La Gambie est une république multipartite à régime présidentiel, où le Président exerce à la fois les charges de chef de l'État et de chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et le parlement.

La Constitution de 1970, qui divisait le gouvernement en branches indépendantes exerçant respectivement le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire, fut suspendue en 1994 après le coup d'État militaire qui a renversé le Président Dawda Jawara, au pouvoir depuis 1970. Un décret de chargea une commission de réviser la Constitution. Le texte élaboré par la commission fut adopté par référendum en . Il est censé accompagner la transition vers un gouvernement élu au suffrage universel et prévoit un pouvoir présidentiel fort, une assemblée monocamérale, une justice indépendante et la garantie des droits humains.

Contexte politique Le Parti progressiste du peuple a dominé le paysage politique de la Gambie de l'indépendance en 1965 au coup d'État de . La Gambie était alors l'une des plus anciennes démocraties multipartites en Afrique avec des élections libres organisées tous les cinq ans (les dernières en 1992). Après la prise de pouvoir par l'armée, les membres de l'ancien parti présidentiel ainsi que les autres anciens officiels, furent tenus à l'écart de la vie politique jusqu'en .

Une élection présidentielle eut lieu en 1996, que le colonel à la retraite Yahya Jammeh remporta avec 56 % des voix. Les élections législatives de furent dominées par l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) qui obtint 33 des 45 sièges à pourvoir. La mise au ban des partis issus de l'époque de Jawara fut levée en 2001 et quatre partis d'opposition officiellement enregistrés participèrent à l'élection présidentielle du que le Président sortant remporta avec près de 53 % des suffrages. L'APRC conserva sa large majorité à l'Assemblée nationale lors des élections législatives organisées en , qui furent marquées par le boycott du Parti démocratique uni.

En 2005, cinq partis d'opposition s'allièrent sous la bannière de l'Alliance nationale pour la démocratie et le développement, qui rassemblait ainsi la quasi-totalité des forces d'opposition du pays. Le , des élections partielles permirent à l'ANDD de remporter 3 des quatre sièges en jeu. Le , trois chefs de l'ANDD furent arrêtés, dont Halifa Sallah, chef de l'opposition à l'Assemblée nationale. Les 21 et , dans un climat de tension précédant l'élection présidentielle, un coup d'État aurait été déjoué. Le Président revint prématurément d'un voyage en Mauritanie, de nombreux officiels de l'armée furent arrêtés tandis que d'autres fuyaient le pays. Les circonstances de cette tentative n'ont pas été élucidées – il a été suggéré que c'était le Président lui-même qui avait orchestré une mise en scène.

Après la réélection Yahya Jammeh en 2006, la Gambie s'enfonce progressivement dans la dictature.. Le président est décrié à la fois pour ses eccentricités (il indique qu'il peut soigner lui-même le VIH., il se dit Amiral du Nebraska, etc.) et pour la brutalité de son régime.. De 2005 à 2015, la Gambie se rapproche du statut d'état en déliquescence, selon le Fund for Peace (indice de 82,4. à 85,4.). En matière de politique extérieure, la Gambie s'isole, quittant le Commonwealth en 2013 et la Cour pénale internationale en 2016..

Pouvoir exécutif Fonction Nom Parti DepuisFin Président de la République Adama Barrow NPP Vice-présidente de la République Muhammad B.S. Jallow

Pouvoir législatif L'Assemblée nationale compte 58 membres dont 54 élus pour un mandat de cinq ans et cinq membres nommés. Les députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans leur circonscription.

Vie politique Élections législatives du 17 janvier 2002 Les législatives du ont été boycottées par le Parti démocratique uni (UDP, opposition) d'Ousainou Darboe arguant de fraudesL'État du monde, 2003, p.119. L'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC, au pouvoir) a largement dominé le scrutin, obtenant 45 des 48 sièges à pourvoir. Le Party Democratic Organization for Independence and Socialism (PDOIS, opposition) remportant deux sièges (dont un siège dans la circonscription du Serrekunda central pour Halifa Sallah) et le National Reconciliation Party (NRP, Parti de la réconciliation nationale) un siège. Cinq députés sont nommés par le président, quatre appartenaient à l'APRC et le dernier était un ancien candidat à la présidentielle Country Reports on Human Rights Practices - 2002.

Élection présidentielle de septembre 2006 Les résultats de l'élection présidentielle du présentés par la commission électorale indépendante donnent la victoire au président sortant Yahya Jammeh avec 67 % des voix contre 26,69 % pour Ousainou Darboe (UDP allié au NRP) et 5,98 % pour Halifa Sallah de l'ANDD. La participation était de 58,58 %, soit plus de 390000 personnes.

Ousainou Darboe a refusé de reconnaître la validité des résultats, dénonçant des fraudes de l'APRC de Jammeh Q&A: Gambian legislative elections — Will the elections be free and fair?, BBC News, 25 janvier 2007.

Élections législatives du 25 janvier 2007 Des élections législatives ont eu lieu le pour pourvoir les 48 sièges élus au parlement gambien. Le taux de participation a été de 38 % Ruling party wins overwhelming majority in January 2007 poll, IFES Election Guide, 26 janvier 2007 et l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction a obtenu 42 représentants. Le candidat de l'APRC était même sans opposant dans 5 circonscriptions. L’United Democratic Party (UDP, Parti démocratique uni) obtient 4 sièges et le National Reconciliation Party (NRP, Parti de la réconciliation nationale) un siège. Un candidat indépendant a aussi été élu Landslide for Gambia ruling party, BBC News, 26 janvier 2007.

Élection présidentielle de novembre 2011 Yahya Jammeh est de nouveau élu résident le . Selon les chiffres officiels de la commission électorale indépendante, il recueille 72 % des voix, contre Ousainou Darboe, leader de l'opposition, à 14,5 % et Amath Bah, candidat indépendant, à 8.3 %.. Cette fois, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest renonce à envoyer des observateurs indépendants, indiquant que l'opposition a été intimidée, réprimée, et que le parti du président maintient un contrôle inacceptable sur les médias en ligne.

Élections législatives de 2012 Le parti du président Yahya Jammeh, l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) remporta largement les élections, avec quarante-trois sièges au total. Le PRN obtint un siège (celui de la circonscription de Niamina Dankunku), tandis que des candidats sans étiquette remportaient les quatre autres.

Jammeh avait menacé d'« isoler » les régions où son parti ne remporteraient pas le scrutin - menace qu'il avait prononcée et mise en application lors de précédentes élections.. L'élection se déroula en présence d'observateurs de l'Union africaine et du Commonwealth des Nations, dont la Gambie est membre "Politics: Gambians vote Thursday in parliamentary election" , Africa News, 30 mars 2012. La commission électorale annonça un taux de participation de 50 % sur l'ensemble des vingt-trois circonscriptions où les citoyens avaient la possibilité de voter Résultats de l'élection, Commission électorale.

Six partis d'opposition, dont les deux représentés au Parlement, boycottèrent l'élection. Seul le Parti de la réconciliation nationale (PRN), décida d'y prendre part, avec des candidats dans huit circonscriptions "Gambia ruling party sweeps controversial House election", Africa Review, 30 mars 2012.

Élection présidentielle de 2016

L'élection présidentielle se déroule le .

En , Yahya Jammeh annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle pour un cinquième mandat successif. Il est cependant confronté à une opposition de plus en plus importante à l'intérieur de la Gambie, notamment dans les deux grandes villes du pays, la capitale politique Banjul et la capitale économique Serrekunda..

Yahya Jammeh est battu par Adama Barrow et reconnaît sa défaite dès le lendemain.. Cependant, Il refuse de reconnaître le résultat de cette élection présidentielle une semaine après la publication de ces résultats.

Système de vote Après l'indépendance, les Gambiens ont mis en place un système de vote avec des billes, en raison du fort taux d'analphabétisation. Après vérification de son identité, un électeur reçoit une bille et l'introduit dans un des bidons aux couleurs du parti de son choix. Le décompte se fait en ouvrant les bidons et en comptant le nombre de billes.

Ce système est toujours en place, fonctionne assez bien, et les Gambiens reconnaissent en être assez fier.

Références

Voir aussi

Articles connexes Droit gambien

Liens externes Site de la commission électorale indépendante gambienne Texte intégral de la Constitution de 1997, amendée en 2002

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