Le syndrome de Protée est une maladie génétique complexe comprenant des hamartomes de taille importante impliquant plusieurs tissus : tissu conjonctif, tissu épidermique et tissu osseux.

Elle se manifeste dès la naissance et les hamartomes grandissent au cours de la vie. Les tumeurs malignes sont rares. Des tumeurs de l'ovaire, des tumeurs testiculaires, des tumeurs de la parotide et des tumeurs du système nerveux sont parfois associées avec les hamartomes.

Son nom provient de la divinité grecque Protée qui possède la faculté de se métamorphoser et prendre n'importe quelle apparence.

Historique vignette|gauche|Une photographie de Joseph Merrick (1862-1890), autrefois appelé « L'homme éléphant » ou « The Elephant Man ». Cette photographie a été prise en 1889 et publiée dans le British Medical Journal pour l'annonce de la mort de Merrick, atteint du syndrome de Protée.

Le syndrome est individualisé pour la première fois en 1976 Temtamy SA, Rogers JG, « Macrodactyly, hemihypertrophy, and connective tissue nevi: report of a new syndrome and review of the literature » J Pediatr. 1976;89:924-927 mais n'est nommé ainsi qu'en 1983 Wiedemann HR, Burgio GR, Aldenhoff P, Kunze J, Kaufmann HJ, Schirg E, « The proteus syndrome: partial gigantism of the hands and/or feet, nevi, hemihypertrophy, subcutaneous tumors, macrocephaly or other skull anomalies and possible accelerated growth and visceral affections » Eur J Pediatr. 1983;140:5-12.

Joseph Merrick, connu sous le surnom de l'homme éléphant, était très probablement porteur de cette pathologie et non pas de la maladie de Recklinghausen, ni de l'éléphantiasis. Des tests d'ADN récents le prouveraient Cohen M M. Jr. « The Elephant Man did not have neurofibromatosis » Proc Greenwood Genet. Center 6: 187-192, 1987. Cohen M. M. Jr. « Understanding Proteus syndrome, unmasking the Elephant Man, and stemming elephant fever » Neurofibromatosis 1988;1:260-280. Cohen M. M. Jr. « Further diagnostic thoughts about the Elephant Man » Am J Med Genet. 1988;29:777-782. , comme les recherches le soupçonnaient depuis longtemps.

Cause Le syndrome de Protée résulte en une insuffisance d'apoptose. Il s'agit d'une mutation activatrice de type mosaïque où le génome des lésions (hamartome) est différent de celui du tissu normal chez le même sujet. Une mutation sur l'oncogène AKT1 (codant la protéine kinase B ou PKB ou AKt) est retrouvée uniquement dans le tissu des lésions Lindhurst MJ, Sapp JC, Teer JK. « A mosaic activating mutation in AKT1 associated with the Proteus syndrome » N Engl J Med. 2011;365:611-619. . Cette mutation entraîne une phosphorylation perpétuelle de la PKB, la rendant active, favorisant ainsi la prolifération cellulaire. En effet, la PKB est capable d'inhiber toute une série de molécules (la cycline D1, la protéine BAD, mTOR via TSC1 et TSC2, FOXP2), impliquées dans la survie, la progression du cycle cellulaire.

Notes et références

Liens externes Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number:176920

Protée