Gustave-Adolphe Mossa, connu aussi comme Gustav-Adolf Mossa, jusqu'à la Première Guerre mondiale, est un peintre symboliste français et illustrateur, né le à Nice, où il est mort le .

Il est le fils du peintre Alexis Mossa (1844-1926).

Il est un peintre symboliste tardif dans la mouvance de Gustave Moreau, Lucien Lévy-Dhurmer, Edgard Maxence ou Émile-René Ménard.

Biographie

Né en 1883 d'une mère italienne, Marguerite Alfieri, et du peintre Alexis Mossa, Gustave-Adolphe est très tôt intéressé par la peinture. Un tableau de son père le représente peignant à l'âge de neuf ans. Son père, paysagiste et imagier du carnaval de Nice depuis 1873, va être son professeur. Jusqu'en 1900, Gustav-Adolf étudie à l'École des arts décoratifs de Nice où il se familiarise avec l'Art nouveau. Parallèlement, son père l'initie à l'art du paysage à l'aquarelle aux alentours de Nice et dans l'arrière-pays. Auteur de nombreuses affiches pour le carnaval de Nice, il influença son fils dans sa carrière d'artiste-peintre. Conservateur du Musée des Beaux-Arts Jules Chéret de Nice jusqu'à sa mort en 1926, son fils lui succède à ce poste et dirige le Musée de 1926 à 1971.

Dès 1900, après la visite de l'Exposition universelleSoubiran, 1985, ., il est porté par le mouvement symboliste finissant et l'Art nouveau. Alors qu'il quitte l'École des arts décoratifs, il se lance également dans l'écriture de pièces de théâtre et de poèmes.

En 1901, Mossa crée sa première grande toile symboliste : Salomé ou prologue du ChristianismeVoir « Œuvres symbolistes »..

En 1902, il fait une série de voyages en compagnie de son père en Italie, où il visite Gênes, Pise, Sienne et surtout FlorenceSoubiran, 1985, .. Dans la lignée de son père, il réalise alors ses premières œuvres pour le carnaval de Nice.

Fin 1902, Gustave-Adolphe Mossa retourne à Nice, où il présente son premier projet de char au concours Carnaval. En 1903, il entame un nouveau voyage avec son père à Mantoue, Padoue et VeniseSoubiran, 1985, ..

Au début des années 1900, Gustave-Adolphe Mossa germanise son prénom en « Gustav-Adolf » pour s’inscrire dans la lignée des artistes qu’il admirait comme Heinrich Heine et Goethe ou encore Wagner et Schumann. Il reniera cette orthographe germanisée après une quinzaine d'années, au cours de la Première guerre mondiale, pour reprendre l'usage de son prénom d'origine, Gustave-Adolphe.

De 1904 à 1911, il connaît une période féconde : peinture symboliste, scènes de carnaval, paysages à l'aquarelle, poèmes, pièces de théâtre.

En 1908 il épouse Charlotte-Andrée Naudin. En 1911, il connaît un certain succès à l'occasion d'une exposition à la galerie Georges Petit à Paris. Il découvre alors les Primitifs flamands, puis les Primitifs niçois, lors de L'Exposition rétrospective d'Art régional Niçois des Dont il écrit un compte-rendu dans L'Art et les Artistes, n° 86, mai 1912..

Au cours de l'année 1913, Gustave-Adolphe Mossa expose à Nice et à Paris une série d'œuvres inspirées par Robert SchumannSchumann, catalogue de l'exposition Ymages sur son œuvre par G. A. Mossa, Galerie Georges Petit, 1913.

Il est mobilisé lors de la Première Guerre mondiale en 1914, où il est gravement blessé. De cette expérience de la guerre, il tire une toile achevée en 1916 : Les tristes heures de la guerre.

Après 1918, suite à la rupture avec sa première femme et le décès de sa mère en 1919, Gustave-Adolphe Mossa poursuit son œuvre avec moins d'intensité, en produisant des paysages, des illustrations et des écrits. Il se remarie en 1925 avec Lucrèce Roux, qui meurt en 1955.

En 1926, il fonde avec Barthélémy Marengo la compagnie théâtrale Barba Martin, pour laquelle il écrira et mettra en scène plusieurs pièces.

Après le décès de sa seconde épouse, il se marie à nouveau en 1956 avec Marie-Marcelle Butteli (1908-1999), qu'il surnomme « Violette ».

Gustave-Adolphe Mossa meurt le . Son œuvre symboliste, dont l'essentiel est produit jusqu'en 1918, n'est exposée que dans sa jeunesse, et occultée par lui-même à ses proches et au public qui le connaissait essentiellement par son travail d'imagier du carnaval de Nice, est redécouverte par son biographe, Jean-Roger Soubiran.

Œuvre

Imprégné de ses lectures, Mallarmé, Baudelaire, Huysmans, Gustave-Adolphe Mossa s'inspire des maîtres du Quattrocento, des préraphaélites et de l'art nouveau. Il produit environ cinquante huiles, quatre-cents aquarelles et quelques œuvres gravées symbolistes.

Outre sa peinture symboliste, comme son père Alexis, il a exécuté de nombreuses aquarelles de paysagesVoir "Alexis et Gustav-Adolf Mossa, catalogue de l'exposition Aquarelles du Pays Niçois, 1985". Il s'est exercé à l'expressionnisme, produisant, dans les années 1903 à 1904, cent quatre-vingt-neuf dessins à l'encre de Chine et aux crayons de couleur, caricaturant tantôt les mondains, tantôt les religieux, s'intéressant aux petits métiers ou à l'actualité, signés Mossa ou Karl Joël (exceptionnellement Karl Joris) en hommage à HuysmansVoir "Gustav Adolf Mossa, de Jean-Roger Soubiran, chez Ediriviera-Alligator 1985" et "Gustav-Adolf Mossa. Catalogue raisonné des œuvres symbolistes, de l'Association Symbolique Mossa 2010"..

En tant que carnavalier, il produit plusieurs dizaines de maquettes de chars (le plus souvent dessins aquarellés) pour le carnaval de Nice, dans lesquelles il montre la même créativité que dans sa période symboliste. Beaucoup de ces maquettes ont servi de base à la réalisation de charsVoir "Annie Sidro 1979", "Coffret Carnaval Cent 1984" et "Catalogue raisonné des œuvres symbolistes 2010".

Au théâtre, il écrit des pièces symbolistes (Dom Quichotte, Plume d'Ibis) pour lesquelles il crée des frontispices et projets de décor ; il fonde la première troupe de théâtre dialectal en niçois, le théâtre de Barba Martin, pour lequel il écrit des pièces en niçois (comme La Nemaïda, en 1924, ou La Tina, en 1931)Voir "Œuvres théâtrales et livrets lyriques"..

Mossa est aussi un illustrateur de livres, avec l'illustration de plusieurs ouvrages illustrés pour la Librairie des Amateurs de A. et F. Ferroud, celle des œuvres de Dominique Durandy, des éditions de musique folklorique niçoise, des ouvrages divers sur la Côte d'Azur etc.

Gustav-Adolf Mossa laisse derrière lui, outre son œuvre picturale, un grand nombre de textes parmi lesquels des livrets d'opéras ou autres pièces lyriques. Il faut considérer son œuvre dans ses rapports avec la musique, la peinture et la littérature. Il a puisé son inspiration dans l'œuvre des grands écrivains dont il était un lecteur assidu et en particulier BaudelaireVoir "Le Carnaval de Nice et ses fous, de Annie Sidro, chez Serre, 1979", "Carnaval Cent, coffret du centenaire de Carnaval, collectif, Ville de Nice, 1984", "Jean-Roger Soubiran, Ediriviera-Alligator, 1985", "Catalogue raisonné des œuvres symbolistes, 2010")..

Ses œuvres présentent des compositions souvent dramatiques, des dessins fouillés, souvent caricaturaux, et analysent des situations de vie avec une certaine lucidité psychologique.

L'œuvre de Gustave-Adolphe Mossa est un ensemble de références à des mythes, des fables : conflits des pulsions de vie et des pulsions de morts, Éros et Thanatos et plus particulièrement dans la représentation de Salomé qui hante presque tous les symbolistes, mais aussi dans celles de Sappho et Dalila.

Gustave-Adolphe Mossa est l'auteur des dessins des jetons métalliques de nécessité ainsi que des esquisses des bons consulaires de et émis en 1920 et 1922 par la Chambre de commerce de Nice et des Alpes-Maritimes. Ses dessins originaux ont été retrouvés en 2003 dans une vente publique et acquis par la Chambre de commerce de Nice pour être versés dans ses archivesYves Brugière, « Des dessins originaux des monnaies de nécessité de la Chambre de commerce de Nice et des Alpes-Maritimes enfin retrouvés ! », in Annales du Cercle numismatique de Nice, 2003, . Ils sont présentés en 2022 à l'occasion de l'exposition intitulée Gustave-Adolphe Mossa, Niciensis Pinxit, au musée des Beaux-Arts Jules Chéret de Nice..

Œuvres symbolistes (Sources : Jean-Roger Soubiran, Ediriviera-Alligator, 1985 et Catalogue raisonné des œuvres symbolistes, 2010.)

Les listes d'œuvres qui suivent ne sont pas exhaustives ; le seul catalogue exhaustif qui existe est celui des œuvres symbolistes (voir éditions Somogy, 2010, dans la bibliographie). Salomé ou Prologue du christianisme (1901) Frontispice pour Dom Quichotte, Frontispice pour Plume d'Ibis (1902) Circé, Judith et Holopherne (1904) Portrait psychologique de l'auteur, Les Parques, Duellum, Encor Salomé, La Sirène repue, Le Baiser d'Hélène, Dalila s'amuse, Le Système du docteur Forceps, Le Fœtus (1905) Œdipe vainqueur, Pierrot s'en va, Elle, Lui, La Sphinge, Valse macabre, Suzanne et les Vieillards, Allons jeune homme allons marche, Une charogne, Leda, Judith, David et Bethsabée (1906) Eva Pandora, Le Vice, Esther, Femme aux œnochoés, La Harpyie, Rubria, La Mort d'Adonis, Danaé, Il Santo, Clara d'Ellébeuse, L'Aveugle, Mary de Magdala (1907) Les Mortes, Christus, Salomon, Salomé (1908) Le Coq et la Perle (1909) Adamus et Eva (1910) Tranquillus, Dans les champs, Bruges la morte (1911) Les Tristes Heures de la guerre (1916) Sourire de Reims (1918) La Ronde des Sylphes (circa 1925)

Œuvres expressionnistes (1903 - 1904) (Sources : Jean-Roger Soubiran, Ediriviera-Alligator, 1985.) Ne crains rien mon chou, après toi le déluge, signé Karl Joël, 1903. Tu vas réussir à nous faire rater l'omnibus, signé G. A. Mossa, 1903 Pas la peine de l'inviter. Être ou paraître. Déjà des invités. Un amateur, signé mossa. Le Pauvre Homme. La Garde-malade. Un homme de la hotte. L'Élévation, signé mossa. Toujours la tiare, signé Karl Joël. Bénédiction, signé mossa, 1903. Attelage à deux : un amant et un mari c’est fatigant tout de même.

Maquettes, dessins, affiches de Carnaval (sources : voir Annie Sidro 1979, coffret Carnaval Cent 1984 et Catalogue raisonné des œuvres symbolistes 2010) À l'instar de Bayreuth, L'Entente cordiale, maquettes, 1904. Madame Carnaval, Le Triomphe du reportage, As You Like It, Les Cruches cassées, maquettes, 1907. L'Attente du lavement, L'Embarquement pour Cythère, maquettes, 1908. Ici-Les-Mulino Nice-Coni, S M Carnaval, Madame Carnaval sur Pégase, Chantecler, maquettes, 1909. Santos Dumont à bord de sa demoiselle Libellule, maquette, 1910. S M Carnaval, Madame Carnaval reine des suffragettes, maquettes, 1911. Carnaval et la Joconde, La Rascassa char de la musique, Les Plaisirs du dimanche, Chéhérazadiana, maquettes, 1912. S M Carnaval, maquette, 1913. S M le roi Carnaval de Menton, Pégase, maquettes, 1914. Nice 1914, affiche pour Carnaval 1914, 1914. Nice 1915, projet d'affiche pour Carnaval 1915, 1914. S M Carnaval, maquette, 1921. L'Ymagier du roi Carnaval, autoportrait caricatural, 1921. Caricature des membres du comité des fêtes, dessin, 1923. S M Carnaval, Madame Carnaval, maquettes, 1924. S M Carnaval, Tabarinade, maquettes, 1925. S M Carnaval Rei dai Baronaïre, maquette, 1926. S M Carnaval, Madame Carnaval, La Petite Chocolatière, Déménagement à la Cloche de Bois, La prise de Fez, maquettes, 1927. Sa Majesté juché sur l'Oiseau Bleu, La Circulation Intensive, maquettes, 1928. S M Carnaval, La Poissonnerie, maquettes, 1929. S M Carnaval Roi de la Loterie, maquette, 1937. S M Carnaval Roi de la Blague et de la Radiobouffonnerie, maquette, 1938. S M Carnaval Roi de la Folie, maquette, 1939. Un Comifêtard, maquette, 1950. Chicastrassa. Le Bouffon de S. M. Carnaval, dessin, 1950. Fantasia de Centaures à 'San Trop, maquette, 1950-1960. L'Artillerie de Pantagruel, maquette, 1956. Le Drageoir de Pantagruel, La Poule au Pot et le Vert Galant, maquettes, 1957. S M Carnaval Roi de la Fantaisie, Le Carrosse de Cendrillon, maquettes, 1960. Alice au pays des Merveilles, La 8ème Merveille du Monde ou "La Sardine de Marseille", maquettes, 1961. Madame Carnaval Miss Pick Nick, maquette, 1967.