Robert (en ), né le à Amberg en Haut-Palatinat et mort le au château Landskron près d'Oppenheim, est prince de la maison de Wittelsbach. Électeur palatin du Rhin (en tant que ) dès 1398, il est élu roi des Romains en 1400.

Origine Robert est le seul fils survivant de l'électeur (1325–1398) et de son épouse Béatrice de Sicile (1326–1365), fille du roi . Dès un acte de partage sous le règne de l'empereur en 1329, le palatinat du Rhin est soumis à l'autorité de la branche aînée des Wittelsbach, à sa tête le grand-pére de Robert, qui a fondé l'université de Heidelberg en 1386René Roux, Problèmes historiques des États allemands. La Documentation Française : recueils et monographies, DF, 1950. lire en ligne.

Robert passe les premières années de sa vie au monastère de Liebenau aux portes de Worms, où sa mère fait plusieurs séjours auprès de sa grand-mère Irmengarde d'Oettingen, veuve du comte palatin . En 1374, il épouse Élisabeth de Hohenzollern (1358–1411), fille du burgrave et la sœur aînée de l'électeur , le premier des Hohenzollern qui est inféodé avec la marche de Brandebourg en 1415. En 1385-1386, Robert participe à une campagne de l'ordre Teutonique en Prusse contre les forces du grand-duché de Lituanie.

Règne vignette|gauche|Le trône du roi à Rhens. Robert du Palatinat et l'archevêque sont à la tête des quatre princes-électeurs qui se rassemblent au château de Lahneck et destituent le roi Venceslas par déclaration du . Le lendemain à Rhens, Robert est élu par les quatre voix (y compris la sienne) pour lui succéder. Dès lors où la désignation au roi des Romains ne pourra pas avoir lieu à Francfort, il ne peut se faire couronner à Aix-la-Chapelle, car la ville libre renonce à son élection. De plus, la route qui mène à Aix est sous le contrôle de son ennemi . Finalement, Robert est sacré roi par l'archevêque de Cologne. Il ne peut monter sur le trône de Charlemagne à la chapelle palatine d'Aix qu'en 1407.

Néanmoins, Robert reçoit rapidement la reconnaissance des princes, en raison surtout de l'inaction de son adversaire Venceslas. Il a récupéré plusieurs domaines à la frontière orientale du Haut-Palatinat auparavant incorporés au royaume de Bohême par la maison de Luxembourg. Afin d'étendre sa sphère d'influence, Robert entreprend une campagne en Italie où les ambitions de Jean Galéas Visconti, élevé au rang de duc de Milan par le roi Venceslas en 1395, effrayent désormais un grand nombre de sujets. juge le moment favorable pour entreprendre la « descente en Italie » que n'a pas réalisée son prédécesseur. En , il se dirige vers le col du Brenner. Jugeant Brescia trop forte pour être attaquée, il se rend à Padoue d'où il espère gagner Florence et Rome. Mais ni Florence ni le pape , successeur d', ne soutiennent sérieusement son entreprise. Robert doit de plus faire face aux intrigues de Venceslas en Germanie. Ni en 1402, ni les années suivantes, il ne peut pousser jusqu'à Rome et il doit faire demi-tour. Son prestige est tellement affaibli qu'il ne joue aucun rôle dans les tentatives de reconstituer l'unité catholique brisée par le grand schisme d'Occident malgré la paralysie du royaume de France où la guerre avec l'Angleterre reprenait Joseph Calmette Histoire du Reich Allemand au Moyen Âge, Payot, Paris, 1951, 353-354..

Le règne de Robert reste dans une situation financière précaire ; néanmoins, il bénéficie de la capture de Venceslas par son demi-frère Sigismond de Luxembourg en , s'accrochant au pouvoir dans le Saint-Empire romain jusqu'à sa mort. Il est aussi en mesure d'arranger le mariage de son fils avec la princesse Blanche de Lancastre, fille du roi , de 26 ans sa cadette. La cérémonie nuptiale a lieu le à la cathédrale de Cologne. La parenté anglaise lui apporte une décharge financière ; de plus, Robert se révélait un capable seigneur.

À partir de 1405, , en renforçant l'autorité de sa dynastie, entre en conflit avec l'archevêque de Mayence qui lève la Ligue de Marbach, fédérant l’électorat de Mayence, le comte , le margrave et 17 villes souabes contre le roi. Pour mieux s'opposer à Robert, entreprend même de se faire le vassal du roi de France. Le conflit entre le souverain et l'archevêque s'envenime avec le Grand Schisme, lorsqu'en 1409, l'archevêque prend fait et cause pour l'antipape élu lors du concile de Pise, alors que Robert reste fidèle au Romain . vignette|Le tombe de Robert et Élisabeth dans l'église du Saint-Esprit (Heidelberg). Robert meurt en 1410 des suites d'une longue maladie. Lors de l'élection suivante du roi des Romains, son fils renonce à présenter sa candidature et le cousin de Venceslas Jobst de Moravie est désigné comme successeur. Plus tard, à la suite de sa mort le , Sigismond de Luxembourg est élu roi des Romains.

Ascendance

Union et Postérité Robert épouse en 1374 Élisabeth de Nuremberg (1358-1411), fille du burgrave Frédéric V de Nuremberg. Neuf enfants sont issus de cette union : (1375-1397) en 1392 ; il épouse Marguerite du Palatinat (1376-1434) ; en 1393 elle épouse Charles II de Lorraine, duc de Lorraine Frédéric de Bavière (1377-1401) Louis III du Palatinat (1378-1436), électeur palatin du Rhin de 1410 à 1436 ; en 1402, il épouse Blanche d'Angleterre (postérité), veuf il épouse en 1417 Mathilde de Savoie (1379-1401/1404) ; en 1400, elle épouse Adolphe I de Clèves, duc de Clèves (1381-1408) ; en 1406 elle épouse Frédéric IV d'Autriche, comte du Tyrol Jean de Bavière (1383-1443), comte palatin de Neumarkt dans le Haut-Palatinat, de 1410 à 1443 ; en 1407, il épouse (fille de Warcisław VII de Poméranie) dont il a Christophe de Bavière, roi de Danemark, de Suède et de Norvège. Veuf il épouse en 1428 Étienne de Bavière (1385-1459), comte palatin et duc de Palatinat-Simmern-Deux-Ponts de 1410 à 1459 Otto I de Palatinat-Mosbach (1390-1461), comte palatin de Mosbach ; en 1430 il épouse Jeanne de Bavière-Landshut (fille d'Henri XVI de Bavière duc de Bavière-Landshut)

Les rois de Bavière, les , la maison de Habsbourg-Lorraine et la maison d'Orléans, la maison de Bourbon-Siciles, la maison de Bourbon-Parme et plus particulièrement le roi d'Espagne Philippe VI, le roi des Belges Philippe de Belgique, le grand-duc de Luxembourg Guillaume V, le prince de Liechtenstein Jean-Adam II, Élisabeth de Wittelsbach dite Sissi ainsi que l'empereur d'Autriche, François-Joseph I par sa mère l'archiduchesse Sophie de Bavière, sont les descendants de Robert III du Palatinat.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean-Charles Volkmann, Généalogies des rois et des princes, Édit. Jean-Paul Gassot

Liens externes

Catégorie:Roi des Romains du XIVe siècle Catégorie:Roi des Romains du XVe siècle Robert 01 de Bavière Robert 01 de Bavière Palatinat,Robert 03 du Palatinat,Robert 03 du Catégorie:Naissance à Amberg Palatinat,Robert 03 du Palatinat,Robert 03 du Catégorie:Décès à 58 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans l'église du Saint-Esprit d'Heidelberg Catégorie:Électeur palatin