L'archidiocèse de Lyon (en latin : ) est un des archidiocèses métropolitains de l'Église catholique en France. L'archevêque de Lyon porte le titre, aujourd'hui honorifique, de primat des Gaules.
Depuis le , Olivier de Germay est archevêque de Lyon. Il est assisté de trois évêques auxiliaires, Patrick Le Gal depuis 2009, Loïc Lagadec et Thierry Brac de La Perrière depuis 2023.
Histoire Origines Érigé au , le diocèse de Lyon (en latin : ) fait partie des circonscriptions ecclésiastiques les plus anciennes de France. En effet, les premiers missionnaires chrétiens, d'origine grecque, arrivèrent assez tôt à , métropole économique, politique et religieuse des Trois Gaules. En 177, sous Marc Aurèle, est attestée une persécution contre les chrétiens de Lyon, déjà organisés en Église locale. Lors de ses événements, on dénombre 48 martyrs dont l'évêque Pothin et Blandine.
Irénée, successeur de Pothin, est connu pour être disciple de saint Polycarpe, lui-même disciple de saint Jean l'évangéliste : Eusèbe de Césarée rapporte qu'au prêtre Florinus qui était tombé dans l’hérésie gnostique, Irénée écrivit : Eusèbe de Césarée : Histoire ecclésiastique, V 20.. Le lien est donc fait entre les apôtres et l'Église de Lyon.
Le diocèse de Lyon est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain dès le données sur le site catholic-hierarchy.org.
Diocèses suffragants médiévaux L'archevêché de Lyon comptait depuis l'époque de sa création quatre diocèses suffragants : Autun, Chalon, Langres et Mâcon.
Ce découpage demeura inchangé jusqu'au avec la création des diocèses de Dijon en 1731 et Saint-Claude en 1742, par démembrement de Langres et LyonL'archidiocèse de Besançon dut également céder 7 paroisses lors de la création du diocèse de Saint-Claude, s'ajoutant aux 81 paroisses cédées par l'archidiocèse de Lyon. respectivement. Ces modifications portèrent le nombre de suffragants de l'archevêché de Lyon à six jusqu'à la Révolution française.
Moyen Âge
Outre le spirituel, l'Église de Lyon exerça une autorité temporelle et à ce titre administra un territoire, la ville épiscopale et ses environs et fut détentrice des droits régaliens (droit de justice, de lever une armée et de battre monnaie) à la suite de la dévolution à la famille royale de la fonction épiscopale. Burchard Ier de Lyon (948-963) puis Burchard II (979-1031), respectivement frère et fils illégitime de Conrad III de Bourgogne, posent les premiers jalons d'une principauté épiscopale lyonnaise dès la seconde moitié du .
À ce titre et à la suite du rapprochement avec le royaume de France (amorcé par la permutation de 1173), l'évêque Jean II de Belles-Mains édifia à la fin du un château à motte ; motte de Béchevelin. La motte, outre le rôle symbolique et politique, tête de pont sur la rive gauche du Rhône de l'église de Lyon, contrôlait le passage sur le fleuve et surveillait le « compendium » antique Lyon-Vienne ; un péage y était attaché. Ce même évêque favorisa également la construction du pont du RhôneSeul pont de pierre franchissant le Rhône connu au Moyen Âge à Lyon., pont de la Guillotière actuel. Ce territoire sur lequel l'église de Lyon avait autorité était contesté par le comte de Savoie, les seigneurs de Chandieu et les dauphins de ViennoisLes dauphins seraient à l'origine de la construction de deux mottes dans le même secteur ; la « Petite Motte » et la « Grande Motte »..
L'Église de Lyon jouit également de la seigneurie de Saint-Barnard que Guichard V, sire de Beaujeu, lui avait aliéné avec toutes ses dépendances, moyennant au mois de . et ce jusqu'en 1599, époque où elle l’aliène à Martin de Covet, seigneur de Montribloud.
Époque moderne et contemporaine vignette|Diocèse de Lyon divisé par ses vingt archiprêtrés (1769). À la fin de l'époque moderne, le diocèse est divisé en vingt archiprêtrés.
De 1790 à 1793, Lyon est le siège épiscopal du diocèse du département de Rhône-et-Loire, un des quatre-vingt-trois diocèses de l'Église constitutionnelle créés par la constitution civile du clergé. Lyon est aussi le siège de la métropole du Sud-Est, un des dix arrondissements métropolitains.
De 1801 à 1822, il couvre les trois départements de l'Ain, de la Loire et du Rhône. En 1822, le siège épiscopal de Belley est rétabli pour le département de l'Ain et l'archidiocèse de Lyon réduit à ceux de la Loire et le Rhône. En 1970, le siège épiscopal de Saint-Étienne est érigé pour deux des trois arrondissements du département de la Loire : celui de Saint-Étienne et celui de Montbrison. Ainsi, depuis 1970, l'archidiocèse de Lyon ne couvre plus que le département du Rhône et l'arrondissement de Roanne.
La bulle du C'est la bulle qui réorganise l'Église de France à la suite d'un aménagement du concordat de 1802 avait disposé que l'archevêque de Lyon adjoigne à son titre celui de la métropole supprimée de Vienne ; cette disposition a cessé d'être en vigueur le décret de la Congrégation pour les évêques, adjoignant le titre de Vienne au diocèse de Grenoble.
Période récente Le , le diocèse de Saint-Étienne est créé à partir de territoires de l'archidiocèse de Lyon.
Depuis 2002, les suffragants du diocèse lyonnais sont les diocèses d'Annecy, Belley-Ars, Grenoble-Vienne-les-Allobroges, Saint-Étienne, Valence et Viviers, ainsi que l'archidiocèse de Chambéry, Maurienne et TarentaiseArticle de La Croix sur les nouvelles provinces ecclésiastiques, 10 avril 2013. La province ecclésiastique de Lyon couvre ainsi la région Rhône-Alpes.
Les archevêques de Lyon portent le titre, aujourd'hui honorifique, de primat des Gaules.
De 1822 à 2006, ils relèvent le titre d'archevêque de Vienne. Depuis 2006, le territoire de Vienne est rattaché au diocèse de Grenoble-les-Allobroges, dont le nom est devenu Grenoble-Vienne-les-Allobroges.
Depuis 1842, les archevêques de Lyon sont presque toujours créés cardinaux-prêtres de l'église de la Très-Sainte-Trinité-des-Monts de Rome, une des cinq églises des Pieux Établissements de la France à Rome et Lorette.
De 2002 à 2020, l'archevêque de Lyon est le cardinal Philippe Barbarin. Il est assisté de deux évêques auxiliaires : Patrick Le Gal, évêque titulaire d'Arisitum et Emmanuel Gobilliard, évêque titulaire de Carpentras et ancien recteur de la cathédrale du Puy.
En 2012, le cardinal Barbarin fait venir la Communauté Saint-Martin dans le diocèse, pour desservir la paroisse de Meyzieu ; depuis 2019, elle est également présente à Oullins.
upright=1.2|vignette|Chevet de la primatiale Saint-Jean-Baptiste et basilique Notre-Dame de Fourvière.
Le le pape François nomme Olivier de Germay, alors évêque d'Ajaccio, à l'archidiocèse de Lyon. Le nouvel archevêque est installé le dans la primatiale....
À la suite de l'affaire Bernard Preynat, le diocèse de Lyon décide d'indemniser 21 victimes du prêtre pédophile. En , une somme globale de est donnée aux 14 premières . Les sept autres doivent être indemnisés à la fin des procédures judiciaires Pédophilie dans l’Eglise : le diocèse de Lyon indemnise 14 victimes de l’ancien prêtre Preynat Le Parisien, 19 février 2021.
En , le prêtre Louis Ribes, artiste peintre décédé en 1994, est accusé d'avoir agressé sexuellement des dizaines d'enfants dans les années 1970 et 1980. Plusieurs enfants ont posé nus à la demande du prêtre. Le diocèse de Lyon, convaincu de la véracité des allégations, a décidé de décrocher les œuvres de Louis Ribes des édifices religieux.
Évêques et archevêques de Lyon
Géographie Le diocèse comprend la métropole de Lyon, le département du Rhône et l'arrondissement de Roanne, dans le département de la Loire.
L'archidiaconé Saint-Jean (agglomération lyonnaise) compte 113 paroisses réparties en 17 doyennésL'archidiaconé saint-Jean sur l'annuaire du diocèse, 47 communes en dépendent, soit .
L'archidiaconé Saint-Pierre (Rhône-Vert qui correspond au département du Rhône hors agglomération)L'archidiaconé saint-Pierre sur l'annuaire du diocèse.
L'archidiaconé Notre-Dame (Roannais dans la Loire)L'archidiaconé Notre-Dame sur l'annuaire du diocèse.
En chiffres Le diocèse compte un archevêque et deux évêques auxiliaires, Patrick Le Gal et Emmanuel Gobilliard. Il y a environ 600 prêtres et diacres, entre 2 et 4 nouveaux prêtres sont ordonnés pour le diocèse chaque année depuis 2001.
Selon un sondage du quotidien La Croix de 2004, 60 % des se disent catholiques et environ 5 % pratiquants, soit l'équivalent de la situation en FranceSondage CSA de décembre 2004 pour La Croix.
L'archidiocèse de Lyon compte trois basiliques mineures : la Basilique Notre-Dame de Fourvière, la Basilique Saint-Martin d'Ainay et la Basilique Saint-Bonaventure de Lyon.
Évêques originaires de l'archidiocèse de Lyon Maurice Gardès, archevêque émérite d'Auch, Jacques Faivre, évêque émérite du Mans, Thierry Brac de La Perrière, évêque auxiliaire de Lyon Gabriel Vanel, archevêque émérite d'Auch, Pierre Joatton, évêque émérite de Saint-Étienne,
Jumelages
En 1985, le cardinal Albert Decourtray et Youssef Béchara, archevêque d'Antélias procède au jumelage des deux diocèses, dans le but de renouer et de resserrer les liens qui existent entre les communautés. En 2003, le cardinal Philippe Barbarin et son homologue d'Antélias, Bechara rédigent et signent une charte pour préciser l'esprit et les modalités du jumelagesite internet du jumelage des deux diocèses..
Le , le diocèse de Lyon est jumelé avec celui de Mossoul.. Ce jumelage avait été annoncé au cours d'une messe à Erbil le ..
Rite À la publication de la bulle Bulle Quo primum qui a suivi le concile de Trente au , il put garder son rite propre, le rite lyonnais. Au , le rite lyonnais fut profondément remanié et devint le rite « romano-lyonnais » qui fut célébré par tous les prêtres incardinés dans le diocèse à l'exception de certains ordres religieux. Lors des réformes de 1969, il fut remplacé par le rite dit de Paul VI. Aujourd'hui, le rite romano-lyonnais est maintenu à l'église Saint-Georges, ou bien encore par la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre dans l'église Saint-Just, par des prêtres attachés à la forme extraordinaire du rite romain.
Délégué épiscopal à l'écologie
Le , après un colloque en hommage à Jean Bastaire, pionnier d'une pensée chrétienne de l'écologie, le théologien Fabien Revol a suggéré au cardinal Philippe Barbarin de nommer un responsable dans le diocèse chargé de piloter des initiatives dans le domaine de l'écologie. Après la parution de l'encyclique Laudato si' du pape François en juin, le cardinal Barbarin a nommé le père Michel Raquet délégué épiscopal à l'écologie dans le diocèse de Lyon. Michel Raquet, 49 ans, ancien professeur agrégé de sciences naturelles, a repris des études de philosophie et de biologie après son ordination dans le diocèse de Lyon en 1997. Il est enseignant-chercheur à l'Université catholique de Lyon et membre de la chaire Jean Bastaire, dirigée par Fabien Revol. Le nouveau délégué, entouré d'une équipe de laïcs, a pour mission de fédérer les actions déjà existantes dans le diocèse autour de l'écologie, et d'encourager l'émergence de nouvelles initiatives. Il aura à mener un travail de sensibilisation auprès des chrétiens« Le cardinal Barbarin nomme un délégué épiscopal à l'écologie », La Vie, octobre 2015.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
.
.
Articles connexes
Liens externes
Site officiel pour les jeunes du diocèse, Portail jeune de l'Église catholique à Lyon Musée du diocèse de Lyon, (des martyres de 177 au synode de 1993)