La Società Adriatica Di Elettricità - S.A.D.E. S.p.A. était une société électrique privée italienne fondée en 1905. Après la Seconde Guerre mondiale, elle était une des principales compagnies électriques de la péninsule. La Loi italienne du impose la nationalisation de toutes les entreprises électriques privées sur le territoire italien. La société S.A.D.E. SpA est nationalisée et ses installations sont transférées à l'ENEL ; ses autres activités industrielles sont rachetées par le groupe Montecatini SpA.

Histoire thumb|285px|Giuseppe Volpi, comte de Misurata La Società Adriatica Di Elettricità S.p.A. a été fondée par Giuseppe Volpi, comte de Misurata, et par le comte Ruggero Revedin le à Venise dont l'objet était « la construction et l'exploitation d'installations de production, de transport et de distribution d'énergie électrique en Italie et à l'étranger ». Ruggero Revedin et Amedeo Corinaldi furent ses premiers Présidents et Giuseppe Volpi, d'abord Directeur Général, en devient Président en 1912.

À Venise, l'entreprise avait son siège social au Palais Balbi, qu'elle a acheté en 1925 et qu'elle a fait restaurer et réaménager.

Les origines Au début, les activités de la société furent modestes et se limitaient au rachat des usines de production et de distribution des sociétés Cividale del Friuli et Palmanova puis, d'Oderzo et Motta di Livenza, pour une puissance totale d'à peine . Après une forte augmentation de capital en , la société lance un vaste programme de rachat de plusieurs groupes d'usines de production et de distribution dans les provinces de Bari et de Padoue, dont la centrale hydroélectrique de Caorame, affluent du Piave, d'une puissance de .

Le développement de SADE SpA se poursuit avec le rachat des usines de production et de distribution de Chioggia, Faenza et de la province de Vicence. La société rachète des participations dans des sociétés qui seront, plus tard, absorbées comme : Forze Motrici Cismon Brenta, concessionnaire de la , l'une des plus audacieuses de l'époque (centrale de Pedesalto avec une puissance installée de ) et Elettrica Milani de Vérone, qui possède les usines de production de l'Adige : centrales de Sorio Vecchia et Colombarolo d'une puissance totale de ).

Pour assurer le meilleur approvisionnement en énergie électrique dans les zones desservies, S.A.D.E. SpA décide ce construire un réseau de transport alimenté aussi par les : , et et du avec les centrales de Fadalto Vecchia et Nove Vecchia d'une puissance totale de de la Société Italienne pour l'Utilisation des Forces Hydrauliques de Vénétie (SIUFIV), aussi connue sous le nom de Société Cellina qui sera également absorbée par SADE SpA.

Au début de l'année 1915, la compagnie SADE Spa assurait la distribution de l'énergie électrique dans de nombreuses villes des provinces italiennes du nord-est de la péninsule : Udine, Belluno, Trévise, Vicence, Venise, Vérone, Padoue, Rovigo, Ferrare, Forlì et Ravenne mais aussi au sud, dans les Pouilles. Avec l'entrée en guerre de l'Italie en 1915, une grande partie de l'activité de S.A.D.E. SpA s'est déroulée dans les zones du Front italien. Toute l'organisation technique de la compagnie est mise au service du pays et à l'entière disposition de l'Armée pour répondre aux besoins de guerre, ce qui lui vaudra les éloges du secrétaire d'État aux Armes et Munitions et de l'Intendant Général de l'Armée du Roi d'Italie.

En raison de l'état de guerre, la société ne peut pas entreprendre les travaux de construction de nouvelles centrales. En effet la première centrale S.A.D.E. mise en service après le conflit sera, en 1919, la centrale du Partidor, la troisième centrale de Cellina, avec une puissance de . La société met aussi en œuvre l'augmentation de la tension de son réseau de transport, faisant passer de 30 à les lignes partant des centrales de Fadalto, Nove, Giais et Malnisio et traversant la plaine vénéto-émilienne jusqu'à Bologne, pour être reliées à la Société d'Électricité de Bologne. S.A.D.E. SpA étend son champ d'action à la région des Marches, en sécurisant les centres de production et les zones de distribution des provinces d'Ancône et de Macerata et en réalisant l'interconnexion entre les usines alpines et apennines qui, quelques mois plus tard, se révélera providentielle.

La défaite de Caporetto affecte directement et gravement la société qui, entre le 5 et le , perd ses principales sources de production d'énergie, désormais situées en territoire occupé par l'ennemi. Les quelques centrales hydroélectriques encore en activité, dont le noyau principal est constitué par les centrales de l'Adige, et les connexions audacieuses pour l'époque, réalisées en un temps record entre les réseaux de la Romagne et des Marches et entre les centrales de l'Adige et celles de Lombardie, vont permettre d'assurer un service minimum pour les principaux besoins jusqu'à la bataille de Vittorio Veneto, en .

L'entre deux guerres Dès la fin de la Première Guerre mondiale, la compagnie SADE SpA entreprend très rapidement les travaux de restauration des installations détruites et/ou endommagées par la guerre, de sorte qu'à Noël 1918, les centrales hydroélectriques de Malnisio et Nove peuvent à nouveau faire converger leur énergie vers Mestre et Venise.

La reconstruction fut pratiquement achevée en 1919. Entre-temps la société étend son activité de distribution à la Vénétie julienne et à l'Istrie. Elle engage la construction des centrales hydroélectriques du . Lors de la construction du Port Industriel de Venise-Marghera en 1919, conçu et souhaité par Giuseppe Volpi, S.A.D.E. SpA a fait construire une centrale thermoélectrique avec production de vapeur de qui a été complétée pour atteindre la puissance de en 1924.

Le réseau de transport d'électricité s'étend de plus en plus. La quantité d'énergie à acheminer et les distances à parcourir conduisent la compagnie, en 1924, à construire la première ligne à depuis les centrales électriques de Piave-Santa Croce de Portomaggiore à Ferrare jusqu'à Trieste. L'activité de S.A.D.E. SpA s'étend désormais des Alpes vénitiennes à la mer Adriatique jusqu'à la Romagne mais aussi à l'Émilie avec la prise de participation dans la Società Bolognese di Elettricità, qui possède le réseau de distribution d'électricité et les centrales de Brasimone (Santa Maria et Le Piane) d'une puissance de qui alimente tout le secteur de Bologne.

En 1930, avec la mise en service de la centrale de Livenza, les centrales de Piave-Santa Croce près de Sacile d'une puissance de , sont mises en service. Dans la zone de Basse Piave, les deux centrales électriques de Pederobba et Croce del Gallo sont opérationnelles avec une puissance de depuis 1929. Dans le cadre d'un vaste programme d'échange d'énergie avec les entreprises voisines, la construction d'une ligne de pour interconnecter les centrales SADE et Cardano de la SIP - Società Idroelettrica Piemonte via Feltre est réalisée. En 1933, S.A.D.E. SpA rachète la centrale de Piave-Ansiei, centrale électrique de Pelos d'une puissance de , construite en 1930.

Dès 1936, pour répondre aux besoins toujours croissants en énergie, la compagnie S.A.D.E. SpA engage la construction des centrales de Medio Cordevole, le barrage de Ghirlo avec les centrales de Cencenighe, Agordo et La Stanga d'une puissance totale de , les centrales d'Isonzo et de Doblari de et la centrale de Sorio Nuova sull'Adige de . SADE SpA avait également engagé les travaux de l'usine de Lumiei-Alto Tagliamento et les travaux préparatoires de l'usine de Piave-Boite-Mae-Vajont, destinée à devenir la plus importante installation SADE mais, pour la deuxième fois en deux décennies, la société va subir directement les conséquences de la Seconde Guerre mondiale.

En , survient la chute du régime fasciste et en , l'Italie signe l'armistice de Cassibile. Ces événements politico-militaires ont imposé des variations et des réductions dans les programmes de travail, cependant, dans la mesure où les circonstances exceptionnelles le permettaient, les travaux de l'usine Lumiei-Alto Tagliamento se sont poursuis. Les opérations de guerre touchent toutes les installations SADE. Les destructions et les dégâts augmentent de jour en jour, ce qui entraîne inévitablement des coupures de distribution.

La reconstruction (1945-1955) La fin de la guerre place la S.A.D.E. face au problème complexe de la reconstruction, aggravé par la perte de deux des usines les plus importantes et modernes de Doblari et Plava, sur l'Isonzo sur la commune de Canale d'IsonzoCentrali progettate da ing. Mario Mainardis, dal Necrologio su L'elettrotecnica riv AEI, n.2-1966, p. 126, et des aires de répartition des provinces de Fiume, Pola et une partie des provinces de Trieste et Gorizia, territoires rétrocédés à l'ex Yougoslavie, aujourd'hui la Slovénie.

Les travaux de reconstruction ont été menés tambour battant et, à partir de , la distribution d'électricité a pu reprendre normalement.

En 1947, les travaux de la centrale de Lumiei-Alto Tagliamento reprennent à plein régime, avec le barrage de Sauris et la centrale électrique Giuseppe Volpi à Ampezzo, d'une puissance de . Elle est inaugurée en 1948, tout comme la centrale Piave-Boite-Mae-Vajont, tandis que la construction des centrales Alto Cordevole et Cordevole-Mis-Piave commençait. Fin 1949, le barrage de Pieve di Cadore de la centrale Piave-Boite-Mae-Vajont sont achevés. En 1951, débute la construction du barrage de Val Gallina et la est mise en service en 1953 avec les deux premiers groupes d'une puissance de , qui atteindra avec quatre groupes en 1955. En 1952, le barrage de Valle di Cadore sur le Boite a été réceptionné.

En , l' endommage gravement une vaste zone de distribution comprenant les provinces de Rovigo et de Venise. La même année, S.A.D.E. SpA complète la ligne HT de de la centrale de Soverzene jusqu'à Bologne ainsi que la ligne Lienz en Autriche à la centrale de Pelos dans la province de Belluno en Italie, qui constituait la première étape des échanges d'énergie électrique entre les réseaux autrichien et italien de SADE SpA.

En 1952, la construction du barrage "La Stua" dans le Val Canzoi sur le Caorame commence. Son réservoir alimentera la centrale électrique « La Guarda ». Entre 1953 et 1955, les centrales de Barcis, et , (centrales de Cellina), sont mises en service, d'une puissance totale de , alimentées par le lac-réservoir de Barcis.

En 1954, un accord est signé avec le "Consortium Canale della Vittoria" pour l'irrigation, la restitution de l'eau du Piave prélevée au carrefour de Soverzene pour alimenter le et les .

En 1955, la centrale hydroélectrique de Gardona (centrale Piave-Boite-Mae-Vajont) est mise en service, alimentée par le barrage provisoire sur la Maè, avec une puissance de . Parmi les centrales de Cordevole, la construction du barrage de Fedaia et de la centrale électrique de Malga Ciapela, d'une puissance de avec les centrales Saviner (), Taibon (sur le Tegnas) et Camolino alimentées par les eaux des la centrale électrique de La Stanga (). La construction de la centrale hydroélectrique de Somplago débute, construite sur le Medio Tagliamento, d'une puissance de .

En 1955, après 50 ans d'existence, la société S.A.D.E. SpA comprenait : centrales hydroélectriques, en exploitation ou en construction, pour une puissance totale d'environ et une production annuelle de , centrales thermoélectriques, en exploitation ou en voie d'achèvement, pour une puissance globale de et une production annuelle de , des systèmes de transport, dont un réseau HT de à de plus de , de postes de transformation primaire pour une puissance totale de deux millions de kVA, un réseau de distribution HT de , un réseau basse tension de plus de et sous-stations de distribution. La compagnie dessert distribués sur , répartis sur 14 provinces, 800 communes représentant une population de sept millions d'habitants.

Le groupe Società Adriatica Di Elettricità S.p.A. comprend les entreprises : Idroelettrica,