Jean-Charles Persil, né le à Condom et mort le à Antony, est un magistrat et homme politique français.

Il a été ministre de la Justice et des Cultes sous la monarchie de Juillet (1834-1837) puis pair de France (1839) et conseiller d'État (1852).

Biographie vignette|gauche|« Père-Scie. » Caricature d’Auguste Bouquet (1832). Jean-Charles Persil, habillé en magistrat, tente de décapiter le journaliste et dessinateur Charles Philipon à l'aide de son grand nez transformé en lame de scie. Philipon est allongé les mains liées sur une pile d'exemplaires de la revue La Caricature dont il était directeur. vignette|gauche|Jean-Charles Persil par Honoré Daumier, La Caricature (1833). Fils de Jean-Joseph Persil, négociant, et de Marie Denux, Jean-Charles Persil fait son droit à Paris en une année, est reçu docteur l'année suivante (1806) et songe à devenir professeur de droit, mais passe sans succès les concours des facultés de Paris et de Grenoble. Il acquiert cependant une certaine réputation par deux ouvrages qu'il publie : Le régime hypothécaire (1809) et Questions sur les privilèges et les hypothèques (1812). Il s'inscrit au barreau, et devient un avocat renommé.

Sous la Restauration, il prend part aux combats politiques du parti libéral. Il défend son ami Nicolas Bavoux devant la Chambre des pairs. Le , il est élu député dans le électoral du Gers (Condom)par 126 voix sur 228 votants et 268 inscrits, contre 97 à M. de Burosse. Il proteste contre les ordonnances de Saint-Cloud et fait partie de la délégation qui, autour d'André Dupin, se rend à Neuilly-sur-Seine pour offrir au duc d'Orléans la lieutenance générale du royaume.

Il est nommé procureur général près la cour royale de Paris, ce qui l'amène à se représenter devant ses électeurs : il est réélu député le 188 voix sur 200 votants et 288 inscrits. Lors des élections générales du , il est élu dans le électoral du Gers (Lombez)99 voix sur 190 votants et 226 inscrits contre 86 au candidat légitimiste, M. de Panat.

En , il est chargé de prononcer le réquisitoire lors du procès des ministres de Charles X.

Tant comme magistrat que comme député, Persil se range résolument du côté du parti de l'ordre et combat avec ardeur les libéraux, si bien que La Fayette disait de lui qu'il est « furieux de modération ». Il poursuivait les clubs, les associations, les journaux républicains, dénonçait des complots, multipliait des procès où, souvent, d'ailleurs, les jurys se montraient plus cléments et relaxaient les prévenus. Cette dureté lui valait les attaques incessantes des journaux satiriques, qui le représentaient fréquemment avec un immense nez en forme de lame de scie et la légende « le Père-Scie ». L'un d'entre eux annonça un jour : « M. Persil est mort pour avoir mangé du perroquet. » Charles Philipon, qu'il poursuivit avec vigueur, prétendait qu'il pouvait « descendre d'un anthropophage ramené par le Capitaine Cook ».

Le , Persil est nommé ministre de la Justice et des Cultes dans le premier ministère Soult, en remplacement de Félix Barthe et conserva ces fonctions jusqu'au dans les ministères Gérard, Maret, Mortier et Broglie.

Il est réélu député le 111 voix sur 203 votants et 244 inscrits. Lors des élections législatives du , il est de nouveau élu dans trois collèges électoraux : le de la Corrèze (Ussel)98 voix sur 176 votants et 211 inscrits contre 59 à M. de Valon ; le du Gers (Condom)184 voix sur 357 votants et 485 inscrits contre 165 à M. Pagès ; le du Gers (Lombez)127 voix sur 213 votants et 244 inscrits contre 86 à M. Domezon. Il choisit Condom et est remplacé à Lombez par M. Troy et à Ussel par Camille Périer.

Persil redevient ministre de la Justice dans le premier ministère Molé du au . Il affronte Louis Mathieu Molé qui refuse la dissolution de la Chambre des députés, donne sa démission et, quittant le cabinet avec les doctrinaires, est nommé président de la Commission des monnaies, fonction lucrative et peu absorbante. Mais, entré dans la coalition, il continue de ferrailler contre le président du Conseil qui obtient sa révocation au début de 1839.

Il est réélu député le 249 voix sur 358 votants et 583 inscrits puis le 308 voix sur 328 votants. Le il publie dans Le Journal des débats une déclaration dans laquelle il annonçait revenir au bercail conservateur : ceci lui valut d'être réintégré dans ses fonctions à l'hôtel des monnaies, nommé pair de France le et fait grand officier de la Légion d'honneur (). Jusqu'en 1848, il fut un soutien ponctuel du gouvernement de Louis-Philippe . À la Chambre des pairs, il fut notamment le rapporteur de l'importante loi du sur la police des chemins de fer.

Après la révolution de 1848, il quitte la vie publique. Il est toutefois nommé conseiller d'État le . Il aurait été aussi sénateur du Second Empire ; qui cite (tome XII, page 677) :

Il meurt en 1870. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. . Il a été marié à la cousine germaine du ministre Alfred Deseilligny. La rue Jean-Charles-Persil à Antony perpétue sa mémoire.

Par sa mère née Clémence Persil, le peintre André Dunoyer de Segonzac est le descendant direct de Jean-Charles PersilPaul Jamot, Dunoyer de Segonzac, Librairie Floury, Paris, 1941..

Publications Régime hypothécaire, ou commentaire sur le titre du livre III du Code civil, relatif aux privilèges et hypothèques, Paris, chez P. Gueffier, 1809, in-8º (nlle. éd. augmentée 1817, 2 vol. in-8º) Questions sur les privilèges et hypothèques, saisies immobilières et ordres, faisant suite au Régime hypothécaire ; contenant la solution des difficultés qui se présentent habituellement devant les Tribunaux, ou sur lesquelles l'Auteur a été consulté, Paris, P. Gueffier, 1812, 2 vol. in-8º (nlle. éd. 1820) Dissertation sur le rétablissement du droit d'aînesse et des substitutions, Paris, Baudouin frères, 1826, in-8º. Lettres de M. Persil, député de l'arrondissement de Condom, aux rédacteurs de ″La Presse″ et des ″Débats″ [à l'occasion de son départ de la Direction générale des monnaies], 1839.

Notes et références

Bibliographie Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des Parlementaires français, Paris, Dourloton, 1889.

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