L'île de Montréal est une île fluviale située au sud de la province de Québec, au Canada. C'est la plus grande île de l'archipel d'Hochelaga avec une superficie de . Elle est délimitée au sud par le fleuve Saint-Laurent, au nord par la rivière des Prairies, à l’ouest par le lac des Deux Montagnes (exutoire de la rivière des Outaouais), et au sud-ouest par le lac Saint-Louis, un élargissement du fleuve. Le point culminant de l’île est le mont Royal, qui s’élève à 233 mètres et domine le centre-ville de Montréal.

Avant le creusement du canal de Lachine (1825) et du canal de la Rive Sud (1959), les rapides de Lachine faisaient de l’île de Montréal la limite de la navigation maritime vers les Grands Lacs. Ce site constituait alors un lieu de portage millénaire pour les peuples autochtones et les premiers explorateurs européens.. La position stratégique de l’île a favorisé son développement rapide au , dans le contexte de la Conquête de l’Ouest et de l’essor industriel nord-américain. Montréal devient alors un centre portuaire majeur, entraînant une forte urbanisation et industrialisation. Avec près de 2 millions d'habitants, l'île de Montréal serait aujourd'hui la deuxième île fluviale la plus peuplée du monde après Zhongshan en Chine.

La ville de Montréal occupe la majeure partie de l’île et est divisée en 19 arrondissements. Le reste du territoire de l’île principale est occupé par quatorze municipalités reconstituées : Baie-D’Urfé, Beaconsfield, Côte-Saint-Luc, Dorval, Dollard-des-Ormeaux, Hampstead, Kirkland, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal, Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, Senneville et Westmount. Elle abrite également l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, l’un des principaux aéroports du pays et une plaque tournante du transport aérien national et international.

L’île de Montréal est reliée à l’île Jésus par un pont permanent dès 1836. Vers l’ouest, les premières liaisons fixes avec l’île Perrot remontent à 1854 avec la construction de ponts ferroviaires, tandis que la liaison routière par le pont Galipeault date du XXe siècle. Au sud, le pont Victoria, construit entre 1854 et 1860., constitue le premier grand franchissement permanent du fleuve Saint-Laurent vers la Rive-Sud. Aujourd’hui, l’île est connectée au reste du continent par un vaste réseau d’infrastructures routières et ferroviaires, comprenant de nombreux ponts et tunnels qui assurent la circulation des personnes et des marchandises.

Toponymie Bien que l’origine des toponymes Mont-Royal et Montréal remonte au , dans les récits de voyage de Jacques Cartier, l’application du nom à l’île se fixe progressivement au cours de la première moitié du . Sur sa carte de 1616, Samuel de Champlain désigne d’abord l’île sous le nom d’île de Vilmenon, en hommage au sieur de Villemenon, l’un des protecteurs du fondateur de Québec à la cour de Louis XIII. Dans la table des lieux remarquables accompagnant sa carte de 1632, il emploie toutefois l’expression « Isle de Montreal au sault sainct Louys »., tout en réservant le nom de « Mont Royal » à la colline située au centre de l’île.

Le 15 janvier 1636, une seigneurie couvrant l’île est concédée à Jacques Girard, sieur de La Chaussée. Celui-ci reconnaît par la suite avoir agi comme prête-nom pour Jean de Lauson, qui en devient officiellement propriétaire le 30 avril 1638. Cette concession contribue à fixer l’usage administratif du nom Île de Montréal, bientôt repris dans les documents relatifs à la colonisation française de l’île.

En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve, fondateur de Ville-Marie avec Jeanne Mance, emploie la formule « Ville marie de l’isle de Montréal ». La graphie moderne s’impose progressivement, même si d’autres formes demeurent attestées au , notamment Isle du Mont-Royal, utilisée par Pierre Boucher dans son Histoire véritable et naturelle en 1664. Le toponyme Île de Mont Royal apparaît également sur l’une des plaques datées du 30 juin 1672, enfouies sous la première église paroissiale de Montréal . L’île s’appelle déjà Montréal dans divers écrits, tandis que la ville continue à s’appeler Ville‑Marie jusqu'au début du .

Dans la tradition orale mohawk, notamment dans les communautés de Kahnawake et de Kanesatake situées à proximité, l’île est aussi désignée sous le nom de Kawenote Teiontiakon, forme abrégée de Teionihtiohtiá:kon, généralement traduit par « là où le groupe se scinde » ou « là où les chemins se séparent ».. Ce nom renvoie à la position géographique de l’île comme lieu de passage, de rencontre et de bifurcation au sein du réseau hydrographique du Saint-Laurent.

Toponymie insulaire et choronymie de l’île Le caractère insulaire de Montréal se lit aussi dans sa toponymie et sa choronymie. La partie occidentale de l’île est couramment désignée comme l’Ouest-de-l’Île ou West Island, tandis que plusieurs noms de lieux renvoient directement à ses extrémités, à ses pointes, à ses caps, à ses anses ou à ses baies : Bout-de-l’Île, Pointe-aux-Trembles, Longue-Pointe, Pointe-Saint-Charles, Pointe-à-Callière, Cap-Saint-Jacques, Pointe-Claire, Baie-D’Urfé, Anse à l’Orme, Baie de Valois, Pointe Charlebois, Pointe Allan, Pointe Boyer et Pointe Madeleine.

Géographie Avec ses , l’île de Montréal est la plus vaste des 320 îles de l'archipel d'Hochelaga. L’île présente une forme fusiforme, allongée d’ouest en est, avec une extrémité occidentale effilée et un rétrécissement vers le nord-est. Elle s’étend sur près de 50 kilomètres de longueur, de son extrémité ouest à son extrémité est, et atteint, dans sa plus grande largeur, environ 16 kilomètres entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Prairies. centré|vignette|400x400px|Hydrographie des alentours de l'île de Montréal (en gris)

Rivages et hydrographie

Île fluviale située à la confluence du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais, l’île de Montréal est ceinturée principalement par le fleuve et la voie maritime du Saint-Laurent au sud, la rivière des Prairies au nord, le lac Saint-Louis au sud-ouest.

Au sud et au sud-est, le fleuve Saint-Laurent borde notamment le Vieux-Montréal, Verdun, LaSalle, Lachine. Les rives du fleuve à l'est du centre-ville sont occupée par le port de Montréal. Le lac Saint-Louis, qui borde l’ouest et le sud-ouest de l’île, est un élargissement du fleuve Saint-Laurent en amont des rapides de Lachine. Ce lac communique aussi avec le lac des Deux Montagnes, lui-même exutoire de la rivière des Outaouais. gauche|vignette|Rapides de Lachine La présence des rapides de Lachine a fortement structuré le développement de Montréal. Situés sur le Saint-Laurent à la hauteur de LaSalle, ces rapides ont longtemps constitué un obstacle majeur à la navigation vers l’intérieur du continent. Le canal de Lachine, long d’environ 14 km, a été aménagé au XIXe siècle pour contourner ces rapides et a ensuite joué un rôle central dans le développement industriel et commercial de Montréal.

Au nord, la rivière des Prairies sépare l’île de Montréal de l’île Jésus, aujourd’hui Laval. Elle draine les eaux du lac des Deux Montagnes vers le Saint-Laurent et a longtemps servi de voie de passage vers le nord, tout en constituant une limite naturelle à franchir aux rapides du Sault au Récollet. Ses courants et rapides ont aussi permis l’implantation de la Centrale de la Rivière-des-Prairies.

Jusqu’au XIXe siècle, de nombreux ruisseaux, petites rivières, marais et zones humides traversaient l’intérieur de l’île. Plusieurs de ces cours d’eau, comme la rivière Saint-Pierre, le ruisseau Saint-Martin ou le ruisseau d'Outremont, ont été canalisés ou transformés en égouts collecteurs avec l’urbanisation. Montréal aurait perdu environ 82 % de ses ruisseaux d’origine : sur environ 337 km de ruisseaux et rivières présents au début du XIXe siècle, il en resterait environ 59 km aujourd’hui.

Quelques cours d’eau et milieux hydriques subsistent toutefois, surtout aux extrémités de l’île. La rivière à l’Orme, dans l’ouest de Montréal, demeure un élément hydrographique important, associé à des milieux humides, des plaines inondables et un corridor écologique. La Ville de Montréal recense également les tracés actuels des ruisseaux, rivières, canaux et fossés dans le cadre de la planification des milieux humides et hydriques.

Géologie gauche|vignette|L'ancienne carrière Miron dans le quartier Saint-Michel devient un site d'enfouissement à partir de 1968. Le socle rocheux de l'île de Montréal est formé de roches sédimentaires du Cambrien-Ordovicien, notamment des grès déformés et faillés, des calcaires (carbonates) et des schistes argileux. Ces formations constituent la base solide sur laquelle repose l’île..

Au-dessus de ce socle affleurent des dépôts meubles hérités des dernières glaciations : till glaciaire, silts et sables d’interstades, argiles marines associées à la mer de Champlain, ainsi que des dépôts littoraux (terrasses de plage) et, localement, de la tourbe. Ces couches superficielles traduisent l’alternance entre recouvrement glaciaire, retrait des glaces et submersion marine post-glaciaire. vignette|Sentier pédestre à flanc de roche sur le Mont Royal Le mont Royal se distingue de cet ensemble : il ne s’agit pas d’une formation sédimentaire, mais d’une intrusion magmatique du Mésozoïque. Il appartient au groupe des collines montérégiennes, un alignement d’intrusions ignées qui percent les roches sédimentaires plus anciennes de la plaine du Saint-Laurent.

Le socle rocheux peu profond de l'île a facilité la construction d’infrastructures souterraines comme les canalisations d'eau, la ville souterraine et le métro de Montréal.

Relief et topographie

gauche|vignette|Parc Jeanne-Mance, Montréal, Québec, Canada. En arrière-plan se dessine le Mont-Royal. L’île de Montréal appartient aux basses-terres du Saint-Laurent, un ensemble physiographique généralement bas, plat à faiblement vallonné. Dans cette région, le relief dépasse rarement 150 mètres d’altitude, sauf là où émergent les collines montérégiennes, dont le mont Royal est l’exemple le plus important sur l’île. La morphologie du territoire résulte du retrait progressif de la mer de Champlain puis du lac Lampsilis après la dernière glaciation.

La topographie générale de l’île est donc relativement douce. La majorité du territoire se présente comme une plaine urbaine faiblement inclinée, ponctuée de légères terrasses, de dépressions et de pentes vers les rives du fleuve Saint-Laurent, de la rivière des Prairies et du lac Saint-Louis. Les données topographiques disponibles donnent une altitude moyenne d’environ 30 mètres pour l’île de Montréal. Le rivage de l'île de Montréal s'élève à 7 mètres au-dessus du niveau de la mer Pointe-aux-Trembles dans l'est et à plus d'une trentaine de mètres sur les rives du lac des Deux Montagnes dans l'ouest.. vignette|300x300px|Illustration de l'arrivée à Montréal par le Saint-Laurent au XVIIIe siècle avec le Mont Royal en arrière plan. Le principal élément de relief est le mont Royal, qui domine le centre de l’île. Malgré son nom, il s’agit davantage d’une colline que d’une véritable montagne : son point le plus élevé atteint 233 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il se compose de trois collines principales : la colline du Mont-Royal ou colline de la Croix, à 233 m; la colline d’Outremont ou mont Murray, à 215 m; et la colline de Westmount ou mont Summit, à 201 m.

Le mont Royal forme un relief asymétrique et arrondi, dont les crêtes divisent plusieurs versants. Ces lignes de crête agissent aussi comme lignes de partage des eaux à l’échelle de la montagne. On distingue notamment des flancs orientés vers le centre-ville, le Plateau-Mont-Royal, Outremont, Côte-des-Neiges et Westmount, ainsi qu’une dépression centrale appelée l’entre-monts.