Abou Moussab al-Zarqaoui (, ), né Ahmed Fadil Nazzal al-Khalayleh (, ) le à Zarka (Jordanie) et mort le à Hibhib (Irak), est un djihadiste jordanien. Il était le responsable d'Al-Qaïda en Irak et les hommes qu'il menait sont responsables de plusieurs centaines d'attentats-suicides au cours de la guerre d'Irak à partir de 2003. En effet, Abou Moussab al-Zarqaoui a mené une importante campagne d'attaques suicides qui a culminé avec l'attentat de la mosquée de Hasen al-Askari à Samarra en 2006. Il a d'ailleurs été réprimandé par Ayman Al-Zawahiri pour avoir tué plusieurs musulmans chiites durant ses attaques, .. Biographie Ahmed Fadil Nazzal al-Khalayleh est plus connu sous son pseudonyme Abou Moussab al-Zarqaoui. De confession sunnite, il est né le , à Zarka en Jordanie, d'où sa nisba voulant dire « originaire d'al-Zarqa ». Sa kounya « Abou Moussab » est une référence à Mousab ibn Oumayr, compagnon du prophète Mahomet et premier da'i de l'histoire islamique, mort en chahid à la bataille d'Ouhoud en 625.. Sa jeunesse Il naît le à Zarka, où son père est employé municipal. Il a sept sœurs et deux frères, et il est le préféré de sa mère, une femme au foyer très religieuse. Sa famille appartient au clan des Kalayleh de la tribu des Bani Hassan. Ce sont des bédouins disséminés à travers tout le Moyen-Orient, notamment en Syrie et en Irak, et qui lui serviront plus tard de réseau La municipalité de Zarka, faubourg populaire des environs d'Amman capitale de la Jordanie, constitue une cité industrieuse très pauvre qui compte près de dont de nombreux réfugiés palestiniens La famille loge dans une habitation modeste, au-dessus du cimetière où les pauvres de Zarqa enterrent leurs morts. C'est dans ce contexte que Zarqaoui fait son apprentissage de la vie dans la rue. Zarqaoui, de taille moyenne, mais trapu et costaud, montre très tôt un tempérament colérique et bagarreur, voire morbide. Zarqaoui connaît des difficultés dès l'enfance, suivant un chemin qui le conduit du vandalisme à l'alcool et à la drogue. Sa carrière criminelle débute à l'âge de 12 ans, lorsqu'il donne un coup de couteau à un garçon lors d'une bagarre. Son clan, les Khalayleh, est issu d'une tribu dont la respectabilité aurait pu conférer à Zarqaoui certaines facilités dans la société patriarcale jordanienne. Mais il gâche toutes ses chances : il quitte l'école malgré des résultats au-dessus de la moyenne et des compétences artistiques, et après les deux années de service militaire, il se fait renvoyer pour négligence du poste aux services municipaux obtenu grâce à son père. Il vit de petite délinquance et de nombreux larcins sont à son actif. Il devient souteneur et vendeur de drogueL'histoire secrète de Daesh, Arte Reportage (2016). Devenu un petit caïd de la rue, ses bras sont tellement recouverts de tatouages qu'il est surnommé « l'homme vert ». Il a la réputation d'être un gros buveur et un homme qui prend plaisir à brutaliser ses adversaires. Selon ceux qui le fréquentaient à l'époque, ainsi que les services secrets jordaniens, il viole des hommes plus jeunes que lui pour les humilier et les dominer. Sa mère le pousse à s'inscrire à des cours religieux dans une mosquée de la ville, espérant que les imams deviendront des modèles pour lui, ainsi que les jeunes gens plein de piété et quémandant des oboles pour les combattants partant en Afghanistan. À la surprise générale, Zarqaoui plonge dans la religion avec passion. Il renonce à l'alcool, porte systématiquement des manches longues pour couvrir ses tatouages, et fréquente avec assiduité prières et discussions coraniques. Il découvre l'idéologie du djihad en dévorant des cassettes de propagande notamment sur la guerre en Afghanistan et il se porte instantanément volontaire lorsque le chef de prière de la mosquée invite à partir là-bas. Il rejoint donc les combats et franchit la frontière pakistano-afghane au printemps 1989. Il arrive trop tard pour lutter contre les soviétiques qui viennent de quitter le pays, mais participe à l'assaut contre le gouvernement afghan pro-russe. Son premier séjour en Afghanistan Ahmed Fadel Nazzal part faire le djihad durant la guerre d'Afghanistan, en 1989. Cependant, il arrive trop tard, car l'Armée rouge quitte l'Afghanistan. Il se retrouve à Peshawar, ville frontière pakistanaise et refuge de tous les moudjahidine qui désiraient continuer le combat. Dans cette ville, il rencontre Abou Mohammed al-Maqdisi, un universitaire religieux, qui va le prendre sous sa coupe. Ce dernier lui trouve un emploi dans un journal djihadiste de Peshawar dans lequel il rapporte les faits d'armes des combattants islamistes. Il rencontre à cette occasion le journaliste Saleh Al-Hami qui devient son ami et sera plus tard son biographe. Al-Hami raconte que, contrairement aux autres islamistes, peu portés sur les effusions, Zarqaoui était très émotif dans sa pratique religieuse, pleurant sur des versets du Coran. Il est formé au combat au Pakistan, et participe à son premier combat réel en 1991, alors que les moudjahidine lancent une offensive contre des villes de l'est de l'Afghanistan tenues par le gouvernement, dans les provinces de Paktiya et de Khost. Il y acquiert une réputation de combattant valeureux, et même presque téméraire : il espère trouver dans ses exploits une valeur de rédemption des péchés de sa jeunesse. Lorsqu'il quitte l'Afghanistan, en 1993, il est devenu un vétéran de la guerre, et a acquis une idéologie islamiste auprès des combattants afghans les plus radicaux, ainsi que des imams arabes qui bientôt s'allieront avec Oussama Ben Laden. Il a de plus reçu une formation militaire dans un camp tenu par , un chef de la rébellion afghane, et mentor de Khalid Cheikh Mohammed, futur cerveau des attentats du 11 septembre 2001. L'ivresse de la victoire lui confère une croyance profonde que Dieu est avec les islamistes. Le journaliste Didier François analyse la période qui suit le départ des troupes soviétiques en 1989 comme une . Didier François précise aussi qu'Abdul Rasul Sayyaf, seigneur de la guerre dont Zarqaoui aurait rallié les milices, n'a . Et selon Youssef Rababa, qui a passé trois ans en prison en Jordanie avec Zarqaoui, ce dernier n'a pas le profil d'un membre d'Al-Qaïda: tandis qu'Oussama Ben Laden analyse l'islamisme comme une réponse politique à l'occupation des terres musulmanes par des colonisateurs, Zarqaoui a une vision très binaire d'un monde partagé entre mécréants et croyants. Et le seul objectif de Zarqaoui est de pouvoir faire revivre le Califat du Prophète. Zarqaoui ne rencontre pas Oussama Ben Laden lors de ce premier séjour en Afghanistan. À cette époque là, Al-Qaïda sélectionne soigneusement ses membres parmi les vétérans du conflit afghan, et, selon Didier François, par Ben Laden. Son retour en Jordanie À son retour au pays en Jordanie en 1993 parmi des centaines de vétérans jordaniens, Zarqaoui trouve un travail dans un vidéo-club. Il est frappé par les différences avec l'Afghanistan : la présence de sex shops, des femmes non voilées, des couples non mariés qui se fréquentent dans des lieux publics, sa famille qui regarde des comédies à la télé. Et son irritation atteint son comble lorsqu'il entend lors des journaux télévisés que le gouvernement jordanien prépare la paix avec Israël. Il se plonge dans la lecture des premiers héros de l'Islam, notamment Nour Ad-Din, un prince guerrier célèbre par son désir d'unifier plusieurs royaumes musulmans du sud de la Turquie jusqu'à l'Égypte. Zarqaoui s'identifie à ce prince et ses ambitions, mais commence par voir plus petit : il va se présenter à Abou Mohammed al-Maqdisi à Amman, en lui déclarant qu'il veut « travailler pour le bien de la religion en Jordanie ». Ensemble, les deux hommes créent un groupe d'études coraniques, la , dans laquelle ils réunissent des anciens combattants jordaniens qui ont fait l'Afghanistan, et diffusent les livres d'al-Maqdisi au sein de la population. Zarqaoui considérait ce groupe comme un moyen de recruter des islamistes pour des projets très ambitieux, et rapidement il insiste pour que le groupe accomplisse des actions plus spectaculaires que diffuser des photocopies de tracts religieux. Le meurtre par un juif extrémiste de vingt-neuf personnes en Cisjordanie met le feu aux poudres : furieux, les membres du groupe d'Al-Maqdasi décident de passer à l'action. Al-Maqdisi avait récupéré des stocks d'armes en 1991 lorsque les irakiens s'étaient retirés du Koweït, et les avait cachés dans sa maison en Jordanie à la fin de la guerre. Le groupe projette d'attaquer avec ces armes un poste de garde israélien à la frontière jordano-israélienne, en comptant notamment sur le sacrifice de martyrs pratiquant l'attentat suicide. Mais les services de renseignement jordaniens (le Moukhabarat) veille grâce à son vaste réseau d'informateurs et les stoppe avant qu'ils puissent passer à l'action. En , les services secrets jordaniens font une descente en pleine nuit dans l'appartement de Zarqaoui, et s'emparent de lui pendant son sommeil. Les hommes qui l'arrêtent et l'interrogent racontent qu'il les traite d'« infidèles » et qu'il déverse sur eux son idéologie islamiste. Le directeur adjoint du Moukhabarat raconte que Zarqaoui fait partie des jordaniens que leur expérience en Afghanistan a complètement transformés. À leur départ, ces jordaniens étaient « les gentils » : ils étaient en phase avec ceux qui combattaient les communistes, c'est-à-dire les Américains, les Britanniques et les Saoudiens. À leur retour, leur vision des choses est radicalement différente. Et, plus précisément en ce qui concerne Zarqaoui, le directeur adjoint le perçoit à la fois comme un voyou et un fanatique religieux. Zarqaoui finit par faire des aveux, ainsi que douze membres de son groupe : ils reconnaissent la possession d'armes illégales, ainsi qu'un complot en vue d'un attentat terroriste. Zarqaoui est condamné à quinze ans de prison. Il va avoir le temps d'étudier le Coran, jusqu'à en mémoriser les six mille versets. Désormais, honteux de son passé de petit délinquant, il va tenter d'effacer ses tatouages avec de l'acide dont les brûlures lui laisseront de vilaines cicatrices sur les bras. D'autre part, son charisme et sa réputation d'ancien combattant d'Afghanistan, sa nouvelle ferveur religieuse, lui permettent de régner sur un petit groupe de délinquants qui l'entourent dont il devient le chef. Il commence à porter son nouveau nom de djihadiste : Abou Moussab al-Zarqaoui. C'est aussi en prison qu'il va cultiver une haine profonde pour ceux qu'il perçoit comme des ennemis d'Allah. En haut de sa liste, il place le roi Hussein de Jordanie. Il lui reproche notamment d'avoir fait la paix avec Israël. Dans sa liste figurent tous ceux qui travaillent pour le régime ou en profitent, jusqu'aux gardiens de sa prison, ou certains détenus. Le journaliste Joby Warrick le décrit comme un homme brutal, capable d'agresser et d'humilier les détenus qu'il n'aime pas. Meneur d'hommes, il initie une révolte musclée jusqu'à obtenir que certaines revendications des détenus soient satisfaites. Ses défis téméraires contre les autorités de la prison lui valent une certaine notoriété parmi les détenus, malgré ses manières brutales. Il exige une obéissance absolue des membres de sa bande, des islamistes, les réprimandant lorsqu'ils sautent une prière ou regardent un journal télévisé avec une présentatrice non voilée. Selon Libération, cette période d'enfermement est cruciale pour Zarqaoui. Il y découvre ses capacités de meneur. Son séjour en prison met aussi au jour un autre côté de sa personnalité, très différent. Il est très attaché à sa mère et ses sœurs, avec qui il entretient une relation épistolaire, ses lettres comportant des dessins et des poèmes. Il est aussi d'une très grande sollicitude pour les hommes de son groupe qui sont malades, et il s'occupe personnellement d'un djihadiste qui a perdu ses deux jambes lors d'un attentat raté.
Źródło i licencja
Na podstawie: Wikipedia — Abou Moussab Al-Zarqaoui · historia autorów.
Tekst: CC BY-SA 4.0.
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