Hippolyte Philibert Passy est un économiste et homme politique français né à Garches (actuel département des Hauts-de-Seine) le et mort à Paris le .
Biographie Issu d'une famille originaire de Gisors, fils de Louis-François Passy, ancien commis aux exercices de la recette générale de Soissons, puis receveur général du département de la Dyle (Bruxelles) sous le Premier Empire, et d'Hélène Pauline Jaquette d'Aure, Hippolyte Passy était le frère cadet d'Antoine Passy (1792-1873), homme politique, géologue et botaniste, et l'oncle de Frédéric Passy (1822-1912), pacifiste et premier lauréat du prix Nobel de la paix.
Il commença par embrasser la carrière militaire. Admis à l'école de cavalerie de Saumur en 1809, il devint lieutenant de hussards en 1812 et prit part aux dernières campagnes de . Il démissionna après Waterloo et, hostile à la Restauration, partit pour les Antilles et la Louisiane.
En mer, il lut Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations d'Adam Smith et se prit de passion pour l'économie politique. Il revint en France et se retira près de Gisors, où il s'occupa d'agriculture. Il commença également à s'intéresser à la politique, collaborant aux journaux d'opposition, et notamment au National dès sa création.
Député sous la Monarchie de Juillet Le , il fut élu député par le grand collège électoral du département de l'Eure201 voix sur 365 votants et 420 inscrits et siégea dans le Tiers Parti. Il fut le rapporteur du budget de 1831. Il fut réélu dans le électoral de l'Eure (Louviers) le 169 voix sur 306 votants et 379 inscrits contre 83 à M. Germain Petit et 35 à Jacques Charles Dupont de l'Eure et le 239 voix sur 304 votants et 419 inscrits contre 52 à M. de Bois-Guilbert. Économiste attitré du centre gauche, il fut encore rapporteur du budget de 1832 et intervint surtout sur les questions financières. Il fait partie également des députés les plus opposés à la colonisation de la régence d'Alger à laquelle il ne voit aucun intérêt économique.
Il fut nommé ministre des Finances dans l'éphémère ministère Maret (10-). Il dut, de ce fait, se représenter devant les électeurs qui renouvelèrent son mandat le 259 voix sur 280 votants et 468 inscrits et fut élu vice-président de la Chambre des députés, fonction qu'il conserva jusqu'en 1839, avec les seules interruptions résultant de ses fonctions ministérielles.
En , il fait partie des vingt-sept fondateurs de la Société française pour l'abolition de l'esclavage dont il devient le vice-président.
Ami d'Adolphe Thiers, il défendit à ses côtés les lois de septembre et devint ministre du Commerce et des Travaux publics dans son premier ministère (-). Le , ses électeurs le réélurent ( sur ).
Il s'opposa au ministère Molé, qui succéda au ministère Thiers et fit partie de la coalition qui entraîna sa chute. le pressentit pour former le nouveau ministère, mais il ne put y parvenir (V. deuxième ministère Soult, constitution). Il fut réélu à Louviers le 276 voix sur 302 votants et 522 inscrits et le 339 voix sur 439 votants et 546 inscrits.
Pour l'élection du président de la Chambre des députés, le , l'attitude de Thiers, qui avait fait échouer toutes les tentatives de former un gouvernement depuis la chute du deuxième ministère Molé, et qui soutenait la candidature d'Odilon Barrot, leader de l'opposition dynastique, suscita une dissidence au centre gauche pour porter Passy à la présidence. Sa candidature recueillit les voix du centre ministériel et des doctrinaires, ravis de cette zizanie à gauche. Passy fut donc élu par contre 193 à Barrot.
Le , il fut de nouveau ministre des Finances dans le deuxième ministère Soult et obtint la confirmation de son mandat de député le 254 voix sur 264 votants. Comme ministre des Finances, il présenta à la Chambre, le , le projet de loi relatif à la dotation du duc de Nemours qui fut repoussé et entraîna la chute du ministère ().
L'épisode de son élection à la présidence de la Chambre, puis de son entrée dans le ministère Soult sans l'aval de Thiers, précipitèrent la rupture avec ce dernier qui, en 1839, fit connaître au roi qu'il accepterait d'entrer dans toute combinaison ministérielle à la seule condition de n'y retrouver ni Passy ni Dufaure qui, selon lui, l'avaient trahi en acceptant des portefeuilles contre son aveu.
Réélu comme député le 261 voix sur 267 votants, Passy devint pair de France le . À la Chambre des pairs, il rapporta la loi de finances. Il fut promu commandeur de la Légion d'honneur le . Membre correspondant de l'Institut de France depuis 1833, il avait été reçu le à l'Académie des sciences morales et politiques dans la section d’économie politique, au fauteuil de Talleyrand.
Ministre de la Deuxième République En 1848, il n'appartint pas à l'Assemblée constituante, mais fut nommé ministre des Finances dans le premier gouvernement Odilon Barrot le , et également dans le deuxième gouvernement Odilon Barrot jusqu'au . Il s'opposa à la réduction de l'impôt sur le sel et proposa, pour équilibrer le budget de 1850, une surtaxe sur les successions et donations, une taxe sur les biens de mainmorte, un impôt de 1 % sur le revenu et le rétablissement de l'impôt sur les boissons.
Le , il fut élu député dans l'Eure sur 9 avec 57 854 voix sur 93 065 votants et 125 952 inscrits et dans la Seine sur 28 avec 117 138 voix sur 281 140 votants et 378 043 inscrits et opta pour l'Eure. Il appuya le gouvernement présidentiel jusqu'au coup d'État du . Il se retira alors de la vie politique et se consacra à des travaux d'économie politique, prenant position contre la colonisation, l'esclavage, et en faveur du libre-échange. Il était l'un des fondateurs de la Société d'économie politique (1845).
thumb|285px|Le tombeau d'Hippolyte Passy au cimetière de Gisors (Eure).
Décorations Légion d'honneur : : 1813 : 1845
Œuvres De l’aristocratie dans ses rapports avec les progrès de la civilisation, Paris : A. Bossange, 1826, in-8 Des Changements survenus dans la situation agricole du département de l'Eure depuis l'année 1800, Paris : Guillaumin, 1841, in-8 (extrait du Journal des Économistes) Des systèmes de culture et de leur influence sur l’économie sociale, Paris : Guillaumin et Cie, 1846, in-8°, IV-177 p. Texte en ligne ; éd., Paris, Guillaumin, 1853, in-18, Des Causes qui ont influé sur la marche de la civilisation dans les diverses contrées du globe, Paris, Impr. de Firmin-Didot frères, 1847, in-4 Des causes de l’inégalité des richesses, Paris : Pagnerre, 1848, in-18 Des formes de gouvernement et des lois qui les régissent, Paris : Guillaumin, 1870, in-8 L’histoire et les sciences sociales et politiques, 1879
Il collabora également au Journal des Économistes et à la Revue de Législation.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie et sources Comte de Franqueville, Institut de France. Le premier siècle. - , Paris : Académie des Sciences morales et politiques, tome I,
Liens externes
Notice biographique de Hippolyte Passy, extrait de l'ouvrage Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 2007, 624 p, .
Catégorie:Personnalité politique de la monarchie de Juillet Catégorie:Ministre de la Deuxième République Catégorie:Ministre français des Finances Catégorie:Ministre français du Commerce Catégorie:Ministre français des Travaux publics Catégorie:Député de l'Eure Catégorie:Député de la monarchie de Juillet Catégorie:Député de la Deuxième République française Catégorie:Président de la Chambre des députés (monarchie de Juillet) Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Économiste français du XIXe siècle Catégorie:Membre de l'Académie des sciences morales et politiques Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1845 Hippolyte Catégorie:Naissance en octobre 1793 Catégorie:Naissance en Seine-et-Oise Catégorie:Décès en juin 1880 Catégorie:Décès dans le 8e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 86 ans