La république d’Indonésie (Republik Indonesia) naît le 17 août 1945 avec la proclamation de l’indépendance des Indes orientales néerlandaises par Soekarno et Mohammad Hatta.

L’histoire de son territoire commence au-delà.

Le pays est peuplé en 2024 d'environ (Indonésiens/Indonésiennes, diaspora indonésienne non comprise). Pour mémoire, la population du pays serait de 206 en 2000, 97 en 1961, 60 en 1930, 10 vers 1700, 8 vers 1500, 4 vers 1000.

Peuplement

, Meganthropus palaeojavanicus, site des premiers hommes de Sangiran, coquillage gravé de Trinil Peuplement de l'Océanie, Peuplement de l'Asie du Sud-Est, Nusantao Maritime Trading and Communication Network Homme de Java, homme de Solo, homme de Wajak, enfant de Mojokerto, Mata Menge, homme de Florès Théorie de la catastrophe de Toba (73000 AEC)

Il y a environ , la Nouvelle-Guinée était reliée à l'Australie, formant la masse continentale appelée Sahul. L'Australie avait été peuplée il y a au moins par des migrations depuis l'actuel continent asiatique. On a retrouvé, dans la Grande Grotte de Niah au Sarawak un crâne humain qu'on a daté de . C'est également la date des peintures pariétales de la grotte de Leang Bulu Sipong, où a été découverte la plus ancienne représentation figurative, vieilles de , à Célèbes. Ces migrations avaient été possibles car à l'époque, le niveau des mers était plus bas qu'actuellement. Des migrations avaient également pu avoir eu lieu directement de l'Asie vers la Nouvelle-Guinée et les îles Salomon.

Il y a à , le niveau des mers est remonté pour atteindre la situation actuelle, coupant ces populations du continent asiatique et empêchant d'autres migrations pour un certain temps.

Il y a (3000 ), des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2000 , des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 , un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique. .

Le peuplement de l'Indonésie a donc deux origines, comme l'attestent les résultats d'une étude menée par des généticiensCristian Capelli, James F. Wilson, Martin Richards, Michael P.H. Stumpf, Fiona Gratrix, Stephen Oppenheimer, Peter Underhill, Vincenzo L. Pascali, Tsang-Ming Ko et David B. Goldstein, "A Predominantly Indigenous Paternal Heritage for the Austronesian-Speaking Peoples of Insular Southeast Asia and Oceania", The American Journal of Human Genetics, Volume 68, Issue 2, , février 2001.

Des fouilles ont livré de nombreux objets de bronze dont la technique et la décoration montrent une influence de la civilisation de Dong Son du Viêt Nam ().

Austronésiens Commerce dans l'océan Indien

Parc archéologique de Cipari Site mégalithique de Gunung Padang Parc national de Lore Lindu Plateau de Pasemah Grotte de Liang Bua (Florès) Culture Buni

Premières mentions (de -200 à +400)

L'épopée indienne du Rāmāyana, écrite entre le et le , mentionne les noms de Suvarnadvipa, "l'île de l'or", qui désigne sans doute Sumatra, et de Yavadvipa, "l'île du millet", c'est-à-dire Java.

Au , l'ouest de l'archipel indonésien fait partie d'un réseau centré sur le royaume du Fou-nan dans le sud de l'actuel Viêt Nam, de cités-États portuaires qui commercent avec l’Inde et la Chine. Une interprétation de l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien (23-79 ) suggère que des bateaux à balanciers "indonésiens" venaient commercer sur la côte est de l'AfriqueWolters Oliver W., "Indonesia - The archipelago and its early historical records" in Encyclopaedia Britannica. Ptolémée (vers 90-168 ) mentionne dans La géographie les noms de “Iabadiou”, c'est-à-dire Java, et “Malaiou”, c'est-à-dire Malayu dans l'est de Sumatra.

Des fouilles effectuées dans l'embouchure du fleuve Musi, en aval de Palembang dans le sud de Sumatra, aux alentours de 2000 ont révélé l'existence de deux sites portuaires qui dateraient du Les objets qu'on y a trouvés témoignent de relations commerciales avec la Chine et l'Inde.

Période hindou-bouddhique (-) La période classique indonésienne désigne la longue période (un millénaire) d'indianisation de l'Indonésie, sans doute dès le AEC, (hindouisme en Indonésie, bouddhisme en Indonésie) jusqu'à l'arrivée de l'islam en Indonésie (sans doute dès 800.), et l'islamisation des populations achevée à la conversion du dernier dirigeant de la principauté de Blambangan en 1770. La circulation des religions et des idées passe dans les deux cas par celui des marchandises : commerce international maritime.

Royaume de Tarumanagara (200/358-669/689) Royaume de Kutai (399-1844, Bornéo) Royaume de Sriwijaya (650-1377) Royaume de Sunda (669-1032) Royaume de Galuh (669-1482) Royaume de Malayu (671-692, 1028–1347) Royaume/dynastie de Sailendra (760-860) Royaume de Kalingga (-) Royaume de Bali (914–1908) Royaume de Kediri (1045–1222, 1292–1293) Royaume de Singasari (1222–1292) Royaume de Majapahit (1292–1527)

Les plus anciens documents écrits trouvés en Indonésie sont des inscriptions provenant de la région de Kutai dans la province de Kalimantan oriental. Rédigées en écriture pallava du sud de l'Inde, elles figurent sur quatre poteaux sacrificiels de pierre (appelés yupa en sanscrit, la langue des textes sacrés de l'hindouisme), qu'on estime dater des environs de 400

Dans la région de Karawang à l'est de Jakarta, on a trouvé des inscriptions également écrites en sanscrit et en écriture pallava. Elles datent du et attestent l'existence d'un roi du nom de Purnawarman, dont le royaume, Tarumanagara, s'étendait dans cette région.

Une inscription datée de 683 , découverte sur l'île de Bangka à côté de Sumatra, proclame que le souverain de Sriwijaya, à la tête de , a embarqué à bord de vaisseaux. Des textes arabes et chinois confirment que Sriwijaya était un État puissant qui contrôlait le détroit de Malacca, à l'époque déjà une importante voie maritime. La cité-État de Sriwijaya se trouvait à l'emplacement de l'actuelle Palembang.

Une inscription trouvée à Canggal dans le centre de Java, et datée de 732 , annonce que Sanjaya, seigneur de Mataram, a érigé un monument pour honorer Shiva. L'inscription dite « de Kalasan », également découverte dans le centre de Java et datée de 778, mentionne un roi Sailendra qui observe les rites bouddhiques. Les temples du centre de Java, construits entre les , sont de rite bouddhique comme Borobudur ou shivaite comme Prambanan, mais présentent parfois des éléments des deux rites, qui coexistaient.

Des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent qu'aux Java, et sans doute d'autres parties de l'Indonésie actuelle, entretenaient des échanges commerciaux avec la côte est de l'Afrique. L'inscription de Kancana notamment, trouvée à Java oriental et datée de 860 , mentionne, dans une liste de personnes dépendantes, le mot jenggi, "zeng". Un ouvrage arabe, les Merveilles de l'Inde, rapporte le témoignage d'un marchand du nom d'Ibn Lakis qui en 945, voit arriver sur la côte du Mozambique "un millier d'embarcations" montées par des Waq-Waq qui viennent d'îles « situées en face de la Chine » chercher des produits et des esclaves zeng. En arabe, Zeng ou Zenj désigne à l'époque les habitants de la côte est de l'Afrique.

Pour des causes encore mal élucidées, on ne trouve plus d'inscription dans le centre de Java à partir de la fin du . Une inscription de l'est de Java datée de 1041 dit que le roi Airlangga a installé son palais à Janggala, dans la région de l'actuelle Surabaya. Après sa mort, le centre du pouvoir reste dans l'est de Java, passant à Kediri, à Singasari et finalement au royaume de Majapahit, qui atteint son apogée sous Hayam Wuruk (qui règne de 1350 à 1389), assisté de son premier ministre Gajah Mada. Le Nagarakertagama, poème épique écrit en 1365 sous son règne, dresse une liste des "contrées tributaires" de Majapahit, qui outre Madura, Sunda et Bali, va de Pahang sur la péninsule Malaise à "Gurun" dans les Moluques, en passant par Malayu à Sumatra et "Bakulapura" à Bornéo. En réalité, le territoire réellement contrôlé par Majapahit se limitait à la moitié ouest de Java oriental, l'autre moitié constituant la Principauté de Blambangan. Après la mort de Hayam Wuruk, des querelles de succession entraînent le déclin de Majapahit, qui disparaît en 1478.

Histoire de l'influence indienne en Asie du Sud-Est (dès 500 AEC) Indosphère

Royaumes musulmans et arrivée des Européens (1300c-1800c) L' semble avoir débuté à Sumatra et Pasisir (côte Nord de Java), dans les milieux du commerce maritime.

Malacca Vers 1400, un prince bouddhiste de Palembang (sud de Sumatra) fonde le port de Malacca sur la péninsule malaise. Les souverains de Malacca se convertissent bientôt à l'islam. Le grand amiral chinois Zheng He (ou Cheng Ho), qui mène sept expéditions vers l'Inde, le Proche-Orient et l'Afrique de l'Est entre 1405 et 1433, fait plusieurs fois escale à Java. Musulman, Zheng He note la présence de communautés chinoises musulmanes dans les ports de la côte nord de Java, qu'on appelle le Pasisir. Sultanat de Malacca (1402–1511)

Demak À la fin du , un Chinois musulman du nom de Cek Ko-po fonde sur le Pasisir une principauté qui va devenir le royaume de Demak. Cette nouvelle puissance entreprend la conquête de la côte nord de Java, puis de Java oriental en 1527. L'expansion du commerce maritime du , l'essor des communautés chinoises et la diffusion de l'islam se traduisent par le développement urbain du Pasisir et l'émergence des États portuaires de l'archipel. Sultanat de Demak (1475–1554)

Aceh Faisant escale en 1292 à , une cité portuaire dans le territoire de l'actuelle province d'Aceh, Marco Polo constate que son souverain est musulman.

Le sultanat d'Aceh (1496c–1903) est fondé au début du . Après la prise de Malacca par les Portugais en 1511, Aceh parvient à capter une part importante de l'activité qui avait fait la prospérité de Malacca. Le sultanat entreprend la conquête de la côte est de Sumatra productrice de poivre et d'or, qui selon Tomé Pires, un apothicaire portugais qui a vécu à Malacca de 1512 à 1515, n'est pas encore islamisée.

Dans les années 1560, Aceh établit des relations commerciales et diplomatiques avec l'empire ottoman. En 1602, une première expédition de la Compagnie anglaise des Indes orientales récemment créée fait escale en Aceh. Le sultanat va connaître son apogée avec Iskandar Muda (règne 1607-36). Iskandar défait une flotte portugaise à Bintan (île indonésienne voisine de l'actuelle Singapour) et conquiert Pahang et Kedah sur la péninsule. En 1629, Iskandar lance une flotte sur Malacca, qui est totalement détruite avec perdus. Après la mort d'Iskandar Muda, Aceh entame une période de déclin.

Gowa Selon la tradition orale des Makassar du sud de Sulawesi, le royaume de Gowa est né au du partage en deux de leur royaume entre Gowa et Tallo'. La première carte que les Portugais aient faite de Sulawesi, en 1533 ou 1534, ne mentionne pas le nom de Goa mais seulement celui de "Toloc", c'est-à-dire Tallo'. En 1544, un commerçant portugais de Malacca, Antonio de Paiva, mentionne le nom de "Goa". Selon des chroniques, vers 1530, le roi Matanré (règne 1510-47) entreprend la conquête des principautés voisines. Gowa contrôle le commerce de l'or produit dans le nord de Sulawesi, qu'il vend au sultanat de Ternate.