Saint-Marc est une ancienne commune du Finistère située à l'est de Brest. Elle forme depuis le un quartier de la ville de Brest.
Toponymie Dans les documents antérieurs à 1689, Saint-Marc est désignée sous les noms de Tresnuetz, Treffignez, Treffinez, Tresninetz ou Tréninez. Plus tard on trouve aussi Trénivez. L'appellation Saint Marc apparaît pour la première fois en 1721, elle est la seule à partir de 1769.
Géographie Le bourg de Saint-Marc s'est développé initialement en bordure de la grève de Saint-Marc, au pied des falaises bordant le plateau sur lequel s'étendait la majeure partie du territoire paroissial, au débouché de l'un des ravins permettant un accès pentu, mais néanmoins relativement aisé, entre le bord de mer et le plateau (actuelle "Rampe du Vieux Bourg"). D'autres ravins échancrent le bord de ce plateau, le plus important étant celui de la rue Pierre-Sémard qui a longtemps été une véritable séparation physique entre la ville de Brest et le quartier du Guelmeur avant la construction du pont du Forestou, ou le ravin boisé de Dour Braz, espace naturel méconnu des Brestois.
Les limites de la trève de Treninez, depuis 1686, puis de la commune de Saint-Marc, jusqu'en 1865, suivaient depuis la mer, les ruisseaux du Douric (actuellement busé sous la rue Pierre Sémard), et du Dour Guen (dans le vallon du Stangalar), la route de Landerneau (rue de Paris), le chemin du Pont-Neuf (rues du Bot et des Deux Frères Guézennec) et la route du Moulin-Blanc (rue de Verdun).
Histoire Moyen Âge Dans des lettres patentes de il est question d'un Seigneur du Curru, qui vers 1350 (donc plus d'un siècle plus tôt) aurait administré la justice à « Ploevas, Lambezeleuc, Botgars et Treznuez ».
En Bernard de la Tour donnait à sa sœur « un terrement appelé an Forestou, paroisse de Brest, trève de Treffniez » (une trève est une subdivision d'une paroisse). À Brest il n'existait que la chapelle du Château, fondée par en 1064, Tréninez dépendait donc administrativement du Château de Brest. Par contre les habitants de Treninez payaient la dîme au recteur de Lambézellec.
En , la chapelle du château est remplacée par le prieuré des Sept-Saints, dépendant de l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, comme centre religieux. Le quartier des Sept Saints désignait les premières maisons de Brest construites hors les murs du Château.
Du
En Treninez devient une trève du prieuré des Sept-Saints à Brest (l'un des prieurés de l'abbaye de Saint-Mathieu), consacrée à saint Ignace (Inez).
En 1681 elle est cédée à Lambézellec, mais le recteur de Lambézellec se plaint régulièrement que l'état des chemins l'empêche de s'y rendre.
En 1686, à l'occasion du passage de Brest de Vicariat en Rectorat, et de la fin des travaux des fortifications de Vauban, qui englobaient une partie de Lambezellec, une partie de cette paroisse, dont Treninez, est rattachée à Brest, moyennant une indemnité de 200 Livres par an.
Au , Saint-Marc est une trève dépendant de la paroisse de Lambézellec"Registre des aveux de la principauté du Léon", cité par Abbé Kerbiriou, "La vie et l'organisation du clergé paroissial dans le Léon à la veille de la Révolution", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, 1924, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5729760q/f231.image.r=Lamb%C3%A9zellec.langFR. En 1773, un acte mentionne encore, concernant Penhelen (lieu dit du nord de Treninez), "paroisse de Brest et de Lambézellec".
Les autorités ecclésiastiques imposèrent le changement de nom, substituant celui de saint Marc en remplacement de saint Ninez par volonté de francisation des saints bretons au .
Le nom de Saint-Marc apparaît en 1721 et celui de Treninez disparaît à l'époque de la Révolution française.
En , une ordonnance de ordonne à la paroisse de Saint-Marc-Trenivez de fournir cinq hommes et de payer pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2.
Saint-Marc devient une paroisse en 1823.
La Révolution française
En , les deux députés chargés de représenter la paroisse de Saint-Marc lors de l'élection des députés du Tiers-État de la sénéchaussée de Brest pour les états généraux sont Yves Le Goff et Pierre QuéméneurJules Malival et Émile Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 2, P. Dupont, Paris, 1879, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k495172/f468.image.r=Saint-Marc.langFR.
Le
En , le remblai de la ligne de chemin de fer Paris-Brest traversant le village, à quelques mètres de l'église, le conseil municipal décide de construire une nouvelle église et de transférer le bourg sur la hauteur de la commune. En 1864, à la suite d'une demande du conseil municipal de Saint-Marc qui déclare que « le choix de l'emplacement du nouveau bourg a été judicieusement choisi (...) à égale distance des extrémités de la commune ; mais attendu qu'à la partie du nouveau bourg (à 92 mètres), on arrive sur le territoire de Lambézellec » et que pour cette raison « il a demandé l'annexion de appartenant à Lambézellec », le Conseil général du Finistère émet un avis favorable à cette demande, les concernés étant tous favorables à cette demandeRapports et délibérations du Conseil général du Finistère, 1864, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5564488t/f252.image.r=Lamb%C3%A9zellec.langFR. Ce transfert est officialisé par le décret du .
En , une partie des habitants du village du Rody, commune de Guipavas, demandent à leur tour leur rattachement à Saint-MarcRapports et délibérations du Conseil général du Finistère, 1868, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5565213q/f181.image.r=Saint-Marc.langFR, mais cette demande est rejetée, 12 habitants seulement se déclarant favorables et 122 habitants opposés. Parmi les autres arguments avancés pour le rejet de la demande, « l'annexion entraînerait de graves préjudices pour les habitants de Guipavas (...) ; ils se verraient dépossédés d'une grève si riche pour leur agriculture ; Saint-Marc est pourvu d'une étendue de grève qui suffit et au-delà aux besoins de l'agriculture pour son territoire »Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, 1868, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5565213q/f422.image.r=Saint-Marc.langFR.
En 1872, une salle d'asile publique est créée à Saint-MarcRapports et délibérations du Conseil général du Finistère, avril 1874, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562178s/f8.image.r=Saint-Marc.langFR. En 1879, les deux maisons d'école de Saint-Marc, « construites depuis quatorze ans seulement, se trouvent aujourd'hui dans un état de délabrement qui exige des réparations urgentes et nécessaires »Rapports et délibérations du Conseil général du Finistère, 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55621158/f246.image.r=Saint-Marc.langFR.
Au , Saint-Marc est peu concerné par les épidémies successives de choléra qui frappent à maintes reprises Brest (), Saint-Pierre-Quilbignon (), Lambézellec () et maintes autres communes du Finistère comme Guipavas () : seule l'épidémie de 1885-1886 y provoque trois mortsHenri Monod, Le choléra : histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886, Imprimerie administrative, Melun 1892, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5578605r/f60.image.r=Lamb%C3%A9zellec.langFR (un enfant, un tanneur domicilié au Pont-Neuf, un journalier agricole).
Pour lutter contre l'alcoolisme, une surtaxe est perçue par la commune de Saint-Marc à son octroi, elle était de par hectolitre d'alcool pur vers 1870 mais à partir du , la surtaxe est abaissée à dix-neuf francs par hectolitre d'alcool pur contenu dans les eaux-de-vie, esprits, liqueurs et fruits à l'eau-de-vie, et par hectolitre d'absinthe pour compenser l'augmentation de deux francs de la taxe principale perçue par le Conseil généralLa Tempérance, 1876, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54073072/f427.image.r=Saint-Marc.langFR.
En 1896, Benjamin Girard écrit : « La côte de Saint-Marc, de Poullic-ar-Lor au Moulin-Blanc, offre un aspect très pittoresque : elle est couverte de villas et d'habitations bourgeoises et cette partie de la commune tend à devenir, de plus en plus, un véritable faubourg de la ville de Brest »Benjamin Girard, "La Bretagne maritime", C. Thèse, Rochefort, 1896, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r/f274.image.r=Lamb%C3%A9zellec.langFR.
La population passe de en 1789 à en 1939. À cette époque, Saint-Marc se transforme rapidement d'une commune rurale en une banlieue de Brest, habitée par les ouvriers de l'arsenal, où l'on trouve une usine à gaz (depuis 1841), une usine d'eau potable, un casino. Dès 1863 au moins, une chocolaterie de la Compagnie espagnole y est implantéeLa Célébrité industrielle, artistique et littéraire, n° du 29 novembre 1863, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56540625/f6.image.r=Lamb%C3%A9zellec.langFR.
Le port de commerce de Brest s'est, à partir du Second Empire, développé en bonne partie sur le territoire de la commune de Saint-Marc. Albert Clouard le décrit ainsi en :
Entre 1882 et 1894 est construit le château néogothique de Ker Stears, accroché à la falaise, en surplomb du port de commerce. Il fut construit par John-Burnett Stears, créateur de l'usine à gaz voisine, et terminé par son épouse Béatrice de Kérédern de Trobriand qui épouse en secondes noces le comte Olivier Marie-Joseph de Rodellec du Portzic.. Un établissement d'enseignement privé, le lycée Fénelonhttp://www.lycee-fenelon-brest.com/0452d69d2c108f61e/0452d69d2d090431b/index.html, y est désormais implanté aussi appelés le Poudlard de Brest
Vers 1890, Saint-Marc possède deux écoles publiques, deux écoles privées, l'une tenue par les Frères de la Doctrine Chrétienne, l'autre par les Sœurs de Saint-JosephAdolphe Joanne, Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, tome 6, Hachette, Paris, 1890, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k733944/f471.image.r=Saint-Marc.langFR.
En , un document indique que les Sœurs de l'Immaculée Conception de Saint-Méen assistaient et soignaient gratuitement les malades de Saint-Marc à domicileLa France charitable et prévoyante : tableaux des œuvres et institutions des départements, numéro 1, 1896, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5802221d/f627.image.r=Bourg-Blanc.langFR.
Le En 1921, un Comité national d'Action laïque est créé (CNAL), puis en 1926 le Comité de défense laïque du Finistère voit le jour ainsi qu'un comité des patronages, celui-ci a pour fonction de regrouper les patronages et d'en créer d'autres.
Vers , des guinguettes prisées des Brestois existaient encore en bordure de la grève de Saint-Marc, à proximité de la chapelle du Vieux Bourg de Saint-Marc. Elles ne disparurent que lors de la poldérisation de l'anse de Saint-Marc en raison de l'extension progressive de la zone industrialo-portuaire.
S. Castel décrit ainsi l'urbanisation et l'industrialisation de Saint-Marc au début du S. Castel, Brest, étude de géographie urbaine, Annales de Bretagne, 1932-1933, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1153348/f618.image.r=Saint-Marc.langFR dans un texte datant de 1932 :
Le , les obsèques de Joseph Baraër, ouvrier de l'arsenal, tué les jours précédents lors d'une violente manifestation, qui habitait rue Paul-Doumer se déroulent en présence de plus de et son inhumation au cimetière de Kerfautras se transforme en véritable manifestation politiqueJournal Ouest-Éclair n°14155 du 9 août 1935, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5004308/f3.image.r=Saint-Marc.langFR et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5004308/f5.image.r=Saint-Marc.langFR.