Le relais est une épreuve d'athlétisme, courue lors de différentes compétitions internationales ou nationales et qui figure au programme des Jeux olympiques.

Définition Cette épreuve consiste en trois relais successifs par quatre athlètes qui doivent chacun parcourir (environ) et se transmettre un témoin (sous forme de bâton cylindriqueTraditionnellement en bois, il est désormais le plus souvent en aluminium ou autre métal). Le coureur qui va recevoir le témoin prend son élan à l'intérieur de la zone de transmission. La transmission du témoin doit se faire dans une zone de transmission de . Si le passage du témoin est réalisé avant ou après cette zone, c'est une faute éliminatoire du relais.

Marquage Une marque de référence (blanche) est placée à l'intérieur de la zone de transmission (soit après 100, 200 et , la seconde servant de ligne de départ pour le ). Les zones de transmission sont délimitées par des traits jaunes en forme de 1 tournés vers l'intérieur de la zone. Les débuts de zone se situent après 80, 180 et . Les fins de zone se situent donc à 110, 210 et .

Histoire Hommes Temps manuels Des débuts au premier record du monde officiel Si, sur le continent européen, le système métrique a été celui presque uniquement utilisé (, soit un tour de piste de ), là où le système impérial est toujours employé (Royaume-Uni, États-Unis et Australie principalement) le relais était plutôt couru sur la distance de , soit un total de , et ce, jusqu'à la fin des années 1960.

Paradoxalement, le premier temps reconnu comme certain, sans être cependant un record du monde officiel, date de 1897, peu après la création le de la Fédération tchèque d'athlétisme (ČAAU)Fédération qui organisait en Bohême, alors en Autriche-Hongrie, non seulement l'athlétisme, mais aussi la natation, le football, la voile ou l'haltérophilie. Le de cette année, lors du meeting du Sparta de Prague, l'équipe organisatrice (AC Sparta Praha) l'emporte sur le MAC Budapest, en . Contrairement au relais , dont les origines sont nettement américaines, car il est issu du , le relais est lui d'origine européenne. Les Scandinaves, notamment, imposent cette nouvelle spécialité, dans l'espoir d'y jouer un rôle importantLa Fabuleuse Histoire de l'athlétisme, Robert Parienté, éditions O.D.I.L., Paris 1978, ..

Avant la Première Guerre mondiale, ce temps fondateur du relais sera progressivement amélioré par diverses équipes allemandes ou suédoises (comme l'AIK Stockholm), jusqu'aux demi-finales des Jeux de Stockholm (1912) où cette épreuve fait son apparition olympique : lors de la , l'équipe de Grande-Bretagne, composée de David Jacobs, Henry Macintosh, Victor d'Arcy et William Applegarth, atteint pour la première fois les (), derrière les Américains arrivés en , disqualifiés pour passage du témoin hors-zone ; lors de la , l'équipe de Suède (Ivan Möller, Charles Luther, Ture Person et Knut Lindberg) porte ce record à , devant la Hongrie en .

Ces deux performances ne sont pas reconnues par l'IAAF comme les premiers records du monde, malgré leur caractère officiel. Le premier record du monde du relais court officiellement reconnu est celui de l'équipe d'Allemagne, qui le même , lors de la court en . L'équipe était composée d'Otto Röhr, de Max Herrmann, d'Erwin Kern et de Richard Rau. Lors de la finale, la Grande-Bretagne, bien qu'ayant à nouveau terminé deuxième, derrière les favoris et nouveaux recordmen du monde, remporte néanmoins la médaille d'or, pour une faute de passage du témoin allemand. La Suède se classe seconde en . La médaille de bronze n'est pas attribuée, car les Américains, encore malhabiles dans la transmission du témoin, sont également déclassés.

Après ce premier essai, de même que le relais , le relais s'impose comme épreuve olympique classique et va rester dans le programme, d'abord masculin, puis étendu aux féminines. Les deux relais subissent peu de transformations au cours du temps. Cependant, à partir de 1926, le relayeur doit rester dans la zone de transmission du témoin, longue de . Ce n'est qu'en 1963 que le règlement est assoupli : une zone d'élan de , avant cette zone, lui permet de mieux prendre son élan.

Vers les 40 secondes

Aux Jeux olympiques suivants, à Anvers en 1920, sur une piste de , les Américains atteignent la finale et remportent la médaille d'or avec leur premier record du monde, porté à un cinquième (), devant la France, la Suède et la Grande-Bretagne : Charlie Paddock, Jackson Scholz, Loren Murchison et Morris Kirksey deviennent champions olympiques.

Au stade de Colombes en 1924, sur une piste de , dans une compétition rendue célèbre par le film Les Chariots de feu, c'est la Grande-Bretagne qui l'emporte, avec un nouveau record du monde porté en séries à exactement : Harold Abrahams, Walter Rangeley, Lancelot Royle et Wilfred Nichol. Ce record est égalé par les Pays-Bas dans la troisième série, puis à nouveau battu dans la sixième série par les Américains, en , et à précises en demi-finale le lendemain (mais ce temps ne fut pas homologué, les États-Unis ayant de nouveau battu ces temps le jour suivant). Le record du monde américain sera lui de (électrique) devant la Grande-Bretagne () et les Pays-Bas (), le .

Ce record sera dans les faits amélioré, dans le même temps de précises, mais sur (donc sur une distance légèrement supérieure) par le club de Newark A.C. en 1927. L'année suivante c'est au tour de l'Eintracht Francfort d'égaler ce temps sur à Halle, tandis qu'aux Jeux olympiques d'Amsterdan, c'est au tour des Américains de conserver le titre et d'égaler ce temps avec Frank Wykoff, James Quinn, Charles Borah et Henry Russell, devant l'Allemagne (), la Grande-Bretagne () et la France (). Mais c'est l'Allemagne, la même année, en septembre, qui descend la première sous les , en , dans un match international contre la France ().

En 1932, après un record allemand à à Cassel, c'est encore une fois les Américains qui atteignent la limite symbolique des nettes, lors des Jeux olympiques à Los Angeles. La finale est remportée par un relais composé de Robert Kiesel, Emmett Toppino, Hector Dyer et encore Frank Wykoff, devant l'Allemagne () et l'Italie ().

Vers les 39 secondes

Pour les Jeux olympiques de Berlin, c'est à Jesse Owens, en premier relayeur, que l'on doit un premier en série (devant l'Italie), puis le premier moins de , en , devant la même Italie () et l'Allemagne (), avec un écart de plus de dix mètres sur ses poursuivants. L'équipe est composée en plus de Ralph Metcalfe, de Foy Draper et encore une fois Frank Wykoff. De cette course n'a été publiée que la photo-finish départageant les deuxième et troisième places.

Il faut ensuite attendre les Jeux de Melbourne, en 1956, soit vingt ans plus tard, pour voir ce record du monde amélioré par les Américains (, en réalité, un électrique), devant l'Union soviétique () et l'Allemagne de l'Ouest () comme l'Italie, quatrième. Ce record est égalé par la République fédérale d'Allemagne à Cologne deux ans après.

À Rome, en 1960, la même Allemagne de l'Ouest égale à deux reprises encore ce record du monde, avec une équipe composée de Bernd Cullmann, Armin Hary, Walter Mahlendorf et Martin Lauer, devant l'URSS (), la Grande-Bretagne () et l'Italie (même temps). C'est aussi la première fois que l'homme le plus rapide est placé au deuxième relais qui généralement est le plus long des quatre. Lors de cette course, les Américains, arrivés premiers, sont ensuite disqualifiés pour passage du témoin hors zone, tandis que les Britanniques avec la même erreur, ne furent pas sanctionnés par les juges.

Ce record du monde est enfin amélioré à Moscou le : lors d'un match international américano-soviétique au stade Lénine, la première équipe entièrement noire, composée de Hayes Jones, Francis Budd, Charles Frazier et Paul Drayton, approche les , en , devant des Soviétiques également en dessous de l'ancien record, en .

Mais un des grands moments du relais eut lieu à Tokyo lors des Jeux de 1964, sur une piste une dernière fois en cendrée : une fois encore les Américains l'emportent en (en réalité, le temps pris électroniquement donne un plus exact ), devant la Pologne et la France dans le même temps (), enregistré à , et la Jamaïque dont le nom apparaît la première fois (). L'équipe est composée de Paul Drayton, Gerald Ashworth, Richard Stebbins et Bob Hayes qui avait six mètres de retard au passage de témoin. Le Français Jocelyn Delecour s'approche de Drayton à la fin du relais et lui fait remarquer « tout ce que vous avez, c'est Hayes »« all you have is Hayes ». Drayton réplique « that's all we need », c'est tout ce dont on a besoin. En 1988, Hayes a raconté au statisticien Richard Hymans que c'était décidément la course où il avait couru plus vite qu'en aucune autre de sa vie. « I would have run around 9.80 on today's surfacesJ'aurais couru autour de 9 s 80 sur une piste actuelle. World Records: progression of world best performances and IAAF approved records, 1999 edition, Richard Hymans, 1999. ».

Les relais sur tartan et la fin du chronométrage manuel Ce temps est battu par l'USC à Provo en 1967 : sur un . C'est une équipe mixte qui comprend aussi le Jamaïcain Lennox Miller. L'année suivante, aux Jeux de Mexico sur une piste synthétique et en altitude, le même Miller avec son équipe nationale donne pour la première fois le record du monde à la Jamaïque, d'abord en l'égalant à dans la deuxième série ( devant la France, ), puis en atteignant () le même jour en demi-finale devant l'Allemagne de l'Est (). L'équipe est composée d'Errol Stewart, Michael Fray, Clifton Forbes et avec comme dernier relayeur Miller. Mais ces records ne tiendront qu'un jour, puisque les Américains Charles Greene, Melvin Pender, Ronnie Ray Smith et Jim Hines portent le record du monde à (), devant Cuba (), la France (, record d'Europe), la Jamaïque (), la RDA (), la RFA (), l'Italie () et la Pologne ().

Ce temps de ne sera qu'égalé à Munich en 1972 sur une piste également en tartan, mais en réalité ce nouveau temps sera aussi le tout premier record électronique, en (arrondi à ), avec une équipe composée de Larry Black, Robert Taylor, Gerald Tinker et Eddie Hart, devant l'URSS (, avec notamment Juris Silovs et Valeriy Borzov) et la RFA ().

Temps automatiques

Lors du Congrès de la IAAF à Montréal en 1976, il est décidé que désormais les courses effectuées sur des distances impériales, à la seule exception du mille (Mile), ne permettent plus d'obtenir des records du monde. Il a été également décidé qu'à compter du 1977, seuls seront reconnus comme records ceux obtenus avec un temps mesuré électroniquement. Rétroactivement, le premier record du monde avec la nouvelle réglementation devient celui des Jeux de Munich, en , bien que la toute première mesure automatique remonte aux Jeux de Los Angeles en 1932 ( par l'Allemagne, temps obtenu lors de la série du relais ; puis par les États-Unis, arrondi en ).

Lors des Jeux olympiques de 1976, le record de 1972 n'est pas battu, malgré la nouvelle piste de la société Mondo qui améliore nettement l'ancien Tartan. Les États-Unis remportent une nouvelle fois la compétition avec le très bon temps de (Harvey Glance, John Wesley Jones, Millard Hampton et Steve Riddick), devant la République démocratique allemande (Manfred Kokot, Jörg Pfeifer, Klaus-Dieter Kurrat et Alexander Thieme) () et l'Union soviétique (Aleksandr Aksinin, Nikolay Kolesnikov, Juris Silovs et Valeriy Borzov) ().

Ce record électronique est battu, après cinq ans, lors de la Coupe du monde à Düsseldorf, le , dans le Rheinstadion : les Américains William Collins, Steve Riddick, Cliff Wiley et Steve Williams remportent l'épreuve en , devant la RDA et l'équipe des AmériquesCette équipe représente l'Amérique du Nord sans les États-Unis et l'Amérique du Sud. en .