Howard Zinn, né le Howard Zinn est né dans une famille d'immigrants juifs à Brooklyn, New York. Son père, Eddie Zinn, né en Autriche-Hongrie, a émigré aux États-Unis avec son frère Samuel avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Sa mère Jenny a émigré de la ville sibérienne d'Irkoutsk. à Brooklyn, à New York, et mort le à Santa Monica, en Californiehoward_zinn_1922_2010_a_tribute, 28 janvier 2010, democracynow! - « Décès de l'historien Howard Zinn », AP sur Lefigaro.fr., est un historien et politologue américain, professeur au département de science politique de l'université de Boston durant 24 ans.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'engage dans l'armée de l'air et est nommé lieutenant bombardier navigant. Son expérience dans l'armée a été le déclencheur de son positionnement politique pacifiste qui élève au rang de devoir la désobéissance civile analysait Frédéric Deshusses, « Historien et militant, Howard Zinn raconte sa vie d'un seul bloc », Le Courrier, 28 mars 2006.

Il a été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et du courant pacifiste aux États-Unis et est considéré comme l'une des figures intellectuelles majeures de la gauche américaineAmbre Ivol, Réflexions d'un intellectuel de gauche : Howard Zinn et le(s) progressisme(s), Revue française d'études américaines, 2009/4 (n° 122), pages 76-93.

Auteur de vingt livres dont les thèmes (monde ouvrier, désobéissance civile et « guerre juste » notamment) sont à la croisée de ses travaux de chercheur et de son engagement politique, il est particulièrement connu pour son best-seller publié en 1980 Une histoire populaire des États-Unis, qui « l'a consacré comme l'un des historiens américains les plus lus, bien au-delà des campus américains »Bruno Cabanes, « Un classique : Une histoire populaire des États-Unis de Howard Zinn », L'Histoire, 352, p. 112.

Biographie Howard Zinn est issu d'une famille juive immigrée installée à Brooklyn. Son père, Eddie Zinn, né en Autriche-Hongrie, avait émigré aux États-Unis avec son oncle Samuel peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Sa mère, Jenny Zinn née Rabinowitz, est originaire d'Irkoutsk, en Sibérie.

Carrière universitaire Issu du milieu ouvrier de New York, Howard Zinn put avoir accès à l'enseignement supérieur du fait de son engagement lors de la Seconde Guerre mondiale, grâce à une loi de 1944 (le G.I. Bill) qui permettait aux anciens combattants de s'inscrire gratuitement à l'université. Les études engagées permirent à Howard Zinn, à partir de 1956, de devenir directeur du département d'histoire et de sciences sociales du Spelman College d'Atlanta (Géorgie), une université d'arts libéraux réservée aux étudiantes afro-américaines. Après avoir été renvoyé de Spelman en 1963 pour « insubordination » « Losing Our Favorite Teacher », printemps 2010., Zinn fut intégré dans le département de science politique de l'Université de Boston en 1964. Ses cours consacrés aux libertés publiques figuraient, avec 400 inscrits chaque semestre, parmi les plus populaires de toute l'université alors même qu'ils étaient facultatifs. Il enseigna 24 ans à Boston avant de prendre sa retraite en 1988.

Un homme engagé Le mouvement pour les droits civiques Lors de ses années d'enseignement au Spelman College d'Atlanta, Howard Zinn prend une part active au mouvement des droits civiques. Sur le plan académique, il milite avec l'historien August Meier pour « mettre fin aux réunions de l'Association des historiens du Sud (Southern Historical Association) dans des hôtels pratiquant la ségrégation raciale »John Bracey, « Nécrologie d'August Meier », Organization of American historian newsletter, mai 2003.. Spelman est également l'occasion pour lui de collaborer avec l'historien Staughton Lynd et de suivre de jeunes étudiantes activistes, parmi lesquelles figuraient Alice Walker, Betty Stevens, Marie Thomas, la Kényane Dorcas Boit, Lana Taylor et Marian Wright Edelman, maintenant présidente du Children's defense fund. Edelman a plus tard révélé que sa rencontre avec Zinn l'avait profondément influencéeEdelman, Marian Wright, « Spelman College: a safe haven for a young black woman », The Journal of Blacks in Higher Education, 27 (2000), p. 118-123.. Sa proximité avec les mouvements étudiants l'a notamment amené à servir comme conseiller du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC, littéralement « Comité de coordination des étudiants non violent »), sujet auquel il consacra un ouvrage intitulé SNCC: the new abolitionnists (1964).

Bien que professeur titulaire, Zinn fut renvoyé en juin 1963, après avoir pris parti pour les étudiantes qui avaient défié la formation traditionnellement dispensée à Spelman en participant aux manifestations contre la ségrégation raciale dans les lieux publics d'Atlanta. Les années de Zinn à Spelman, dont il dit qu'elles sont probablement les plus intéressantes, excitantes et instructives de sa vie, sont relatées dans son autobiographie You Can't Be Neutral on a Moving Train: A Personal History of Our TimesL'impossible neutralité. Autobiographie d'un historien et militant, Agone, Marseille, 2006..

Alors qu'il était à Spelman, Zinn a relevé trente violations des premier et quatorzième amendements de la constitution américaine à Albany, Géorgie, comprenant la liberté d'expression, la liberté d'assemblée et l'égalité devant la loi. Il a dénoncé la réticence du président John F. Kennedy à faire appliquer la loi et souligné sa passivité ainsi que celle de son ministre de la justice Robert Kennedy ou du FBI, de John Edgar Hoover, devant les brutalités des ségrégationnistes à l'égard des manifestants pour les droits civiquesVoir son article « Federal Bureau of Intimidation » ..

Zinn a beaucoup écrit au sujet de la lutte pour les droits civiques, à la fois en tant qu'acteur et historien. En 1961, il a arrêté l'enseignement durant une année afin d'écrire SNCC: the New Abolitionists et The southern mystique. Il affirme notamment dans son ouvrage sur le SNCC que les sit-in contre la ségrégation étaient initiés par les étudiants et donc indépendants des organisations de défense des droits civiques les plus installées.

Il est retourné à Spelman en 2005 pour donner une conférence intitulée « Against discouragement »Cette conférence est disponible en ligne..

Un engagement pacifiste Le bombardement de Royan

Par conviction antifasciste, Zinn avait volontairement rejoint l'Air Force durant la Seconde Guerre mondiale. Il avait à cette occasion participé à des bombardements sur Berlin, l'ex-Tchécoslovaquie et la Hongrie. La position anti-guerre de Zinn s'appuie donc pour une grande part sur sa propre expérience du combat. En à Royan (Charente-Maritime), il a notamment participé à l'une des premières utilisations militaires massives du napalm, appelé alors « feu gluant », et en a conçu une horreur rétrospective pour ce type d'action et pour toute forme de guerre. Ces bombardements visaient des soldats allemands, qui, aux dires de Zinn, s'étaient repliés en attendant l'abdication de l'Allemagne et ne représentaient donc plus un quelconque danger militaire. Ces attaques tuèrent non seulement des soldats mais aussi des civils français. Neuf ans plus tard, Zinn retourna à Royan pour consulter des documents ayant trait à cette opération et interviewer des habitants. Dans ses livres The politics of history et The Zinn reader, il décrit comment le bombardement fut décidé par la hiérarchie militaire pour des raisons qui tenaient plus à des considérations carriéristes qu'à des objectifs militaires légitimes Ben Dandelion, Howard Zinn's last testament to the immorality of war, theguardian.com, 23 septembre 2010.

D'après Zinn, son expérience en tant que bombardier, combinée à ses recherches sur la cause et les effets du bombardement de Royan, l'ont sensibilisé aux dilemmes moraux associés à toute intervention armée mais surtout aux atrocités commises au nom de la défense d'intérêts militaires incertains. Dans son pamphlet Hiroshima: breaking the silence, il a notamment interrogé les justifications d'opérations militaires affectant les civils ; s'il dénonce en particulier les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, son propos vise aussi les bombardements alliés sur l'Allemagne (Dresde, Essen…), le Japon (Tokyo) voire la France (Royan), durant la Seconde Guerre mondiale. Il établit une continuité entre ces bombardements et ceux qui ont touché Hanoi durant la guerre du Viêt Nam, et Bagdad durant la guerre du GolfeLa seconde guerre en Irak n'avait pas eu lieu en 1995 quand fut rédigé le pamphlet . Pour un texte sur la seconde guerre en Irak voir « After the War », The Progressive, janvier 2006 ..

Le Viêt Nam Zinn fut chargé durant la guerre du Viêt Nam d'une mission diplomatique en compagnie du chanteur activiste et prêtre jésuite Daniel Berrigan. Sa visite à Hanoï permit, en pleine offensive du Têt (), le retour de trois aviateurs américains, les premiers militaires relâchés par les combattants vietnamiens du Nord depuis le début du bombardement américain. L'événement fut largement couvert par les médias et discuté dans plusieurs ouvrages comme celui de Nancy Zaroulis et Gerard Sullivan, Who Spoke Up? American Protest Against the War in Vietnam 1963-1975Horizon book promotions, 1989 . Zinn est resté ami avec les frères Dan et Philipp Berrigan bien après cet épisode.

Lors du conflit, Daniel Ellsberg, un ancien analyste de la RAND Corporation, fournit à Howard et Roslyn Zinn un rapport gouvernemental américain secret sur la guerre du Viêt Nam, connu sous le nom de Pentagon Papers. Avec l'aide de Noam Chomsky, dont il était un ami proche « Howard Zinn » par Noam Chomsky, février 2010., Zinn a édité et annoté le rapport, publié par Beacon Press, l'éditeur de confiance de Zinn, dans ce qui est connu comme l'édition du sénateur Mike Gravel des Pentagon PapersThe Pentagon Papers: the Defense department history of United States decisionmaking on Vietnam, Beacon Press, Boston, 5 vols. & . Cette dernière est constituée de quatre volumes et d'un cinquième consacré à l'analyse de Chomsky et Zinn..

Lors du procès d'Ellsberg pour vol, conspiration et espionnage à la suite de la publication d'extraits des Pentagon Papers par le New York Times, Zinn fut appelé par l'avocat de la défense en tant qu'expert de l'histoire de l'engagement américain au Viêt Nam depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1963. Zinn a exposé cette histoire pendant plusieurs heures. « J'ai expliqué qu'il n'y avait rien dans les papiers qui ait un intérêt militaire pouvant affaiblir la défense des États-Unis, que les informations qu'ils contenaient étaient simplement embarrassantes pour notre gouvernement car elles révélaient, sur la base de ses propres mémos interservices, comment il avait menti au peuple américain. Les secrets renfermés dans les Pentagon Papers étaient susceptibles d'embarrasser les politiciens, de nuire au profit des compagnies exploitantes de l'étain, du caoutchouc, du pétrole. Mais ce n'est pas la même chose que de blesser la nation, le peuple », a écrit Zinn dans son autobiographie. Les poursuites contre Ellsberg ont été abandonnées au motif que l'accusation avait été entachée par le cambriolage du bureau du psychiatre d'Ellsberg par une équipe menée par Howard Hunt, travaillant pour Nixon.