L'action de trinquer est le fait d'entrechoquer son verre avec celui d'une personne avec laquelle on s'apprête à boire. Le verbe « trinquer » vient de l'allemand trinken, qui signifie « boire ». Lorsque ce moment s'accompagne d'un discours, on utilise alors les expressions porter un toast ou lever son verre. Il s'agit alors de formuler un vœu, un souhait, un engagement, un accord ou un hommage. Cette tradition remonte au moins au Moyen Âge, voire à l'Antiquité.
Au figuré, trinquer signifie subir un dommage ou un désagrément.
Origine
Origines antiques Certaines sources font remonter cette pratique à l'antiquité : The Encyclopedia Britannica, 1910, vol. 13, p. 121, article "Health".. Dwight B. Heath, International Handbook on Alcohol and Culture, Greenwood Press. Westport, CT, 1995..
La journaliste culinaire Marie-Claire Frédéric rappelle que des boissons issues de la fermentation alcoolique permettent d'inhiber la contamination de l'eau.
Selon l'écrivain Daniel Lacotte, celui qui ne trinque pas devient soudain suspect de vouloir s’écarter du groupe : symboliquement, il refuse le partage.
Légende urbaine Une hypothèse (non attestée, ne trouvant crédit dans aucun écrit médiéval) suggère que trinquer au Moyen Âge permettait d'échanger un peu du breuvage des deux verres, et donc d'en boire le contenu sans craindre que votre convive vienne de l'empoisonner. Au Moyen Âge, trinquer était en effet un signe de méfiance. Trinquer consisterait à échanger un peu de son breuvage avec la personne avec qui on trinquait. Trinquer se ferait ainsi en deux temps : l'un des buveurs frappait son verre contre celui de l'autre en y versant un peu de son breuvage, puis le second frappait son verre contre celui du premier faisant ainsi de même. Cette légende urbaine est reprise par divers journaux ou écrivains contemporains sans aucune sourceDaniel Lacotte, Le Pourquoi du comment 2, Éditions Albin Michel, 2006.
Elle est historiquement, médicalement et physiquement très peu probable.
Une autre explication plus plausible a été avancée par des spécialistes. Autrefois les verres étaient faits de matière opaque (terre, bois, métal), et trinquer permettait, simplement par le bruit du choc entre les deux récipients, de s'assurer que le verre de l'autre était bien rempli lui aussi.
Que ce soit simplement pour s'assurer que chacun soit servi convenablement, ou que l'un ne tente pas de rester sobre pendant qu'il enivrait ses convives, ou encore que le breuvage n'était pas empoisonné (le coupable évitant de se servir), les explications restent opaques sur ce point.
Dans le monde Cette pratique existe dans presque tous les pays du monde. Certaines personnes sont parfois même méfiantes envers celui qui n'a pas respecté la tradition, comportement qui peut être expliqué par l'origine de cette pratique.
En Europe, on trinque généralement avec un verre d'alcool (bière, vin, cidre, vodka), cependant on peut faire de même avec un verre non alcoolisé.
Équivalents dans quelques langues étrangères Allemand : « prosit » (prost). Ce terme généralement prononcé sans le « i » (prost) est la forme conjuguée à la du singulier au subjonctif présent actif du verbe latin prodesse (= être utile) et constitue donc un souhait, « que cela puisse être utile ». L'expression a d'abord été utilisée dans les milieux estudiantins au début du avant de passer dans le langage courant. Le terme prost est de plus utilisé dans un sens ironique mêlé de fatalisme, par exemple : « Der Krieg ist ausgebrochen? Na dann prost! » (« La guerre est déclarée ? Alors là, on risque de trinquer ! »). Allemand : « Prost! » (pour les boissons terre-à-terre comme la bière ou le schnaps) ou « zum Wohl! » (pour les boissons haut de gamme comme le vin ou le champagne). Anglais : « Cheers ». Portugais : « Saúde! » C'est-à-dire « Santé ! ». Japonais : « Kanpaï » qui signifie littéralement « vider son verre » (en japonais tchin tchin signifie « zizi »wikt:ちんちん). Russe : l'expression « Ваше здоровье » (vàche zdaròv'ye) signifie « Votre santé ». La forme plus polie est « за ваше здоровье » (za vache zdaròv'ye) c'est-à-dire « à votre santé. » À noter cependant qu'aucune de ces expressions n'est utilisée par les Russes. À la limite « за здоровье », sans préciser la santé de qui on parle, mais cela reste très rare. L’usage courant est de lever son verre avec un toast spécifique, plus ou moins élaboré, et non de recourir à une formule figée. Cette pratique se retrouve, encore plus développée, chez les peuples du Caucase. Italien : « Cin cin » ou encore parfois « Salute », parfois accompagné de « cent'anni », littéralement « cent années », signifiant lors de cet usage l'expression « Cent années de bonheur et de santé ». Espagnol : « Salud », ou encore parfois « chin chin ». Chinois : « 干杯 » (gānbēi), signifiant littéralement "tout le verre", soit « cul-sec » en français, ou bien « 碰杯 » (pèngbēi), signifiant « trinquer » Néerlandais : « proost » ou « op je gezondheid » qui est très proche de l'allemand Gesundheit, qui signifie santé, et est plutôt utilisé à l'adresse de quelqu'un qui vient d'éternuer « Sláinte » en Écosse et en Irlande. Vietnamien : « chúc sức khỏe » qui signifie « bonne santé » ou « je te souhaite une bonne santé ». Turc : « şerefe » qui signifie en « l'honneur de ». Espéranto : « je via sano », qui signifie « à votre santé ».
Tchin-tchin
vignette|redresse|Tchin-tchin en Haute-Provence.
Tchin-tchin, prononcé [], est une expression française utilisée pour trinquer, par exemple à l'apéritif.
De nos jours, on ne cogne qu'une seule fois les verres entre eux, mais on continue à dire deux fois « tchin ».
On peut aussi dire « Tchin ! Tchin ! » en trinquant à l'américaine, c’est-à-dire en levant le verre sans les entrechoquer.
L'expression chinoise qing qing (ou tchin tchin, « je vous en prie ») était utilisée pour inviter quelqu'un à boire. Les soldats revenus de la campagne de Chine ont introduit l'expression en FranceJacques Pimpaneau, Célébration de l'ivresse, Philippe Picquier, 2000, p. 58..
D'après le Trésor de la langue française informatisé, l'expression viendrait de « tsing tsing », qui signifie « salut » en pidgin de la région de Canton, en Chine.
Cette locution interjective a inspiré le titre des œuvres suivantes : Tchin-Tchin, une pièce de 1962 jouée sur Broadway avec Margaret Leighton et Anthony Quinn ; Tchin tchin, une chanson de Richard Anthony sur la musique de Cheat Cheat de Chris Blackwell ; Tchin tchin, une chanson de Hugues Aufray ; Tchin-Chine, une chanson de Claude Nougaro ; Tchin-Tchin santé, une chanson de Lara Bellerose ;
Dans Dikkenek, film belgo-français (2006), le personnage Claudy Focan dit .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Apéritif Vin Toste, graphie ancienne de toast Banquet Tamada, maître des toasts dans la tradition du Keipi ou Soupra, en Géorgie Thyle, maître de cérémonie ou chef des toats, lors d'un Symbel, en tradition scandinave et anglo-saxonne Trinkkultur in Europa Trinkgelage, soirée arrosée ou soûlerie
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