Le Bateau () est un film de guerre ouest-allemand réalisé par Wolfgang Petersen, sorti en 1981. Il est adapté du livre du même nom (également intitulé Le Styx en français) de Lothar-Günther Buchheim. L'histoire, romancée, relate les missions du sous-marin allemand U-96 et de son équipage durant la Seconde Guerre mondiale.

Le film s'inspire des missions vécues pendant la guerre par L. G. Buchheim, alors journaliste. Hans-Joachim Krug, embarqué comme officier à bord du sous-marin U-219, participa au tournage en tant que consultant. Le soin apporté à l'œuvre en fait le « meilleur film de sous-marins jamais réalisé » selon plusieurs sources..

Synopsis

Dans le port de La Rochelle, à l'automne 1941, une flottille de sous-marins allemands se prépare à appareiller dans la liesse générale. Officiers, officiers mariniers et matelots fêtent leur départ, mais le commandant de lU-96 reste calme, en retrait, dans l'appréhension du combat. Le capitaine Philip Thomsen, ivre, fêtant sa dernière décoration, vient brailler au micro. Il commence par tenir des propos acides sur le chancelier Hitler, puis, sentant qu'il est allé trop loin dans sa critique, insulte Churchill par le biais d'une pirouette.

LU-96 appareille ; après quelques jours de mer il est repéré par un destroyer. Enfreignant les ordres de l'état-major de la Kriegsmarine, le commandant décide d'attaquer ce bâtiment de guerre isolé. L’œil collé au périscope, prêt à le torpiller, il perd le navire de vue, et s'aperçoit trop tard que celui-ci fonce droit vers le sous-marin. À bord, l'angoisse et la peur gagnent lentement l'équipage. La corvette lâche des grenades sous-marines, le sous-marin est touché ; les avaries de combat réparées, il continue sa mission.

LU-96 a l'occasion d'attaquer un convoi et de couler plusieurs navires de commerce avant d'être repéré et attaqué par un destroyer de l'escorte. Un incendie se déclenche à bord du sous-marin, il est éteint et les voies d'eau sont colmatées. Lorsque le sous-marin refait surface six heures après l'attaque, un pétrolier est en feu. Le commandant fait lancer une dernière torpille pour l'achever. Les sous-mariniers remarquent alors que le navire n'est pas abandonné : des marins sautent à la mer et nagent vers le sous-marin. Le commandant ne comprend pas pourquoi l'équipage ennemi n'a pas été sauvé par ses escorteurs ; il décide de ne pas secourir les marins, suivant ainsi les ordres du Großadmiral Karl Dönitz.

Le commandant prend le cap de La Rochelle. Pendant son transit il reçoit un message lui ordonnant de ravitailler à Vigo en Espagne puis de rallier le port italien de La Spezia. Les marins sont désolés de ne pouvoir passer les fêtes de Noël à La Rochelle. Ils redoutent le passage par le détroit de Gibraltar, contrôlé par la flotte britannique.

Dès l'entrée du détroit, lU-96 se glisse furtivement entre les patrouilleurs mais il est repéré par l'un d'eux. Il est attaqué et contraint de plonger jusqu'à plus de de profondeur, excédant les capacités de résistance théoriques du bâtiment. Par chance, il se pose sur un banc de sable qui stoppe sa plongée, évitant sa perte corps et biens. L'équipage répare les avaries et le sous-marin fait route vers La Rochelle.

La navigation se passe sans encombre ; lorsque le sous-marin entre dans le port de La Pallice, une attaque aérienne survient, tuant une partie de l'équipage dont le commandant, et coulant le bâtiment dans l'écluse d'entrée du bassin à flot. La scène finale montre le correspondant de guerre, Werner, embarqué sur l'U-96 ayant survécu à l'attaque. Il s'approche du corps du commandant qui vient de mourir.

Fiche technique

Titre français : Le Bateau Titre original : Titre anglophone : (version doublée aux États-Unis) Réalisation : Wolfgang Petersen Scénario : Wolfgang Petersen, d'après le roman de Lothar-Günther Buchheim, Le Styx (Das Boot) Direction artistique : Götz Weidner Décors : Rolf Zehetbauer Costumes : Monika Bauert Photographie : Jost Vacano Son : Milan Bor Montage : Hannes Nikel Musique : Klaus Doldinger Producteur : Günter Rohrbach Producteur de la version director's cut : Ortwin Freyermuth Coproducteur : Michael Bittins Sociétés de production : Bavaria Film, Radiant Film GmbH, Süddeutscher Rundfunk et Westdeutscher Rundfunk Société de production « director's cut » : Twin Bros. Productions Sociétés de distribution : Neue Constantin Film (Allemagne), Warner-Columbia Film (France), Columbia Pictures (États-Unis) Budget : 32 millions DEM. (14 millions $) Pays de production : Langues originales : allemand, anglais et français Format : couleur (Fujicolor) — 35 mm — 1,85:1 — son Dolby Version director's cut : son Dolby Digital et SDDS Genre : guerre Durée : 149 minutes () version cinéma de 1981 300 minutes () version télévisée de 1985 en 6 épisodes de 50 minutesLors de sa toute première diffusion à la télévision allemande en février 1985, la série fut présentée en trois épisodes de 100 minutes. 209 minutes () director's cut de 1997 282 minutes () Original Uncut (version longue) de 2004 Dates de sortie : Allemagne de l'Ouest : à l'Ouest et le pour le director's cut États-Unis : pour la version initiale et pour le director's cut France : en salles pour la version initiale et le en vidéo. pour le director's cut Classification CNC. : tous publics (visa d'exploitation délivré le )

Distribution Note et légende : doublage des versions cinéma (1982), télévisée (1985) et Original Uncut (2004) ; doublage de la version Director's cut (1998).

Jürgen Prochnow (VF : Yves Massard ; Patrick Floersheim) : le capitaine Heinrich Lehmann-Willenbrock - Der Alte (« le Vieux »), commandant du sous-marin Herbert Grönemeyer (VF : Marc François ; Jean-Pierre Michaël) : le lieutenant Werner, correspondant de guerre Klaus Wennemann (VF : Sady Rebbot ; Vincent Grass) : LI Friedrich Grade (Fritz Grade), ingénieur en chef (VF : Guy Chapellier ; idem) : I WO, premier officier de quart Martin Semmelrogge (VF : Gérard Hernandez ; Serge Faliu) : II WO, second officier de quart Otto Sander (VF : Francis Lax ; Pascal Renwick) : le capitaine-lieutenant Philipp Thomsen, héros de guerre, alcoolique Bernd Tauber (VF : José Luccioni ; Philippe Vincent) : ObStM. Kriechbaum Erwin Leder (VF : Joël Martineau ; Pierre Dourlens) : Johann, chef mécanicien Martin May (VF : Thierry Bourdon) : Ullmann, enseigne (de vaisseau) Heinz Hoenig (VF : Jacques Ferrière) : Hinrich, radio et infirmier Uwe Ochsenknecht (VF : Patrick Poivey ; Bruno Dubernat) : le chef Bosun, maître d'équipage Claude-Oliver Rudolph (VF : Philippe Ogouz) : Ario, réchauffeur des moteurs Diesel : le pèlerin Ralf Richter (VF : Daniel Russo) : Frenssen Günter Lamprecht (VF : Michel Gudin) : le capitaine du Weser : le prêtre : Schwalle Rita Cadillac : Monique .

Production Genèse et développement Les studios Bavaria acquièrent les droits du livre Le Styx, écrit en 1972 par Lothar-Günther Buchheim d'après son expérience personnelle à bord du sous-marin U-96 en 1941. Hans-Joachim Krug, officier à bord du sous-marin U-219, et Heinrich Lehmann-Willenbrock, véritable capitaine du U-96, participent au tournage en tant que conseillers historiques. Alors que le scénario n'est pas encore finalisé, la production investit plus de dans la construction de deux répliques du sous-marin d'une longueur de 70 mètres et qui serviront de décors intérieurs comme extérieurs.

Songeant dans un premier temps à faire une coproduction américaine, Bavaria fait venir deux réalisateurs américains : John Sturges et Don Siegel. Craignant que les Allemands ne soient caricaturés comme des stéréotypes nazis, Lothar-Günther Buchheim refuse catégoriquement que le film soit coproduit par Hollywood, déclarant même . Ne trouvant plus de financement après le départ des Américains, le projet d'adaptation est suspendu.

En 1979, le producteur Günter Rohrbach arrive à la tête de Bavaria Film et décide de relancer le projet. Le Bateau sera donc une production entièrement allemande. Des actionnaires proposent d'investir dans une série télévisée plutôt que dans un film. La production est donc financée en partie par les chaînes de télévision allemande WDR et SDR.

Aussi lorsque Wolfgang Petersen est engagé comme réalisateur, ce dernier passe plusieurs mois à écrire deux versions du scénario, une pour le film et une pour la série télévisée.

Attribution des rôles La production ne souhaite en aucun cas engager des stars pour le film. Wolfgang Petersen sillonne toute l'Allemagne à la recherche de jeunes comédiens âgés de moins de trente ans pour bien correspondre à la jeunesse des 43 membres de l'équipage, mais aussi avec des accents de diverses régions. De son côté, Hubertus Bengsch insiste auprès du réalisateur pour jouer le rôle du premier officier de quart, un personnage antipathique.

Le rôle du commandant pose un souci. La production pense immédiatement à Jürgen Prochnow mais reste hésitante en raison de l'âge de l'acteur qui aborde la quarantaine, soit dix ans de plus que son personnage. Cependant en reconsultant les photos d'époque de Buchheim, elle se rend compte que les membres de l'équipage paraissaient plus âgés qu'ils ne l'étaient. Prochnow est finalement choisi.

Tournage Les premières prises de vue sont effectuées en mer du Nord, à proximité de l'archipel de Heligoland, avec un modèle réduit du sous-marin de de long, remorqué avec un câble de de longueur relié à un treuil. Manœuvré par le cascadeur Ludwig Huppmann, le petit submersible est filmé sous divers angles et une météo différente pour simuler des vagues plus importantes.

Le tournage des scènes avec les acteurs débute en dans les décors intérieurs construits en studio à Munich. Pour les séquences d'attaque, une partie du sous-marin est montée sur une immense bascule. Le système hydraulique est placé sur des cales pour simuler de fortes secousses.

Pour imposer un aspect plus claustrophobique au film, Wolfgang Petersen recrute le directeur de photographie Jost Vacano. Pour plus de réalisme, celui-ci parcourt le sous-marin tout du long avec une petite caméra subjective.

Le bruiteur, dans le documentaire cité, explique que les bruits de craquement de la structure du submersible lorsqu'il s'enfonce dans de grandes profondeurs pour échapper aux explosions des grenades anti sous-marines est créé par le frottement de sacs de levure chimique sur une caisse de résonance.

Le tournage dépasse les et les acteurs travaillent dans des conditions très difficiles. Les plans rapprochés du pont et du kiosque sous la tempête sont réalisés en studio avec des bacs qui déversent des tonnes d'eau pour simuler le déferlement des vagues et avec des lances d'incendie simulant la pluie battante qui s'abat avec d'autant plus de force que le sous-marin fonce le plus vite possible vers son objectif. À la du documentaire qui dure environ , Jan Fedder raconte qu'au cours d'un tournage, Bernd Tauber fut déséquilibré par une de ces « vagues » et se cassa deux côtes.

Entre la et la du documentaire, selon le témoignage d'un collaborateur, Arno Kral, l'odeur était telle dans le décor qui était chargé de représenter la sentine crasseuse du sous-marin après le grenadage, sentine inondée et encombrée de déchets végétaux entre autres, qu'il a dû ajouter un litre d'eau de cologne dans le «bouillon» où évoluaient les acteurs..

D'autres scènes sont tournées au port de La Rochelle qui, en , accueille cordialement les qui composent toute l'équipe du film. Des français locaux font office de figurants et sont habillés en militaires allemands. Des plans réels sont filmés en pleine mer. La mer est si agitée que l'équipe regagne au plus vite son emplacement, à la baie du phare.

Le tournage est interrompu pendant un mois à la suite du déchirement du sous-marin.. La réparation de celui-ci coûte de deutschemark à la production.