Quevaucamps est une section de la commune belge de Belœil située en Wallonie picarde dans la province de Hainaut.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Géographie Situation La majorité du territoire de Quevaucamps est occupée par des champs et des pâturages, ce qui en fait un village agricole d'importance significative.
Il présente une altitude moyenne de , variant de aux alentours de la A16 à dans le bois de Beloeil.
Le village est desservi au sud par la route nationale N50, et est situé à de Tournai et à de Mons.
Quartiers et lieux-dits Le village s'est développé autour de deux pôles : la Grand-Place, où se trouvent l'église et l'ancienne maison communale, et le Pâturage, ancien lieu-dit qui désigne la partie nord du village.. Leurs habitants étaient surnommés respectivement les « Bourgeois » et les « Sauvages », et la rivalité entre les deux quartiers s'est manifestée notamment lors du choix de l'emplacement de la gare. et de la construction de la chapelle Saint-Joseph.. D'autres quartiers portent des noms anciens : le Coron d'en Haut., le Marétiau, le Coron Papae et la place Langlois., anciennement place du Trieu.. La place du Pâturage a pris le nom de place Roger-Lallemand en 2021.. Les habitants de Quevaucamps sont surnommés les « Poipoines »...
Hydrographie Le village n'est traversé par aucun cours d'eau important.. Le « Grand Fossé », creusé en 1801 dans les marais du Pâturage, part d'Ellignies-Sainte-Anne, longe la chaussée Brunehaut et rejoint le ruisseau de Belœil dans les bois du prince de Ligne ; de petits ruisseaux, le Nocquet et le ruisseau de la Fontaine Philosophe, alimentaient autrefois des viviers et des abreuvoirs..
Évolution démographique
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Histoire Préhistoire et Antiquité Des prospections de surface ont livré des traces d'occupation préhistorique. Au lieu-dit « le Haignois », une pointe de flèche à retouches couvrantes, type propre au Mésolithique moyen et au début du Mésolithique final, a été ramassée à un endroit qui avait déjà fourni de nombreux éclats de silex.. À la limite de Basècles, près du Moulin d'en Haut, les silex taillés recueillis à partir de 1960 ont été attribués par leurs inventeurs au Néolithique final, voire au Chalcolithique ; l'inventaire comptait 635 pièces en 1971.. Francis Houbion a par ailleurs étudié un site de La Tène et fouillé un puits gallo-romain au lieu-dit « Les Marlières »..
La chaussée Brunehaut, qui traverse le village, reprend le tracé de la voie romaine de Bavay à Blicquy. Dans la traversée de Quevaucamps, la route actuelle s'écarte de l'axe antique sur quelque 350 mètres.. En 1989, la cellule archéologique de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine de Belœil (ASPB) a pratiqué une coupe dans ce tronçon abandonné. La chaussée y est faite d'un empierrement de calcaire local ; sa bande de roulement, large d'environ 9,70 mètres à l'origine, atteint 12,20 mètres en débordant sur les fossés comblés.. Le mobilier recueilli situe son utilisation entre la fin du , et les fouilleurs envisagent la présence d'un habitat gallo-romain à proximité.. Le mot « pire », qui désignait dans la région les anciennes voies romaines, subsiste dans le lieu-dit « Champ entre deux Pires »..
Moyen Âge En juillet 1969, des travaux dans une propriété de la rue du Brugnon, au lieu-dit « Les Saudrillons », ont mis au jour une fosse contenant les ossements de onze individus. Une datation par le carbone 14 les place entre la seconde moitié du . L'exhumation, mal conduite, n'a pas permis d'établir la nature du dépôt, probablement une fosse commune ; un petit vase de cuisine découvert au même endroit est sans doute contemporain des ossements..
Le nom apparaît sous la forme latine Equicampo dans une confirmation pontificale des biens de l'abbaye de Saint-Ghislain datée de 1191, puis sous la forme Chevalcamp en 1407.. Un acte de 1645 relatif à Basècles écrit encore « Keuvaucamps »..
Sur le plan religieux, Quevaucamps appartenait à l'origine à un ensemble dont Harchies était la paroisse-mère, avec Grandglise et Stambruges pour succursales. En 1138, l'évêque de Cambrai Nicolas de Chièvres donna à l'abbaye de Saint-Ghislain la collation de l'autel d'Harchies et de ses dépendances.. Stambruges et Quevaucamps furent détachés d'Harchies au ; Quevaucamps n'avait alors qu'une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, desservie par le curé de Stambruges, et n'eut pas de cure propre avant le . En 1408, la cour de Mons trancha un procès entre ce curé, Adam Aisnart, et un brasseur de Quevaucamps qui refusait d'acquitter le « signage », redevance liée à la bénédiction de la bière.. En 1486, le village comptait 60 feux, soit environ 360 habitants..
Époque moderne À la mort de Charles de Croÿ, la seigneurie de Quevaucamps fut mise en vente ; en 1613, Jean de Mérode l'acheta pour le compte de Philippe de la Barre.. En 1732, après la mort de son père, qui les tenait depuis 1656, le chevalier Charles de la Barre fit valoir devant la Cour souveraine de Mons ses droits sur les deux fiefs de Quevaucamps : le village lui-même, avec sa chapelle et la haute justice, et un second fief dit « d'Anvaing ». Claude Lamoral II, prince de Ligne, acquit ensuite la terre auprès des héritiers du comte de la Barre d'Erquelines ; son fils Charles-Joseph de Ligne en fut le dernier seigneur..
Les petits fermiers faisaient paître leur bétail sur des prés appartenant aux princes de Ligne. Selon Fernande Dulieu, un différend les opposa de 1704 à 1782 au prince, qui reprenait peu à peu ces prairies pour les boiser.. Bernard Duhant évoque pour sa part deux siècles de procès entre les habitants du Pâturage et la famille princière au sujet des droits seigneuriaux.. Vers 1682, la princesse Claire-Marie de Nassau-Siegen fit construire à l'orée du bois de Belœil, sur le territoire de Quevaucamps, les Pavillons des Gardes, destinés à loger les gardes du parc ; ils sont classés depuis 1949..
La chapelle Notre-Dame de Foy porte la date de 1627 sur la clé de son arc d'entrée, la plus ancienne connue sur un édifice du village.. Quevaucamps relevait alors du diocèse de Cambrai.. En 1721, l'arpenteur Guillaume Couvreur dressa pour l'abbaye de Cambron une carte figurée de ses biens à Thumaide, Basècles et Quevaucamps. L'abbaye possédait à Quevaucamps neuf parcelles, toutes louées au même fermier, dont l'une longeait la chaussée Brunehaut... Ces terres furent vendues comme biens nationaux en 1800..
Le Moulin d'en Haut, moulin à vent situé sur le vieux chemin de Condé à Ath, à la limite de Basècles, remplaça un moulin antérieur détruit par un incendie. Le comte d'Erquelines autorisa Maximilien Mercier à le rebâtir en 1745La permission est datée du 6 avril 1745 par Jean Leblois () et du 6 août 1745 par Bernard Duhant et Josée Goffin (). Jean Leblois date également de 1745 la construction de la ferme du moulin (). ; Jacques-François Le Roy prit la parcelle en bail pour 99 ans en 1748 et racheta le moulin l'année suivante.. La première mention d'un maître d'école à Quevaucamps date de 1728.. Le 26 août 1784, trois cloches neuves furent bénites pour la chapelle ; le prince héréditaire de Ligne, seigneur du lieu, en fut le parrain..
Période française Après la bataille de Fleurus, en 1794, les autorités françaises firent descendre les cloches du clocher ; seule la plus grosse resta en place.. Au 31 janvier 1795, le village comptait 197 maisons ; à côté des censiers et des journaliers, le recensement mentionne des chaufourniers, une tricoteuse, un peigneur de laine et des marchands de bas.. En 1799, la conscription provoqua des troubles dans le canton : Quevaucamps fut menacé, avec Grandglise et Stambruges, de perdre ses cloches pour avoir sonné le tocsin, et un détachement de troupes fut envoyé pour faire partir les conscrits.. La loi du 28 pluviôse an VIII (1800) fixa à quinze le nombre de communes du canton de Quevaucamps..
Quand la liberté de culte fut rétablie, en juin 1802, Quevaucamps comptait 955 habitants. Un décret de l'évêque de Tournai du 13 octobre 1803 en fit une paroisse autonome, distincte de Stambruges.
Chef-lieu de canton au Le siège du canton fut disputé par Belœil. En 1834, un projet de réduction du nombre des justices de paix menaça le canton. La commune fit valoir sa situation sur la chaussée de Mons à Tournai, au centre du canton, et le bâtiment communal qu'elle avait construit une douzaine d'années plus tôt avec une salle d'audience. Après plusieurs projets de démembrement ou de transfert, la loi de 1847 sur la circonscription cantonale maintint le chef-lieu à Quevaucamps et obligea le juge de paix à y siéger.B. Duhant date le vote de la loi du 16 avril 1847 (), mais une lettre de 1849 qu'il reproduit cite une loi du 26 février 1847 ().. La maison communale, transformée en 1840 sur les plans de l'architecte provincial Jean-Baptiste Mottrie, abritait au rez-de-chaussée la classe des garçons et à l'étage la salle d'audience.. La justice de paix y siégea jusqu'en 1952, puis dans l'ancienne ferme Duchateau-Van Haecht, devenue maison communale, avant d'être transférée à Roucourt en 1982...
De 1815 à 1909, les jeunes gens de 19 ans du canton venaient chaque année au début de février tirer au sort leur numéro de milice dans la salle de la justice de paix ; la loi du 14 décembre 1909 instaurant le service militaire personnel mit fin à cette pratique... Une petite chapelle dédiée à Notre-Dame des Conscrits fut élevée en 1837..
L'école communale naquit en 1838, lorsque le conseil communal nomma un instituteur à la tête d'une école mixte installée dans la maison communale.. L'ancien cimetière qui entourait l'église fut déplacé en 1856.. L'église Saint-Jean-Baptiste, construite en briques et en pierre de Grandglise, fut agrandie en 1875 sur les plans de l'architecte athois Léopold Hotton.Dans un autre article, B. Duhant range l'église de Quevaucamps parmi les églises démolies à cette époque parce que jugées vétustes et trop petites ().. Un service postal fut créé le 13 mars 1876.. Le kiosque de la Grand-Place, construit à l'initiative de la fanfare « La Renaissance », fut inauguré le 8 août 1897 ; l'éclairage public au pétrole fut installé à la fin de la même année.. Celui de la place du Pâturage date de 1901..
Florimond Duchateau, maître de carrières, fut bourgmestre de 1882 à sa mort en 1916, après avoir fait fonction de bourgmestre depuis 1879..
Agriculture et marais Vers 1830, Quevaucamps était un village à vocation agricole : le bétail paissait dans la zone marécageuse du Pâturage, au nord-est. Le défrichement du marais communal fut décidé en 1852.. Tout au long du siècle, les droits de pâturage sur le marais du Harby opposèrent Quevaucamps à Grandglise..
Carrières, chaux et marbre noir Le sous-sol du village, comme celui de Basècles, fournit un calcaire bleu exploité en carrière. La pierre de qualité servait à la construction ; le reste était cuit en chaux, employée pour le mortier et le plâtre ou pour amender les terres. En 1858, Basècles et Quevaucamps comptaient ensemble 36 fours à chaux.. Des chaufourniers figurent déjà parmi les habitants recensés en 1795, et un plan de 1857 montre le four à deux chaudières de Philippe Trivier..