John Fitzgerald Kennedy (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API. ), simplement nommé John F. Kennedy ou JFK et également connu sous son surnom Jack Kennedy (), né le à Brookline (Massachusetts) et mort assassiné le à Dallas (Texas), est un homme d'État américain. Membre du Parti démocrate, il est le président des États-Unis, en fonction du jusqu'à sa mort.
Après avoir combattu dans la guerre du Pacifique, il entre en politique en 1946 et y exerce comme représentant puis sénateur du Massachusetts. À , il remporte l'élection présidentielle de 1960 face à Richard Nixon et devient le plus jeune président élu des États-UnisTheodore Roosevelt entre en fonctions plus jeune en tant que vice-président et non pas après avoir été élu président., et également le plus jeune président à mourir, moins de trois ans après son entrée à la Maison-Blanche, à l'âge de . En outre, il est le premier président américain de religion catholique.
Il laisse son empreinte dans l'histoire des États-Unis par sa gestion de la crise des missiles de Cuba, son autorisation du débarquement de la baie des Cochons, son engagement pour le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires, le programme Apollo dans le cadre de la course à l'espace, son opposition à la construction du mur de Berlin, sa politique d'égalité des sexes et son assassinat. Ses prises de position en faveur de l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce lui valent d'être respecté jusque chez les républicains, et le mouvement afro-américain des droits civiques qui prend place durant sa présidence annonce la déségrégation. Dès lors, ce dernier est considéré comme un « président au dessus de la moyenne ».
En campagne pour sa réélection en vue de l'élection présidentielle de 1964, il circule dans Dallas le à bord d'un véhicule découvert devant un public nombreux : alors qu'il traverse Dealey Plaza, des tirs l'atteignent mortellement. Malgré la désignation par la Commission Warren de Lee Harvey Oswald comme le seul coupable, les circonstances de son assassinat font l'objet de nombreuses enquêtes, ouvrages écrits et filmés, interprétations et diverses théories du complot.
Situation personnelle Origines et enfance
gauche|vignette|La famille Kennedy en septembre 1931. John Fitzgerald Kennedy, surnommé « Jack », naît le à Brookline (Massachusetts), une banlieue huppée de Boston. Il est le second d'une famille qui compte neuf enfants : Joseph , John, Rosemary, Kathleen, Eunice, Patricia, Robert, Jean Ann et Edward.
Ses parents sont Rose Fitzgerald et Joseph Patrick Kennedy, qui a fait fortune dans les années 1930. Tous deux sont les descendants de familles catholiques originaires de la côte sud de l'Irlande, plus précisément des comtés de Wexford et Waterford ayant migré durant la grande famine irlandaise. Son père soutient Franklin Delano Roosevelt lors de l'élection de 1933, envisage de se présenter à sa succession et devient ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni en 1938 après avoir été un des piliers des grandes réformes de Roosevelt dans la banque et la finance.
Éducation et études gauche|vignette|Kennedy en uniforme de football à la Dexter School (Massachusetts), 1926. Le jeune John reçoit son éducation dans la Choate Rosemary Hall, une des meilleures écoles privées à Wallingford, Connecticut où son frère aîné Joseph Patrick Kennedy, l'a précédé. En , il intègre la London School of Economics sous la supervision du professeur Harold Laski, mais doit interrompre ses études, car il est atteint de jaunisse. Il intègre ensuite l'université de Princeton, mais doit de nouveau interrompre ses études après seulement six semaines, et se fait hospitaliser à l' où les médecins diagnostiquent une possible agranulocytose ou leucémie.. L'année suivante, en , il intègre l'université Harvard. Ses principales matières sont l'économie, l'histoire et la politique américaine.
Quand son père s'installe à Londres, il visite l'Europe, en particulier l'Allemagne nazie, et s'assure les services d'un . pour rédiger son mémoire de fin d'études sur Neville Chamberlain et la participation britannique aux accords de Munich. Son mémoire est reçu avec mention et grâce au soutien financier de son père, est publié avec une introduction de Henry Luce, sous le titre Pourquoi l'Angleterre dormait. À , John est ainsi l'auteur d'un relatif succès de librairie qui semble le destiner au journalisme. Son père est alors déconsidéré par sa position favorable à la négociation avec Adolf Hitler.
Il doit, en 1941, sous la pression de son père et du Federal Bureau of Investigation (FBI), mettre fin à sa liaison avec Inga Arvad, une journaliste danoise mariée à Paul Fejos, ancienne miss Danemark qui a couvert les Jeux olympiques d'été de 1936. JFK est rappelé en Caroline du Sud, mais Inga le suit et ils continuent à se voirJFK, les liaisons dangereuses, Harvey Lilley, docu. TV, 2006..
Vie privée et descendance Jack est réputé pour ses multiples maîtresses et conquêtes féminines, dont Gene Tierney en 1946, Marilyn Monroe en 1962, Mary Pinchot Meyer (épouse de , haut fonctionnaire à la CIA), Judith Campbell (maîtresse simultanément de Kennedy et du parrain de l’Outfit de Chicago Sam Giancana) ou encore Gunilla von Post et Marlene Dietrich.. Proche de la mafia, le chanteur Frank Sinatra lui fournit des starlettes comme maîtresses. En 1961, lors d'une rencontre officielle avec le Premier ministre du Royaume-Uni Harold Macmillan, il lui confie : « Trois jours sans faire l'amour et c'est le mal de tête garanti. Je ne sais pas si c'est aussi votre cas, Harold ».. Le père du président, Joseph Patrick Kennedy, serait intervenu financièrement auprès de son épouse Jackie afin de la retenirNicole Bacharan et Dominique Simonnet, interviewés par Jean-Christophe Buisson, « Grandeur et servitude des First Ladies », Le Figaro Magazine, semaine du , ..
vignette|JFK et sa famille à Hyannis, 4 août 1962.|gauche|261x261px
Le , vers 18 heures, un avion s'écrase vers Saint-Bauzile, dans le Triangle de la Burle, et fait 4 victimes, dont sa sœur Kathleen Harlington.
Le ., il épouse Jacqueline Bouvier en l'église St Mary's de Newport (Rhode Island). Le mariage est considéré comme l'événement mondain de la saison avec quelque à la cérémonie et plus de à la somptueuse réception qui suit à « Hammersmith Farm », domaine de son beau-père Hugh D. Auchincloss.
Jacqueline Kennedy fait une fausse couche en 1955.., puis donne naissance à une petite fille mort-née le , que ses parents auraient voulu prénommer Arabella.. Cet événement conduit à une brève séparation du couple qui se réconcilie peu après. Le couple donne en 1957 naissance à une fille, Caroline, puis à un fils John en 1960, qui mourra en 1999 dans un accident d'avion. Un second fils Patrick naît prématurément le et meurt deux jours plus tard.
Peu de temps après l'assassinat de John F. Kennedy, les restes d'Arabella et de son frère Patrick sont transférés le , au cimetière national d'Arlington. La dalle mortuaire de sa fille n'indique que son prénom et la mention (fille, en anglais) et la date du alors que celle de son fils, fait état de son nom complet ainsi que ses dates de vie.
Santé fragile et occultation de sa condition vignette|Kennedy allongé sur une civière après une opération de la colonne vertébrale, accompagné de Jackie, 21 décembre 1954. Kennedy souffre pratiquement toute sa vie de problèmes de dos : né avec une colonne vertébrale instable selon un de ses chirurgiens en 1947 (ce qui est remis en cause par une étude de 2017 se basant sur ses radiographies et penchant pour une origine multifactorielle.), ce qui l'oblige à utiliser des béquilles cachées au public, à se reposer fréquemment dans son fauteuil à bascule devenu célèbre. et à porter un corset dorsal de .. Dès sa jeunesse, il fut régulièrement hospitalisé du fait de sa santé fragile et par intermittence eut de douloureux problèmes gastriques (probablement l'intestin irritable). Les problèmes de coliques néphrétiques ainsi qu'à la tête furent constants, malgré plusieurs séjours à la clinique Mayo. Il souffre notamment d'une infection urinaire et d'une agranulocytose. Il est de plus atteint de la maladie d'Addison, sorte de déficience (encore mortelle à son époque) des glandes surrénales, lesquelles produisent des hormones anti-inflammatoires (cortisol)Les journalistes, par sympathie, ne mentionneront pas son état au public, de même que le port de corset ou de béquilles. Source : ..
Pour soulager ses douleurs, il reçoit régulièrement des injections de cortisone, de novocaïne et de stéroïdes, il prend des amphétamines, ce cocktail médicamenteux lui permettant de déployer une énergie hors du commun et d'assouvir une libido hyperactive. Les corticoïdes qu'il consomma pour traiter ses douleurs gastriques pourraient d'ailleurs avoir été une cause secondaire de sa maladie d'Addison, c'étaient des médicaments prometteurs durant les années 1930 mais les effets à long terme (l'ostéoporose et l'affaiblissement du système immunitaire) n'étaient pas connus et ont très probablement aggravé son état. Il est contraint de se faire opérer à plusieurs reprises en raison de problèmes de dos, des opérations risquées dont les résultats sont inférieurs aux attentes. Il reçoit même l'extrême onction à quatre reprisesTrois fois étant adulte, entre 1947 et 1954 et une fois en 1920, étant hospitalisé pour une scarlatine (.. Excepté pour l'opération de 1954, son état de santé fut gardé secret de son vivant, avec des communiqués mensongers, conscient qu'une fuite mettrait fin à ses ambitions politiques, même si ses prédécesseurs présidentiels Wilson, Coolidge, Roosevelt et Eisenhower avaient aussi imposé la confidentialité sur leurs ennuis de santé..
Un pathologiste présent lors de l'autopsie de Kennedy a affirmé que ses glandes surrénales, en 1963, semblaient avoir pratiquement disparu. Les animaux à qui on a retiré les glandes surrénales meurent invariablement après une courte période. A supposer que les observations du pathologiste soient confirmées, il est donc probable que Kennedy n'ait pas vécu plus que quelques années et soit mort avant la fin de son second mandat, s'il n'avait pas été assassiné et avait été réélu.
Carrière militaire durant la Seconde Guerre mondiale Guerre du Pacifique vignette|redresse|Le lieutenant John Fitzgerald Kennedy à bord du PT-109 en 1943. Au printemps 1941, durant la Seconde Guerre mondiale, Kennedy veut s'enrôler dans l'armée, mais est déclaré inapte en raison de ses problèmes de santé. Il est finalement accepté grâce à l'intervention de son père. D'abord mobilisé à l'arrière, il obtient de servir sur plusieurs navires de la flotte américaine du Pacifique et devient commandant d'un patrouilleur. Il termine la guerre avec le grade de Lieutenant.
Durant la guerre du Pacifique, le à deux heures du matin, son patrouilleur (une vedette lance-torpilles), le PT-109, est coupé en deux par le destroyer japonais Amagiri au large des îles Salomon. Kennedy est projeté sur le pont et se blesse au dos, ce qui aggrave ses douleurs ; en mer, il réussit malgré tout à haler un membre de son équipage blessé sur près de cinq kilomètres et à mettre pied sur une île, d'où il nage pour donner l'alerte : son équipage est récupéré. Ce fait d'armes lui vaut la Navy and Marine Corps Medal avec la citation suivante :
Il participe également à l'évacuation de Marines encerclés par les Japonais lors du raid sur Choiseul le .. Kennedy reçoit d'autres décorations pendant la guerre, dont la Purple Heart. Il est démobilisé au début de 1945 quelques mois avant la capitulation du Japon. Un film de propagande raconte son aventure. Le décès de son frère aîné et les erreurs politiques de son père (qui était favorable au maintien de la paix avec Adolf Hitler) font de lui l'espoir politique de la famille.
Récompenses et médailles militaires