Jacques Claude, comte Beugnot, né le à Bar-sur-Aube et mort le à Bagneux, est un magistrat et homme politique français de tendance républicaine. Opposé aux sans-culottes comme aux royalistes, il exerça des charges importantes sous le Premier Empire.
Biographie Révolution française Avant la Révolution, il était lieutenant-général du présidial de Bar-sur-Aube. En 1790, il devint procureur-général syndic du tout nouveau département de l'Aube, et fut élu par ce département à l'Assemblée législative, le , le septième sur neuf, par 223 voix sur 350 votants. Il y siégea parmi les constitutionnels et fréquenta Georges Jacques Danton. Le , il s'opposa à Antoine Louis Albitte sur les mesures à prendre contre les prêtres réfractaires : Le , il soutint le ministre Antoine François Bertrand de Molleville, contre le comité de la marine qui demandait un décret d'accusation ; le , il provoqua une demande d'explication à l'empereur sur le traité de Pillnitz ; le , il s'opposa au projet de Nicolas de Condorcet tendant à l'élection des agents de la trésorerie par le peuple et le il proposa, soutenu par Vincent-Marie Viénot de Vaublanc, un décret d'accusation contre les journalistes incendiaires, qui amena l'arrestation de Jean-Paul Marat et de l'abbé Royou, ce qui lui valut la haine des Jacobins.
Après le , il ne reparut plus à l'assemblée, fut arrêté et emprisonné en , d'abord à la Conciergerie puis à La Force à partir du de la même année, d'où il ne sortit qu'après la chute de Robespierre.
Premier Empire Il entra en relation avec la famille Bonaparte et, après le coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799), devint conseiller de Lucien Bonaparte, alors ministre de l'Intérieur, et il eut notamment comme mission de désigner les nouveaux préfets. Le (2 mars 1800), il s'adjugea la préfecture de Rouen, qu'il conserva jusqu'au . Le (14 juin 1804), il avait été nommé membre de la Légion d'honneur.
En 1807, il fut chargé de l'organisation du nouveau royaume de Westphalie et fut nommé ministre des Finances de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. En 1808, il devint administrateur du grand-duché de Berg, chevalier de l'Empire, le , officier de la Légion d'honneur, le et comte de l'Empire, le . Il proposa le conseiller Hans von Bülow pour lui succéder au ministère des Finances de Westphalie.
Restauration française vignette|gauche|Portrait de Beugnot en 1820.
De retour en France, en 1813, il devint préfet à Lille et, en 1814, ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire. À la demande de Talleyrand, il rédigea une longue allocution à l'occasion de l'entrée à Paris du comte d'Artois ; Talleyrand n'en retint que la phrase : « Il n'y a rien de changé en France, il n'y a qu'un Français de plus », ce qui lui valut les plus vives protestations du comte d'Artois.
Une ordonnance de Louis XVIII nomma Beugnot, le ., directeur général de la police. Il rétablit les processions et le repos obligatoire du dimanche. Il devint ministre de la Marine le , poste qu'il occupait alors que Napoléon Bonaparte rentrait de l'île d'Elbe. Beugnot accompagna le roi à Gand et, à son retour, reçut, le , la direction générale des postes, qui lui fut bientôt retirée, sans doute à cause de son manque de soutien aux ultraroyalistes pour une fonction plutôt honorifique de ministre d'État.
Le , il fut élu député de la Seine-Inférieure et siégea avec les royalistes modérés, alors appelés « doctrinaires », petit parti qui, selon ses dires, « tiendrait tout entier sur mon canapé ». Le , il est fait Grand officier de la Légion d'honneur et, le , il devient directeur général de la caisse d'amortissement.
Le , il fut réélu député et se rapprocha du ministère d'Élie Decazes. Il contribua au rejet de la proposition de François Barthélemy, qui avait pour but de restreindre les droits électoraux et défendit la liberté de la presse, qu'il combattit un peu plus tard.
En 1820, il donna sa démission de député et se retira de la vie publique. Il a laissé des « Mémoires ». Entre autres, il y prétend avoir fourni le texte de la déclaration adressée par le roi au peuple français avant son retour en France – mais il est connu à présent que c'est un autre texte qui fut adopté.
En 1830, il fut fait pair de France par Charles X de France, confirmé par après la révolution de Juillet.
Il prétendait que son père et l'abbé de Langres avaient tiré la comtesse de La Motte de la misère.
Les papiers personnels de Jacques Claude Beugnot sont conservés aux Archives nationales sous la cote 40AP : Inventaire du fonds
Œuvres Mémoires du comte Beugnot, ancien ministre (1783–1815), publiés par le comte Albert Beugnot, son petit-fils, 1866, Paris, Éditions Dentu, tome premier, 508 pages et tome second, 422 pages (deuxième édition en 1868).
Distinctions Légion d'honneur : Légionnaire () – (14 juin 1804) ; Officier () ; Commandant () ; Grand officier () ; Grand-croix de la Légion d'honneur ().
Armoiries Figure Blasonnement Armes du chevalier Beugnot et de l'Empire (lettres patentes du ).
« Tiercé en fasce : d'argent à un chevron d'azur accompagné de trois raisins de gueules ; de gueules au signe des chevaliers légionnaires, et d'un échiqueté d'or et d'azur ». Armes du comte Beugnot et de l'Empire (lettres patentes du ).
« Coupé ; le premier parti à dextre du quartier des comtes conseillers d'État, et de gueules au signe des chevaliers ; le deuxième d'argent au chevron d'or accompagné de trois grappes de raisin de gueules ».
Livrées : les couleurs de l'écu. « Armes du comte Beugnot, pair de France (baron-pair héréditaire le , lettres patentes du )
« Écartelé aux 1 et 4 d'argent au chevron d'or accompagné de trois grappes de raisin de sinople au 2 d'azur à un livre ouvert d'argent au 3 d'azur à une ancre d'argent ». ou « D'azur, au chevron de gueules accompagné de trois grappes de raisin de sable, feuillées de sinople, au chef d’azur chargé d’un rouleau d’argent ».
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises. Première série, 1787 à 1799. Tomes : , , , et .
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Liens externes
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