Ólafur Elíasson est un artiste contemporain islando-danois, né le à Copenhague..

Biographie Ólafur Elíasson grandit dans la ville portuaire de Holbæk à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Copenhague. Il passe une partie de son enfance en Islande, pays d'origine de ses parents, auquel il restera très attaché.

Dès 1993, il s'établit à Cologne puis à Berlin en 1994. En 1989, il intègre l'Académie royale des beaux-arts du Danemark où il obtient son diplôme en 1995. Cette même année, il s'installe dans un atelier de la à Berlin, où il vit et travaille en même temps.

L'une des spécificités de son travail réside dans l'intérêt qu'il porte à la surface. Il explore dans sa production la structure cristalline, les déformations, la lumière et ses effets, la couleur et les formes géométriques. Il travaille également la dimension narrative des œuvres, c'est-à-dire que celles-ci ont pour but de laisser facilement une trace dans la mémoire sous forme d'image ou de sensation.

Son œuvre explore la relation existante entre la nature et la technologie, comme lorsque des éléments tels que la température, l'olfactif ou encore l'air se convertissent en partie en éléments sculpturaux et en concepts artistiquesOlafur Eliasson et Anna Engberg-Pedersen, Studio Olafur Eliasson, an Encyclopedia, Taschen, Cologne, 2008, .

Ólafur Elíasson qualifie son atelier berlinois. de studio-laboratoire où le questionnement, la recherche et l'expérimentation constituent la base essentielle de sa démarche artistique.

Ses œuvres intègrent les notions d'espace et de temporalité, du design et de la science qu'il met en relation. L'artiste réussit ainsi à lier des domaines qui ne présentent pas forcément de points communs au premier abord.

En , il est annoncé au jury international du Festival de Berlin., sous la présidence du réalisateur Paul Verhoeven.

Le Studio Ólafur Elíasson

– Ólafur Elíasson..

De ses débuts, dans son premier atelier berlinois où il travaille seul dans un premier temps, puis aidé de deux ou trois assistants, le studio Elíasson ne cesse de grandir. En 2002, il s'établit dans les locaux d'un entrepôt désaffecté, non loin du musée d'art contemporain Hamburger Bahnhof, à l'ouest de Berlin (près du mur).

Il regroupe environ quatre-vingts personnes, aux nationalités et compétences diverses, à savoir des architectes, artistes, techniciens mais également des historiens d'art. On compte notamment parmi eux : Caroline Eggel (historienne d'art), Anna Engberg-Pedersen (historienne d'art), Daniel Largon (artiste), Andreas Eggetsen (architecte), Kerstin Schmidt (architecte), Sebastian Behmann (architecte), Ricardo Gomes (architecte), Ben Allen (architecte)…

Les architectes constituent la majorité de cette équipe pluridisciplinaire. Si la plupart des collaborateurs de l'artiste sont employés de manière permanente, d'autres personnes interviennent sur des projets spécifiques de manière occasionnelle. Ce fut notamment le cas pour le philosophe Paul Virilio, le théoricien des sciences Bruno Latour ou encore de célèbres architectes tels que Yona Friedman et Rem Koolhaas.

D'autre part, il entretient une étroite collaboration avec l'architecte, théoricien et artiste islandais Einar Þorsteinn Ásgeirsson. Leur première réalisation commune est un pavillon datant de 1996.

En 2007, l'artiste se lance à nouveau à la recherche de locaux plus spacieux permettant d'accueillir en plus de l'atelier de production, un espace réservé à la réalisation de projets en collaboration avec des étudiants, ceci lui permettant d'élargir son champ d'expérimentation. Cette démarche suit la volonté de rassembler la pratique de l'atelier d'artiste et la théorie de la formation académique.

Le studio est perçu comme une machine performante. Bien qu'essentiel pour la réalisation et l'expression artistique, il représente un outil pour la conception et non le thème de son art.

Aujourd'hui, le studio Elíasson est probablement l'un des plus importants dans le monde de l'art. L'artiste revêt parfois un statut particulier au sein de l'entreprise : celui de « client » dans le sens où il ne réalise pas forcément seul toutes les étapes du projet. Il se caractérise comme un « donneur d'idées », un « inventeur de concepts ». Il est en quelque sorte le chef d'orchestre, confiant diverses missions à ses collaborateurs.

Les œuvres de l'artiste portent en elles les traces de l'expérimentation. Ainsi, les étapes de recherche, de fabrication et de finalisation sont aussi importantes les unes que les autres : elles constituent la finalité-même de l'objet d'art. Cependant, le questionnement et le processus expérimental apparaissent aux yeux de l'artiste bien plus enrichissant que la réponse en elle-même.

Le dépassement perpétuel des limites connues constitue le principal moteur de son inspiration. Il exploite tous les champs du réel afin de créer une composition originale et innovante. La lumière, et en particulier ses effets visuels, occupent une place importante dans sa recherche artistique. Un espace a d'ailleurs été aménagé à cet effet, entièrement blanc, afin d'optimiser la perception des sujets selon le type d'éclairage employé. La couleur est très présente dans ses œuvres, selon lui : « [elle] intensifie la réalité à tout moment. » http://www.olafureliasson.net/pdf/Eliasson_Your_rainbow_panorama_statement.pdf

Le Studio possède son propre magazine : TYT (initiales correspondant à « Take Your Time », « Prends ton temps » en français). Celui-ci paraît trois fois par anOlafur Eliasson et Anna Engberg-Pedersen, Studio Olafur Eliasson, an Encyclopedia, Taschen, Cologne, 2008, .

Œuvres (sélection) vignette|Fünf Höfe (détail), sphère placée dans un centre commercial de Munich. 1993 : Beauty 1998-2001 : Green River (Tokyo, Stockholm, Los Angeles, Moss, Brème) 1999 :Camera Obscura 2001 : The mediated motion Kaleidoscope 2002 : Your spiral view 2003 : The Weather Project The blind Pavillon (Biennale de Venise) La situazion antispettiva 2005 : Your invisible house 2006 : Eye see you 2007 : Your mobile expectations - BMW H2R Project 2008 : New York City Waterfalls 2009 : Your atmospheric colour atlas Starbrick Conception du pont piétonnier Cirkelbroen à Copenhague, achevé en 2015 2010 : Your blind movement 2011 : Your rainbow panorama 2012 : Cold wind sphere 2014 : Inside the horizon 2015 : Ice Watch. 2016 : Waterfall The Curious Museum, Your Sense of Unity.

Description de quelques œuvres Beauty (1993) Cette installation est exposée en 1993 aux musées d'art moderne de San Francisco, New York et Dallas. En utilisant de l'eau et du principe de la diffraction de la lumière, l'artiste fait apparaître un arc-en-ciel dans une pièce obscure. Pour ce faire, Elíasson dispose un tuyau d'arrosage percé au plafond : sous la pression l'eau jaillit, créant un rideau brumeux multicolore. L'intensité de l'arc-en-ciel varie selon l'endroit où le visiteur se trouve et la position qu'il adopte. La beauté éphémère est traduite à travers cette œuvre. En effet, le voile d'eau représente la fragilité allant de pair avec la notion d'éphémère, tandis que les ondes lumineuses visibles composant la lumière blanche symbolisent la beauté. Camera Obscura (1999) Dans cette installation, Ólafur Elíasson réutilise le principe de la camera obscura, connu depuis le . Ce dispositif optique se base sur l'émission d'un faisceau lumineux à travers une faille inscrite dans la paroi d'une pièce obscure. Cela permet d'obtenir une image inversée de l'extérieur. Dans sa première réalisation, l'artiste met en place un miroir reflétant une image de l'extérieur, puis avec une lentille concentre l'image sur une surface horizontale dans la salle d'exposition. Cette installation est mise en œuvre au musée d'art moderne de la ville de Paris en 2002, projetant ainsi une partie de la tour Eiffel, p. 374.. Green River (1998-2001) Ce projetQui ressemble beaucoup à ce que l'artiste Uriburu fait depuis 1968, où il déversa de la fluorescéine dans le grand canal à l'occasion de la Biennale. a été réalisé dans 6 lieux différents : Brême (Allemagne, 1998), Moss (Norvège, 1998), Route du bas Fjallabak (Islande, 1998), Los Angeles (États-Unis, 1999), Stockholm (Suède, 2000), et Tokyo (Japon, 2001). Le principe consistait à déverser de l'uranine dans des cours d'eau afin de modifier de manière radicale leur apparence et la relation qu'ils entretiennent avec leur environnement immédiat. Le produit introduit dans l'eau est une teinture aquasoluble, la fluorescéine ou uranine, utilisée pour détecter les différents courants marins et océaniques. La couleur verte habituellement associée à la Nature transparaît dans ces contextes de manière très artificielle. Le bouleversement visuel et physique des cours d'eau par l'artiste a suscités diverses réactions de la part des populations selon leur localisation géographique, .. Kaléidoscope (2001) Cette installation est exposée au ZKM à Karlsruhe en Allemagne en 2001. L'installation consiste en un tunnel ouvert à ses deux extrémités se composant de 6 panneaux de miroir de forme hexagonale. La structure de cette installation s'articule à partir du plafond auquel elle est suspendue. Fonctionnant comme un kaléidoscope, le tunnel offre une vision démultipliée de l'espace et de ses spectateurs. Le principe du kaléidoscope a fait l'objet de nombreuses expérimentations de l'artiste. Cette œuvre démontre l'intérêt de l'artiste pour la structure des cristaux, composée d'une multitude de facettes lui permettant d'augmenter la surface de ses œuvres, .. The mediated motion (2001) Cette série d'installations investi le bâtiment de la Kunsthaus Bregenz en Autriche avec lequel l'artiste et le paysagiste Günther Vogt ont tenté d'établir un réel dialogue. Les installations s'organisent sur 4 niveaux. Le rez-de-chaussée accueille un amas de bûches sur lesquelles se développent des champignons (Lentuna edodes). Au premier niveau, on trouve une série de pontons survolant un bassin rempli d'une multitude de lentilles aquatiques (lemna minor). Le parcours se poursuit au deuxième étage où de la terre compressée, formant une pente douce, recouvre entièrement le sol. Pour accéder au dernier niveau, le visiteur emprunte un escalier en bois brut (superposé à l'escalier de béton existant) afin de ne pas interrompre le lien d'un paysage à un autre. On arrive enfin sur une passerelle suspendue, se terminant brusquement sur un mur aveugle, obligeant le promeneur à rebrousser chemin. Cet effet de rupture est d'autant plus fort que la pièce est plongée dans un épais brouillard. Il s'agit d'une réelle promenade architecturale. Pour Elíasson, le musée représente une « machine de vision » défiant nos sens et nos pensées, .. Your spiral view (2002) Cette installation se présente sous la forme d'un tunnel composé de deux spirales en acier à poli miroir imbriquées. Le spectateur bénéficie d'une vue légèrement surélevée. La géométrie de l'installation génère une impression de mouvement, dont la direction est difficile à discerner et une image qui se répète à l'infini, p. 250-251.. La situazione antispettiva (2003) ( de Venise) Cette structure est composée d'environ 250 cônes polygonaux en acier inoxydable, polis sur leur face intérieure, et laissés bruts à l'extérieur avec des boulons apparents en acier non traité. Les visiteurs peuvent apercevoir depuis l'extérieur l'intérieur du kaléidoscope à travers les extrémités tronquées des cônes. Une fois à l'intérieur, le visiteur bénéficie d'une vue à 360°, où son image est reflétée à l'infini grâce aux nombreuses imbrications des facettes, .. The Weather Project (2003)