Un des premiers centres religieux, culturel et artistique du Haut Moyen-âge Tours trouve en grande partie l'origine de son importance et renommée à la dévotion entourant son saint patron Saint Martin (316-397) et de la Basilique Saint-Martin de Tours, objet d'un pèlerinage considérable dès le . La renommée de Tours prend encore une autre ampleur lorsque saint Martin devient le patron des dynasties mérovingienne et carolingienne. Clovis initie protections et privilèges accordés au prestigieux sanctuaire, dont les possessions foncières vont s'étendre jusqu'en Berry et Bordelais. Tours attire alors de nombreux érudits, tel Grégoire de Tours (538-596).

Un foyer artistique majeur de la renaissance carolingienne Un point d'orgue est l'arrivée à Tours du poète savant et théologien Alcuin (v.735-804), nommé par Charlemagne abbé de Saint-Martin de Tours en 796 où il rétablit l'observance régulière. L'abbaye Saint-Martin de Tours devient l'un des foyers de la renaissance carolingienne, où vient étudier par exemple le jeune Raban MaurChelini , p. 35.. Alcuin encouragea la copie de nombreux textes au sein du scriptorium, l'atelier de copie de l'abbaye, d'après des modèles importés d'AngleterreMarie-Pierre Laffitte, Charlotte Denoël, Marianne Besseyre, Jean-Pierre Caillet, « La vallée de la Loire, d'Orléans à Fleury », Trésors carolingiens, BNF, 2007 , et augmenta considérablement le fonds de la bibliothèque de Tours. Alcuin insista particulièrement sur le soin de la calligraphie et de la ponctuationChelini , p. 32-33..

Sous son égide, la minuscule caroline se diffusa en quelques années et se perfectionna dans les magnifiques bibles produites par le scriptorium. Il participa à la réforme de la liturgie catholique et à la révision de la Bible et du Sacramentaire grégorienMarie-Pierre Laffitte, Charlotte Denoël, Marianne Besseyre, Jean-Pierre Caillet, « Les principaux acteurs », Trésors carolingiens, BNF, 2007. en écrivant une longue préface Hucusque pour la précision, et établit en 800 une version de la Bible Vulgate qui s’imposa comme modèle. Alcuin réorganisa également la structure scolaire, et rédigea des manuels dans chaque disciplineChelini , p. 34..

Les scriptoriums de l'abbaye Saint-Martin de Tours, de Saint-Gatien, de Marmoutier et de Saint-Julien produiront nombre de chef-d'œuvre de l'Enluminure mérovingienne et carolingienne comme l'évangéliaire de Lothaire ou la Bible de Vivien.

1500, Tours capitale des arts

Sous les Valois, la ville de Tours, entourée des châteaux de la Loire, et de l'aura de son statut de capitale royale vit une éclosion artistique sans précédent qui lui donnera le statut de capitale des arts au tournant du siècle exposition" Tours 1500 capitale des arts" organisé au musée des beaux-arts 17 mars au 17 juin 2012. Elle concentre toutes les facettes d'un foyer de commandes (panneaux peints, tapisseries, sculptures, arts du luxe, enluminure) grâce à ses nombreux ateliers de grande renommée, ceux des sculpteurs Michel Colombe (v. 1430-1512) ou de son successeur Guillaume Regnault (1450-1532), ceux des peintres et enlumineurs Jean Fouquet (v.1420-v.1480), Jean Bourdichon (1456-1521), Jean Poyer (v.1445-1503), les Juste... Cette production exceptionnelle ne sera malheureusement guère conservée : beaucoup d'œuvres seront détruites dès le lors des guerres de religion.

Bibliographie Par ordre chronologique de parution : () Paul Vitry, Les villes d'arts célèbres, Tours, 1912, 175 pages, Paris Librairie Renouard

TOURS, 1992, éditions Bonnetons, Hervé Chirault, Tours, éditions Alan Sutton, 192 pages, 2006 Henri Galinié (dir.), Tours antique et médiéval. Revue archéologique du Centre de la France, n° spécial de la collection “ Recherches sur Tours ”, Tours, FERACF, 2007, Marie-Pierre Laffitte, Charlotte Denoël, Marianne Besseyre, Jean-Pierre Caillet, « Les principaux acteurs », Trésors carolingiens, BNF, 2007 Claude Andrault-Schmitt, La cathédrale de Tours, 2010,

Notes et références