture à New York des galeries Fashion Moda (, dans le Bronx) et Fun Gallery (East Village), toutes deux consacrées à la promotion d'artistes issus du graffiti. 1981 : Futura 2000 sur scène avec le groupe Clash, il peint en live au fond de la scène. Ils passent à Paris au théâtre Mogador en septembre 1981. : premier article consacré au graffiti new-yorkais dans la presse française. L'article « American Graffiti : Tag » est signé Pascaline Cuvelier, dans Libération. 1981 : premiers pochoirs de Blek le Rat à Paris. 1982 : sortie du film « Wild Style » (Charlie Ahearn), qui met en scène Lee Quinones et Lady Pink. Le documentaire « Style Wars » présente de nombreux artistes et met particulièrement en valeur Seen, Kase 2 (un graffiti-artist manchot), Dondi White ainsi que Cap, un graffiteur spécialisé dans le vandalisme des travaux des autres graffiteurs. 1982 : premiers pochoirs de Jef Aérosol à Tours. 1982 : la première exposition de Keith Haring a lieu, à la galerie Tony Shafrazi 1982 : Bando importe le graffiti new-yorkais à Paris. Spirit, dès 1979, tague Attica puis Panzer ou La Bande à Bonnot, son groupe de Punkrock, puis fonde le premier crew : les Paris City Painters avec Jean-Baptiste Pontecorvo (Blitz) et Asphalt, ils se renommeront La Force Alphabétick. Cette primeur peut être disputée avec Epsylon Point : un peintre original, street-artist avant la lettre et n'ayant jamais eu peur de mélanger les techniques et les cultures : pochoiriste, graffiteur "new-yorkais", peintre plus traditionnel, (de E. : « J'ai commencé à peindre à la bombe en 79 à Dijon, puis à Montpellier, avant de revenir à Paris en 1981 ») 1982 : Placardage sauvage dans le quartier beaubourg par la groupe Dix 10 d'une vingtaine d'affiches originales peintent à l'occasion de leur exposition "Le premier supermarché d'art" qui commence le mois suivant à l'Atelier-Galerie 74, 74 rue de la Verrerie à Paris. Ils participent aussi bien des années plus tard à la série d'affichages connue sous le nom de "Une nuit". 1983 : débuts à Paris de Saho, Skki, Blitz, TDK. Les premiers groupes sont le Bomb Squad 2, les Paris City Painters, le Bad Boys Crew et les U3 (Ugly 3). La plupart des premiers graffiteurs sont des parisiens des beaux quartiers, le mouvement mettra des années avant d'atteindre les citéscf. interview de Blitz dans Technikart #104, du sous-sol au musée printemps 1983 : Blitz, Asphalt et Spirit peignent un métro parisien. C'est une première. Le second sera peint par Blitz, Asphalt et SahoTechnikart #104. D'autres sources attribuent la primeur au groupe U3 (Ugly 3) formé de Dee Nasty (Speedy), Popcorn (Colt) et Webo, mais il est difficile de trancher, car la RATP, vraisemblablement pour ne pas encourager les vocations, laissait systématiquement au garage les rames peintes, celles-ci ont donc rarement été vues. 1983 : formation du groupe VLP (Vive La Peinture). Ces 3 étudiants en art qui se sont rencontrés lors d'interventions dans les Catacombes de Paris vont prendre d'assaut les palissades des chantiers autour des Halles et du Louvre, les recouvrant de personnages issus du croisement de l'expressionnisme et de la BD, dans des couleurs criardes hyper-vitaminées. 1983 : sortie du documentaire « Style Wars » (Henry Chalfant/Tony Silver), où apparaissent des graffiti-artists tels que Seen, Dondi White, Kaze 2, Daze, Iz the Wiz, etc. 1983 : ouverture de la galerie de Sidney Janis (, New York), consacrée au graffiti. Sidney Janis, né en 1896 et décédé en 1989, était un collectionneur d'art "primitif" américain depuis le début des années 1940. 1984 : sortie du livre « Subway Art », par Henry Chalfant et Martha Cooper. Ce sera la bible des amateurs de graffiti "new-yorkais" 1984 : à Paris, le nombre de graffeurs augmente. Aux groupes historiques (Bomb Squad-2, BBC, PCP, U3) s'ajoutent notamment les Chrome Angels (TCA), les Twilight Zone Crew (TZC), les Renegade Painters (TRP), les Crime Time Kings (CTK), parfois composés de membres des groupes prééxistants, augmentés des signatures de Kaya, Master Boo, Phil1, Shaker, Kamel, Fresh, Lokiss, Scipion, Irus, Kenrock, Froggy, Doc, Chino, Kathe 68, Skey, Wizard, San, Spray, Bobo, Fred, Risk, Megaton. 1984 : La RATP embauche le graffeur Futura 2000 pour sa campagne "Ticket chic, ticket choc" (des affiches détournées à la bombe) 1984 : La galerie Tony Shafrazi expose Kenny Scharf. 1984 : l'exposition Arte de Frontiera - NY Graffiti, organisée par la galerie d'Art Moderne de Bologne (et qui voyagera à Milan) propose au public européen une sélection d'artistes "post-graffiti" : Basquiat, Haring, Quinones, Lady Pink (associée à la plasticienne Jenny Holzer), Zephyr, Daze, Rammellzee, A-One, etc. 1984 : On commence à parler de Post-graffiti, et c'est le titre d'une exposition à la galerie de Sidney Janis. 1984 : Les Frères Ripoulin exposent à la Galerie du Jour/Agnès b. 1985 : Les VLP (Vive La Peinture) organisent à Bondy (Seine-Saint-Denis) le long du canal de l'Ourcq, le premier rassemblement international de fresquistes, graffitistes et peintres de rue. Les murs et ponts sont recouverts sur plusieurs kilomètres. 1985 : Les Frères Ripoulin exposent à la Galerie Tony Shafrazi, à New York. C'est un premier lien véritable entre Paris et New York. 1985 : ente le 5/11/1985 et le 8/11/1985, France Culture consacre une série de quatre émissions (deux heures et demie en tout) au Street art naissant. On y entend les VLP, Gérard Zlotykiamen, Blek le Rat, Miss.Tic, Jérôme Mesnager, Epsylon Point, etc. La culture Hip-Hop est représentée, avec Spray et Won, du groupe TZC.