L'église de La Neuveville-sous-Châtenois est un édifice religieux catholique, ayant pour vocable la Vierge, Notre-Dame. Elle est située sur la commune française de La Neuveville-sous-Châtenois, dans le département des Vosges en région Grand Est.

Cette paroisse « Notre-Dame » présente la particularité d'avoir appartenu à trois diocèses successifs différents au cours de son histoire, qui est riche d'épisodes illustrant les rivalités et conflits locaux entre paroissiens et hiérarchie ecclésiastique.

Dédiée à la Sainte Vierge Dès l’origine, l'église de La Neuveville-sous-Châtenois avait été placée sous le patronage de la Sainte Vierge. L'attachement des paroissiens à son culte est attestée par les nombreuses confréries qu’ils établirent à son honneur : Confrérie de la Nativité, du Scapulaire, de l’Immaculée conception, et surtout du Rosaire : « Considérant le grand bien et fruit spirituel que la confrérie du Rozaire produit ès lieux où elle est canoniquement érigée », le maire, les échevins et les habitants demandent et obtiennent, le , qu’elle soit établie dans leur paroisse. En même temps, la communauté et les particuliers lui assurent des revenus assez considérables. On peut encore juger de leur dévotion à la Sainte Vierge par la supplique qu’ils adressent en 1775 à l’évêque de Toul au sujet de la fête patronale que celui-ci avait fixée pour toutes les paroisses de son diocèse au dimanche qui suit les Quatre-Temps de septembre. Le retard pour les habitants de La Neuveville dans la célébration de leur fête n’était que de quelques jours, néanmoins ils demandent son maintien au avec un motif leur faisant honneur : « Supplient très humblement les paroissiens de La Neuveville-sous-Châtenois, disant qu’ils ont pour fête patronale la Nativité de la sainte Vierge, qu’ils auront moins de facilité par la fixation de cette cérémonie à un jour commun pour toutes les paroisses du diocèse, attendu qu’alors il leur est impossible d’avoir des confesseurs que la circonstance répandra dans quelques endroits seulement tandis que les autres se seront privés, que les suppliants ne pourront donc pas se procurer la consolation de s’approcher des Sacrements à l’occasion de leur fête patronale, ce considéré, plaise à Votre Grandeur leur permettre de célébrer patronalement la Nativité de la Sainte Vierge le , jour de son échéance. » Leur requête exaucée, les paroissiens virent le culte pour la patronne de leur église se répandre dans les alentours. On venait de loin prier, invoquer ou remercier « Notre Dame de La Neuveville », dans son sanctuaire. On évoqua miracles et statue miraculeuse. À défaut de preuves, on lit, par exemple, dans la bulle de canonisation de Saint Stanislas Kostka, que le , Anne Théodore de Ligniville, Demoiselle de Houécourt en Lorraine, qui avait perdu complètement l’usage de ses jambes, s’était fait transporter dans l’église de sa paroisse pour y invoquer le saint, fut guérie subitement, et, le soir du même jour, se rendit à pied, par mauvais temps et chemins difficiles à l’église de La Neuveville, « lieu où la Vierge Sainte est l’objet d’une dévotion particulière » pour la prier d’offrir à Dieu l’hommage de sa reconnaissance. L’abbé Norroy, alors curé de Houécourt, a eu le mérite de fixer le souvenir de ce fait en le mentionnant dans un vitrail du chœur de son église.

Les paroissiens de La Neuveville conservèrent jusqu'au moins la Première Guerre mondiale le culte de la Sainte Vierge.

La paroisse Administration religieuse La paroisse de La Neuveville a fait successivement partie de trois diocèses : de celui de jusqu’en 1802, de celui de jusqu’en 1823, enfin de celui de dont elle dépend toujours.

Appartenant dès l'origine au diocèse de Toul, La Neuveville dépendait de l’archidiaconé de Vittel et, autrefois comme aujourd’hui, du doyenné de Châtenois. Le pouillé de Benoît Picard signale la chapelle de Saint-Nicolas à La Neuveville. En 1736, le sieur Mouzon, curé d’Aouze et doyen rural de Châtenois, fait une enquête à La Neuveville au sujet de certains désordres dont la fête du scapulaire était l’occasion. Après celle faite par le sieur Joumar, curé de Darney-aux-Chênes et de son doyen rural de Châtenois, l’évêque de Toul menace d’interdire l’ancienne église de La Neuveville en 1787 et en ordonne la reconstruction. Les doyens ruraux étaient aidés dans leurs fonctions par un ou plusieurs échevins, choisis par les prêtres du doyenné parmi leurs collègues, comme par exemple François Simonin, curé de La Neuveville de 1729 à 1772, dont l’acte de décès précise : « Il avait mérité l’estime respectueuse de ses confrères qui l’avaient choisi pour échevin dans leur doyenné. »

La Neuveville fut une de ces cures « unies » (terme désignant une paroisse dépendant d’un chapitre, d’une collégiale, d’un monastère d’une manière étroite, et intégrée à la communauté), unie d’abord au chapître Saint-Etienne de Toul jusqu’en 1627, puis à l’abbaye devenue chapître noble de Poussay jusqu’à la Révolution. Dans les procès qui eurent lieu au au sujet des réparations de l’église, François Simonin rappelle qu’autrefois le chapitre de Toul était « curé primitif » et le curé de La Neuveville « son vicaire perpétuel. » D’autre part on lit au pouillé de 1689 :

L’État temporel des paroisses de Rice en 1703 confirme la chose :

À La Neuveville cependant, deux des privilèges du collateur (préséance à l’église et se voir payé le droit de sauvegarde) appartenaient au duc de Lorraine, seigneur du lieu. Dans l’acte d’ascensement fait en 1783 au profit du sieur de Sivry, il est dit que Sa Majesté lui cède son droit de préséance à l’église de La Neuveville. D’autre part, nous trouvons rappelée maintes fois l’obligation de verser chaque année au Domaine, trois reseaux moins trois pots de blé pour droit de sauvegarde. Pourquoi ces deux avantages n’appartenaient-ils pas ici aux collateurs eux-mêmes ? C’est que les patrons ecclésiastiques, tels le chapître de Toul et celui de Poussay, incapables de protéger efficacement leurs paroisses contre les usurpations, avaient recours à un avoué, à un protecteur laïc, auquel ils abandonnaient quelques-uns de leurs privilèges.

Depuis la Révolution Malgré les démarches faites pour les conserver, l’église de Saint-Mansuy, de laquelle dépendait toujours la paroisse de La Neuveville, même après la création des diocèses de Saint-Dié et de Verdun en 1777, l’antique église de Toul fut anéantie. Le concordat ayant été adopté le , les nouveaux diocèses aussitôt pourvus, les évêques arrivés dans leurs diocèses ayant dû élaborer un projet de circonscription des cures et succursales, le décret épiscopal d’érection signé le puis approuvé le suivant par le Premier Consul, la Gravière, qui au temporel formait un ban séparé et dépendait au spirituel de la paroisse de La Neuveville, fut rattaché à Dombrot-sur-Vair dont elle faisait déjà partie au point de vue communal depuis le commencement de la Révolution.

Le , l’abbé Rellot, de retour à La Neuveville depuis le précédent, en devenait officiellement et pour la seconde fois le curé. Il prêtait serment à Neufchâteau, le , et il rentrait définitivement dans son ancien presbytère, le après avoir été logé quelque temps dans la maison d’école.

Nommé évêque de Saint-Dié, Jacques-Alexis Jacquemin fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale le , c’est depuis cette époque que la paroisse de La Neuveville fait partie du diocèse de Saint-Dié, premier diocèse de ce nom créé avec celui de Nancy en 1777, et qui n’eut qu’un seul évêque, de Chaumont de la Galaizière dont le père et le frère furent successivement Intendants de Lorraine. Ce diocèse ne comprenant que les paroisses situées à l’est de Mirecourt, La Neuveville continua donc d’appartenir au diocèse de Toul jusqu’à sa suppression en 1802. Le nouveau diocèse de Saint-Dié rétabli en 1822, et plus vaste, comprenant tout le département des Vosges, subit par la suite quelques modifications, en particulier après la guerre de 1870. À l’heure actuelle, il compte 29 doyennés, 354 succursales, 430 000 habitants. Il est divisé en deux archidiaconés ayant chacun à leur tête un vicaire général : l’archidiaconé de Saint-Dié qui comprend les archiprêtres de Saint-Dié, de Remiremont et les trois cantons nord de celui d’Epinal, l’archidiaconé d’Epinal qui se compose des archiprêtres de Mirecourt, de Neufchâteau et les trois cantons sud de celui d’Epinal. La Neuveville fait partie de l'Archidiaconé d’Épinal, de l’archiprêtre de Neufchâteau, du doyenné de Châtenois. Sa population qui était de 535 habitants à la réorganisation du culte en 1802, a baissé considérablement pendant un siècle pour reprendre et même dépasser son ancien chiffre par suite de l’établissement de la cité ouvrière.

Histoire de l'édifice Datant de l’époque de transition, l'église a été bâtie au ou , comme il ressort avec certitude de l'examen attentif, par des personnes compétentes, du chœur actuel qui est celui de l’ancienne église. Partout il a conservé son caractère primitif, à l’exception des fenêtres qui ont été gothisées vers le . L'abbé Petitjean avait considéré facile de reconstituer l’ancienne église de La Neuveville telle qu’il la montrait à la dernière page de son bulletin paroissial(travail sur lequel s'appuie cet article).

Les archives départementales des Vosges ont conservé le procès-verbal de la visite faite le au moment de sa reconstruction. Cette église, fort délabrée, l’une des plus anciennes de la contrée, a une nef de 36 pieds de longueur et de 22 de largeur, éclairée de chaque côté par des vitraux que protègent quatre barreaux et 2 traverses de fer. Elle a un pavé sous les bancs, une tribune, un lambris. À l’extrémité de la nef et à l’entrée du chœur, se trouve la tour carrée mesurant 21 pieds à l’extérieur et 14 à l’intérieur. Suit la description du chœur et de la sacristie tels qu’ils sont encore aujourd’hui.

D’autres documents indiquent qu’un avant-toit protégeait la porte d’entrée de l’église, que la tour renfermait une horloge, qu’elle était surmontée d’une flèche. En admettant que l’horloge était de date récente, que les fenêtres ont été gothisées vers le , que la sacristie a été bâtie au , on peut se représenter l’ancienne église de La Neuveville telle qu’elle était dès l'origine.

Pour ce qui est de ses constructeurs, il existe quelque raison de croire qu’elle fut l’œuvre des Templiers, qui conclurent un « accord » avec le Duc de Lorraine pour l’établissement des marchés et foires de La Neuveville en 1306, dont les cantons des Chevaliers et du Cugnot la Baillie rappellent encore aujourd’hui le souvenir.

Mais il ne suffisait pas de bâtir une église, il fallait l’entretenir. Une ancienne ordonnance en répartit les charges.

Le , un mandat de 16 francs a été délivré pour la couverture de l’égliseRegistre capitulaire de Toul, conservé à Nancy. Un traitéArchives des Vosges ou de la commune, passé le entre Florent Grillot et Didier Montarde, chanoines de Toul, et Simon Picquot de La Neuveville qui s’engage à recouvrir l'église et à entretenir cette toiture pendant dix ans pour la somme de 38 fr. De plus, il réparera le lambris pour 15 fr. avec faculté de prendre 25 planches de sapins à Vicherey dans les terres du chapitre. En 1626, l’église eut encore besoin de réparations. Comme les décimateurs faisaient la sourde oreille aux réclamations de la communauté, celle-ci fit saisir les dîmes. Le au logis de François Vernet, prévôt de Châtenois, comparurent Sébastien Jobal, chanoine de Toul, et Nicolas Gillot, maire de La Neuveville. Ledit chanoine demanda et obtint mainlevée, après avoir approuvé qu’il avait traité avec Jean Chaullot et Claudot Gardeux pour faire les réparations nécessaires. La même année, le Chapitre de Toul échangeait ses droits à La Neuveville contre ceux que le chapitre de Poussay possédait à Lagney, raison expliquant son manque d'empressement à exécuter les travaux réclamés par la communauté.