La géographie de l'Érythrée est diversifiée, entre côte et hauts plateaux abyssins. Troisième plus grand pays () de la Corne de l'Afrique après l'Éthiopie et la Somalie, l'Érythrée a une superficie comparable au Malawi ou à la Corée du Nord et s'étend sur du nord au sud et d'est en ouest (longueurs maximales). Bordée par la mer Rouge, avec les îles Dahlak, du nord-est au sud-est et par le détroit de Bab-el-Mandeb à l'extrême sud-est, ses pays avoisinants sont Djibouti à l'extrême sud-est, l'Éthiopie au sud et le Soudan à l'ouest et au nord-ouest. Les paysages érythréens sont composés d'une longue côte aride et sablonneuse étroite donnant sur les hauts plateaux du centre moins arides. Son point culminant est le mont Soira ().

On distingue deux régions, le nord et le sud. Le nord plus grand, plus peuplé et centré sur Asmara, la capitale et ville la plus peuplée, et intègre les hauts plateaux et le port de Massaoua tandis que le sud est plus petit, moins peuplé, centré sur Assab et s'étend sur une bande côtière de de long et de large.

Situation L'Érythrée est bordée du nord-est au sud-est par la mer Rouge, au sud-est par Djibouti, au sud par l'Éthiopie et à l'ouest et au nord-ouest par le Soudan. Elle s'étend en latitude de 18°NSoit la latitude de Saint-Barthélemy dans les Antilles françaises. à 12°20'NSoit la latitude d'Ouagadougou au Burkina Faso., ce qui lui confère une longueur nord-sud d'environ . Elle se situe entre 36°25'ESoit la longitude de Kharkiv en Ukraine. à l'ouest et 43°10'ESoit la longitude du point le plus à l'ouest de Madagascar. à l'est, sa largeur variant entre et .

Géographie physique

Relief et géomorphologie gauche|vignette|Topographie de l'Érythrée. Le relief de l'Érythrée est diversifié, allant des hauts plateaux abyssins aux plaines littorales arides. Ce relief a un impact sur le climat, la et les activités humaines du pays, ce qui crée des zones propices à l' et d'autres totalement inhospitalières. Le pays peut se diviser en trois régions distinctes : les hauts plateaux abyssins au centre, les basses terres occidentales et les plaines côtières sur la mer Rouge.

Occupant une grande partie du territoire, du nord au sud, les hauts plateaux abyssins s'élèvent entre avec certains sommets atteignant les , comme le mont Soira, le point culminant, qui atteint les d'altitude. L'activité tectonique de la région, résultant de la séparation des plaques africaine et arabique, et l'érosion ont formé des vallées profondes et des montagnes escarpées ; certains sols fertiles sur les hauts plateaux abyssins favorisent même l'agriculture traditionnelle. Avec un climat tempéré et des températures plus douces que dans la reste du pays, une végétation de savane s'est implantée mais la et l'érosion en font une végétation fragile.

Situées à l'ouest des hauts plateaux abyssins, à la frontière soudanaise, les basses terres occidentales ont une altitude principalement inférieure à . Ces basses terres sont un ensemble de plaines et de collines jouxtées à quelques endroits par des plateaux abyssins isolés. Tout comme les hauts plateaux, les basses terres sont sujettes à de l'agriculture, de l'élevage traditionnel et au pastoralisme. Le climat semi-aride, avec plus de précipitations, couvre les basses terres d'une savane et de prairies aux sols sablonneux et limoneux. vignette|Vue aérienne de l'archipel des Dahlak. Les côtes érythréennes, qui comprennent l'archipel volcanique des Dahlak, s'étendent sur plus de le long de la mer Rouge. Avec un climat très aride et chaud, la végétation est presque inexistante dans cette région du pays, les températures dépassant souvent les 40°C en été. C'est notamment dans cette région, influencée par le rift est-africain, qu'on retrouve le point le plus bas du pays, le lac Kulul, situé sous le niveau de la mer et faisant partie d'un réseau de dépressions salines.

Hydrologie vignette|La rivière Anseba. L'Érythrée ne compte aucun cours d'eau permanent, phénomène accru par un climat généralement aride et semi-aride sur tout le territoire. Les rivières qui coulent dans les vallées du pays sont saisonnières, certaines se jetant dans des lacs temporaires ou sont endoréiques ; outre ce bassin intérieur endoréique, les rivières à l'ouest rejoignent le bassin du Nil, les autres rejoignant directement ou indirectement la mer Rouge. Parmi les principaux cours d'eau, l', la Barka, la Gash et la Setit. Ces cours d'eau saisonniers sont appelés des oueds et peuvent provoquer des crues soudaines. Ces cours d'eau jaillissent des hauts plateaux abyssins dont les nappes phréatiques sont gorgées d'eau pendant la saison des pluies. Certains oueds se jettent dans la mer Rouge, créant des mangroves à leurs embouchures.

Pour irriguer les terres et sécuriser l'approvisionnement en eau potable, les lacs temporaires, pour certains salins, ne suffisaient pas et le gouvernement a construit plusieurs lacs artificiels avec des barrages ou de simples retenues d'eau, et ce depuis l'Antiquité. Pour faciliter l'approvisionnement en eau potable, le pays envisage l'exploitation du dessalement de certains lacs ou de l'eau de mer.

Climat gauche|vignette|Ce graphique « Show Your Stripes » d'Ed Hawkins, professeur à l'Université de Reading au Royaume-Uni, permet de montrer le changement des températures en Érythrée. Qu'il s'agisse de sa géographie physique ou de son climat, l'Érythrée peut être découpée en trois régions : les hauts plateaux abyssins (dega, ደጋ en tigrina), les basses terres occidentales (weyna dega) et les côtes (quolla). Elles ont toutes un climat particulier. La côte connait un climat désertique chaud et aride, les températures dépassant régulièrement les 40°C en été et de faibles précipitations, en dessous des par an. Sa particularité, c'est son taux d'humidité élevé dans l'air en raison de sa proximité avec la mer Rouge à l'est. Les hauts plateaux abyssins sont sujets, quant à eux, à un climat tempéré et subtropical avec des températures plus douces tout le long de l'année, comprises entre 15°C et 25°C. La saison des pluies (la keremti, la hagay pour la saison sèche), s'étalant de juin à septembre, en fait la région d'Érythrée recevant le plus de précipitations à l'année avec une pluviométrie de par an. Enfin, les terres basse occidentales, situées près du Soudan, subissent les températures d'un climat semi-aride supérieures à 30°C ; les précipitations sont plus nombreuses que sur les côtes mais moindre que sur les hauts plateaux et les sécheresses sont fréquentes.

Ce climat entraine souvent des problèmes sociétaux, surtout dans les régions subissant une aridité élevée, à cause du surpâturage et de la déforestation, entre autres, mettant en péril le pastoralisme essentiel dans certaines régions du pays.

Faune et flore La faune érythréenne est très diversifiée en raison de sa géographie mêlant des plaines, des montagnes et des côtes avec un archipel possédant une des faunes marines les plus riches en biodiversité. Beaucoup des espèces présentes dans le pays sont menacées, soit de manière générale du fait des changements climatiques, soit directement de menaces anthropiques.Parmi les mammifères terrestres, certains sont des prédateurs comme le léopard d'Afrique, la hyène tachetée et le caracal, d'autres sont herbivores dont la gazelle de Sömmering, l'oryx beïsa, le dik-dik de Salt et le phacochère commun. La présence de certains grands singes rend la faune majestueuse, avec notamment le babouin hamadryas et le grivet. D'autres mammifères étaient présents abondamment dans le passé mais sont plus rares à observer à cause de la chasse et du braconnage, c'est le cas du lion d'Afrique ou de l'éléphant de savane d'Afrique.Son avifaune est tout aussi riche du fait d'être sur le passage de nombreuses migrations d'espèces d'oiseaux. Parmi eux, il y a des oiseaux de proies comme l'aigle ravisseur, le vautour chauve ou le faucon crécerelle et d'autres sont aquatiques et se retrouveront sur les côtes et les îles de l'archipel des Dahlak dont le flamant rose, le pélican blanc et le héron garde-bœufs. D'autres espèces sont plus courantes et réparties sur tout le territoire : l'autruche d'Afrique, le rollier d'Abyssinie ou le martin-chasseur strié. vignette|Une tortue imbriquée dans le parc national Ras Mohammed, en Égypte, en mer Rouge. Les eaux de la mer Rouge sont, elles, très poissonneuses et riches en biodiversité, notamment autour de l'archipel des Dahlak. De nombreux mammifères marins s'y retrouvent dont le dauphin à long bec, le dugong qui est menacé et le rorqual de Bryde. En ce qui concerne les poissons et les invertébrés, ce sont plusieurs centaines d'espèces de poissons qui ont été répertoriées dans les eaux érythréennes sans compter les différents coraux, raies et requins. Pour les poissons, il y a le poisson-clown à deux bandes en ce qui concerne les poissons de récif, le voilier de l'Indo-Pacifique pour les poissons pélagiques et le mérou géant pour les poissons carnassiers. Pour les coraux, il y a le corail dendronephthya et pour les raies, la raie manta de récif. Enfin, les requins sont répartis en trois catégories, les requins de récif, pélagiques et de grande taille dont, respectivement, le requin-corail, le requin soyeux et le requin-baleine. Il faut aussi noter la présence de certaines tortues qui viennent pondre sur les côtes du pays comme la tortue verte et la tortue imbriquée.Les reptiles seront des varans comme celui des savanes et des serpents, venimeux ou non, comme la couleuvre de Forsskal ou le cobra égyptien. Les amphibiens sont eux moins présents sur le territoire, bien que certaines espèces de crapauds et de grenouilles parviennent à trouver refuge dans certaines zones humides. C'est le cas de Sclerophrys regularis et de Hyperolius viridiflavus. Une grenouille fouisseuse, Hemisus marmoratus, est aussi présente. vignette|Une Avicennia marina au Mozambique, la même que sur les côtes de l'Érythrée. La flore est tout aussi diversifiée du fait des différentes régions climatiques qui composent le pays. Sur la côte, c'est une végétation côtière adaptée aux sols salins qui pousse tandis que les mangroves sont les seuls arbres à savoir pousser, surtout présents dans l'embouchure de la Barka et près de la ville portuaire de Massaoua. Parmi ces mangroves, il y a Avicennia marina. Dans les plaines arides de l'ouest du pays, l'acacia faux-gommier et la Commiphora africana sont assez répandus tandis que la savane érythréenne sera composée de grands acacias tel que le gommier rouge. C'est finalement dans les forêts des hauts plateaux abyssins qu'une flore plus abondante se fera remarquer avec par exemple le genévrier d'Afrique et Olea europaea. Les populations locales utilisent certaines plantes à des fins médicinales. Il y a aussi quelques plantes endémiques comme l'arbre de corail d'Abyssinie.

Environnement L'environnement érythréen est rendu fragile pour plusieurs raisons, de la désertification naturelle et anthropique à la gestion des ressources en eau ou encore la déforestation. Mais le pays commence doucement à faire des efforts pour préserver sa biodiversité, notamment en mettant en place des techniques agricoles plus durables et en sensibilisant les populations locales.