Georgius, nom de scène de Georges Auguste Charles Guibourg, est un chanteur français, chansonnier, comédien et écrivain, né le à Mantes-la-Ville (Seine-et-Oise), mort le dans le de Paris.
Artiste touche-à-tout, auteur de nombreuses chansons à succès, il est un véritable phénomène du music-hall pendant l'entre-deux-guerres. Interdit de scène pour collaboration sous l'Occupation, il devient après-guerre scénariste et écrivain sous le pseudonyme de Jo Barnais.
Un artiste prolifique Il est le fils de Georges Charles Joseph Guibourg, instituteur, rédacteur au Petit Mantais puis rédacteur en chef du journal hebdomadaire La France aérienne, fils et petit-fils de commerçants et d'artisans, et de Clémentine Augustine Bouteilly, née à Saint-Pierre-sur-Dives, dans le Calvados, fille de cultivateur.
Georges Guibourg commence sa carrière en 1908, en chantant des chansons dont il dit plus tard : « Ma vraie nature ne s'était pas encore révélée et je pleurnichais ce répertoire pompier que j'ai tant parodié par la suite. J'en sentais le ridicule, mais j'avais la conviction que le public aimait ça »Jean-Jacques Chollet, Georgius, l'Amuseur public , Éd.C.Pirot, 1997.. Au fur et à mesure des différents engagements avec des cabarets, il se met à écrire quelques chansons comiques.
C'est en 1912 qu'il entame véritablement sa carrière de chansonnier. Appelé au théâtre de la Gaîté-Montparnasse pour remplacer un chanteur comique, ses chansons plaisent tellement que le théâtre lui fait signer un contrat pour un an ; il y restera trois ans. Il écrit durant cette période beaucoup de chansons, à raison de cinq par semaine, et s'associe avec de nombreux compositeurs pour la musiqueFrançois Vernillat et Jacques Charpentereau, Dictionnaire de la chanson française, Larousse, 1968.. En 1916 il commence à écrire des pièces de théâtre, qu'il joue ensuite avec sa troupe, créée en 1919, Les Joyeux Compagnons.
En 1923, il est l'un des chansonniers les plus connus de France. Ses apparitions et ses revues ont un franc succès : il se produit même une émeute à l'Alcazar de Marseille, car les locations ne peuvent satisfaire la demande. Sa chanson la plus connue à l'époque est La Plus Bath des javas, une parodie des javas à la mode. Il continue à tourner, à monter des revues avec sa troupe, rebaptisée le Théâtre Chantant en 1926.
En 1927, il écrit et interprète La Noce à Rebecca (qui fut également chantée par André Perchicot en 1928 et par Fernandel), catalogue de clichés .
1930 est une année faste pour lui : il sort La Route de Pen-Zac, dont il vendra plus de disques, un record pour l'époque ! Les spectacles s'enchaînent, et tout le monde se presse pour le voir. Les surréalistes et les intellectuels l'apprécient beaucoupMarie-Paule Berranger, Les genres mineurs dans la poésie moderne, Presses universitaires de France, 2004., et Robert Desnos parle de lui dans ses chroniques musicales. C'est à cette époque qu'il gagne son surnom l'Amuseur public numéro 1.
En 1934, il devient brièvement directeur du théâtre de la Gaîté-Montparnasse où il joue ses créations tout en programmant des artistes d'avant-garde telles Dora Stroëva ou Marianne Oswald, puis ouvre La Villa chagrin à Montmartre. La même année, il reprend le rôle créé par Maurice Chevalier dans l'opérette Dédé au théâtre des Bouffes-Parisiens.
En 1936, nouveau succès, avec la chanson Au Lycée Papillon, qui bat aussi des records de vente (avec un couplet qui n'est plus chanté aujourd'hui, car aussi à clichés antisémites). Suivent encore Ça c'est de la bagnole et On ne peut pas plaire à tout le monde.
En 1938 il est auteur et interprète d'une chanson comique contre Hitler : Il travaille du pinceau (s'il se moque du peintre en bâtiment, Hitler était en fait artiste peintre dans sa jeunesse).
L'Occupation et l'interdiction de scène à la Libération Il continue ses revues pendant la guerre, ce qu'on lui reprochera à la Libération. En 1941, il interprète Sganarelle dans Le Médecin malgré lui à la Comédie-Française.
En 1941 et 1942, il est le directeur artistique de trois théâtres : le théâtre de l'Étoile, le théâtre Antoine et le théâtre de l'Ambigu.
Pour avoir créé sous l'Occupation une Association syndicale des auteurs et compositeurs professionnels pour laquelle il avait fait campagne dans Je suis partout avec la complicité d'Alain Laubreaux et avoir monté la pièce d'Alain Laubreaux sur Stavisky, Les Pirates de Paris, dans son théâtre de l'Ambigu, il est en 1945 interdit de scène pendant un an par le Comité National d'Épuration du Spectacle (arrêté du ministre de l'Éducation nationale du ).
Reconversion en auteur de polars Pendant son interdiction de scène, il entame une carrière d'auteur de romans policiers pour la Série noire sous le pseudonyme de Jo BarnaisUn de ses romans policiers, Mort aux ténors, a été adapté en téléfilm en 1987 par Serge Moati. Une adaptation des plus libres, l'action passant des années 1950, l'âge d'or du music-hall, aux années télévisuelles des années 1980. L'assassin en série, joué par Mathieu Carrière, n'est plus un obscur chef de chœur brisé de rancœur et liquidant ceux qu'il n'aura jamais su égaler, mais un homme meurtri vengeant sa mère jadis laissée pour morte sur le bord d'une route après y avoir été heurtée par des chauffards en fourgonnette. Une fourgonnette portant l'inscription : les Ténors, soit le nom d'un groupe au succès éphémère de l'ère yé yé. L'enfant assiste à la scène. Vingt ans plus tard, lorsqu'une émission de maigre audimat sollicite ce groupe depuis longtemps oublié, l'enfant devenu homme entame sa vengeance. Lucky Blondo, soliste du groupe, joue ici, avec une belle autodérision, un personnage avec un destin ressemblant au sien..
À la fin de son interdiction de scène en 1946, il crée au Casino Montparnasse une dernière revue sur le temps passé, dont Jane Aubert est aussi la vedette, et quitte définitivement la scène en 1951.
Il a écrit au cours de sa vie , , de nombreux scénarios et une dizaine de romans policiers.
Vie privée En 1934, il vit avec Marcelle Irvin avec qui il se marie en 1939et a une fille, Georgette.Georgius meurt le , il est inhumé à Bazoches-sur-Guyonne.
Filmographie 1932 - Pas de femmes 1933 - La Maison hantée de Roger Capellani 1934 - Le Club des fauchés, court-métrage d'André Pellenc, d'après la pièce de Georgius 1934 - Un train dans la nuit 1935 - Sans elle, court-métrage de M. Deleric 1935 - Avec les pompiers, chanson filmée de René Bussy 1935 - Le Train d'amour 1936 - Le Lycée Papillon, chanson filmée de Louis Cuny 1936 - Vous n'avez rien à déclarer ? 1938 - Champions de France 1939 - Le Vrai Marsouin 1945 : Vingt-quatre Heures de perm' 1949 - Tête blonde (seulement scénariste) 1951 - Sous le ciel de Paris
Romans Georgius a écrit plusieurs romans policiers édités dans la collection Série noire sous le pseudonyme de Jo Barnais :
Mort aux ténors, Gallimard, Série noire , 1956 , adapté pour la série télévisée Série noire : Mort aux ténors Tornade chez les flambeurs, Gallimard, Série noire , 1956 Crochet pour ces dames, Gallimard, Série noire , 1958 À toi de donner, Gallimard, Série noire , 1959 Arrêtez le massacre !, Gallimard, Série noire , 1959 Flics-flacs, Gallimard, Série noire , 1960. Du bromure pour les gayes, Gallimard, Série noire , 1962
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Cent ans de chanson française, coll. « Points actuels », Seuil, Paris, 1981 (1972, éd. reliée) Jean-Jacques Chollet, Georgius, l'amuseur public (suivi de Souvenirs inédits de et par Georgius] ; préface de Jean-Christophe Averty, Éditions Christian Pirot (Collection « Chanson »), 1997, 178 p.
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