La cathédrale Saint-Louis de La Rochelle est une cathédrale catholique romaine, située à La Rochelle en Charente-Maritime. Construite à partir de 1742 sur une initiative du cardinal de Fleury et de l'évêque, Augustin Roch de Menou de Charnizay, elle demeura inachevée faute de moyens financiers, mais fut tout de même ouverte au culte en 1784.

La cathédrale et le clocher font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le ..

Historique Église Saint-Barthélémy Au milieu du , la population rochelaise avait augmenté à tel point que l'église Notre-Dame-de-Cougnes ne suffisait plus à la population. Une seconde église fut bâtie par les moines de l'Île-d'Aix. En 1152, Elbe de Mauléon et Geoffroy de Rochefort, représentants des droits d'Isambert de Châtel-Aillon, firent don d'un terrain qu'on appelait le Champ de Guillaume de Syré, situé entre la porte du Petit-Comte (entrée ouest de la rue Aufrédy) et le vieux port du château (place de Verdun) pour y construire une église sous l'invocation de saint Barthelémy. Le grand architecte de l'abbaye, Pierre de Mougon, bâtit l'église Saint-Barthélemy.

Fort irrité de ne pas avoir été informé de cette démarche, l'évêque de Saintes Bernard fit interrompre les travaux. Le pape, Eugène III fut saisi de la question et donna tort à l'évêque par une lettre apostolique du 10 des calendes de . L'église est érigée en paroisse par l'évêque de Saintes Ponce de Pons, en 1217 en même temps que l'église Saint-Sauveur sa cadette..

En 1429, Charles VII accepta le titre de fondateur du Chapitre.

Le , François assiste à la messe en compagnie des princes et des évêques, avant de faire le tour de la ville..

Le , David, aumônier du roi et de la reine de Navarre en visite à la Rochelle, prêche dans la chaire de Saint-Barthélemy, le premier, les dogmes de la religion réformée..

L'église fut probablement reconstruite dans le du .

Dans les premiers temps de la Réforme, aux périodes de plus grandes tolérances, les ministres des deux cultes s'entendirent pour célébrer leurs offices dans les églises de la ville. Mais cette bonne entente ne dure pas, et le , le maire François Pontard lève l'étendard de la révolte contre les papistes, emprisonne les prêtres et les opposants. Il laissa la populace se ruer dans les églises qui sont mises à sac, brûlées et dépossédées, au profit de la cause, de leurs biens les plus précieux.. Le , les habitants craignant de subir un siège, mettent la ville en état de défense. Manquant de matériau pour les fortifications, on fit démolir toutes les églises.. Le clocher est conservé à des fins militaires, pour servir de tour d'observation, voir de plateforme pour canon.

La publication de l'édit de Nantes permet aux catholiques de retrouver, le , la possession de la chapelle Sainte-Marguerite et des ruines de l'ancienne église Saint-Barthélemy.. Les conflits avec la commune et les protestants empêchèrent l'édification d'une nouvelle église. Il ne restait en 1599 que le clocher et un pan de mur au chevet de l'édifice. Quelques paroissiens zélés ayant entrepris de la faire rebâtir vers le début du siècle, Louis Berne, maire en 1603, fait détruire pendant la nuit l'ouvrage qui avait été accompli durant le jour. L'entreprise fut donc rapidement abandonnée..

Avec la victoire de 1628, Louis XIII déposséda les protestants du Grand Temple. Le roi émit le vœu de faire de la ville vaincue un siège épiscopal dont le Grand-Temple devait devenir la cathédrale. Dans cette attente, le roi confia aux paroissiens de Saint-Barthélemy la garde du Grand-Temple qui devint Saint-Barthélemy du Grand-Temple. Le vœu du roi se réalisa en 1648, lorsque le pape transféra le siège épiscopal de Maillezais à La Rochelle. Lors de l'année 1666, le chapitre de l'ancienne abbaye de Maillezais, sur ordre du pape, se résolut à s'installer dans la ville et au Grand-Temple, devenu cathédrale en 1648. Des conflits opposèrent les religieux paroissiens et le chapitre de la cathédrale. En 1667, les paroissiens durent abandonner le lieu au profit des nouveaux arrivants.

En , on entreprend la construction d'une nouvelle église à l'emplacement de l'ancienne église détruite durant les guerres de Religion, qui est terminée 10 ans plus tard. Le , on célèbre la première messe dans l'église rebâtie. Contrairement à l'église primitive, le chevet était placé vers le nord et son entrée principale dans la rue Auffrédy. Elle avait environ vingt toises de longueur et douze toises de largeur. La charpente était supportée par huit piliers, formant deux allées latérale. À droite du grand autel, on trouvait une chapelle consacrée à sainte Anne, l'ancienne patronne de La Rochelle, et à gauche, une seconde chapelle dédiée à la Vierge..

En 1687, l'édifice dut abriter le chapitre de la cathédrale à la suite de l'incendie de la cathédrale Saint-Barthélemy-du-Grand-Temple. Cette cohabitation était une grande source de conflit qui ne prit fin qu'à la démolition de l'édifice sous la Révolution. Le , l'évêque Frezeau de Frezilière tenta un coup de force en déplaçant le tabernacle du grand autel à la chapelle Notre-Dame, et disant avoir ordre du roi de prendre l'église de Saint-Barthélemy pour cathédrale consacrée désormais à Saint-Louis. vignette|gauche|Représentation de la place du château à la Rochelle (1714), ancienne place d'armes, actuellement place de Verdun. À gauche du tableau, la future cathédrale Saint-Louis, qui sera construite à partir de 1742, n'existe pas encore. Seul le clocher de l'ancienne église Saint-Barthélemy est reconnaissable. Les marguilliers et les paroissiens, aux frais desquels elle avait été relevée de ses ruines, protestèrent énergiquement contre cette usurpation. Au mois d'août suivant il fut décidé que l'église Saint-Barthélemy resterait paroissiale ; que les chanoines continueraient à y faire office et que si l'évêque mourait avant la construction d'une nouvelle cathédrale, il pourrait être enterré dans le chœur de l'église. Au mois de novembre suivant, il y fut inhumé..

Le , on baptise Billaud-Varenne.. François de Beauharnais est baptisé à l'église le , au lendemain de sa naissance..

La chapitre de la cathédrale quitte l'église pour s'installer dans la nouvelle cathédrale en 1784. En 1793, la ville fit de Saint-Barthélemy un marché aux grains et farines. Elle faillit devenir salle de spectacle, mais finalement, en 1797, elle est vendue et démolie. Les responsables municipaux estimèrent que deux lieux de cultes juxtaposés étaient un luxe inutile. Comme l'église paroissiale empiétait sur la rue Chaudrier et nécessitait des réparations, il fut décidé de la démolir et de considérer la cathédrale également comme église paroissiale. De cet édifice. ne subsiste qu'un pan de mur qui reliait au sud l'église au clocher médiéval.

L'emplacement fut occupé par des maisons et par des bains publics. Le terrain fut récupéré, en 1855, pour l'achèvement du chevet de la cathédrale actuelle, que la présence de l'église Saint-Barthélemy, contre laquelle elle venait buter, n'avait pas permis d'achever avant la Révolution.

L'élection du maire de La Rochelle thumb|upright|Le maire prête serment après son élection dans l'église Saint-Barthélemy. Miniature, .

Chaque année, le dimanche de la Quasimodo, l'église Saint-Barthélemy était le théâtre de l'élection des trois notables de la ville parmi lesquels le sénéchal de la province choisissait, au nom du Roi, celui qui, pendant un an, devait être maire de La Rochelle.. Cette élection se déroula jusqu'à la destruction de l'église en 1568.

L'élection fut transférée définitivement à l'échevinage de La Rochelle vers la fin du et jusqu'à la suppression de la mairie par Louis XIII en 1628, à la suite de la prise de la ville.

La cathédrale Saint-Barthélémy-du-Grand-Temple

À la suite du siège de La Rochelle (en 1627–1628), décida de faire de La Rochelle un évêché. Ce n'est qu'en 1648 que le pape promulguait la bulle In supereminenti militantis ecclesiae solio portant la suppression de l'ancien évêché de Maillezais et sa translation en la ville de La Rochelle. Ce transfert souleva une vive opposition de la part de l'ancien et riche chapitre de l'abbaye de Maillezais qui le refusa et resta à Maillezais. Le transfert fut ordonné par une sentence de fulmination, le et, obligea les chanoines réguliers à quitter l'habit monacal et à se rendre à la Rochelle..

thumb|upright|left|Représentation du Grand Temple, issue du livre La Rochelle Disparue d'Émile Couneau.

La première cathédrale fut l'église Saint-Barthélémy-du-Grand-Temple. Cet édifice est l'ancien Grand Temple. de l'église réformée construit sur la place du Château, actuelle place de Verdun, entre 1600 et 1603.

Les plans de la construction furent attribués à Philibert Delorme, l'architecte des Tuileries.

Au mois de , le Temple était achevé. Le dimanche , le premier prêche fut prononcé par le pasteur Dumont au milieu de 3500 personnes. Les Rochelais furent défaits lors du siège de La Rochelle (1627-1628) et bien qu'ils gardent la liberté du culte, ils se virent confisquer le Grand Temple au profit du culte catholique. Entre 1629 et 1648, il servit pour l'exercice du culte de la paroisse Saint-Barthélemy.

Le Grand Temple de La Rochelle formait un octogone allongé ayant près de 20 toises de long et 15 de large, avec une toiture plus grande que le corps de l'édifice et recouverte de plomb. Au milieu du côté sud et plaqué contre la muraille, s'élevait un clocher, de forme octogonale, se terminant en dôme et surmonté d'un petit campanile à jour, où devait se trouver une cloche. On admirait surtout l'immense charpente qui « n'estoit supportée d'aucuns piliers, mais soutenue par deux clefs de bois d'une riche invention et artifice ; elle était recouverte par un immense tillis qui s'élevait en forme de dôme, à dix toises de hauteur. Enfin ce monument tant par sa grandeur et architecture que par son admirable charpente était estimé comme l'un des plus beaux chefs-d'œuvre qui se puissent voir et que la réforme ait produit en France »Histoire du Grand Temple de la Rochelle.

Le , un grand feu de joie est allumé sur la place pour célébrer la guérison de . Le vent aidant, le feu prend dans la charpente de l'édifice avec une telle intensité qu'en peu de temps ce beau monument est entièrement consumé..

Le chapitre trouve refuge dans la nouvelle église paroissiale Saint-Barthélemy reconstruite au frais de la paroisse entre 1668 et 1678.

La cathédrale Saint-Louis thumb|upright|Médaille sur la fondation de Saint-Louis de La Rochelle (1742), montrant la façade telle qu'elle aurait dû être. Après la destruction du grand temple et l'impossibilité de transformer l'église Saint-Barthélemy en cathédrale, des projets furent étudiés pour ériger un nouvel édifice, mais des considérations budgétaires et la priorité donnée à la fin du XVII à l'émergence d'une nouvelle enceinte pour la ville ne permirent pas le lancement du chantier.

Trente années s'écoulent avant qu'un nouvel évêque, Roch de Menou, ne relance le projet. Les fonds mis en réserve depuis dix ans ne permirent de financer que l'acquisition de l'emprise du futur édifice. Après une intense sollicitation et avec le soutien du cardinal de Fleury, le pouvoir royal consentit l'attribution d'une somme de , en 1740. De plus, la Cour demanda que le premier architecte du Roi soit saisi du projet. Un avant-projet est soumis à la Cour l'année suivante par Jacques Gabriel, premier architecte du roi. Le , Jacques Gabriel informe l'intendant de la généralité de La Rochelle, monsieur de Barentin, que les plans définitifs ont été validés par le cardinal Fleury et monsieur de Muy.