400px|vignette|droite|Table à dessin. vignette|Matériel pour dessin technique. Trace-ronds, compas, trace-ellipses, règle, té, équerres à 30° et 45°, rapporteur, stylos à encre de chine, tire-ligne et règle à calcul.

Le dessin technique est un langage graphique figuratif pour la représentation graphique, la communication technique, la conception et l'analyse systémique de produits mécaniques, électroniques ou mécatroniques.

Il est utilisé principalement en génie mécanique, mécanique industrielle, génie électrique (bureau d'études, bureau des méthodes), en génie civil (architecture) ainsi qu'en électronique, construction de mobilier pour la représentation des différentes composantes et de leur structure.

Il s'agit d'un ensemble de conventions normalisées pour représenter des objets (produits) et constructions (structures, édifices) ; ces conventions assurent que le produit ou la construction représentée est tel qu'imaginé par le concepteur.

Les différents types de dessin technique Différents types de dessins techniques existent : le dessin préliminaire : le croquis, généralement à main levée, l'esquisse ou ébauche, l'épure, le schéma : principe de fonctionnement ou de procédé, le schéma cinématique le schéma de principe le schéma de construction le schéma de procédé et d'instrumentation PID (Process and Instrumentation Diagram), le schéma de procédé des flux PFD (Process Flow Diagram), le dessin technique détaillé : le dessin d'ensemble, le dessin de définition, le dessin en vue éclatée, le dessin en perspective le livrable de Génie Civil : l'avant projet sommaire (APS), l'avant projet détaillé (APD), le plan d'installation générale, le dessin d'architecture le Tel Que Construit (TQC).

Les logiciels de Dessin assisté par ordinateur (DAO), de Conception assistée par ordinateur (CAO) et plus particulièrement de Conception et fabrication assistées par ordinateur (CFAO) impliquent des outils de calcul puissants pour la modélisation de produits et pilotage de machines-outils pour leur fabrication, mais également la modélisation d'édifices architecturés ou d'installations industrielles. Ils permettent une édition cohérente et précise des dessins techniques (plans) pour la bonne réalisation des projets. Cependant, la cotation fonctionnelle des dessins techniques est toujours à vérifier. L'opérateur (le dessinateur industriel, le projeteur) doit être en mesure de concevoir dans les règles de l'art, d'interpréter et corriger les données d'entrée et de sortie le cas échéant.

Le dessin technique nécessite une connaissance aiguë des conventions normalisées suivant le lieu et le secteur et d'activité, la nature des produits à élaborer, la sécurité et l'environnement des constructions à concevoir. Il peut également contribuer aux analyses de faisabilités, aux analyses de risques et de défaillances, mais aussi à la détermination des coûts de production ou de construction.

Il est un des modes de communication entre le concepteur et le fabricant (constructeur), ce qui en l'espèce, laisse peu de place à l'erreur et doit donc toujours faire l'objet d'un contrôle préalable par une tierce personne, avant d'être validé et exploité "bon pour exécution". Le dessinateur en est l'interprète privilégié sous la responsabilité d'un ingénieur ou d'un architecte.

thumb|250 px|Dessin d'ensemble, en bas à droite le cartouche et la nomenclature.

Le dessin, une simple représentation ? thumb|Dessin de Léonard de Vinci. thumb|Objet réel ou virtuel ?

Le dessin technique répond à deux besoins essentiels du processus de conception technique : formaliser les idées pour valider des concepts, et communiquer.. La représentation par le dessin ne doit donc pas se limiter à une simple description de formes.

Même si la perspective constitue un modèle général suffisant pour donner un ordre d'idée, c'est un vecteur peu efficace de données géométriques. De plus, elle peut contribuer à de mauvaises interprétations (voir les travaux de Maurits Cornelis Escher qui a su jouer de cette insuffisance). En effet la projection sur une feuille en deux dimensions d'un objet à trois dimensions n'est pas une transformation bijective. Il n'est pas possible, sur une perspective de relever systématiquement la valeur d'un angle : aucun angle n'est droit sur un cube représenté en perspective, et parfois deux angles droits apparaissent avec des valeurs différentes.

L'idée forte du dessin technique est la suppression arbitraire d'une dimension, ce qui permet de faire apparaître en vraie grandeur les deux autres. Du coup, au moins deux vues différentes seront nécessaires pour prétendre tenir l'ensemble des caractéristiques géométriques de l'objet représenté.

La perspective cavalière s'inscrit en quelque sorte à mi-chemin entre la perspective naturelle (conique) et la projection plane (comme la perspective isométrique).

Les schémas électriques, ou de circuits hydrauliques font partie des dessins techniques. Dans ce cas, le souci est de représenter l'organisation des composants techniques. De même les organigrammes peuvent être apparentés au dessin technique.

Histoire Il s'agit d'un langage de description dont on possède des exemples anciens pour le bâtiment depuis les carnets de Villard de Honnecourt jusqu'aux cours de Girard DesarguesCf. . . Il prend un tour technique et quantitatif avec les pratiques des ingénieurs des fortifications français (lignes de niveau, coupes, lignes de pente). Une première formalisation : la géométrie descriptive, est effectuée à l’École royale du génie de Mézières par Gaspard Monge à la fin du .. Gardée secrète jusqu'aux guerres révolutionnairesVoir à ce sujet l'anecdote rapportée par sur les élèves-artilleurs à Mézières., elle est diffusée par le cours de J.-N. Hachette au début du .

En 1848, les frères Armengaud donnent une nouvelle impulsion au dessin technique avec leur Nouveau cours raisonné de dessin industriel. Le livre des frères Armengaud, presque immédiatement traduit en anglais, contribua à diffuser les standards du dessin technique en France comme dans tout le monde anglophone : ses principaux partisans en Angleterre furent Robert Scott Burn et William S. Binns. Selon Romans., la version anglaise (The practical draughtsman's book of industrial design) fut certainement l'ouvrage le plus répandu sur la question ; il ne cessa d'être imité dans les décennies suivantes.

Aux États-Unis, le principal représentant du dessin industriel fut Walter Smith (1836 - 1886), qui exerça une forte influence sur ce qui allait devenir le design.

Conventions du dessin technique Le dessin technique doit être compris par tous. Pour cela, il doit y avoir quelques règles de présentation conventionnelles qui font l'objet de normes officielles, en France par l'AFNOR (voir Liste de normes NF), au Canada par l'ACNOR et en Suisse les normes VSM (éditées par le bureau des normes suisse des constructeurs de machines).

Correspondance des vues thumb|Vues d'une clarinette en correspondance. Montage photographique. thumb|Conventions de placement européenne et américaine indispensables dans le cartouche.

L'objet est souvent représenté selon plusieurs vues dont la disposition relative respecte certaines conventions. Tout objet technique présente des directions principales évidentes. En découlent six directions de vue particulières : de face, d'arrière, de dessus, de dessous, de gauche, de droite. Ce principe de projection s'appuie sur les techniques de la géométrie descriptive.

On peut utiliser deux conventions pour placer les vues en correspondance, toutes deux ayant la vue de face comme référence : la convention européenne (ou projection européenne) : la vue de dessus est placée sous la vue de face, la vue de droite, à gauche de la vue de face... Ce qui revient, entre deux vues, à faire « rouler » la pièce au-dessus du plan sur lequel elle est censée être posée. la convention américaine (ou projection américaine) : on place la vue de dessus au-dessus de la vue de face, la vue de gauche à sa gauche… Ce qui revient à faire rouler la pièce en dessous du plan.

La convention utilisée est représentée par un cône tronqué ainsi que sa projection placé dans le cartouche.

Les deux représentations se justifient ainsi : la convention européenne correspond à la logique des projections : ce qui est vu « de droite » (depuis la droite) se projette à gauche, et donc se dessine à gauche, etc. La convention américaine privilégie l'aspect pratique : les détails à gauche dans la vue de face voisinent avec leurs représentations dans la vue de gauche (cela permet la proximité des cotations).

Chaque vue ne peut représenter l'objet que suivant deux dimensions. Deux vues adjacentes en correspondance ont donc une direction principale en commun. Dans cette direction un même détail est représenté en vis-à-vis : par exemple le bas de la pièce doit être à la même hauteur sur les vues de face et de droite. La hauteur de la pièce peut indifféremment être relevée dans les deux vues.

Dans un souci de clarté, on lui associera quelques vues supplémentaires (souvent une ou deux) pour effacer toute ambiguïté. Par exemple : une pièce de révolution peut être entièrement définie dans une vue axiale. En effet sa symétrie de révolution lui confère une géométrie à deux dimensions identiques. une pièce parallélépipédique sans trop de trous sera complètement définie sous deux vues. pour une automobile, la vue de face est… la vue de côté, qui définit le mieux la ligne.

Selon la convention européenne, on aura donc, en règle générale, sur une feuille A4 placée verticalement, la vue de face dans la partie supérieure gauche de la feuille, la vue de dessus sous la vue de face, et la vue de gauche dans la partie supérieure droite de la feuille, laissant la partie inférieure droite pour le cartouche et les textes. Les vues de gauche et de dessus sont alignées sur la vue de face, mais on ne laisse pas subsister les lignes de rappel.

Enfin il faut privilégier les vues en coupe pour la définition des formes cachées, les traits forts étant plus facile à interpréter, et les hachures localisant mieux les pleins de matière.

L'échelle Conformément aux normes, l'objet de conception dans le dessin peut être réalisé en taille réelle, réduit ou agrandi. Le rapport des dimensions linéaires d'un objet dans le dessin à leur taille réelle est appelé une échelle. En Russie, il s'agit du GOST 2.302-68 Unified System for Design Documentation (ESKD). L'échelle Selon ce GOST, les échelles suivantes doivent être utilisées dans la conception :

Échelles de réduction 1: 2; 1 : 2,5 ; 1 : 4 ; 1 : 5 ; 1:10 ; 1:15 ; 1:20 ; 1:25 ; 1:40 ; 1:50 ; 1:75 ; 1:100; 1 : 200 ; 1 : 400 ; 1 : 500 ; 1 : 800 ; 1 : 1000

Valeur naturelle 1 : 1

Échelles de grossissement 2 : 1 ; 2,5 : 1 ; 4 : 1 ; 5 : 1 ; 10 : 1 ; 20 : 1 ; 40 : 1 ; 50 : 1 ; 100 : 1.

Lors de la conception de plans directeurs pour de grands objets, il est permis d'utiliser une échelle de 1: 2000; 1 : 5000 ; 1 : 10000 ; 1 : 20 000 ; 1 : 25000 ; 1 : 50 000.

Les traits

L'utilisation des différents traits suit la norme NF E 04-520 ISO 128. On utilise globalement trois épaisseurs de trait : fort (ou épais, ou gras) ép. 0,5 à , fin ép. 0,25 à et très fin ép. 0,15 à . Le trait peut être plein (ou continu), interrompu (ou discontinu : petit traits de même longueur) ou mixte (en alternance, trait long, trait court). Ce procédé permet de contraster le dessin, d'en distinguer les géométries visibles de celles qui sont cachées, de matérialiser les axes de constructions et d'usinages, d'indiquer les coupes.