vignette|Cartographie Bruxelles au et au siècles — Les deux enceintes (présentée orientée vers le sud) (Louis, Henri et Paul Hymans, page 7 de Bruxelles à travers les âges, 1884). Les portes de Bruxelles désignent, à la fois, les portes défensives médiévales et les portes d'octroi (passages de taxation ouverts durant la première moitié du ) de la ville historique de Bruxelles (stricto sensu, le Pentagone actuel, dont les limites contemporaines reprennent — nonobstant la partie du lieu-dit quartier Dixmude dans la pointe nord du quartier des Quais et la bande nord-est du quartier des Libertés délimitée par la place des Barricades, tous deux géographiquement extérieurs à l'ancienne ville médiévale — globalement, le tracé de la seconde enceinte).

Les portes défensives (‐) Les portes historiques de Bruxelles étaient au nombre de sept pour chacune des deux enceintes fortifiées qu'a possédées la ville : à partir du , la première enceinte (ceinturant grosso modo : l'actuel quartier du Centre et alentours ; et la moitié ouest de l'actuel quartier de la Cour comprenant au sud le Coudenberg, dont l'ancien palais lui était adjacent, et longeant pour la partie nord le tracé de l'actuel parc de Bruxelles) ; puis, à partir du (1356), la seconde enceinte extérieure à la première (et au tracé moins irrégulier, dessinant les nouvelles frontières de la ville en une forme schématique de cœur — ), agrandissant considérablement la ville de plus en plus peuplée et rajoutée pour pallier l'insuffisance des défenses des premiers remparts, constatée après la prise de la ville durant la guerre de succession du Duché de Brabant. La garde des portes et des remparts était à l'origine à charge exclusive des milices des sept Lignages de Bruxelles, qui monopolisaient les fonctions dirigeantes de la ville, puis partagée à dater de 1422 avec les neuf Nations de Bruxelles (bourgeois chefs des Métiers formés en quarante‑neuf corporations) à la suite d'une lutte de pouvoir durant la révolution urbaine sanglante de l'année précédente.

Première enceinte

Porte Noire, ancienne porte de Laeken ou porte intérieure de Laeken. Porte démolie en 1573.. . Porte détruite en 1609.. Porte d'Overmolen (« Haut‑Moulin ») ou porte Saint-Jacques. . (ou SteenporteOrthographe alternative attestée sur une .) (« porte de/en pierre » ou « porte pavée ») ou porte de la ChapelleD'après l'église Notre-Dame de la Chapelle.. (Froidmont ou « Mont froid » et Lignage Coudenbergh) ou porte intérieureÀ dessein de la distinguer de son homologue postérieure de la seconde enceinte, la nouvelle porte du Coudenberg (autre nom de la porte de Namur). du Coudenberg. Cette porte servit de prison d'État sous le duc d'Albe, de dépôt des Archives du Brabant à partir de 1591 et fut démolie en 1761.. D'après l'ancienne collégiale du même nom. ou du Treurenberg (« Mont des Larmes »). Aménagée en prison au , cette porte est démolie à partir de 1760 pour élargir la voirie.. ou Warmoespoort. Démolie en 1568, cette porte fermait la rue Montagne aux Herbes Potagères à hauteur de la rue du Fossé aux Loups..

Seconde enceinte

Chacune des portes de la seconde enceinte mène à la porte correspondante de la première enceinte : Porte de Laeken, nouvelle porte de Laeken ou porte extérieure de LaekenÀ dessein de la distinguer de son homologue antérieure de la première enceinte, nommée ultérieurement l'ancienne porte de Laeken ou porte intérieure de Laeken (autre nom de la porte Noire).. Porte de Flandre. Porte d'Anderlecht ou de t'Cruyseken(e)Nom alternatif attesté sur une cartographie des enceintes aux (Bruxelles à travers les âges, 1884) par les frères Hymans (l'historien Louis et le lithographe et littérateur Henri), travaux poursuivis par Paul (fils du premier).. Porte de Hal ou d'Obbrussel (« Haut‑Bruxelles » ou lez‑Bruxelles). Porte de Namur ou nouvelle porte du CoudenbergEn remplacement de l'ancienne porte du Coudenberg de la première enceinte.. Porte de Louvain. Porte de Schaerbeek ou porte de ColognePremier nom de la porte de Schaerbeek, accès à l'importante route commerciale de Bruges à Cologne, le terme « porte de Cologne » désigne aussi la porte d'octroi à l'emplacement de l'actuelle place Rogier..

Portes médianes ou pseudo‑portes Au début du (probablement vers 1340‑1350), la porte de Philippe (Filipspoort, d'après un résident local) devenue la porte à Peine Perdue ; poste défensif avancé du rempart des Moines — du couvent de Jéricho — extérieur avant l'érection de la seconde enceinte, elle était située à mi‑chemin entre les portes Sainte-Catherine et de Flandre (et rendue obsolète dans sa fonction première, d'où le nom), et reliée par le canal des Béguines ou canal du Béguinage (Begijnengracht ; bordant d'ouest en nord le Béguinage bruxellois, il correspondait globalement au tracé formé par la moitié septentrionale des anciens bassins de l'actuel quartier des Quais) à la petite porte de Laeken en aval ; reconstruite en 1464, elle fut définitivement abattue à la suite d'un incendie en 1727 ; Au moins à dater de 1373, la porte médiane de Laeken ou petite porte de Laeken ; située, comme ses noms l'indiquent, dans la zone médiane aux deux enceintes entre leur porte de Laeken respective — la porte intérieure de Laeken et la porte extérieure de Laeken (la médiane sise en son temps sur la rue de Laeken, au niveau de l'actuel théâtre royal flamand), elle était reliée à la porte à Peine Perdue par un bras (le canal des Béguines ou canal du Béguinage, Begijnengracht) bordant d'ouest en nord le Béguinage bruxellois pour rejoindre au-delà de ladite porte le cours principal de la Senne, juste avant l'écluse de Laeken en aval, adjointe à la porte extérieure ; la date exacte de sa disparition est incertaine (sa dernière mention sur une carte — avant de disparaître complètement — remontant à 1572) ; En 1561, le trou du Rivage, devenu la porte du Rivage (aussi tardivement, porte du Canal) ; accès fluvial et terrestre à l'ancien port intérieur ouvert à l'extrême nord des remparts (entre les portes de Laeken et de Flandre, à l'emplacement actuel du lieu-dit reliant l'ancien bassin des Barques et celui de l'Entrepôt — au cœur du quartier des Quais — qui a conservé son nom); parfois, elle est informellement considérée comme une « huitième porte ».

Les portes secondaires (« viquets ») En raison des emplacements peu pratiques des portes fortifiées, il n'est pas surprenant que la première enceinte de la ville ait également eu d'autres ouvertures : des « viquets » ou guichets (donc, pas des portes de ville à proprement parler). Qu'ils aient été prévus dès le départ ou non, il n'est pas possible de le déterminer avec les données actuelles. Il y a aussi peu de clarté sur leur nombre exactAttestés sur des cartes historiques (entre autres, celles de la ville : du ; aux environs de 1577, latinisée en tant que « Bruxella » ; de 1711, francisée en tant que « Brusselles » par Eugène-Henri Fricx, ainsi que celle des frères et fils Hymans de Bruxelles à travers les âges de 1884). : En 1291, la porte (ou le « viquet ») du Driesmolen, ou moulin de la Jachère/Friche (Driesmolenwiket, d'après l'ancien moulin à eau, à ne pas confondre avec — Velzeke‑Ruddershove) située à l'ouest, entre la porte Sainte‑Catherine et l'accès fluvial intérieur occidental de la Senne (celui qui reliera à l'écluse de Ransfort, de la seconde enceinte) ; Aux environs de 1321‐1346, la porte (ou le « viquet ») de Ruysbroeck, ou Ruisbroek (Ruisbroekwiket) située au sud‑sud‑est, dans l'angle marqué de l'enceinte séparant la porte de la Chapelle et le Coudenberg, et orientée dans le prolongement de l'extrémité nord de l'ancienne rue homonyme (côté extérieur) vers les église et hôpital Saint‑Jean (côté intérieur) ; En 1329, la porte (ou le « viquet ») du Lion (Leeuwswiket, d'après le Lignage Sleeus et ses armoiries) située au sud‑ouest, en bordure ouest (et orientée vers son cours côté extérieur) de l'accès fluvial intérieur méridional de la Senne (celui qui reliera à la Grande Écluse, de la seconde enceinte), côté opposé à celui de la porte Saint‑Jacques ; En 1353, la porte (ou le « viquet ») du Loup (Wolfswiket, d'après des Maison et armoiries — et le lieu-dit des fossés aux Loups), ou Saint‑Jean (Sint-Janswiket, d'après les lieux-dits église et hôpital Saint‐Jean, ainsi que la Nation du même nom) située au nord‑nord‑ouest, en bordure est de l'accès fluvial intérieur septentrional de la Senne, côté opposé à celui de la porte Noire ; En 1356, la porte (ou le « viquet ») de Bogaerden — ou Bogaarden, ou des Béguards (Bogaardenwiket, d'après l'aumônerie masculine des béguins).

Les portes d'octroi () Dès la fin du , les anciens remparts de la seconde enceinte, ayant perdu toute fonction défensive, sont progressivement démantelés, puis remplacés au siècle suivant par une barrière percée de nouvelles portes destinées à l'octroi, impôt indirect perçu à l'importation de denrées et de marchandises sur le territoire de la ville. Une administration (tour à tour selon le régime : française — Première République puis Premier Empire ; néerlandaise — Royaume des Belgiques, sous lequel Bruxelles avait une fonction de co‑capitale en alternance avec La Haye ; et enfin, belge) avait pour mission de contrôler le passage entre les pavillons symétriques des portes et de percevoir les taxes.

En plus des portes d'octroi construites sur les sites de presque toutes les anciennes portes médiévales de la seconde enceinte (excepté celle de Laeken, rendue obsolète par la porte d'Anvers, et celle de Hal, préservée et toujours existante, actuellement convertie en musée royal d'Art et d'Histoire) : À une date non déterminée (peut‑être entre 1825 et 1860), la porte de Flandre ; En 1823, la porte de Louvain ; En 1825, la porte de Schaerbeek (à quelques dizaines de mètres de l'ancienne porte de Cologne) ; Entre 1834 et 1836, la porte d'Anderlecht, aux pavillons également conservés et reconvertis — avec celle de Ninove — en musée et contrôle des collecteurs des Égouts depuis 1988. L'édifice de style néo‑classique, a comme particularité sur les autres pavillons encore existants de posséder à son fronton, l'indication (en forme latinisée et imitée à la romaine) de sa mise en service (« S.P.Q.B. ANNO MDCCCXXXVI », calque bruxellois de la devise en sigle S.P.Q.R. des République et Empire romains, pour SENATVS POPVLVSQVE BRVXELLENSIS ANNO MDCCCXXXVI — en français, « Le Sénat et le peuple bruxellois — Année 1836 EC ») ; En 1836, la porte de Namur (sur le site de la nouvelle porte du Coudenberg), dont les pavillons furent déplacés en 1862 et se situent toujours à l'entrée du bois de la Cambre (extrémité sud de l'actuelle avenue Louise). La fontaine de Brouckère les a remplacés de 1866 à 1958 au milieu des boulevards de la petite ceinture (Édouard Fiers et Henri Beyaert, 1866).

S'ajoutaient de nouvelles portes, toujours sur le tracé de la seconde enceinte médiévale : En 1804, la porte d'Anvers (auparavant et tour à tour selon le régime : porte Napoléon, porte Guillaume puis porte Léopold — à ne pas confondre avec la porte anversoise homonyme), sur le site de l'actuelle intersection entre la rue de Laeken et la chaussée d'Anvers (entre la porte de Laeken et la porte de l'Allée Verte — puis seconde porte du Rivage) ; En 1816, la porte de Ninove, déplacée depuis celle d'Anvers (alors porte Napoléon) sur le site de l'écluse de Ransfort (entre la porte de Flandre et la porte d'Anderlecht) ; toujours existante, elle est reconvertie — avec cette dernière — en musée et contrôle des collecteurs des Égouts ; En 1819, la porte de l'Allée Verte (redevenue la porte du Rivage dès 1832-1836) ; En 1830, la (seconde) porte Léopold bruxelloise (à ne confondre ni avec l'ancien nom de la porte d'Anvers, ni la porte anversoise homonyme ; sur le site de l'intersection dans l'axe de l'actuelle rue Belliard — donnant ainsi accès avec la porte de la Loi au nouveau quartier Léopold — entre la porte de Louvain et la porte de Namur) ;