Le fort de Bard est une forteresse reconstruite au par les souverains de Savoie sur un promontoire rocheux dominant le bourg de Bard, à l'entrée de la Vallée d'Aoste en venant du Canavais, en Italie. Il sépare la plaine de Donnas de celle d'Arnad, et représente l'une des plus imposantes forteresses des Alpes.
Le fort a été inutilisé pendant une longue période, mais il a ensuite restauré et intéressé par le projet du musée des Alpes. Il est aussi le siège d'expositions temporaires d'art, et, pendant l'été, de spectacles théâtraux et de concerts.
Histoire Les origines L'histoire du fort date de plusieurs siècles. En effet, sa position, au sommet du rocher de la cluse la plus haute de la vallée de la Doire Baltée, est la raison même de son importance comme avant-poste de contrôle et de défense sur la route vers la France ou vers la Suisse.
Des documents témoignent de l'existence d'une garnison ostrogothe de à l'époque de Thierry et de Théodoric le Grand ().
L'époque médiévale et moderne En 1242, le fort fut cédé aux comtes de Savoie par les puissants seigneurs de Bard, et en 1661 Charles-Emmanuel de Savoie dit Le Grand, y installa la garnison de contrôle du duché d'Aoste, après le démantèlement des maisons-fortes à Verrès et à Montjovet.
Au cours des siècles suivants, le fort fut l'objet d'autres projets de renforcement. En particulier, il a été l'avant-poste de défense de l'armée austro-piémontaise qui s'opposa à l'avancée de Bonaparte en 1800.
Mai 1800 : « Arrêtez Napoléon ! »
Au lever du soleil du , l'« Armée de réserve » du Premier consul Bonaparte, composée de , franchit le col du Grand-Saint-Bernard, avec l'intention de surprendre l'armée austro-piémontaise dans la plaine du Pô. Mais son avancée fut arrêtée à Bard, à l'avant-poste du fort, où se trouvaient quelque de l'armée austro-croate du capitaine Von Bernkopf.
Le siège dura deux semaines, tandis que les troupes françaises cherchaient à contourner l'éperon rocheux du fort par le col d'Albard. Ensuite, l'armée locale dut se rendre .
Après avoir été qualifié de vilain castel de Bard, il fut détruit par Napoléon, agacé par la résistance des soldats du royaume de Sardaigne.
L'époque contemporaine En 1827, Charles-Félix de Savoie, craignant une attaque du front français, confia à l'ingénieur militaire François-Antoine Olivero le projet de renforcement de la structure du fort.
Commencée sous le règne de Charles-Félix, la restauration du fort fut terminée sous le règne de Charles-Albert de Savoie entre 1830 et 1838 sur une structure précédente remontant au , qui se fondait à son tour sur un bâtiment romain. En effet, par ici passait la route consulaire des Gaules, dont les ruines sont visibles à l'entrée du bourg de Donnas.
Les travaux durèrent huit ans, et la structure de défense fut organisée sur deux niveaux, en forme de tenaille : l'ouvrage Ferdinand et l'ouvrage Mortiers, l'ouvrage Victor, l'ouvrage Gola et l'ouvrage Charles-Albert.
Le fort disposait de pour , auxquelles s'ajoutaient de services et une cour intérieure, la place d'armes. La disposition des chambres et des casemates permettait une défense réciproque en cas d'attaque.
Le gros entrepôt près de l'ouvrage Mortiers contenait des denrées et des munitions pour des mois.
Le comte Camillo Benso de Cavour, futur président du Conseil du royaume d'Italie y effectua son service militaire.
Inutilisé jusqu'à la fin du , le fort devint ensuite la poudrière de l'armée italienne jusqu'à 1975, quand il fut acheté par la région autonome Vallée d'Aoste. Après une période d'ouverture au public au début des années 1980 aux années 1990 et 2000 ont eu lieu les travaux de restauration.
Le musée des Alpes a été ouvert dans le fort en 2006.
La structure La partie du fort ouverte au public comprend les structures suivantes : Ouvrage Charles-Albert : Le musée des Alpes Un espace pour les expositions temporaires L'espace Vallée culture, un point de renseignement sur le patrimoine culturel et artistique valdôtain Les prisons Un espace pour les concerts et les représentations théâtrales La Salle des arcs candides, une salle de conférences Une médiathèque sur les peuples alpins ; Ouvrage Ferdinand inférieur : Le musée des frontières, avec trois espaces dédiés aux frontières alpines, à la construction des fortifications et des tunnels ; Ouvrage Ferdinand supérieur : siège du musée du fort ; Ouvrage Victor : siège de l'espace Les Alpes des enfants et de l'Échelle du temps ; Ouvrage Mortiers et la poudrière : espace pour les écoles, avec des salles pour des leçons, des rencontres et des projections.
La restauration
Un ambitieux plan de sauvegarde et de rénovation a débuté en 1999 (plus de 45 millions d’euros de travaux)Muriel Faure, « La nouvelle vie des remparts », in L’Alpe , Citadelles d’altitude, juin 2007, et a permis au fort de retrouver une nouvelle identité et de rouvrir en , sous la forme d’un complexe ludo-historique. Le fort de Bard, après avoir été la forteresse imprenable qui barrait l’accès à la Vallée d’Aoste, souhaite devenir la porte d’entrée sur le patrimoine de la montagne en général et des Alpes occidentales en particulier.
Le musée des Alpes
thumb|right|150px|L'entrée du musée. Le musée des Alpes est le musée principal du fort. Il concerne l'aire alpine et ses cultures et civilisations, de la Slovénie à la France, en passant par l'Italie, l'Autriche, le Liechtenstein et la Suisse.
Il a été inauguré en 2006, après des travaux de restauration du fort d'une durée de 10 ans environ.
Il est organisé selon les techniques de communication multimédia les plus modernes à l’époque, faisant recours très souvent aux vidéos, aux photographies et aux sons.
Il ne répond à aucun standard de musée anthropologique, scientifique ou d'art, et il offre un aperçu général de la culture et de la civilisation des Alpes, aussi bien que de sa flore, de sa faune et de son environnement.
Événements Marché au fort, à la mi-octobre : foire de produits typiques valdôtains.
Le fort au cinéma Le forte de Bard est au centre de la scène initiale du film Avengers : L'Ère d'Ultron, réalisé par Joss Whedon. Dans le film, le fort est présenté comme une base secrète de l'organisation fictive appelée HYDRA, et se trouve dans le pays européen imaginaire de Sokovie..
Galerie de photos
Références
Voir aussi
Bibliographie
Augusta Lange, Disegni cinquecenteschi dei castelli di Montjovet e di Bard, 19??
Articles connexes Châteaux de la Vallée d'Aoste Musée des Alpes (Bard) Tracé à l'italienne
Liens externes
Fort de Bard - Région autonome Vallée d'Aoste Fort de Bard - Office du tourisme de la Vallée d'Aoste Marché au fort
Bard Catégorie:Château dans la Vallée d'Aoste Catégorie:Patrimoine du XIXe siècle Catégorie:Histoire de la Vallée d'Aoste Catégorie:Histoire du Piémont Catégorie:Histoire de la Savoie Catégorie:Architecture à Bard (Italie)