vignette|droite|Plan de la cité de Minas Tirith.

Minas Tirith, anciennement Minas Anor, est une cité fortifiée fictive du légendaire (legendarium) de l'écrivain , qui apparaît notamment dans le troisième tome du roman Le Seigneur des anneaux, « Le Retour du roi ».

À la fin du Troisième Âge, époque du récit, elle est la capitale et la principale ville du royaume du Gondor. Cité jumelle de la maléfique Minas Morgul, elle fait face au Mordor et constitue à ce titre l'un des enjeux majeurs de la guerre de l'Anneau. La description de son siège par les forces de Sauron et de la bataille des Champs du Pelennor qui se déroule sous ses murs et permet sa libération, occupe une large partie du Retour du roi, et il en est de même dans les adaptations au cinéma du livre de Tolkien.

Description

Située à une latitude correspondant à celle de la ville de FlorenceTolkien considérait en effet la Terre du Milieu comme un « passé imaginaire » de la Terre : . Le nord-ouest de la Terre du Milieu, où se déroule l'action du Seigneur des anneaux, est censé se situer , avec Hobbitebourg et Fondcombe à la latitude d'Oxford, Minas Tirith à celle de Florence et Pelargir à celle de Troie . (), Minas Tirith est bâtie sur la Colline de Garde, en sindarin., un mamelon sur le flanc du mont Mindolluin, à l'extrémité orientale de la chaîne des Montagnes Blanches (Ered Nimrais). La colline de Garde est reliée au mont Mindolluin par un épaulement, et elle présente en partie la forme d'une proue de navire orientée vers l'est, « de sorte que ceux de la Citadelle pouvaient, comme les marins d'un bâtiment haut comme une montagne, regarder du sommet à Pic la porte à sept cents pieds en dessous. ». Cette arête rocheuse est percée de tunnels par lesquels serpente la route principale de la ville. vignette|Modèle en 3D de Minas Tirith. La cité est agencée en sept niveaux concentriques, élément qui a suscité des comparaisons avec La Cité du Soleil, elle aussi entourée de sept murailles, dans l'utopie de Tommaso Campanella (1602), avec la tour à sept étages présente dans Un voyage en Arcturus (1920) de David LindsayCurtis Hoffmann, , Insight Books, New York, 1999, cité dans Michael Drout (dir.), , , ou encore avec les sept collines de RomeEdmund Wainwright, , Anglo-Saxon Books, Frithgarth, 2004, , cité dans Michael Drout (dir.), , ou une ziggourat babylonienneCharles A. Huttar, « , dans Jared Lobdell, , Open Court Publishing Co., 1977 , . Les niveaux de Minas Tirith sont séparés par des murailles blanches percées chacune d'une seule porte.

Ces portes ne sont pas alignées, afin de rendre une conquête éventuelle de la ville plus difficile : la Grande Porte (située face à la « carène ») fait face à l'est, la seconde au sud-est, la troisième au nord-est, la quatrième au sud-est, et ainsi de suite. La muraille du Premier Cercle, la muraille extérieure, est la seule à ne pas être de couleur blanche : Tolkien la compare au matériau utilisé pour construire la tour d'Orthanc, . Cette muraille est appelée Othram sur un croquis de la cité réalisé par Tolkien durant la rédaction du Seigneur des anneaux.. Ce nom n'apparaît, semble-t-il, nulle part ailleurs, ce qui n'empêche pas Karen Wynn Fonstad de le reprendre dans son plan de la ville. D'après ses calculs, les sept murailles de la ville mises bout à bout représenteraient plus de quarante mille pieds de long (environ mètres), et leur construction nécessiterait plus de deux millions de tonnes de pierre..

Intérieur de la Cité vignette|redresse|Armoiries des rois du Gondor où figure l'Arbre blanc, mais seulement sur les tenues des gardes de la citadelle sous l'intendance de Denethor .

Le septième et dernier niveau de la ville, également appelé la Citadelle, constitue le cœur politique, le lieu de pouvoir, de Minas Tirith : on y trouve notamment la Maison du Roi, la Tour d'Ecthelion ou Tour Blanche, résidence des Intendants du Gondor, la grande Salle des Fêtes, Merethrond, et la Cour de la Fontaine où est planté l'Arbre blanc du Gondor. Les autres cercles ne sont guère décrits par Tolkien. Au sixième niveau, outre les écuries qui hébergent brièvement Gripoil, les Maisons de Guérison, faisant face au sud, sont le théâtre de plusieurs scènes importantes du Retour du roi, et au premier, la Vieille Hôtellerie (Sennas Iaur) de la rue des LanterniersVoir à ce sujet Didier Willis, « Lanterniers, portiers et hôteliers de Minas Tirith », Hiswelókë, 2007. Consulté le 24 mai 2009. (Rath Celerdain) voit la rencontre de Pippin et Bergil, le fils de Beregond, au début du Retour du roi. D'après Karen Fonstad, les cercles sont d'une largeur suffisante pour la route principale, des allées plus réduites, et au moins deux rangées de bâtiments.

Un autre endroit d'importance se trouve sur l'épaulement reliant la Colline de Garde au mont Mindolluin, à hauteur du cinquième cercle : les Mausolées, où sont inhumés les rois du Gondor et leurs Intendants. Ils ne sont accessibles que par une porte pratiquée à l'arrière de la muraille du sixième cercle, Fen Hollen, la Porte Close, uniquement ouverte aux souverains du Gondor et aux serviteurs chargés de l'entretien des tombeaux. Cette porte conduit à Rath Dínen, la rue du Silence, .

Le style architectural de la ville est flou. Fonstad évoque « les châteaux d'Europe occidentale bâtis après les Croisades », probablement en se basant sur l'un des croquis de la Cité réalisés par Tolkien, datant de 1944.. Pour et Christina Scull, la description de la salle du trône, avec son usage de la pierre et ses voûtes, reflète l'architecture romaine, en contraste avec Meduseld, le château des rois du Rohan décrit dans Les Deux Tours, d'inspiration plus nordique.

Dimensions D'après la citation donnée plus haut, le sol du septième niveau se trouve à sept cents pieds d'altitude, soit environ . En y ajoutant la Tour d'Ecthelion, haute de cinquante brasses (), on obtient une altitude totale de , ce que confirme le texte : . Dans la première édition du Seigneur des anneaux, la hauteur de la Tour Blanche était de cent cinquante brasses, soit neuf cents pieds, alors que la hauteur totale de la Cité était déjà de mille pieds, ce qui ne laissait donc que cent pieds () pour les sept niveaux ; cette erreur a été corrigée dans la seconde édition du roman, parue en 1965. Le diamètre de la Cité n'est pas précisé par Tolkien, mais Fonstad l'estime à (). Cette taille remarquable donne un caractère puissant et imposant à Minas Tirith, ce que Tolkien accentue fréquemment dans son récit, déclarant par exemple qu'.

Alentours de la Cité

Autour de la ville proprement dite s'étendent les champs du Pelennor, une plaine fertile parsemée de vergers et de fermes. Ils sont entourés d'un mur extérieur long de dix lieues, le Rammas Echor, qui dessine une forme approximativement circulaire, son rayon (en prenant la Grande Porte pour centre) variant entre une (face à l'Anduin) et quatre lieues (face à Osgiliath), soit environ entre cinq et vingt kilomètres. Le Rammas Echor est édifié durant l'intendance de Denethor, après la chute de l'Ithilien aux mains du Mordor.. À l'époque de la guerre de l'Anneau, ce mur est partiellement tombé en ruine, et lorsque Gandalf et Pippin arrivent à Minas Tirith, ils découvrent des Gondoriens occupés à le restaurer. Au sud-est de Minas Tirith se trouve le port fluvial du Harlond. Le dessin du Rammas Echor à cet endroit est incertain : Fonstad lui fait enclore le Harlond, tandis que Barbara Stratchey place le port à l'extérieur du mur, estimant que le contraire . Toutefois, un extrait de l'index inachevé du Seigneur des anneaux indique clairement que le Harlond se trouvait « à l'intérieur des murs sud du Pelennor. ».

Noms Le nom originel de la cité, Minas Anor, signifie la « Tour du Soleil » en sindarin ; il est rendu plus poétiquement par la « Tour du Soleil Couchant » dans Les Anneaux de Pouvoir et le Troisième Âge. Ce nom fait référence à Anárion, le fondateur de la ville, de la même façon que Minas Ithil est nommée d'après son frère Isildur.

Après la chute de Minas Ithil aux mains des Nazgûl, les deux cités sont rebaptisées : Minas Ithil devient Minas Morgul et Minas Anor est renommée Minas Tirith, la « Tour de Garde ». Les éléments de ce nom dérivent des radicaux « se dresser seul, faire saillie », qui donne minas « tour » et « guetter, garder », qui donne le substantif tirith « garde ».. Minas Tirith est désignée par de nombreuses périphrases dans Le Seigneur des anneaux : la Cité Gardée, la Cité du Gondor, ou simplement la Cité. Les Rohirrim l'appellent dans leur langue Mundburg, « Forteresse-gardienne »., et les Drúedain lui donnent le nom de « Maisons de Pierre » ou « Cité de Pierre »..

Anciennes versions La deuxième version du chapitre « Le Conseil d'Elrond », rédigée vers , voit Tolkien lutter pour trouver un nom à la cité dont est originaire Boromir, jusqu'alors simplement donné pour originaire du pays d'Ond (le futur Gondor). Après avoir crayonné, en marge du manuscrit, Minas-tir, Minas-ond et Minas-berel, il finit par s'arrêter sur « la Cité de Minas-tirith », peut-être le premier usage de ce nom pour désigner cette cité en particulier. En effet, le nom en lui-même n'a rien de nouveau : il apparaît dans la Quenta Silmarillion, rédigée dans la deuxième moitié des années 1930, sous la forme Minnastirith ; il perdure également dans cet usage dans Le Silmarillion publié après la mort de Tolkien.. D'autres noms apparaissent sur une note contemporaine : Minas Giliath, Minas rhain « Cité-frontière », Othrain « Cité [du feu ?] », et encore Minas tirith..

Le nom rohanais de Minas Tirith connaît une évolution aussi tourmentée que son nom sindarin : la première version du chapitre « Le Roi du château d'or » propose de nombreux noms, parmi lesquels Gemenburg « cité de garde », Heatorras « hautes tours », Giemen « garde » ou encore Mundbeorg « colline de protection ».. Le nom Mundburg n'apparaît que très tardivement, dans un brouillon du chapitre « Nombreuses séparations »..

Histoire interne Lors de la submersion de l'île de Númenor, en l'an 3319 du Second Âge, seule une petite partie de ses habitants, menés par Elendil, un descendant d'Elros, parvient à échapper au cataclysme. Tandis qu'Elendil lui-même débarque au Lindon et fonde en Eriador le royaume d'Arnor, ses deux fils, Isildur et Anárion, parviennent à l'embouchure de l'Anduin, où se trouve déjà le port de Pelargir, principal établissement des Númenóréens dans la région. Les deux frères remontent le fleuve et fondent le royaume du Gondor autour de leurs cités nouvellement bâties : pour Isildur, Minas Ithil, la « Tour de la Lune », à l'est, faisant face au Mordor, et Minas Anor pour Anárion, la « Tour du Soleil » à l'ouest, devant défendre le jeune royaume face aux hommes sauvages vivant dans les vallées des Ered Nimrais. Entre les deux, sur le fleuve Anduin, se trouve leur capitale commune, Osgiliath. Dans chacune de ces trois cités est conservé un palantír..

Après la guerre de la Dernière Alliance et la mort d'Anárion, Isildur replante l'Arbre blanc à Minas Anor en souvenir de son frère. Le roi du Gondor Ostoher reconstruit la ville en l'an 420 du Troisième Âge, et elle devient par la suite la résidence d'été des rois. À la suite de la Grande Peste de , la capitale du Gondor, Osgiliath, perd une grande partie de sa population et est en partie abandonnée ; quatre ans plus tard, le roi Tarondor déplace sa capitale de façon permanente à Minas Anor. , le roi Calimehtar édifie la Tour Blanche..