thumb|La porte de Schaerbeek à la fin du La porte de Schaerbeek (en néerlandais : Schaarbeeksepoort) est une des anciennes portes de la seconde enceinte de la ville de Bruxelles. Construite au , renforcée au , elle fut détruite en 1784 et remplacée, pendant quelques décennies, par des pavillons d'octroi.
Toponymie À l'origine, elle portait le nom de porte de Cologne, car elle ouvrait sur la vieille route de Cologne (dont l'actuelle chaussée de Helmet est un vestige). Ce tracé permettrait autrefois de rejoindre l'axe commercial historique reliant Bruges à la Schaerbeek, le nom de la localité voisine a fini par supplanter de celui de la ville allemande dans l'usage populaire.
L'appellation porte de Schaerbeek demeure usitée au pour désigner le carrefour formé par la rue Royale et le boulevard du Jardin Botanique..
Situation vignette|upright|La Porte de Schaerbeek et la Porte de Louvain sur la carte de Ferraris du Située sur les remparts entre la porte de Louvain et la porte de Laeken, elle sert d'accès nord à la ville.
À l'intérieur, la porte donne accès à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, en passant par le chemin de Schaerbeek et la rue aux Herbes Potagères. À partir des années 1820, la rue Royale connecte la porte au parc de Bruxelles. Au , le chemin de Schaerbeek disparaît sous la Cité administrative de l'État.
À l'extérieur, plusieurs chemins partent de la porte, l'actuelle chaussée de Haecht, étant entretenue par la ville, d'au plus tard en 1700.
Historique vignette|L'attaque de la porte par l'armée néerlandaise lors du déclenchement des Quatre Jours de Bruxelles.
La porte de Cologne est aménagée en 1359. Déjà en 1360 elle est alternativement appelée porte de Schaerbeek. Elle est défendue, dès 1383, par le lignage Coudenbergh, rejoint après la révolte de 1422 par la nation de Saint-Géry.
Quand en 1577, Bruxelles devient une ville frontalière des sécessionnistes de la Guerre de Quatre-Vingts Ans, le magistrat renforce les portes les plus vulnérables avec des ravelins, donc celles dont les fossés n'ont pas d'eau, comme la porte de Schaerbeek. Cela n'empêche toutefois pas la prise de la ville par les Espagnols en 1585.
D'après une liste des montants perçus au titre des péages sur les charrettes aux différentes portes de la ville en 1595, on peut conclure que la porte de Schaerbeek est la moins rentable des portes de la ville. On y a récolté 37 florins, contre 45 à 137 florins aux autres portes.
En , un incident à la porte de Schaerbeek risque de déclencher une révolte : Lorsqu’un paysan se plaint que des soldats espagnols, à la garde de la porte, lui auraient volé des légumes, ceux-ci le tuent. Des maraîchers des environs affluent vers la ville et chassent les soldats des portes de Schaerbeek et Louvain. Le gouverneur, Juan Domingo de Zúñiga y Fonseca, comte de Monterey, va apaiser les esprits en personne et assure l'exécution du coupable plusieurs jours plus tard. Ce qui calme en effet les esprits.
Quand, dans les années qui suivent, ce gouverneur fait adapter les fortifications de Bruxelles aux nouvelles techniques de siège et à l’apparition de l’artillerie, notamment en faisant construire le Fort de Monterey sur les hauteurs de Saint-Gilles, la porte de Schaerbeek est dotée d'un ouvrage à cornes, composé de deux demi-bastions reliés par une courtine et protégé par des ravelins.
C'est par la porte de Schaerbeek, que le général français Maurice de Saxe force l'entrée dans la ville, la nuit du au , terminant donc le siège de Bruxelles lors de la Guerre de Succession d'Autriche. Les Français prennent d'assaut l'ouvrage à cornes après avoir pratiqué une brèche dans la courtine. Le portier a déjà été tué par une bombe qui détruit sa maisonnette, le .
D'une lettre de l'époque napoléonienne on peut tirer que la porte de Schaerbeek comportait un logement pour le portier, composé de deux chambres basses, trois chambres hautes et un grenier, ainsi qu'un logement pour la consigne militaire comprenant deux chambres basses, deux chambres hautes et une cour.
En 1822, la rue Royale est prolongée, d'une manière rectiligne, de la place de Louvain vers le nord, le nouveau tronçon s'appelle au début rue Royale Neuve. Pour se trouver dans l'axe de la nouvelle rue, la porte de Schaerbeek est déplacée de quelques dizaines de mètres. La Tour des Finances se trouve à l'emplacement de l'ancienne porte. La nouvelle porte consiste en une grille et de deux aubettes carrées et massives, construites en 1827. De la nouvelle porte, on peut donc voir l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg. Six ans plus tard, la rue Royale extérieure continue l'axe vers Schaerbeek.
Le soir du , lorsque la Belgique faisait encore partie du Royaume uni des Pays-Bas, l'inauguration du Jardin botanique de Bruxelles est une fête mémorable. Le public vient nombreux assister au feu d'artifice. La Société royale d'Horticulture des Pays-Bas avait déjà réalisé un buffet champêtre pendant la journée.
Lors de la révolution belge de 1830, la porte de Schaerbeek fut un haut lieu de la résistance belge lors de l'épisode des Quatre Jours de Bruxelles. Elle est prise dès le premier jour de l'assaut, le et l'hôtel de la famille Meeûs est détruit par un incendie. Ferdinand de Meeûs en sort de justesse avec toute sa famille. Les troupes néerlandaises tirent alors au canon vers le parc de Bruxelles.
C'est dans une lettre écrite hors de la « porte de Scarrebecke » du à 4 heures du matin écrite par le prince Frédéric d'Orange-Nassau, fils de Guillaume I des Pays-Bas à son frère Guillaume (futur Guillaume II des Pays-Bas), qu'il déclare devoir quitter la position de Bruxelles devenue trop dangereuse pour ses troupes. Lors de la défense de la porte, on note, entre autres, la présence des Volontaires de Couvin commandés par le sous-lieutenant de gendarmerie Vandenbussche.
Anecdotes
De l'année 1683 est rapporté l'histoire que le portier de la porte de Schaerbeek, qui était tondeur de draps, aurait inventé un métier qui permettait à un apprenti de faire le travail de trois ou quatre ouvriers. La populace s'empare de ce métier et le brûle sur le marché aux Grains.
Traces La grille monumentale qui fermait l'octroi existe encore ; elle a été vendue par la ville de Bruxelles
Accès
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Lignage Coudenberg Jardin botanique de Bruxelles Famille Meeûs Portes de Bruxelles
Bibliographie
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Schaerbeek