Chinon (prononcé : ) est une commune française de la Touraine située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire. Elle est avec Loches, l'une des deux sous-préfectures d’Indre-et-Loire. Ses habitants s’appellent les Chinonais.

Placée sur le cours de la Vienne, dans une position stratégique aux confins de la Touraine, de l'Anjou et du Poitou, dotée d'un éperon rocheux fortifié dès l'antiquité, la ville, avec son imposante forteresse, a longtemps joué un rôle défensif clé. Chinon est une des places fortes favorites des Plantagenêts. Jean sans Terre la perd au profit de Philippe Auguste, qui l'adjoint aux domaines de la couronne de France.

Siège de la cour royale sous le règne du roi de France , lieu de sa rencontre avec Jeanne d'Arc, la ville de Chinon ne quittera le giron royal que pour passer entre les mains du cardinal de Richelieu et de sa famille, qui la conservent jusqu'à la Révolution des années 1790.

Enrichie par la culture de la vigne et le commerce du vin, la ville a trouvé, avec l'installation de la centrale nucléaire d'Avoine, un pendant industriel à sa traditionnelle activité agricole.

Située à proximité des châteaux de la Loire, sur le détour de Vienne du circuit touristique Loire à Vélo, Chinon attire également de nombreux touristes. Depuis 2000, la ville fait partie de la section du Val de Loire inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des paysages culturels.

Géographie Situation

vignette|Vue depuis le château : le centre-ville, le pont Aliénor d'Aquitaine et le faubourg Saint-Jacques. Chinon est située au sud-ouest de la Touraine, aux confins de l’Anjou et du Poitou, à au sud-ouest de Tours, à l'est de Saumur, à l'est d’Angers, au nord de Poitiers, et à au sud-sud-ouest de Paris.

Construite sur les coteaux de la Vienne, sa vieille ville est composée de petites rues plutôt en pente, tandis qu'un quartier, « les Hucherolles », plus récent et résidentiel, s'est posé sur le plateau. Le territoire de la commune est très étendu, sa superficie est de . Mis à part le centre ancien, l'habitat est assez dispersé.

Chinon est située au cœur du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, en bordure d'une vaste forêt domaniale allant jusqu'à Azay-le-Rideau et qui autrefois s'étendait jusqu'au château.

La ville et son territoire font partie du périmètre du Val de Loire classé sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO, du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine et du réseau des Villes et Pays d'art et d'histoire labellisées par le Ministère de la Culture Chinon en chiffres, sur le site officiel de la ville..

À proximité de Chinon se trouvent les puys du Chinonais, une réserve naturelle de inscrite au réseau Natura 2000 et gérée par le conservatoire des espaces naturels Centre-Val de Loire. Le site, constitué de buttes calcaires et sableuses, abrite des pelouses sèches avec une flore relique, de type méditerranéenne, favorisée par des températures douces, des vents faibles et un fort ensoleillement. On note par exemple la présence de figuiersAu nord de Chinon, accès par les , et . Les puys du Chinonais sur le site du Conservatoire des espaces naturels Centre-Val de Loire..

Localisation

Géologie et relief Sur le plan géologiqueCarte géologique de la Région Centre et coupe géologique de la vallée de la Vienne à la hauteur de Chinon., la ville de Chinon est située dans la partie Sud-Ouest du Bassin parisien, aux confins de la Touraine et de l'Anjou..

La région est marquée par le début de la transgression de la mer turonienne du Crétacé supérieur qui est particulièrement visible au niveau du versant de la vallée de la Vienne, au pied du coteau de Chinon façonné par l'érosion de cette rivière.. La formation du Turonien affleure dans cette vallée où elle est composée de tuffeau blancCalcaire tendre dont la couleur varie du blanc crème au gris, il a donné lieu à d'importantes exploitations par carrières de pierre de construction utilisé en Touraine et en Anjou aussi bien pour la construction des châteaux, églises et édifices militaires que pour l'habitat rural. (craie micacée pouvant atteindre 30 à 40 mètres d'épaisseur, cette roche tendre, appelée aussi tuffeau de Saumur, de Touraine ou pierre de Bourré) et de tuffeau jaune de TouraineCalcaire plus résistant, il a été exploité . Cf (tuffeau sableux pouvant atteindre 10 à 15 mètres d’épaisseur).

Chinon a une altitude minimum de et maximum de . Son altitude moyenne est de tandis que celle de sa mairie est de ..

Hydrographie vignette|gauche|redresse=1|Réseau hydrographique de Chinon. La commune est traversée par la rivière Vienne (). Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de , comprend un autre cours d'eau notable, le Saint-Mexme (), et huit petits cours d'eau pour certains temporaires...

La Vienne, rivière d'une longueur totale de , prend sa source sur le plateau de Millevaches, dans la Corrèze, à une altitude comprise entre 860 et et se jette dans la Loire à Candes-Saint-Martin, à , après avoir traversé ..

La station de Chinon permet de caractériser les paramètres hydrométriques de la Vienne. Le débit mensuel moyen (calculé sur pour cette station) varie de au mois d'août à au mois de février. Le débit instantané maximal observé sur cette station est de le , la hauteur maximale relevée a été de le ... Sur le plan piscicole, la Vienne est classée en deuxième catégorie piscicole. Le groupe biologique dominant est constitué essentiellement de poissons blancs (cyprinidés) et de carnassiers (brochet, sandre et perche)..

Le Saint-Mexme, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Cravant-les-Côteaux et se jette dans la Vienne sur le territoire communal à l'entrée est du bourg.. Sur le plan piscicole, le Saint-Mexme est également classé en deuxième catégorie piscicole.

Quatre zones humidesD’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « le bocage du Véron », « la prairie de la Ville en Bois », « Frayère du Gros Ormeau » et « la vallée de Grammont »...

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Sols La vallée de la Vienne, dans le creux de laquelle Chinon est située, détermine trois types de sols : en bord de Vienne, des terrasses alluviales anciennes et récentes (appelées aussi varennes) composées de graviers et de sables, que l’on retrouve également sur les mamelons nommés « puys ». Les flancs des coteaux et les buttes calcaires du Turonien, constitués de tuffeau jaune appelé aussi millarge, offrent des sols bien drainés. Au-dessus des coteaux, les plateaux et les buttes sont constitués essentiellement d’argiles à silex et de sables siliceux du Sénonien Dico-du-Vin.com.

Risques naturels et technologiques

Inondations La Vienne n’a pas connu de crues catastrophiques récentes, mais la ville garde en mémoire les dégâts spectaculaires des crues de 1740, 1792, 1896, 1923, 1962 et 1982, en partie dus à l'amplification du phénomène par une crue concomitante de la Loire Le plan de prévention du risque inondation de la Vienne..

Jusqu'aux années 1970, les parties basses de la ville étaient périodiquement inondées. La rive droite (centre-ville, Courances, quartier Ronsard) et la rive gauche (quartiers Saint-Jacques, Saint-Lazare, Le Pressoir, Pontille et Sauvegrain) peuvent encore être concernées par les crues de la rivière. Des remontées de nappe phréatique associées à des remontées d'eaux par le réseau d’assainissement peuvent également intervenir. La rive gauche n'est pas à l'abri d'une rupture de digueEn 1792, la Vienne avait atteint la cote de . Lors de la crue de 1923, le socle de la statue de Rabelais, située sur le quai, avait les pieds dans l’eau et la Vienne atteignait la cote de . En 1982 la crue, atteignant , toucha , et une usine..

Mouvements de terrain vignette|Quartier du coteau saint-Martin. Il abrite, à à l'est de la limite orientale du château, l'église Saint-MartinIl ne subsiste de l'édifice que la base de l'abside. Sa cloche, datant de 1696, a été déplacée à l'hôtel de Ville où elle sonne depuis les heures., fondée selon Grégoire de Tours par Saint Brice au . souterraines ont été recensées à Chinon, allant de quelques mètres à plusieurs milliers de mètres de longueur. Il s'agit des anciennes carrières de tuffeau utilisées pour la construction du château et de la ville, réparties en plusieurs ensembles plus ou moins connectés.

Quelques galeries anciennes subsistent à l'aplomb du donjon du Coudray, puis d'ouest en est s'enfonçant vers le nord sous le coteau sous forme de caves : les caves Plouzeau, reliées au château par le puits du Coudray, les nombreuses caves particulières de la rue VoltaireLes plus importantes étant celles de l'hôtel Torterue de Langardière, au début de la rue Jeanne-d'Arc., les caves peintes, avançant jusque sous le fort saint-Georges, les caves Vaslin et les caves du vieux collège.