Lévis est une ville située dans la région de la Chaudière-Appalaches, au Québec. Chef-lieu de la région et septième ville la plus peuplée de la province, Lévis est située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à Québec, entre Beaumont et Saint-Antoine-de-Tilly. Sa population compte en 2021. Sa superficie de ² se répartit comme suit : 10 % de terres urbanisées, 48 % de terres cultivées, 36 % de forêts et 6 % de milieux humides. Lévis est aussi le nom d'un des dix secteurs de la ville de Lévis dans l'arrondissement Desjardins.
Faisant partie de la Communauté métropolitaine de Québec, Lévis est un pôle industriel majeur de la région. La raffinerie Jean-Gaulin (Valero), la deuxième plus importante dans l'est du Canada, se situe dans le secteur de Saint-Romuald. À l'est de la ville, dans le secteur de Lauzon, on retrouve le chantier maritime Davie ainsi que l'usine Frito-Lay Canada. Le Mouvement Desjardins, fondé à Lévis en 1900 par Alphonse Desjardins, figure parmi les plus importants employeurs de la grande région.
Géographie Situé face à la ville de Québec, sur la rive-sud du fleuve Saint-Laurent, le territoire municipal de Lévis est le plus vaste de la région de la Chaudière-Appalaches.
Le fleuve constitue sa limite au nord. À l'ouest, sa frontière débute à la pointe aux Pins () et se dirige pratiquement en ligne droite vers le sud-est jusqu'à un point donné () situé en milieu boisé au sud du quartier de Saint-Étienne-de-Lauzon. À partir de ce point, la frontière sud s'étend vers l'est jusqu'au lac Beaumont de façon irrégulière, marquée entre autres par des propriétés agricoles et forestières ainsi que par des cours d'eau. Sa frontière est s'étend du lac Beaumont jusqu'en amont de Beaumont. Lévis est divisée en trois arrondissements et dix secteurs.
La ville comporte des zones très urbanisées, mais le reste de son territoire est en majorité à vocation agricole. Sur son territoire de , ces zones urbaines sont principalement situées dans la partie nord ainsi que le long des différents axes routiers au sud. On y retrouve entre autres les parcs industriels de Saint-Romuald, Saint-Nicolas et de Lauzon ainsi que la raffinerie Jean-Gaulin. Au niveau commercial, la majorité de l'activité se concentre le long des boulevards Guillaume-Couture, Alphonse-Desjardins et du Président-Kennedy.
De nombreux cours d'eau sillonnent la ville, dont les plus importants sont la rivière Chaudière, la rivière Etchemin, la rivière Beaurivage et la rivière à la Scie. Complètement au sud-est de Lévis se trouvent les Quarante Lacs, une zone marécageuse.
Arrondissements et secteurs Lévis est divisée en 3 arrondissements qui contiennent 10 secteurs. Arrondissement Secteurs 1 Desjardins 2 Les Chutes-de-la-Chaudière-Est 3 Les Chutes-de-la-Chaudière-Ouest
Municipalités limitrophes
Histoire
Cet article détaillé est une chronologie historique qui présente les grands événements qui ont marqué la naissance de la Rive-Sud de Québec de 1629 à aujourd'hui, incluant la naissance et le développement de la Ville de Lévis depuis sa fondation en 1861. En particulier, la fondation de la seigneurie de Lauzon en 1636, sa colonisation en 1647 et la naissance des anciennes municipalités environnantes au milieu du qui forment le nouveau Lévis depuis les fusions municipales de 2002.
La seigneurie de Lauzon (1636-1836) La ville de Lévis est issue de la fondation du premier village de la Rive-Sud nommé Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy qui était situé dans le secteur est de la seigneurie de Lauzon à l'époque de la Nouvelle-France. C'est en 1861 que fut fondée officiellement la ville de Lévis quelques années après la fondation de la paroisse Notre-Dame-de-la-Victoire par Joseph-David Déziel. Les premiers villages et municipalités de la Rive-Sud de Québec ont fusionné avec Lévis en 2002 pour former un territoire qui correspond presque aux dimensions territoriales de l'ancienne seigneurie qui a existé de 1636 à 1836.
Naissance de la Rive-Sud de Québec Le territoire de la Rive-Sud de Québec reçut diverses dénominations avant sa colonisation officielle par Guillaume Couture en 1647. Sa première appellation territoriale européenne fut le Cap de Lévy en 1629 par Samuel de Champlain, en hommage à Henri de Lévis (1596-1680), duc de Ventadour et vice-roi de la Nouvelle-France de 1625 à 1627Information de Joseph Edmond Roy tirée de l'Histoire de la seigneurie de Lauzon Volume 1 page 21.. Le Cap de Lévy situé à la grève Jolliet (près du chantier maritime Davie) devint par la suite le lieu de départ de la seigneurie de Lauzon en 1636. Cette seigneurie appartenait à Jean de Lauzon (Lauson), qui fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1656. Dès les débuts de sa colonisation en 1647, le territoire reçut le toponyme Pointe-de-Lévy et il fut adopté par la paroisse-mère Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy. La seigneurie sera démantelée en 1836 lors de la faillite de Sir John Caldwell et de là vont naître plusieurs petites municipalités et villages sur la Rive-Sud de Québec. La Ville de Lévis est née officiellement le . Les autres municipalités voisines de Lévis vont se développer au milieu du . Notamment le village de Lauzon en 1867 et en particulier Saint-Romuald en 1876, grâce au commerce du bois et ses secteurs maritimes, dont Chaudière-Bassin, ainsi que les secteurs anglophones de New Liverpool et Hadlow Cove. Sans oublier le secteur de Breakeyville qui s'est développé par la présence de ses moulins à scie. La municipalité de village de Bienville a connu une existence éphémère, de 1863 à 1924Rue de Bienville, Répertoire toponymique de la ville de Lévis, consulté en ligne le 23 avril 2021: elle fut finalement annexée partiellement à Lauzon et partiellement à LévisInformation tirée du livre «Bienville, 1896-1996: cent ans d'histoire»..
Guillaume Couture (1618-1701)
thumb|upright=0.6|Ancien monument de Guillaume Couture (1618-1701) situé dans le Vieux-Lauzon. Guillaume Couture est né le dans la paroisse Saint-Godard de Rouen en Normandie. Charpentier de métier et héros méconnu de la Nouvelle-France, il fut un coureur des bois, un donné des jésuites et un interprète auprès des tribus amérindiennes (notamment les Hurons et les Iroquois). Il fut interprète pour la signature du premier traité de paix (réunissant les Français et les Iroquois) dans la région de Trois-Rivières en 1645. Le , il fut récompensé par le gouverneur de la Nouvelle-France, Charles Jacques Huault de Montmagny, qui lui accorda une terre à la seigneurie de Lauzon (inoccupée) à la côte de Lauzon (secteur Est de la Ville de Lévis). En 1663, il découvrit le Lac Mistassini et en 1690, à titre de capitaine de la milice, il repoussa les troupes de l'amiral William Phips à la Pointe-Lévy. Il avait alors 72 ans. Il est décédé à l'Hôtel-Dieu de Québec, le .
Pointe-Lévis devient Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy en 1845 Le , c'est la fondation de la municipalité de paroisse de Pointe-Lévis qui existera jusqu'en 1847. Le , c'est la fusion de la municipalité de paroisse de Pointe-Lévis avec Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy. Dix ans plus tard, c'est l'érection de la municipalité de paroisse de Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy le . Une querelle entre citoyens va éclater en 1867 et elle est causée par le souhait de créer un nouveau village dans la partie nord qui longe le fleuve Saint-Laurent située entre la Ville de Lévis et Saint-Étienne-de-Beaumont. La principale raison est reliée au développement de l'industrie, dont le chantier maritime Davie. C'est ainsi que le village de Lauzon va naître le . La municipalité de Saint-Joseph-de-Lévy va continuer d'exister jusqu'à ce qu'elle fut fusionnée avec la Ville de Lévis le .
Administrateurs et premiers curés Liste des administrateurs de la municipalité de paroisse du village de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy de 1845 à 1867. (Voir la section des maires de Saint-Joseph-de-Lévis). Liste des curés de la paroisse Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy (ou Saint-Joseph-de-Lévis) de 1690 à 1940 (les curés fondateurs de la première paroisse).
Présence militaire importante à la Pointe-Lévy
1690 : Invasion de la Pointe-Lévy par les troupes anglaises de l'amiral William Phips, du 16 au , lors de la bataille de Québec (1690). thumb|Plaque indiquant la présence du corps de Wolfe dans la première église Saint-Joseph en 1759. 1759 : Invasion de la Pointe-Lévy par les troupes britanniques du major-général James Wolfe, le , sous le commandement du général Robert Monckton et du lieutenant-colonel Ralph Burton. Québec sera bombardé pendant 70 jours à partir des falaises de Pointe-Lévy par les canons du lieutenant-colonel Ralph Burton et du commandant d'artillerie George Williamson, situés précisément sur le terrain de l'École Marcelle-Mallet (le couvent des sœurs de la charité).
Le , le corps de Wolfe fut déposé dans l'église Saint-Joseph de la Pointe-Lévy (secteur Lauzon) pendant quelques heures entre le 13 et le . L'église fut réquisitionnée par les Britanniques à titre d'hôpital militaire. On procéda à l'embaumement de Wolfe sur place et le corps fut déposé dans un tonneau de rhum pour être conservé, afin d'être rapatrié en Grande-Bretagne. L'église de l'époque fut détruite par un incendie en 1830 et elle fut reconstruite sur le même terrain. Le , à 11h00 du matin, le corps embaumé de Wolfe fut transporté à bord du navire amiral, le Royal William, pour être rapatrié à LondresInformations provenant du site web Historical Narratives of Early Canada.. Le navire arriva au port de Portsmouth le . La dépouille de Wolfe fut transportée à Londres pour être déposée à l'église St. Alfege de Greenwich (district londonien)On peut voir la plaque funéraire de Wolfe à cette adresse. L'église St. Alfege fut endommagée lors des bombardements de Londres pendant la Seconde Guerre mondiale..
Lévis possède plusieurs forts et installations militaires qui devaient protéger le fleuve Saint-Laurent, et la ville de Québec, en cas d'une invasion américaine ou européenne. Trois forts britanniques : numéro un, numéro deux (démoli en 1963) et numéro trois (partiellement démoli en 1940). Ces forts ont été construits dans les années 1860, après la guerre de Sécession américaine pour protéger la ville de Québec et son port. Le Fort de la Martinière : un complexe militaire composée en deux parties (Upper et Lower) construites en 1907 et utilisées lors de la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. Le camp militaire de Lauzon (incluant le Parc de la Paix) : Il s'agit d'un camp militaire qui fut construit par les ingénieurs royaux lors de la construction du fort numéro un. Le camp englobait tout le secteur au sud du cap du terrain des religieuses Jésus-Marie, jusqu'à la rue Paquet et l'actuel centre de ski. Un champ de pratique militaire (aujourd'hui le Parc de la Paix) fut utilisé à l'époque la Nouvelle-France et par les militaires britanniques et canadiens jusqu'à la Seconde Guerre mondialeUn CF-101 Voodoo (McDonnell F-101 Voodoo) y est installé depuis 1990 pour rendre hommage aux pilotes de l'armée de l'air canadienne..