Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse ( - disparu en 1788), dit Lapérouse, né au château du Gô, dans la paroisse de Saint-Julien à deux lieues d'Albi (Tarn), est un officier de marine et un explorateur français.
Né dans une famille noble originaire d'Albi, La Pérouse s'engage dans la Marine royale au début de la guerre de Sept Ans. Il connaît son baptême du feu pendant ce conflit en Amérique du Nord et aux Antilles, sous les ordres du chevalier de Ternay, son mentor. Il est présent au siège de Louisbourg en 1758 et à la bataille des Cardinaux l'année suivante. Blessé au cours de ce combat, il est fait prisonnier en Angleterre avant d'être échangé. À la signature de la paix de Paris, il est affecté à différentes missions d'escortes, notamment à destination de l'Île-de-France où il passe cinq ans et rencontre sa future femme.
Rentré en France avant le début de la guerre d'indépendance des États-Unis, il est promu lieutenant de vaisseau et décoré de la croix de Saint-Louis. Lors de la reprise des hostilités, il participe aux combats contre les Britanniques aux Antilles. Il est à la prise de la Grenade et aux combats de Saint-Christophe et des Saintes, avant d'être chargé de conduire une expédition contre les établissements britanniques en baie d'Hudson, où il démontre sa valeur maritime et militaire en capturant deux forts britanniques.
Capitaine de vaisseau à la fin de la guerre, il est choisi par le marquis de Castries, ministre de la Marine et par Louis pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l'océan Pacifique. Cette expédition maritime autour du monde, qu'il commandait, disparaît corps et biens à Vanikoro (îles Santa Cruz) en 1788, trois ans après son départ de Brest.
Une expédition de secours commandée par le vice-amiral d'Entrecasteaux est envoyée dans les années qui suivent le naufrage (1791-1794), sans succès. Le mystère de la disparition de La Pérouse n'est percé qu’en 1826 par Peter Dillon et par Jules-Sébastien-César Dumont d’Urville en 1828, qui retrouvèrent l’épave de L’Astrolabe. Enfin, Reece Discombe identifie celle de La Boussole en 1964.
Biographie thumb|Plaque sur le château natal de La Pérouse près d'Albi. Origines et famille Jean-François de Galaup naît le Dans les registres de la paroisse de Saint-Julien, l'acte d'ondoiement du 23 août 1741 dit qu'il est né la veille soit le 22 août, tandis que l'acte de baptême du 3 octobre 1741 dit qu'il est né le 23 août. en Albigeois au château du Gô, à deux lieues d'Albi. Il est baptisé le dans la paroisse de Saint-Julien.
Il est issu d'une famille albigeoise dont la noblesse remonte à 1558. La famille de Galaup s'enrichit ; elle est anoblie pendant la période faste de la culture et de la commercialisation du pastel. Les Galaup, à l’origine seigneurs de Brens et d'Orban, non loin d’Albi, vont exercer des charges juridiques et administratives et occuper souvent les fonctions de consuls de la ville d'Albi. La famille possédait un manoir sur les terres du Gô, dans un méandre du Tarn en amont d'Albi, acquis en 1613 par Claude de Galaup, ainsi qu'une terre sur le territoire de l’actuelle commune de Puygouzon : la ferme de Lapeyrouse (« La pierreuse »)Pierre Bérard, Lapérouse, un marin albigeois, mars 2008, sur http://www.laperouse-france.fr/ ..
Son père, Victor-Joseph de Galaup (1709-1784), écuyer qui appartient à la plus vieille noblesse du pays, est député aux États particuliers d'Albigeois. Il est le fils de Jean-Antoine de Galaup (né en 1677) et de Claire de Metgé. La famille de Galaup est alliée à celle des Taffanel de la Jonquière..
Sa mère, Marguerite de Rességuier, née en 1717 à Sauveterre-de-Rouergue et morte à Albi, le , est la fille de Jean-Jacques Rességuier, seigneur du Pouget (1662-1725), ancien commandant du second bataillon de Condé, et de Françoise de Moly (1677-1764). La famille de Rességuier est alliée aux familles de Dalmas, Izarn, Guigard de Motarnal, Genton, Azémar, de Dufourcq, Flottes et Garrigues de Lagarde.
Le couple se marie le , à Sauveterre-de-Rouergue. Jean-François est l'aîné de onze enfants. L'un de ses frères, Jacques Antoine Victor de Galaup (1749 - Quiberon, ), émigré, participe à l'expédition de Quiberon où il trouve la mort lors des premiers combats. Ne survivront à l’âge adulte que le fils aîné Jean-François, sa sœur Jacquette née un an après lui, et une sœur, Victoire, de 18 ans plus jeune.
Après des études secondaires au collège de jésuites d'Albi, La Pérouse entre aux Gardes de la Marine à Brest le .. La Pérouse navigue sur de nombreux vaisseaux en tant qu’enseigne avant d’être attaché, en 1757, au service du chevalier Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay sous les ordres duquel il participe, à bord du Zéphir, à deux campagnes au Canada au cours de la guerre de Sept Ans. Le chevalier de Ternay éprouve rapidement de l’amitié pour cet enseigne et le prend sous sa protection. Aussi, lorsqu’il est nommé gouverneur de l’Île-de-France (actuellement l’île Maurice) en 1772, La Pérouse, alors âgé de trente et un ans, l’y accompagne. C’est ainsi qu’il y séjourne cinq années, de 1772 à 1777. Le futur illustre navigateur avait acheté, avec son ami le lieutenant de vaisseau Charles Mengaud de La Hague, une propriété de 156 arpents à Eau Coulée, donnant sur la Rivière du Mesnil, non loin de l’actuelle ville de Curepipe sur les hauts plateaux de l’île.
C’est au cours de ce long séjour à l'île Maurice. qu’il fait la connaissance de la famille Broudou qui, elle, habitait Rivière-la-Chaux près de l’actuelle ville de Mahébourg dans le sud. La Pérouse rencontre et fréquente assidûment Éléonore Broudou (1755-1807), une des filles d’Abraham Broudou et de Françoise Cailliard et en tombe éperdument amoureux.. Mais sa famille envisage pour lui un autre mariage, avec mademoiselle de Vésian, issue de la vieille noblesse d’Albi. Malgré ses trente-six ans, La Pérouse se plie aux exigences de son père et c’est la mort dans l’âme qu’il quitte l’Île de France en 1777. Éléonore rejoint sa mère à Nantes deux semaines plus tard et, au désespoir, s’attend à prendre le voile tandis que La Pérouse s’engage dans la guerre d’Indépendance américaine aux côtés du vice-amiral Charles Henri d'Estaing et rejoint son escadre aux Antilles. Mais l’amour triomphe. Les deux amoureux finissent par se marier à Paris, en 1783, en l’église Sainte-Marguerite. La Pérouse est alors âgé de quarante-deux ans et Éléonore en a vingt-huit. Le couple ignore alors que leur bonheur ne durera que deux ans. On raconte que le ministre de la Marine, Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries, a finalement donné son accord à cette union à la condition que La Pérouse accepte de prendre la direction d’une expédition scientifique d’envergure autour du monde..
Jean-François de La PérouseEn 2009, déterminée par une étude approfondie de Jacques Thomas, reconnue par l'Institut de France, la seule orthographe à respecter dans l'écriture du nom du navigateur est celle de « La Pérouse ». épouse donc en 1783 Louise Éléonore Broudou (1755-1807)Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise - ( - AG 14)., sœur de Frédéric Broudou qui prend part également à l'expédition funeste. Le couple n'a pas de postéritéSelon Hans-Otto Meissner, biographe de La Pérouse, de La Pérouse porte un enfant lors du départ de son mari, et qui devait naître en octobre 1785. Elle le perd accidentellement sans que La Pérouse ne le sût jamais..
Jeunesse et débuts dans la Marine royale Adolescence et études La Pérouse passe sa jeunesse entre Albi et le Gô, avec probablement quelques séjours chez sa grand-mère à Sauveterre-de-Rouergue. Il parle occitan et français. Ses études secondaires au collège des Jésuites d'Albi, jusqu'à l’âge de 15 ans, sont dispensées en latin.. Il y fait la rencontre d'autres nobles de la ville, futurs officiers de la Marine, tels que le marquis de Rochegude, né la même année que lui, et Charles Jean-Baptiste Mengaud de la Hage (1741-1779), dont les parents, originaires du Gers, habitaient Toulouse. Mengaud de la Hage deviendra l'un des meilleurs amis de La Pérouse. Il meurt noyé en , alors que son navire La Charmante heurte un écueil et coule au large de la Chaussée de SeinPersonnages natifs proches du Tarn et ayant eu un rôle dans l’histoire de la France sous la Royauté, la République, l’Empire, la Restauration, 2011, ..
Guerre de Sept Ans (1756-1763)
thumb|La bataille des Cardinaux en 1759. À gauche : le Formidable, sur lequel est capturé La Pérouse. Il entre dans la compagnie des Gardes de la Marine de Brest à quinze ans, le , ayant ajouté au sien le nom de La Pérouse, celui d'une terre reçue de son père. Il est encouragé par l'un de ses parents, le marquis Clément de Taffanel de La Jonquière. Pendant ses études à Brest, il est engagé dès l'âge de 17 ans dans les conflits maritimes de la guerre de Sept Ans avec la Grande-Bretagne au large de l'Amérique du Nord, notamment à Terre-Neuve et sur le Saint-Laurent avec son cousin Clément puis avec le chevalier de TernayApprenant la mort du chevalier de Ternay, La Pérouse dira « qu'il l'aimait comme un père » et, en souvenir de leur amitié, il baptisera du nom de baie de Ternay un lieu qu'il avait observé sur la côte de Mandchourie., qui deviendra son véritable tuteur, ainsi qu'aux Antilles.
Jean-François de Galaup embarque en sur le Célèbre dans l’escadre commandée par le comte Dubois de La Motte et envoyée au secours de Louisbourg, sur l'île Royale. Il échappe à l’effroyable épidémie qui ravage les vaisseaux et la ville de Brest où il revient le . Le , il embarque sur la frégate La Zéphyr dans l’escadre envoyée à Louisbourg aux ordres du Louis Charles du Chaffault, comte de Besné, pour secourir à nouveau Louisbourg. Le , La Pérouse passe sur Le Cerf puis, le , sur le vaisseau le Formidable dans l’escadre que le comte de Conflans prépare péniblement à Brest pour protéger un éventuel débarquement en Angleterre. Le , cette escadre de vingt-et-un vaisseaux se heurte, à l’entrée de la baie de Quiberon, aux vingt-trois bâtiments britanniques commandés par l'amiral Hawke.. Le Formidable, dans l’arrière-garde, doit supporter tout le poids de l’attaque ennemie et offre une belle résistance ; La Pérouse reçoit deux blessures et, fait prisonnier, il est presque aussitôt échangé.
En , La Pérouse embarque sur le Robuste, dans la division commandée par le chevalier de Ternay, qui alla détruire les pêcheries britanniques de Terre-Neuve. En , Bidé de Chézac prend avec lui quelques Gardes de la Marine, dont La Pérouse, pour conduire de Lorient à Brest le vaisseau neuf Les Six Corps..
Retour à la paix et missions dans l'océan Indien (1764-1778) thumb|Le brevet lieutenant de vaisseau accordé à La Pérouse à son retour des Indes en 1777. La Pérouse est promu enseigne de vaisseau le et, de 1765 à 1769, il est affecté au transport maritime en France. En 1771, il fait campagne à Saint-Domingue (actuelle île d’Haïti) à bord de la frégate La Belle-Poule.
Au début de l’année suivante, il part pour l’Isle de France en compagnie de son protecteur Arsac de Ternay qui venait d’en être nommé commandant général. De là, il entreprend, en , une longue expédition dans les mers de l'Inde. Il retourne à l’Isle de France en et regagne la France en après cinq ans d'éloignement. Promu lieutenant de vaisseau le , il est créé chevalier de Saint-Louis le mois suivant pour avoir sauvé Mahé des Indiens. Il est initié à la franc-maçonnerie dans la loge de Brest « l'Heureuse rencontreSource: Ouest France, cité sur brest.maville.com.Francs-maçons célèbres. ».
Chargé de deux voyages aux Indes orientales comme commandant de La SeineIl aura Robert Sutton de Clonard dans son escorte., il rencontre à l'Isle de France sa future épouse, Éléonore Broudou, fille d'un armateur nantais, devenu administrateur de la marine.