La participation désigne les procédures, démarches ou tentatives faites pour donner un rôle aux individus dans la prise de décision affectant la communauté ou l'organisation dont ils font partie. La participation, représentant tout à la fois l’outil le plus basique et le plus complet de la démocratie participative, consisterait ainsi à prendre partMERLIN, Pierre, CHOAY, Françoise, 2000, Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement, Presses universitaires de France, Paris, ..

Cette notion s'applique à de nombreux domaines variés : au niveau le plus général, ceux relevant de la gouvernance, de la démocratie participative, de la citoyenneté ou encore de l'écocitoyenneté ; à des niveaux plus restreints, ceux relevant de la gestion d'organisations, d'entreprises, d'associations ou de groupes de base.

Participation au sens des sciences politiques En sciences politiques, la participation est un terme général recouvrant les différents moyens par lesquels les citoyens peuvent contribuer aux décisions politiques.

Afin que la participation en toute connaissance de cause soit possible, un degré de transparence, par exemple la transparence radicale, est nécessaire, mais non suffisante.

La participation est recherchée principalement pour les décisions affectant certaines catégories de la population, particulièrement dans les domaines de l'urbanisme et des rénovations urbaines ou encore dans celui de la gestion des ressources (eau, paysage…) et de l'environnement.

La consultante américaine Sherry R. Arnstein a distingué en 1969 huit niveaux de participation des citoyens aux projets les concernantSherry R. Arnstein, A Ladder of Citizen Participation, Journal of the American Institute of Planners, vol. 35, , juillet 1969, . Une note de cet article (non reproduite dans le document en lien ci-dessus) précise que Sherry R. Arnstein était à l'époque directrice de l'institut Community Development Studies for the Commons. Elle a exercé différents métiers au cours de sa vie, essentiellement comme consultante en politiques publiques sur les thèmes de la santé et de la participation. Quelques éléments biographiques sur Sherry Arnstein sont disponibles sur le site internet de l'AACOM, association dont elle a été la directrice exécutive à la fin de sa vie professionnelle : 2005 AICP National Planning Landmarks and Pioneers.. Cette « échelle de la participation d'Arnstein » est toujours utilisée par des sociologues pour analyser la manière dont les pouvoirs publics informent les citoyens et leur permettent de participer aux prises de décision : Contrôle citoyen : une communauté locale gère de manière autonome un équipement ou un quartier.Pouvoir effectif des citoyensDélégation de pouvoir : le pouvoir central délègue à la communauté locale le pouvoir de décider un programme et de le réaliser.Partenariat : la prise de décision se fait au travers d'une négociation entre les pouvoirs publics et les citoyensConciliation ou réassurrance : quelques habitants sont admis dans les organes de décision et peuvent avoir une influence sur la réalisation des projets.Coopération symbolique ou "tokenisme"Consultation : des enquêtes ou des réunions publiques permettent aux habitants d'exprimer leur opinion sur les changements prévus.Information : les citoyens reçoivent une vraie information sur les projets en cours, mais ne peuvent donner leur avis.Thérapie : traitement annexe des problèmes rencontrés par les habitants, sans aborder les vrais enjeux Non-participationManipulation : information biaisée utilisée pour « éduquer » les citoyens en leur donnant l'illusion qu'ils sont impliqués dans le processus.

Si Sherry R. Arnstein repère des exemples de participation à chacun de ces huit niveaux aux États-Unis, selon l'analyse de J. Donzelot et R. EpsteinJacques Donzelot et Renaud Epstein, Démocratie et participation : l'exemple de la rénovation urbaine, Esprit, juillet 2006, à 34., la participation en France ne dépasserait pas le cadre de la « non-participation » et de l'« information » dans le cadre des rénovations urbaines. Toutefois, cette analyse ignore l'importance des expériences menées en France à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

Définitions des différents niveaux de participation

La participation comporte des stades variés qui vont de l’information à l’évaluation en passant par des processus relevant de la concertation. Effectivement, si la démarche est initiée par des institutions, des groupements citoyens ou des associations, le niveau d’implication du public peut être profondément différent. L’approche bottom up, qui a pour caractéristique d’être activée par les citoyens - contrairement à l’approche top down, qui partira plutôt des institutions - aura tendance à intégrer les acteurs non-institutionnels de manière plus soutenue et jusqu’à un plus haut niveau de décision. Ainsi, BACQUE, Marie-Hélène, SINTOMER, Yves, 2011, La démocratie participative. Histoire et généalogie. Éditions La Découverte, Paris, ..

On reconnaît donc généralement plusieurs étapes à la participation :

L’information correspond à des communications de type unilatéral. Elle va permettre aux experts de présenter et d’expliquer les orientations d'un projet, les choix qui ont été faits et les décisions qui ont été prisesVILLE DE LAUSANNE, 2007a, La participation, Rapport-préavis, , consulté 12 mai 2012, Lausanne. URL : http://www.lausannech/view.asp?Docld=26627..Cette forme de communication permet à la population concernée de prendre connaissance des changements qui vont la toucher, mais elle ne prévoit en aucun cas une phase d’échange. L’information reste toutefois MONBEIG, Michel, 2007, « L’impossible démocratie participative », Pensée Plurielle [en ligne], , . URL : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=PP_015_0029, .. L’information du public peut prendre différentes formes telles que des courriers ou encore des réunions publiques pour ne citer que ces deux exemples. La consultation permet d’atteindre un niveau supérieur de participation. Elle consiste à sonder l’avis des citoyens, quant à un projet particulier, et d'en tenir compte dans la prise de décision finale. Toutefois, selon John Thompson, la consultation est à différencier de la participation puisqu’elle THOMPSON, John, 2010, « De l’expérimentation à une pratique renouvelée », Concertation citoyenne en urbanisme. La méthode du Community planning, Éditions adels, Paris, .. De plus, la consultation, si elle est trop superficielle, peut s’avérer plus frustrante que productive pour les citoyens qui peuvent ne pas se sentir écoutés ou reconnus. En effet, comme celle-ci n’a pas pour objectif d’arriver à un consensus, beaucoup de voix seront finalement laissées de côté. Les enquêtes d’opinion sont très fréquemment utilisées dans le cas de la consultation, les outils mobilisables dans ce cas précis n'étant pas nombreux, même si nous pouvons aussi imaginer la mise en place de forums citoyensMONBEIG, Michel, 2007, « L’impossible démocratie participative », Pensée Plurielle [en ligne], , . URL : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=PP_015_0029.. La concertation, par son fort niveau d’insertion du public, relève bel et bien de la participation. C’est ainsi que tout un processus se met en place, au cours duquel, à chaque étape, les citoyens auront la possibilité de donner leur avis. Enfin, là où la concertation va encore plus loin, c’est qu’en plus de donner leur avis, les citoyens seront invités à proposer de nouvelles idées. La concertation pousse donc à l’innovation par la construction collective, ou du moins par l’émergence de nouvelles représentations qui seront peut-être plus proches des réalités de l’environnement concerné, puisque proposées par ceux qui le pratiquent au quotidien. Le choix final revient tout de même à l’entité politique, gardant toujours le dernier mot: DUBAS, Daniel, 2006, « Appropriation politique de deux démarches participatives en Suisse. Une analyse comparative des cas de Werstadt Basel et Quartiers 21 à Lausanne », Urbia, Les cahiers du développement urbain durable, , Lausanne, .. Toutefois, lors de la mise en place du processus de concertation, si l'information est complexe, la sensibilisation/formation peut être nécessaire pour savoir et faire savoir. Ainsi, au cours de ce mécanisme, les citoyens ne sont généralement pas seuls. Ils seront accompagnés par les responsables de projet, les aménageurs, les experts et les politiques, à leur disposition pour les questions techniques - on peut notamment penser à tout ce qui relève de la faisabilité - mais aussi pour imposer des cadres. Effectivement, la concertation ne peut fonctionner que dans l’enceinte de cadres prédéfinis. Ce cadre peut être contraignant pour les participants mais paraît obligatoire pour une meilleure efficacité du processus. De nombreux outils sont utilisés afin qu’un tel mécanisme prenne forme. On peut notamment citerBONARD, Yves, 2006, « Enjeux et limites de la concertation en aménagement du territoire », in Urbia, Les cahiers du développement urbain durable, , Lausanne, .. La codécision consiste, en ce sens, en une DUBAS, Daniel, 2006, « Appropriation politique de deux démarches participatives en Suisse. Une analyse comparative des cas de Werstadt Basel et Quartiers 21 à Lausanne », Urbia, Les cahiers du développement urbain durable, , Lausanne, .. Ainsi, la dernière étape, qui, dans le cas de la concertation restait réservée à l’élite politique, relèverait ici de la capacité conjointe du public et du politique. On peut notamment imaginer ce scénario avec la mise en place d’une votation. La codécision implique un mode de coélaboration (sur un mode plus ou moins collaboratif). L'évaluation qui représenterait un ultime niveau de participation, permettrait aux participants de MONBEIG, Michel, 2007, « L’impossible démocratie participative », Pensée Plurielle [en ligne], , URL : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=PP_015_0029. de ce qui a été fait tout au long de ce processus. Cet ultime échelon autoriserait les individus à s’exprimer une dernière fois sur le processus qu’ils ont vécu, sans toutefois que leurs idées soient jugées ou hiérarchisées. L’évaluation apporte alors un double avantage puisqu’elle permet le diagnostic des participants, qui pourront ouvertement critiquer, que ce soit positivement ou négativement, le dispositif auquel ils ont pris part. Et, dans le même temps, cette démarche permet de donner une idée aux responsables de projet sur la perception des habitants ainsi que sur les améliorations qui peuvent être apportées. Par conséquent, la dimension non contraignante de l’évaluation pour les participants en fait très certainement « le moyen le plus démocratique pour intégrer de manière significative les habitants des quartiers concernés ».

La participation peut donc être plus ou moins collaborative selon les cas.

Histoire de la participation