L'usine Ampère de Cléon est le principal site de mécanique du groupe Renault, rattaché au constructeur automobile français Ampère. Cette usine fabrique des boîtes de vitesses et des moteurs (thermiques et électriques).
Histoire
1950-1958
1950 : Le service immobilier de la Régie Renault cherche à l’ouest de Paris un terrain vaste et dégagé offrant de bonnes possibilités d’accès par route et par fer. Dans les années 50, la vallée de la Seine apparaît comme l’axe préférentiel du développement de Renault.
1951 à 1954 : De nombreuses études sont réalisées par des architectes. Les parcelles qui accueilleront l’usine sont très morcelées et appartiennent par tiers à des industriels textiles, des particuliers et des inconnus.
1955 : La nomination de Pierre Dreyfus à la présidence de Renault en constitue un des éléments décisifs du processus de pacification et de la création de l’usine de Cléon. Partisan d’une croissance forte, il annonce que Renault doit atteindre une production de 2000 voitures par jour dès 1960. Dans cette logique, l’usine de mécanique devient indispensable.
1956-1957 : Pierre Meilhan, directeur juridique de la Régie, signe un protocole d’accord avec les industriels et les pouvoirs publics le .
Le , Pierre Dreyfus est à Cléon pour voir l’avancée de travaux avec deux de ses meilleurs spécialistes des questions industrielles. Compte tenu des retards accumulés, l’édification de l’usine se fait en même temps que son équipement. La programmation du service d’architecture table sur une construction prête pour Pâques 1958. L’usine couvrira dans un premier temps autour de bâtiments classés, suivant l’habitude de Renault, selon les lettres de l’alphabet, avec toutefois le désordre dû à la précipitation (bât. G, I, J, L, F et E).
1958 : La presse ne rate pas la mise en service de la première machine et la fabrication de la première pièce : l’événement se déroule à 17h28 le . Un tour usine un moyeu de synchro de boite de vitesse. Cléon est opérationnel ! Le transfert de main-d’œuvre du textile à l’automobile devient une réalité. En 1958, Cléon compte 374 salariés qui fabriquent des pièces mécaniques destinées à la boîte de vitesses de la Dauphine. Toutes les trois semaines, la production d’une nouvelle pièce passe de Billancourt à Cléon (la première activité industrielle de Cléon a été de remplacer l’usine de Billancourt dans la production des boites de vitesses destinées à la 4CV et à la Dauphine).
1959-1968
1959 : Entre l’usine mère de Billancourt et l’usine de Cléon, les circulations d’hommes, de pièces et de machines sont intenses et la répartition du travail en perpétuel rééquilibrage. Dans le bâtiment G, la fabrication augmente progressivement et le bâtiment est agrandi au fur et à mesure des besoins. Cette transposition s’accompagne d’une modernisation de quelques installations et d’une transformation importante des boîtes de vitesses fabriquées à l’usine (289 à 314). Le , l’atelier de traitement thermique est installé dans la partie nord-est du bâtiment G.
1960 : La production journalière de 1000 boîtes ne sera atteinte qu’en 1960. Dès le mois d’avril, Billancourt prépare le transfert de la fabrication des moteurs 688 et 689, puis la mise en route de la nouvelle famille des moteurs C spécifiques à Cléon. La construction du bâtiment F démarre pour accueillir . Qualité : mise en place des contrôles statistiques.
1961 : En octobre, la première pièce moteur sort de la chaîne d’usinage, dans les temps prévus. 1423 personnes travaillent à Cléon.
1962 : Alors que Cléon a déjà produit un million de boîtes et qu’elle programme une cadence de 2500 unités par jour, l’usine lance les nouvelles boîtes 329 (Estafette) et 313 (4L), avec pour cette dernière une montée en cadence de zéro à 1000 en 7 mois.
1964 : En janvier, l’usine célèbre la coulée sous pression du carter-cylindres aluminium pour le moteur de la R16 à la fonderie. L’industrialisation de la nouvelle boîte à 5 rapports pour la R8 se prépare.
1965 : Les usinages et l’assemblage du moteur A (841 en aluminium) de la R16 sont transférés de Billancourt à Cléon.
1968 : Le moteur en fonte de la R12 est mis en fabrication en octobre. C’est la montée en diversité d’une usine de mécanique qui vole maintenant de ses propres ailes. Cette année-là, Cléon est chargée de démarrer la première boîte automatique, la BVA 139, qui équipait la Renault 16. Elle avait été conçue avec General Motors.
1969-1978
1970 : Cléon produit plus de 980 000 moteurs par an (moteur C = 82 % de la production). – Lancement d’une nouvelle boîte de vitesses avec un carter en fonte pour la R6. Elle équipera bientôt les R5 et R4. Ce regroupement permettra une utilisation rationnelle de l’une des plus grandes machines transfert de Cléon : cadence de 3500 carters/jour. – Début de la production à la fonderie des carters cylindres (6 cylindres en V) qui équiperont la R30. – Record de la plus grosse pièce coulée : .
1971 : Démarrage des premières boîtes de vitesses BH2 produites dans le cadre de l’association Peugeot-Renault. Elles seront d’abord montées sur la Peugeot 104.
1973 : Incendie aux traitements thermiques. – Depuis 1960, l’usine fabrique les groupes motopropulseurs des Dauphine Gordini, R8 Gordini, R12 Gordini. – Moteur alu 1647 cm3 pour la R16 TX.
1974 : Lancement de la plus forte boîte de vitesses produite à Cléon. Elle équipera la R30 puis la R20.
1975 : Cléon, spécialiste de la maintenance des outillages en fonderie.
1976 : Premières boîtes de vitesses BH3 destinées aux Peugeot 104 et R14.
1977 : Coulée en série du carter cylindres moteur J (1995 cm3) monté sur la R30.
1978 : Sortie des moteurs fonte, 1400 cm3 et alu, 1647 cm3, pour la R18. – Plus de 9 000 000 de moteurs et 16 000 000 de boîtes de vitesses ont été produits à Cléon. – Près de 140 000 tonnes de pièces en alliage d’aluminium ont été coulées à la fonderie de Cléon. À la fin des années 1970, la RNUR est la première firme automobile française. Elle réalise 1/3 des ventes de véhicules en France en 1978. La même année, la R5 réunit à elle seule 10 % des immatriculations françaises. Renault se place également en tête des ventes en Europe occidentale durant cette même période. Une des explications de ce succès : la gamme très étoffée de véhicules. Cléon fournit 60 % des moteurs montés sur les véhicules de la marque et la totalité des boîtes de vitesses, à l’exception des boîtes automatiques.
1979-1988
1980 : L’AQR (Assurance Qualité Renault) se développe à Cléon. – Agrandissement de la fonderie, des bâtiments G et E, construction des bâtiments L et X5 pour le SED (Service Étude Développement). Démarrage des études de variabilité des machines : norme capabilité.
1980-81 : Implantation des installations de la boîte de vitesses JB. L’usine de Cléon prenant de l’importance au sein de l’entreprise, elle obtient en 1981 la fabrication d’un nouveau moteur, le moteur F.
1981-82 : Mise en place des installations et sortie du moteur F8M, premier moteur Diesel fabriqué à Cléon. La période est propice à la diversification des produits fabriqués par l’usine et aux innovations techniques. Cette expansion de l’activité est aussi marquée par une extension de ses locaux. Le bâtiment E voit sa taille doubler.
1983 : Développement important de la robotisation. – Fabrication des premiers moteurs F2N-Essence.
1984 : Mise en place de la troisième ligne de bancs d’essais au bâtiment E pour les moteurs F.
1986 : Dernier moteur alu (moteur A), soit une production totale de 3 240 924 moteurs.
1988 : Lancement du système boîte à idées. – Démarrage des actions qualité fournisseur AQF. – Fabrication des premières culasses multi-soupapes.
1989-1998
1989 : – Sortie des premiers moteurs Energy sur la nouvelle ligne d’assemblage Renault Automation. – Déplacement de tous les moyens de fabrication de la partie sud du bâtiment G afin de libérer les surfaces nécessaires à la future boîte de vitesses PK. Renault connait une consolidation de ses résultats et l’usine de Cléon est toujours considérée comme une entité importante du dispositif industriel de Renault puisque, malgré un contexte de concurrence accrue entre sites (Espagne, Portugal), elle assure la fourniture de plus de 50 % des moteurs de la gamme et de plus de 60 % des boites de vitesses.
1990 : – Mise en place des installations de la boîte de vitesses PK. – Nouvelle extension de la fonderie. – Démarrage de la MSP (Maîtrise Statistique du Processus). Démarche qualité totale : approche qualité coût délai – déploiement des 19 outils qualité
1991 : – Mise en place des UET (Unité Élémentaire de Travail). – Démarrage du plan Optimhommes. – Démarrage du projet « Usine à vivre ». – Accord de fabrication du F8 turbo. – Accord de fabrication de la boite de vitesse JC5. – Déplacement de moyens de fabrication au bâtiment F afin de libérer les surfaces nécessaires au futur moteur G. – Début de la boîte de vitesses PK.
1992 : À la fonderie, coulée du premier carter cylindres moteur N Volvo avec chemises fonte insérées à la coulée.
1993 : Démarrage du moteur G.
1994 : Installation du deuxième four de 30 tonnes à la fonderie. 1995 : Dernier moteur C assemblé à Cléon. Depuis 1962, 14 512 288 moteurs C ont été fabriqués à Cléon.
1996 : – Accord de fabrication du G8T turbo. – Entrée en fonction du nouvel atelier habillage moteur F, communément appelé « tabliers ». Obtention de la certification EAQF (Évaluation Assurance Qualité Fournisseur) délivrée par l’UTAC.
1997 : Démarrage du moteur F9QT, premier moteur turbo diesel français à injection directe. – Inauguration de nouveaux bancs d’essais au bâtiment L. – 10 000 000 de boîtes de vitesses JB déjà produites à Cléon. – Dernière boîte de vitesses NG longitudinale fabriquée à Cléon.
1998 : 1 000 000 de boîtes de vitesses JC déjà produites à Cléon. [ 1999 à aujourd’hui ]
Depuis 1999
1999 : 500 000 boîtes de vitesses PK produites à Cléon – Signature contrat d’industrialisation de boîtes de vitesses JH/JR.
2000 : Développement des lignes flexibles – Inauguration, dans le bâtiment K, du DF3PDépartement de Fabrication de Pièces Prototypes mécaniques, Département des Pièces Protypes POI, précédemment installé à Boulogne-Billancourt . – Inauguration au SMEC, Service Moyen d’Essais Cléon, du premier banc issu du projet « 6 bancs d’essais moteurs » – Lancement du moteur G9. 2001 – Agrandissement de au bâtiment E permettant une capacité de stockage de 10 000 moteurs « 2 jours de production ». – Préparation au DF3P du premier moteur Diesel M1 de l’Alliance.
2002 : Le CAR, Club d’Amateurs d’Anciennes Renault, fête ses 20 ans.
2003 : Mise en place des animations au quotidien qui permettent de dialoguer sur l’amélioration de la sécurité et de la qualité. – Inauguration du bâtiment H (superficie de ) permettant de libérer des surfaces au bâtiment K qui hébergera la fabrication du futur moteur Diesel de l’Alliance (M1D). – Nouvelle ligne d’assemblage flex (L4) destinée à produire des boîtes de vitesses PF6 – PK6. – Signature du contrat de la boîte de vitesses PK4. Obtention de la certification ISO 9001 version 2000.
2004 : Dernier moteur F8 (lancé en 1982), soit une production totale de 3 598 343 moteurs. – Extension du bâtiment K.
2005 : Après 13 000 000 d’exemplaires produits à Cléon, la boîte JB est transférée à l’usine de Dacia en Roumanie pour équiper la Logan. L’usine de Cléon obtient l’accord d’investissement pour le projet de fabrication du V9 (moteur 6 cylindres). – L’usine organise des journées portes ouvertes ().