La Compagnie d'électricité de Tokyo (en japonais : , plus connue sous l'appellation , en anglais : Tokyo Electric Power Company ou TEPCO) est une multinationale japonaise de production et de distribution d'électricité. Elle dessert la région du Kantō, la préfecture de Yamanashi et la partie orientale de la préfecture de Shizuoka. Son siège social est situé à Tokyo et des succursales internationales existent à Washington, et à Londres. Elle est membre fondateur de consortiums liés à l'innovation et à la recherche dans le domaine de l'énergie, tels que le JINED, l'INCJ et le MAI.
Elle était, avant sa nationalisation, le plus grand producteur privé mondial d'électricité. La compagnie exploite principalement des centrales thermiques et 3 centrales nucléaires (). D'autre part, elle dispose de centrales hydroélectriques, de parcs éoliens et d'une centrale géothermique. En raison du coût exorbitant de la catastrophe de Fukushima, centrale dont TEPCO était l'exploitant, la compagnie a été nationalisée..
Histoire Historiquement, la production d'électricité était confiée à une entreprise à caractère semi-public, la . Afin d'éviter un monopole de l'État japonais dans le secteur de l'énergie, le Commandant suprême des forces alliées décida dès 1948 de privatiser la société. Cette privatisation eut lieu le et donna naissance à neuf sociétés dont la Tokyo Electric Power Company.
L'entreprise a plusieurs fois été mise en cause pour défaut de préparation à un accident ou falsification de documentsQuand le géant du nucléaire japonais cachait des incidents, Le Figaro, .
En , le gouvernement japonais a ordonné à TEPCO de fermer tous ses réacteurs nucléaires pour un contrôle de sécurité après la découverte de documents falsifiés. Le , le séisme de Chūetsu-oki, de magnitude 6,8, endommage les installations nucléaires de TEPCO situées dans la région de Niigata. Un nombre important d'anomalies sont relevées, dont plusieurs graves. Ce séisme a été trois fois plus puissant que ce que les concepteurs de la centrale nucléaire la plus proche avaient prévu ou même imaginé selon le sismologue japonais Katsuhiko Ishibashi, l'un des principaux conseillers du gouvernement japonais sur la sécurité nucléaire en cas de tremblement de terreThe Times (2007/07/21) : Genpatsu-shinsai: the language of disaster that is stalking Japan. Le , à la suite du séisme suivi d'un tsunami qui ont touché la moitié Nord du Japon, plusieurs réacteurs gérés par la compagnie dans la région la plus touchée sont arrêtés. Dans les jours qui suivent, faute de moyens de refroidissement la pression augmente dans les enceintes de confinement de certains d'entre eux à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, où 4 réacteurs sont entrés en fusion partielle de leur cœur. TEPCO doit gérer une situation de crise grave, celle de l'accident nucléaire de Fukushima avec notamment le la destruction par une explosion d'hydrogène du bâtiment recouvrant l'enceinte de confinement du réacteur (le plus ancien) de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Peu d'informations sont diffusées vers le public lors de cet épisode critique, avec même des informations contradictoires envoyées à l'AIEA qui a dû corriger ses communiqués entre le 12 et . Le PDG de TEPCO, Masataka Shimizu, est resté enfermé dans son quartier général à partir du , soit deux jours après le séismeLibération - 25/03/2011 : La mystérieuse disparition du PDG de Tepco., puis a été en arrêt maladie jusqu'au suivant pour cause de surmenage20 Minutes - 07.04.11 : Japon: Le président de Tepco, hospitalisé pour surmenage, a repris le travail. Les jours suivants, l'action de TEPCO entame une sérieuse chute boursièreLe Point, 16 mars 2011 : l'action de la compagnie Tepco s'effondre.. 3 mois plus tard, (le ), la compagnie TEPCO a été nationalisée par l’État japonais. En 2012, TEPCO prépare la construction d'une enceinte de protection autour des bâtiments détruits avant un démantèlement qui devrait durer plusieurs dizaines d'années. Le , la NRA (Commission de réglementation de l'énergie nucléaire) annonce suspecter que malgré la construction d'une barrière souterraine, de l'eau radioactive issue de la centrale percolerait dans le sol et aurait déjà atteint l'océan Pacifique ; son président Shunichi Tanaka insiste sur l'importance de trouver la source de la contamination et de . Les mesures de TEPCO faites les jours précédents et suivants au niveau des fondations montraient une présence de tritium ( à de profondeur près de (soit ) et () à de profondeur, ainsi qu'une augmentation d'une centaine de fois pour le césium 134 et le strontium, sans que l'opérateur ait pu en déterminer l'origine)TEPCO (2013), [http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/2013/1229484_5130.html Press Release (Aug 02,2013)Tritium Density Result of Water Quality Survey inside the Port of Fukushima Daiichi NPS (Follow-up Information 28)]. Également près de à de profondeur, TEPCO a aussi relevé une teneur en chlore élevée (), et une activité très élevée pour le césium (soit ) pour le et (soit ) pour le . L'agence a aussi demandé . Quelques semaines plus tard, TEPCO a John Hofilena (2013), article intitulé TEPCO admits radioactive groundwater is leaking into the sea at Fukushima, Japan Daily Press 2013-07-23, consulté 2013-08-05 reconnu ne pouvoir nier John Hofilena (2013) article intitulé Fukushima experiences magnitude 6.0 quake, no casualties reported, JDP (Japan daily press), 2013-08-05, consulté 2013-08-05, et alors que la centrale subit encore des séismes, qu'une quantité importante d'eau radioactive suinte de la centrale accidentée vers l'océan Pacifique et les nappes à Fukushima, le porte-parole de l'entreprise estimant toutefois que , ajoutant que TEPCO allait . TEPCO n'a pas retrouvé la confiance du public japonais qui pour plus de 90 % estimait avant cette annonce que deux ans après l'accident, la John Hofilena (2013), Over 90% of Japanese think Fukushima disaster not under control – survey (Plus de 90 % des Japonais pensent que la catastrophe de Fukushima n'est pas sous contrôle - enquête), Japan Daily Press 2013-07-19, consulté 2013-08-05. Sur , dont employés à gérer les suites de l'accident de Fukushima Daiichi devant être médicalement suivis avec des résultats qui auraient dû être communiqués à l'OMS (qui n'a reçu que ), selon l'OMS (évaluation faite en ) ont été exposés à plus de , ce qui correspond pour eux à un risque accru de cancer de la thyroïdeFaith Aquino (2013), article intitulé Nearly 2,000 Fukushima Daiichi workers at higher risk of thyroid cancer (Près de 2.000 Fukushima Daiichi travailleurs à un risque accru de cancer de la thyroïde), Japan Daily Press 2013-07-19, consulté 2013-08-05. TEPCO, n'a pas non plus retrouvé la confiance des autorités japonaises de contrôle : en dépit de ses obligations, l'opérateur a omis de prévenir en temps importun le contrôleur nucléaire (NRA) d'une fuite de la digue souterraine (en « verre liquide » de de long et de profondeur) chargée d'empêcher la nappe polluée d'atteindre l'océanFaith Aquino (2013), article intitulé NRA chief accuses TEPCO of having ‘no sense of crisis’ following seawall failure, in JDP (japan daily press) 2013-08-02, consulté 2013-08-05.
TEPCO compte s'installer au Royaume-Uni en 2015 pour acheter, stocker (à l'aide de batteries) et revendre de l'énergie électriquewww.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20140626trib000837128/le-japonais-tepco-va-revendre-de-l-electricite-en-europe.html. Le , TEPCO et l'État japonais sont reconnus coupables de négligence par un tribunal de Fukushima, pour ne pas avoir pris des mesures de protection des centrales nucléaires contre les tsunamis.
Actionnaires Liste des principaux actionnaires au . NomActions%Tokyo Electric Power (salariés)50 545 4003,15%Ville de Tokyo42 676 7002,66%Sumitomo Mitsui Financial35 927 5002,24%Nippon Life (assurances)26 400 5001,64%Mizuho Financial 23 791 1331,48%Mitsubishi Heavy Industries8 098 0000,50%Tokyo Electric Power Holding3 221 1000,20%Sompo Holdings2 557 8730,16%Kandenk2 369 8000,15%Retraités de l'enseignement du Texas1 288 5190,080%
Parc de production
En , la compagnie disposait d’une puissance installée de 64,5 gigawatts dans 190 installations réparties comme suit Company Highlights : Hydraulique : 160 installations / 9 GW
Visuel Nom Puissance Localisation 80px Barrage d'Imaichi Nikkō, Préfecture de Tochigi 80px Barrage de Shiobara Nasushiobara, Préfecture de Tochigi 80px Barrage de Tambara Numata, Préfecture de Gunma 80px Barrage de Kazunogawa Kōshū, Préfecture de Yamanashi 80px Barrage de Nagawado Matsumoto, Préfecture de Nagano 80px Station de pompage-turbinage de Shin-Takasegawa Ōmachi, Préfecture de Nagano
Thermique classique (pétrole, charbon, gaz et géothermie) : 25 installations / 38,2 GW
Visuel Nom Puissance Localisation 80px Centrale thermique d'Oi Shinagawa, Tokyo 80px Centrale thermique de Shinagawa Shinagawa, Tokyo 80px Centrale thermique de Yokosuka Yokosuka, Préfecture de Kanagawa 80px Centrale thermique de Kawasaki Kawasaki, Préfecture de Kanagawa 80px Centrale thermique de Yokohama Yokohama, Préfecture de Kanagawa 80px Centrale thermique de Minami-Yokohama Yokohama, Préfecture de Kanagawa 80px Centrale thermique de Higashi-Ōgishima Kawasaki, Préfecture de Kanagawa 80px Centrale thermique de Chiba Chiba, Préfecture de Chiba 80px Centrale thermique de Goi Ichihara, Préfecture de Chiba 80px Centrale thermique d'Anegasaki Ichihara, Préfecture de Chiba 80px Centrale thermique de Sodegaura Sodegaura, Préfecture de Chiba 80px Centrale thermique de Futtsu Futtsu, Préfecture de Chiba 80px Centrale thermique de Kashima Kamisu, Préfecture d'Ibaraki 80px Centrale thermique de Hitachinaka Tōkai, Préfecture d'Ibaraki 80px Centrale thermique de Hirono Hirono, Préfecture de Fukushima
Nucléaire : 3 installations / 17,3 GW
Visuel Nom Puissance Localisation Centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (à l'arrêt définitif depuis 2013) Okuma et Futaba, Préfecture de Fukushima 80px Centrale nucléaire de Fukushima Daini Naraha et Tomioka, Préfecture de Fukushima 80px Centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa Kashiwazaki, Préfecture de Niigata
Nouvelles énergies : 2 installations / 0,004 GW
À la suite de l'accident de nucléaire de Fukushima-Daiichi, l'entreprise a perdu définitivement 4 réacteurs nucléaires.
Elle fournit environ 29 millions de clients à Tokyo et aux alentours.
Valorisation
La valorisation de la société a énormément baissé en 2011, le cours de l'action chutant de 83 % entre la clôture du et le à 362 yensLe Point ; L'action TEPCO plonge à Tokyo, 05-04-2011.
Mi-2013, Tepco annonçait un bénéfice net de ; Tepco et n'a pas annoncé de prévisions pour l'annéeTepco: bénéfice net artificiel de 3,4 mds ; brève du journal Le Figaro ; 2013-07-31, consulté 2013-08-05.
Critiques
La société TEPCO est mise en cause en 2002 par le gouvernement japonais pour falsification d'une trentaine de rapportsQuand le géant du nucléaire japonais cachait des incidents, Le Figaro du , concernant notamment des fissures dans la structure de treize de ses réacteurs nucléairesSéisme atomique au Japon : le nucléaire civil ébranlé dans le monde (p. 34) du Réseau Sortir du nucléaireInformation sur le nucléaire — Actualité internationale 2002 du RÉSEAU SOL(ID)AIRE DES ÉNERGIES ! Heavy fallout from Japan nuclear scandal CNN le , ce depuis les années 1970, début des constructions de centrales au JaponFukushima, silences coupables, Le Monde du , Philippe Mesmer et Philippe Pons, et pour avoir dissimulé des accidents nucléaires, dont celui qui a conduit à une réaction en chaîne incontrôlée en 1978 dans le réacteur №3 de Fukushima.
Des témoignages d'employés tendent à penser qu'elle . Elle est critiquée pour avoir recours pour la maintenance de ses centrales à des . Enfin, lors de l'accident nucléaire de Fukushima en 2011, pour TEPCO, .