Le grand-duc Alexis Alexandrovitch (Aleksei Aleksandrovitch Romanov, en russe Алексей Александрович Романов ; est un membre de la famille impériale de Russie. Il est né le à Saint-Pétersbourg et mort le à Paris dans le 8e arrondissement..
Il commence sa formation militaire à l'âge de sept ans, et est nommé lieutenant de la Marine impériale de Russie à vingt ans.
En 1871, il est envoyé comme ambassadeur en Chine et au Japon.
En 1883, le grand-duc Alexeï Alexandrovitch de Russie est nommé Amiral général de l'armée impériale russe. Il contribue à l'équipement de la marine avec la construction de nouveaux bâtiments de guerre et la modernisation des ports militaires. Après la défaite de la Russie impériale à la bataille de Tsushima les et , il est démis de ses fonctions.
Famille Il est le quatrième fils et le cinquième enfant de l’empereur Alexandre II de Russie et de la princesse Marie de Hesse et du Rhin.
Mariage Il épouse en 1869, Alexandra Vassilievna Joukovskaïa (1842-1899), qui porte le titre de comtesse Joukovskaïa. Elle est également la fille du poète russe Vassili Joukovski.
De cette union naît Alexis Belevski-Joukovski, né le et mort en 1930 ou 1932.
Le grand-duc Alexis Alexandrovitch a également une fille illégitime, Jeanne Just.
Biographie
Enfance Le grand-duc Alexis naît le à Saint-Pétersbourg. Fils du tsar Alexandre II de Russie et de son épouse Marie de Hesse et du Rhin (Maria Alexandrovna), il a comme frères et sœurs :
• la grande-duchesse Alexandra,
• le tsarévitch Nicolas, le grand-duc Alexandre (futur empereur),
• le grand-duc Vladimir,
• la grande-duchesse Marie,
• le grand-duc Serge
• le grand-duc Paul.
Carrière dans la Marine impériale de Russie
Le grand-duc Alexis est très tôt destiné à la Marine. À l'âge de sept ans, il reçoit le grade d'aspirant et l'amiral Konstantin Nikolaïevitch Possiet devient son tuteur en 1858. Les hivers sont consacrés à l'étude théorique, et les étés, à servir sous la direction de son tuteur, à bord de différents navires en mer Baltique.
Il reçoit une formation très stricte, mais peut mettre en pratique ses connaissances sur différents navires.
En 1860 : Au cours d'un voyage entre Livadia et Peterhof, il sert sur le yacht impérial Standart ; De 1861 à 1863 : Sous le commandement de l'amiral Possiet, il sert sur le yacht Zabava dans le golfe de Finlande et le golfe de Botnie ; En 1864 : Il sert à bord de la frégate Svetlana dans le golfe de Finlande et en mer Baltique ; En 1866 : Il fait un voyage de formation dans les Açores à bord de lOsliabia.
Le , le grand-duc est élevé au grade de lieutenant de marine et poursuit sa carrière en qualité d'officier sur la frégate Alexandre Nevski et entreprend un voyage en Méditerranée, au Pirée.
Le grand-duc Alexis se rend en Grèce en 1866 pour la célébration du mariage de sa cousine, la grande-duchesse Olga Constantinovna, avec le roi Georges de Grèce.
En 1868, le grand-duc fait un voyage dans les terres de Russie. Il quitte Saint-Pétersbourg en train pour se rendre à Nikolaïevsk puis continue son périple en bateau.
Il navigue sur la Volga jusqu'à Astrakhan, puis à bord d'un bâtiment de guerre. Il entreprend par la suite une expédition en mer Caspienne : de Bakou il se rend en Perse puis traverse le Caucase et parvient à Poti, port où est amarré l’Alexandre Nevski.
Le navire largue les amarres et met le cap sur Constantinople puis Athènes et les Açores.
Au retour, le navire est pris dans une tempête au large de la côte du Jutland en mer du Nord. Le navire fait naufrage et une partie de l'équipage périt, mais le grand-duc a la vie sauve et parvient à rejoindre la côte..
Le grand-duc Alexis devient majeur en 1868 et prête les deux serments en vigueur dans l'Empire russe : le premier, militaire, et le second, le serment d'obéissance des grands-ducs envers la famille impériale de Russie.
En débute pour le grand-duc la seconde partie de sa formation militaire, notamment la navigation dans les eaux intérieures, à bord d'un cotre équipé d'un moteur, de Saint-Pétersbourg à Arkhangelsk.
Il navigue sur le canal de la Volga à la Baltique (canal Mariinsk) et sur la rivière Dvina
Sa formation débute après sa visite des écoles et des industries d'Arkhangelsk, à bord de la corvette Varyag. Ce voyage l'emmène aux îles Solovki, puis il traverse la mer Blanche et la mer de Barents, pour atteindre la Nouvelle-ZemblePaul-Émile Victor, Les Explorations polaires, tome IV de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, .
Il continue ensuite son voyage de Kola à Mourmansk et fait escale dans les ports de Norvège et d'Islande.
Il est de retour à Kronstadt à la fin de .
Sa liaison avec Alexandra Vassilievna Joukovskaïa Le grand-duc Alexis noue une relation amoureuse en 1869-1870 avec Alexandra Vassilievna Joukovskaïa (1842-1912), fille du poète et dramaturge Vassili Joukovski (1783-1852) qui a été précepteur de l'empereur.
Elle-même épouse du comte Bermann, elle est dame d'honneur à la Cour.
De cette union nait un fils : Alexeï, né le .
Le tsar Alexandre II de Russie était fermement opposé à cette liaison.
Selon certains historiens, le grand-duc aurait épousé morganatiquement Alexandra Joukovskaïa, mais ce mariage aurait été annulé par l'Église orthodoxe russe et le Saint-SynodeJacques Ferrand, Descendances naturelles des souverains et grand-ducs de Russie de 1762 à 1910, Paris, 1995 car, conformément à la loi régissant la maison impériale de Russie, ce mariage était illégal. En effet, les articles 183 et 188 interdisaient tout mariage qui n'ait pas reçu le consentement de l'empereur. Ces articles sont inclus en 1887 par Alexandre III de Russie lors de la révision des lois en vigueur dans la maison impériale.
Les règles en vigueur en 1870 n'interdisaient pas les mariages morganatiques, mais en excluaient la descendance illégitime de la succession au trône impérialhttp://www.imperialhouse.ru/eng/dynastyhistory/dinzak3/427.html 1797 – Legge fondamentale dell'imperatore Paolo I di Russia.
À ce jour, aucune preuve ne vient étayer ce mariage, fût-il morganatique, ni même un divorce. En outre, aucune preuve n'existe sur une éventuelle demande en mariage de la part du grand-duc à son père, le tsar. Alexandra Joukovskaïa était elle-même le fruit d'une union entre le fils illégitime d'un propriétaire terrien russe et une esclave de Turquie. Un tel mariage semble donc impensableStanislaw Dumin - Les Romanov et la république de Saint-Marin.
Alexandre II aurait refusé un titre de noblesse à la maîtresse du grand-duc, cependant il reconnait officiellement la paternité du fils d'Alexis, sans en reconnaître pour autant la légitimité.
De même, les tribunaux de la Russie impériale refusent d'accorder un titre de noblesse à Alexandra Joukovskaïa.
Elle réussit cependant à obtenir, le , le titre de baronne de Seggiano de la part de la république de Saint-Marin, avec le droit de le transmettre à son fils aîné et aux descendants masculins du grand-duc Alexis.
Ce n'est qu'en 1883, que le tsar Alexandre III, accepte d'accorder à Alexeï Alexeïevitch, baron Seggiano, le titre de comte Beliovski-Joukovski.
Il reçoit un blason en 1893.
Voyage aux États-Unis
Alexandre II envoie son fils comme ambassadeur aux États-Unis, après son supposé mariage morganatique.
Le grand-duc se rend bien volontiers aux États-Unis et visite trente-quatre villes.
Après la visite officielle à Saint-Pétersbourg, en 1867, d'un escadron américain placé sous le commandement de l'amiral David Farragut, le gouvernement russe commence à planifier une visite très officielle de la Marine impériale de Russie. Après de longues négociations, l'on prit la décision de placer la délégation russe sous la direction du grand-duc Alexis.
L'annonce officielle de la visite de la délégation russe aux États-Unis fut faite par le ministre de la Marine impériale Nikolaï Karlovitch Krabbe..
La délégation russe, placée sous le commandement de l'amiral Possiet, monta à bord des frégates Bogali, Svetlana, l'''Amiral et la corvette Ignatiev Abrek. La frégate Vsadnik, appartenant à la flotte du Pacifique, se joignit en chemin aux quatre navires.
Les navires étaient équipés de moteurs, mais, afin d'éviter les escales dans les ports pour le ravitaillement en charbon, l'essentiel du voyage se fit à voiles.
En comptant le personnel du grand-duc, l'équipage se composait de 200 officiers et de plus de marins.
Les navires appareillèrent dans le port de Kronstadt, le https://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=9E01E5DF1639EF34BC4E52DFB366838A669FDE&scp=8&sq=Alexis&st=p Granduca Aleksej..
La flotte russe fit sa première escale à Copenhague et le grand-duc descendit à terre afin de rendre visite au roi Christian IX.
Pendant la traversée de la Manche, les Russes se joignirent à la Royal Navy à Plymouth, où le grand-duc rencontra le duc d'Edimbourg, fils de la reine Victoria. Une visite au château de Balmoral avait été prévue, mais, en raison d'une indisposition du prince de Galles, elle fut annulée. Cela causa quelque inquiétude à la reine Victoriahttps://query.nytimes.com/gst/abstract.html?res=9D01E2D81330EF34BC4052DFBF66838A669FDE&scp=1&sq=Grand Duc Alexis + + + à Plymouth & st = p Réception du Grand-Duc Aleksej Plymouth.
La flotte russe quitta Plymouth le query.nytimes.com, et mit le cap sur New-York.
Elle passa quelques jours à Funchal, sur l'archipel de Madèrequery.nytimes.com.
La flotte russe fut escortée par la flotte américaine placée sous le commandement de l'amiral William Henry Aspinwall, commandant du port de New York et commandant de la frégate Congrès.
L'amiral Samuel Lee Phillips, commandant de la flotte de l'Atlantique, attendait les visiteurs à bord de son navire, le Severn. La flotte américaine se composait également de lIroquois et du Kansas. Plusieurs remorqueurs complétaient cette flottequery.nytimes.com.
Entre-temps, un comité d'accueil présidé par William Henry Aspinwall fut mis en place à New York. Parmi les membres présents dans ce comité, on retrouve notamment H. Moses, le général Irvin McDowell (1818-1885), Théodore Roosevelt, l'amiral S.W. Gordon, John Taylon Johnston, le peintre Albert Bierstadt (1830-1902) et Lloyd Aspinwallquery.nytimes.com.
Les Russes furent retardés par de mauvaises conditions météorologiques et jetèrent l'ancre dans le port de New York le .
Le grand-duc Alexis fut accueilli par le général John Adams Dix. Un défilé militaire fut organisé dans les rues de la ville de New York, puis le grand-duc assista à une liturgie dans une chapelle orthodoxe russequery.nytimes.com.
Réception du président Ulysse Simpson Grant Le , le grand-duc quitta New York pour se rendre à Washington, empruntant un train spécial mis à sa disposition.
Le convoi se composait de trois voitures : la première était dotée de tout le confort moderne d'un hôtel, la seconde était une voiture-restaurant, et la troisième utilisée comme salon et chambre à coucher.
Le grand-duc fut reçu par le président Grant, son épouse Julia et sa fille Nelly, le . La plupart des membres du gouvernement étaient présents, comme Hamilton Fish (secrétaire d'État), Columbus Delano (ministre de l'Intérieur) et son épouse, Amos Tappan Akerman (procureur général), George S. Boutwell (chancelier de l'Échiquier), Georges Maxwell Robesonia (ministre de la Marine), le général Frederick Dent Tracy (le frère du président et du ministre de la Guerre), John Creswell (directeur-général de l'US Post Office), les généraux Horace Porter et Orveille E. Babock).
Le grand-duc arriva à 13 heures en compagnie de l'amiral Possiet, du ministre Konstantin Katakazi et d'autres personnalités de son entourage.